La gare TGV Haute-Picardie est une gare ferroviaire française, située au centre de la zone d'activité Haute-Picardie, sur les territoires des communes d'Estrées-Deniécourt et d'Ablaincourt-Pressoir, dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.
Implantée sur la LGV Nord, à mi-distance entre Amiens et Saint-Quentin, elle a été inaugurée en 1994. Elle est desservie par des TGV reliant l'agglomération lilloise et Bruxelles aux grandes métropoles régionales françaises, via les gares TGV de la périphérie de Paris (dont celle de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle).
Situation ferroviaire vignette|gauche|Traversée de la gare, vue depuis un TGV. Les voies centrales sont séparées des voies latérales par des grillages. Établie à d'altitude, la gare TGV Haute-Picardie est située au point kilométrique (PK) Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en , , . de la ligne de Gonesse à Lille-Frontière ( tronc commun).
Les deux voies centrales, parcourables à et dépourvues de quai, servent au passage des trains ne marquant pas d'arrêt (notamment les TGV « Nord-Europe » et les Eurostar) ; cette configuration est classique des gares sur LGV.
Histoire Projet La gare est née dans le contexte d'un conflit entre Lille et Amiens pour la desserte par la LGV Nord, le passage par Lille ayant été préféré à celui par AmiensMétropolisation et grands équipements structurants (), Corinne Siino, Florence Laumière, Frédéric Leriche, 2004, Presses Universitaires du Mirail . Consulté le .. Un tracé par Amiens aurait raccourci le trajet mais aurait rallongé les autres branches (de Paris vers Amsterdam et Cologne, et de Bruxelles vers Londres) et augmenté la longueur de lignes nouvelles à construire. Dans les engagements qui avaient alors été pris, il y avait celui de construire le barreau Coquelles, dit aussi LGV Picardie lorsque le tunnel sous la Manche serait achevé. Cette ligne est mentionnée dans le schéma directeur de 1992 qui a été abandonné après le rapport Rouvillois de 1996Les fondements de la remise en cause du Schéma Directeur des liaisons ferroviaires à grande vitesse : des faiblesses avant tout structurelles, , Annales de Géographie , Pierre Zembrilien, 1997. Consulté le ., notamment à cause de la faiblesse du trafic de la LGV Nord, inférieur de 40 % à celui attenduÉvaluation, dévaluation ou réévaluation des lignes à grande vitesse ? , , Les Cahiers Scientifiques du Transport, , Alain Bonnafous, Yves Crozet, 1997. Consulté le .. Lors de l'étude du tracé de la ligne Lille, des projets d'inflexion pour se rapprocher plus ou moins d'Amiens ont été étudiés. Avec un surcoût compris entre 153 et aux conditions économiques de 1983, ils ont été rejetés« Bilan LOTI de la LGV Nord » , . Archive consultée le ..
Une enquête publique pour la construction de la gare TGV d'Ablaincourt-Pressoir s'est déroulée du au . Elle avait abouti à un avis défavorable. Le ministre de l'Équipement a alors demandé à la SNCF d'étudier la réalisation de la gare sur le site de Chaulnes« Gare du TGV en Picardie: une nouvelle enquête d'utilité publique », Les Échos, ; cette page est une archive (consultée le ).. La région prévoyait en effet de réactiver le raccordement ferroviaire d'origine militaire de Jussy, pour réaliser des TER inter-villes entre Amiens et Saint-Quentin par Chaulnes et sans rebroussement à Tergnier, ce qui aurait assuré aux deux grandes villes picardes un accès à la gare TGV sensiblement plus rapide que par l'autoroute– Réseau ferré classique : des rendez-vous manqués ?, , Pierre Zembrilien, Annales de géographie, , , . Consulté le .. Pourtant, le , la gare est inaugurée sur le site initialLa lettre de l'ORT , ; cette page est une archive. Consultée le . ; quant à la liaison TER, elle a néanmoins été créée avec la desserte de Ham, mais n'a ainsi qu'une vocation purement régionale.
Par ailleurs, depuis la création de l'autoroute A1 dans les années 1960, une large bande de terre était déjà réservée à l'époque pour un futur tracé de train à grande vitesse.
Construction et évolutions du site La gare tire son surnom initial de gare des betteraves ou gare à betteraves, du fait que, lors de sa construction, elle était entourée de champs, située à mi-chemin entre Amiens et Saint-Quentin, et difficile d'accès : l'autoroute A29 n'existait pas encore entre ces deux agglomérations. Elle est aujourd'hui au cœur d'une zone d'activité de plusieurs hectares et au carrefour de l'autoroute A1 et de l'autoroute A29, ce qui permet aux automobilistes de la rallier rapidement depuis Amiens, Saint-Quentin, Compiègne ou encore Péronne. La voie ferrée passe six kilomètres plus au sud, mais aucune correspondance n'a été prévue avec la gare la plus proche, celle de Chaulnes ; par ailleurs, le raccordement d'Hattencourt (situé à environ , en direction de la capitale) n'a été créé que pour des besoins de service.
Une fresque réalisée par Armand Langlois, à la demande du conseil régional de Picardie et de l'ADES , occupe les de murs du tunnel piétonnier qui relie les deux quais en passant sous les voies. Elle évoque l'histoire, depuis le Haut Moyen Âge, du SanterreLe pays du Santerre en Picardie – La fresque en gare du TGV haute-Picardie, fresque d'Armand Langlois. Consulté le ., cette région de Picardie où se trouve la gare, et où s'est notamment déroulée une grande partie de la bataille de la Somme en 1916.
La gare n'est pas destinée au trafic radial mais plutôt au trafic interrégional, notamment vers la moitié sud de la France), voire international (vers Bruxelles). En effet, l'expérience d'un aller-retour quotidien la reliant à la capitale a été tentée au milieu des , mais fut rapidement abandonnée à cause d'une trop faible fréquentation. Il s'avère que .
En 2006, elle a été choisie par Matt Harding pour « représenter » la France dans une vidéo, où on le voit sautiller sur un quai tandis que passe à pleine vitesse un train du service ThalysMatt Harding, Where the Hell is Matt? 2006 ( le passage concerné à ) , sur youtube.com (consulté le )..
Le bâtiment voyageurs a été modernisé en 2011 et l'accessibilité a été améliorée pour les personnes à mobilité réduite. Par contre, le guichet est définitivement fermé le , en raison de sa faible fréquentation par les voyageurs qui lui préfèrent l'utilisation des outils numériques..
Au cours des , l'activité de cette gare TGV évoluera probablement en fonction des horaires et du trafic du barreau Picardie, à créer et à mettre en service.
Fréquentation Les voyageurs ayant utilisé la gare étaient en 1994 (année d'ouverture), en 1995, en 1996, en 1997, en 1998, en 1999, en 2000, en 2001, en 2002, en 2004La conjoncture des transports en Picardie, 2005, Point d'actualité : Résultats 2004 () ; ce document est une archive. Consulté le ., en 2008., un peu moins de en 2010 (année où elle a enregistré son cinq millionième utilisateur depuis sa mise en service)« La gare TGV Picardie sur les rails », L'Union – L'Ardennais, (consulté le ) ; cette page est une archive. et en 2012 ; cette page est une archive., en 2013, en 2015., en 2016, en 2017, en 2018, en 2019, en 2020 et en 2021 (années marquées par les conséquences de la pandémie de Covid-19), en 2022, en 2023, 375 792 en 2024. La fréquentation quotidienne de la gare ne dépasse pas ; elle peut cependant monter à en période estivale.. On observe toutefois que les vastes parkings situés près de la gare sont la plupart du temps saturés, ce qui occasionne une occupation quasi-totale des places de stationnement gratuites plus éloignées et parfois du stationnement « sauvage » à plus ou moins longue distance, jusque dans des zones non carrossables.
Ces voyageurs viennent pour 63 % d'entre eux de la Somme, pour 30 % de l'Aisne et pour 7 % de l'Oise. Les dix destinations les plus fréquentées en 2006 ont été Lille (15,08 % du total des voyageurs), Lyon (14,97 %), Roissy (13,48 %), Bordeaux (4,79 %), Marseille (4,08 %), Rennes (4,02 %), Nantes (3,65 %), Montpellier (2,90 %), Avignon (2,84 %), Toulon (2,61 %).
Service des voyageurs Accueil vignette|redresse=2|Voies et bâtiment voyageurs, vus du quai de la voie 4. La gare dispose d'un bâtiment voyageurs, équipé d'automates pour l'achat des titres de transport, ainsi que de divers services, notamment des toilettes« Services & Commerces », sur garesetconnexions.sncf (consulté le )..
Le service « Accès Plus », ainsi que divers équipements d'accessibilité , permettent l'accueil des personnes à mobilité réduite.
Desserte Des TGV province, sous la marque , s'arrêtent en gare ; ils relient des métropoles régionales françaises entre elles, notamment Lille et Lyon, ainsi que la capitale belge (Bruxelles)« Horaires des trains », sur garesetconnexions.sncf (consulté le ) ; cette page permet de visualiser en temps réel les dessertes de la gare., en transitant tous par l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
En outre, Ouigo dessert sur les liaisons entre Lille (ou Tourcoing) et Marseille, Montpellier ou Bordeaux.
Intermodalité Deux vastes parkings payants sont situés à proximité immédiate de la gare« Intermodalité : Parking Voiture et Moto », sur garesetconnexions.sncf (consulté le ).. Il est également possible de prendre un taxi« Intermodalité : Taxi sans réservation », sur garesetconnexions.sncf (consulté le ).. De plus, un service de location de voitures est disponible« Intermodalité : Location voiture », sur garesetconnexions.sncf (consulté le )..
Par ailleurs, un service de navettes par autocar, en correspondance avec les trains, permet de rallier la gare routière d'Amiens (voisine de sa gare ferroviaire) ou la gare de Saint-Quentin« Intermodalité : Navettes », sur garesetconnexions.sncf (consulté le )..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes LGV Nord Schéma de la LGV Nord Transports dans la Somme
Liens externes
Pôle d'activités Haute Picardie, site de la communauté de communes Terre de Picardie
Catégorie:Gare dans la Somme Catégorie:LGV Nord Catégorie:Gare mise en service en 1994