Le Déluge, , est un oratorio composé par Camille Saint-Saëns en 1875 pour orchestre symphonique, chœur et quatre solistes (soprano, alto, ténor et basse). Le livret, un poème biblique de Louis Gallet, s'appuie sur le récit l'épopée de Noé et du Déluge. L'œuvre est créée au Théâtre du Châtelet le , sous la direction d'Édouard Colonne ; elle reçoit un accueil enthousiaste.
Analyse Si l'influence de Berlioz et de Wagner se perçoit notamment à travers les illustrations davantage orchestrales que solistes du récit et l'utilisation de motifs récurrentsYves Gérard, "Le Déluge". Dans La Lyre et la Harpe – Le Déluge (pp. 30–31) [CD booklet]. Paris: BMG France., l'œuvre témoigne également de la maîtrise par Saint-Saëns de l'orchestration (dans la deuxième partie, l'orchestre est renforcé par deux trompettes, deux trombones à six pistons, trois contrebasses de cuivre, d’un tam-tam et de timbales chromatiques) et du contrepointArthur Hervey (1922). Saint-Saëns. New York: Dodd Mead & Company. avec plusieurs passages fugués.
Cette partition témoigne des efforts de Saint-Saëns pour dans le domaine de la musique chorale.
Structure L'ouvrage se divise en un prélude et trois parties : Prélude I. Corruption de l'homme — Colère de Dieu — Alliance avec Noé II. L'Arche — Le Déluge III. La Colombe — Sortie de l'Arche — Bénédiction de Dieu
Le Prélude est interprété uniquement par les cordes, avec un passage pour violon solo. Il traduit la quiétude du monde avant que l'Homme ne se détourne de Dieu.
La première partie fait état du caractère pécheur de l'homme et de la décision de Dieu de détruire le monde ( « J'exterminerai cette race » ).
La deuxième partie décrit les pluies torrentielles et la montée dévastatrice des eaux au moyen de va-et-vient de gammes ascendantes et descendantes.
La troisième partie illustre l'envol de la colombe et se termine par la promesse de Dieu de ne plus maudire la terre ( « Je ne maudirai plus la terre » ) avant une fugue chorale pleine d'espoir ( « Croissez donc et multipliez » ).
Postérité Dans son Traité de l'orchestration, Charles Koechlin fait l'éloge de l'emploi du trombone à pistons, qui . Louis Aguettant considère également cette .
Considéré comme un , Le Déluge n'est pas accueilli de manière unanime aux États-Unis. Nicolas Slonimsky cite la critique suivante du New-York Tribune () dans son , anthologie de critiques négatives appliquées à des œuvres de musique classique reconnues par la suite comme des chefs-d'œuvre. :
Malgré , et Sabina Teller Ratner, et al. "Saint-Saëns, Camille." Grove Music Online. Oxford Music Online., Le Déluge est rarement joué et enregistré dans son intégralité. Notamment grâce à son solo de violon, le Prélude seul connait davantage de succès au disque (Barenboim, Kantorow) comme au concert ; il en existe également de nombreuses transcriptions, dont une pour orgue par Alexandre Guilmant.
Bibliographie Ouvrages généraux .
Monographies .
Notes et références
Liens externes
Le Déluge, texte sur Gallica ou sur Libretto, supplément à L'Art moderne, 1884.
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