( « Les Jacobins » en italien) est une mini-série historique italienne en six épisodes de , réalisée par et diffusée en Italie à partir du au sur Programma Nazionale. Il s'agit d'une adaptation d'une pièce de théâtre éponyme de créée en 1955.

Ce feuilleton sur la Révolution française est considéré perdu, certains soupçonnant qu'il ait été sciemment détruit car jugé trop à gauche par la démocratie chrétienne alors au pouvoir en cette période de Guerre froide. Seul un enregistrement audio du feuilleton subsiste encore.

Synopsis

Fiche technique

Titre original : Réalisation : Scénario : , d'après sa pièce de théâtre créée en 1955. Musique : Gino Negri Décors : Lucio Lucentini Costumes : Sociétés de production : Rai Pays de production : Langue de tournage : italien Format : Noir et blanc - 1,33:1 - Son mono Genre : Film historique Durée : 540 minutes () Date de diffusion : Italie : du au sur Programma Nazionale

Distribution Serge Reggiani : Maximilien de Robespierre Alberto Lupo : Camille Desmoulins Sylva Koscina : Lucile Duplessis Carlo Giuffré : Charles Jean Marie Barbaroux Valeria Ciangottini : Anaïs : Louis Antoine de Saint-Just Franco Volpi : Jacques Pierre Brissot Lia Zoppelli : Madame Roland Giancarlo Cobelli : Le coiffeur : Joseph Fouché Carlotta Barilli : Carlotta Marco Guglielmi : Lazare Carnot Ugo Carboni : Deshortiers Mara Berni Tino Bianchi

Vira Silenti Otello Toso

Production Il s'agit, à l'époque, de la plus grande production de la télévision italienne, avec un coût d'environ et une distribution, entre acteurs et figurants, jamais aussi riche pour une production destinée au petit écran, le tout pour six épisodes de 90 minutes chacun, diffusés en direct du au sur le Programma Nazionale, défini par le protagoniste Serge Reggiani comme « le plus grand succès en Europe depuis la naissance de la télévision » .

Les hymnes de la révolution (La Marseillaise, La Carmagnole, Ah ! ça ira) ainsi que quatre chansons écrites par le maestro Gino Negri pour la pièce de 1957 sont interprétés par la chanteuse française Rosalie Dubois.

Accueil critique Le feuilleton est accueilli très positivement par le public. En effet, Reggiani était une découverte pour les téléspectateurs italiens et il était capable de dépeindre Maximilien Robespierre d'une façon « à la fois glaciale et très humaine » ; Il faut également souligner la prestation de , qui a donné vie à un Louis Antoine de Saint-Just « parfait ». Du point de vue scénaristique, le succès auprès des masses d'un texte apparemment très difficile à suivre n'était pas une mince surprise : l'intrigue historique complexe mise en scène a au contraire captivé le public au-delà de toute attente - peut-être aussi en raison des références marquées à la réalité politique de l'Italie de l'époque.

C'est précisément ce dernier aspect qui a suscité le plus de discussions à propos d' : dans le contexte global du début des années 1960, en pleine guerre froide, et avec une Italie fermement aux mains de la Démocratie chrétienne, la Rai a montré pour la première fois au public un feuilleton « résolument à gauche où Robespierre n'émerge plus comme un monstre sanguinaire mais comme un Che Guevara de la raison ». À cela s'ajoute l'appréciation que le principal représentant italien de cette position politique, le Parti communiste, réserve à — et pour la première fois, en réalité, à une fiction télévisuelle : outre l'éloge du quotidien communiste l'Unità, qui présente l'œuvre de Zardi comme « imprégnée d'une conception démocratique et historiciste de la Révolution, où le feuilleton dramatique [. ...] était [jusqu'à présent] marqué par un légitimisme ridicule et anachronique », puis dans les pages de , le secrétaire général communiste Palmiro Togliatti parle d'un feuilleton qui « pour la première fois fait entrer la représentation de la révolution dans les foyers italiens », en en faisant « un grand fait de culture nationale ».

Feuilleton perdu Cette situation a probablement contribué à la fin controversée de : après avoir été rediffusé en 1963, il a en effet disparu des archives de la Rai. Bien qu'à l'époque il y ait eu une « mauvaise culture de la mémoire » qui a conduit à la perte d'un grand nombre de documents relatifs aux débuts de la télévision italienne, dans les années qui ont suivi, la thèse selon laquelle les bandes du scénario avaient été faites disparaître par un fonctionnaire de la Rai proche des cercles démocrates-chrétiens a gagné de plus en plus de crédit. La seule trace subsistante du feuilleton est un enregistrement audio des six épisodes retrouvé en 2012, grâce à un téléspectateur qui l'avait enregistré à l'époque et qui en a fait don à l'organisme public de radiodiffusion.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi Article connexe Révolution française au cinéma

Liens externes

Catégorie:Série télévisée italienne créée en 1962 Catégorie:Série télévisée italienne des années 1960 Catégorie:Série télévisée italienne disparue en 1962 Catégorie:Série télévisée de la RAI Catégorie:Série télévisée historique Catégorie:Feuilleton télévisé italien Catégorie:Mini-série italienne Catégorie:Série télévisée se déroulant au XVIIIe siècle Catégorie:Film sur la Révolution française