Renée Théobald, née le à Paris où elle est morte le Relevé des fichiers de l'Insee, est une artiste-peintre, figurative, française, rattachée à l’école de Paris de l’après-guerre, dite Nouvelle École de Paris. Elle est la mère de Florence Montreynaud, écrivaine féministe, et la grand-mère de l’historienne Raphaëlle Branche.
Biographie
Années 1940 : formation Renée Théobald fait ses études au lycée Lamartine à Paris. Elle est la fille de Florentine Durr, d’origine alsacienne, qui lui donne son amour de la France et ses convictions féministes, et de Michel Théobald, professeur agrégé d'allemand. En 1946, elle entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dans l’atelier de Souverbie. Elle suit aussi les cours de L’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.
À partir de 1948, Théobald participe régulièrement aux Salons qui témoignent chaque année des tendances de la peinture française : Salon d’automne, des Artistes français, des Indépendants, de la jeune peinture, du dessin et de la peinture à l'eau, de la Marine, Comparaisons, Terres Latines, Société nationale des Beaux-Arts, ainsi que les salons d’Asnières, de Courbevoie et de Juvisy.
Années 1950 : peintre à part entière Sa première exposition particulière a lieu à Paris en 1951. Elle expose à Metz, Strasbourg, Lille, puis, à partir de 1960, à Bruxelles et Mons, avant d’entreprendre une carrière internationale en Europe, au Japon et surtout aux États-Unis, pendant plus de cinquante années.
En 1958, lors de la création du salon très sélectif Les Grands et les Jeunes d’aujourd’hui, au Musée d’art moderne de Paris, qui retient 250 œuvres de « maîtres contemporains connus », tels Picasso, Buffet, Cocteau… et des « jeunes choisis pour leur incontestable valeur », selon les propres termes du Salon, elle en fait partie. Gauchère contrariée, dessinant de la main droite, Renée Théobald peint librement de la main gauche au couteau. Elle signe de son nom de naissance, sans indiquer son prénom, pour être considérée, non comme une « femme-peintre » sur qui pèsent les préjugés de l'époque, mais comme peintre à part entière, tout en étant aussi épouse et mère de famille avec cinq enfants.
Années 1960 : Rester figurative Dans une époque marquée en France par la domination de l'art abstrait qu’encourage André Malraux, ministre de la Culture de 1959 à 1969, Théobald conserve son propre langage. Figurative, peu soucieuse de recherches formelles, elle peint ses voyages et veut « donner l’envie de se promener dans ses toiles » lit-on dans La Lanterne de Bruxelles du .
La même année, après Munich et Francfort, elle expose à Paris, à l’Atelier Matignon, 24 toiles sur les États-Unis et la Grèce. La presse met en avant « la solidité des paysages et des marines, la fermeté des compositions ». Elle souligne « sa pâte riche », sa « spatule vigoureuse », sa « touche virile et sûre », la « puissance de ses paysages ».
Ses confrères, figuratifs comme elle, avec qui elle expose régulièrement dans les salons parisiens s’appellent Pierre Gaillardot (1910-2002), Michel Rodde (1913-2009), François Baboulet (1914-2010), Daniel du Janerand (1919-1990), Maurice Boitel (1919-2007), Michel Ciry (1919-2018), Paul Collomb (1921-2010), Jean Monneret (1922-), Jean-Pierre Alaux (1925-2020), Jacques Bouyssou (1926-1997), Paul Guiramand (1926-2007), Paul Ambille (1930-2010), Michel Jouenne (1933-2021), Monique Journod (1935-).
Année 1963 : Reconnaissance américaine En 1963, Théobald est invitée par le De Young Museum de San Francisco qui est alors l’un des cinq musées d’art moderne les plus importants des États-Unis. Elle y présente 40 paysages, orchestres et rues de Paris. Ces toiles sont ensuite montrées au Musée d'art moderne de Miami. La même année elle expose à Beverly Hills, puis c’est son premier one-woman-show à New York en 1964.
« Renée Théobald : le figuratif à son meilleur » titre “La Presse” de Montréal, du commentant son exposition new-yorkaise. Théobald y déclare faire « partie du grand ensemble des peintres figuratifs (…) Je crois que la raison d’être de l’acte de peindre est de pouvoir montrer aux autres à sentir, à voir. (…) Je ne condamne pas l’abstrait, toutes mes toiles passent par une phase abstraite. L’abstrait nous a forcés à repenser la peinture sous un autre angle ». La journaliste, Simone Auger, conclut : Théobald « sait qu’elle a raison lorsqu’elle choisit de s’exprimer elle-même plutôt que de suivre cette mode, cette mode fût-elle la caractéristique la plus marquante de l’histoire de la peinture au 20e siècle. (…) Peut-être, Renée Théobald a-t-elle vu juste en se refusant… à la « négation de la communication » (…) Un retour lent mais net s’effectue vers le figuratif ».
C’est une femme élégante comme les Américains aiment à s’imaginer les Parisiennes. Elle est anglophone contrairement à la majorité des peintres français de cette époque. Enfin, elle est post-impressionniste dans une tradition appréciée par les amateurs d’art américains : « Le couteau de Renée Théobald (…) forme, travaille et cisèle une pâte riche et comme aromatisée, issue d’une palette foncièrement optimiste, servie par un œil aigu et sensuel » lit-on dans “France-Amérique”, du .
Sa peinture et sa personnalité séduisent. Hal Boyle, de l’Associated Press, écrit en un article repris par plus de 300 quotidiens à travers les États-Unis sur cette Française dont la peinture se veut une fenêtre ouverte sur le monde : « j’avais besoin, dit-elle, d’ouvrir une fenêtre dans ma vie (…) je peins pour communiquer, pour être comprise (…) Elle défend la peinture figurative : « Les peintres abstraits parlent un langage qui nécessitent un dictionnaire que la plupart des gens n’ont pas (…) ».
Après San Francisco, la carrière américaine de Théobald s’étend de New York, à Washington, Palm Beach, Dallas et Houston.
Années 1970-1980 : expositions en Scandinavie et au Japon À partir de 1972 commencent ses relations avec le Japon. Elle participe régulièrement aux expositions de groupe organisées par Marubeni à Tokyo. Ses bouquets sont particulièrement appréciés des collectionneurs japonais : jaunes, roses, tricolores, bouquets joyeux, printaniers, ensoleillés, simples anémones ou marguerites, Théobald ne coupe les fleurs que pour les peindre.
En 1973 et 1974, elle participe au Salon des Peintres Témoins de leur Temps au Japon. Plus tard, en 1997, elle participera à l'exposition franco-japonaise de la Société nationale des Beaux-Arts.
Parallèlement à ses participations au Japon et ses one-woman-shows réguliers aux États-Unis, elle expose en Finlande puis en Suède et continue de partager sa vie entre son atelier à Paris et ses voyages dont elle nourrit ses toiles. Elle aime la vie, les couleurs, les lieux ensoleillés, les îles grecques, les marchés, les villages de Provence, et la mer quand les bateaux dansent.
Années 1980-1990 : Montrer la France aux États-Unis À travers ses paysages et ses marines, Théobald continue de faire découvrir aux Américains la France dans sa diversité : des ciels de Bretagne à la Méditerranée, du soleil de Provence aux villages d'Alsace, de la campagne normande aux vignes de Bourgogne, elle peint la France qu'elle aime, et Paris, son « village », avec ses quais, ses péniches, ses places, ses ponts et Notre-Dame. De la Floride à la Californie, les Américains aiment avoir sur leurs murs cette France-là.
Dans le Palm Beach Daily Newsdu , interviewée par Kathleen Quigley, elle donne son point de vue : « Je veux qu’une peinture s’arrête quand elle en a dit juste assez pour que vous puissiez y entrer avec votre imagination et la finir de la manière que vous souhaitez la voir » ; Elle précise la différence à ses yeux entre les artistes français et américains : « New York vous conduit à l’abstraction (…) Vous n’êtes pas la même personne dans un paysage magnifique ou à côté d’une usine. (…) La qualité de la lumière en Europe est exceptionnelle. C’est elle qui a fait grandir des générations de peintres ». 1951-2004 : Plus de cinquante ans de peinture Au cours de ses 50 ans d’expositions, Théobald a peint plus de 3 500 toiles. Elle aimait les paysages de France, d’Italie, d’Espagne, du Liban, de la Turquie, d’Israel, du Mexique… les couleurs des marchés espagnols, mexicains, italiens, marocains, finlandais… les ruelles grecques, les canaux vénitiens… Et les ports, de la mer du Nord à la Méditerranée : Hambourg, Honfleur, Douelan, Cherbourg, Le Croisic, St-Tropez, Antibes, La Rochelle, Cassis… Et Hydra, Mykonos, Portofino, Viareggio… les toits de Florence, ceux de Dubrovnik, les chemins de Taxco, de Jérusalem, les rues de Manhattan … et toujours Paris, ses ponts, ses places, ses bords de Seine.
Réputée aussi pour ses orchestres, elle les peint, symphoniques ou en quatuor, de dos, de face, en répétition, et en fait des lithographies.
L’essentiel de son œuvre a pris place dans des collections privées d'Europe, du Japon et des États-Unis. Sa dernière exposition a lieu en 2004 à Houston, avant une exposition posthume en 2014.
Expositions
Expositions particulières France : Paris, Galerie Cardo-Matignon : 1951 Metz, Galerie Louyot : 1954 Metz, Galerie Schmitt, Mutualité : 1955 Paris, Galerie Tedesco : 1954, 1956 Paris, Galerie du Seizième : 1958 Paris, Galerie Paul-Cézanne : 1959 Paris, Atelier Matignon : 1962, 1963, 1964 Paris, Galerie Marigny : 1965 Strasbourg, Galerie d’Argens : 1967 Paris, Galerie Colette Dubois : 1973 Europe : Belgique : Galerie Lucidel, Mons : 1961, 1962, 1966, 1968 Belgique : Galerie Reflets, Bruxelles : 1962, 1965, 1966, 1969, Allemagne : Galerie Carroll, Munich : 1963 Belgique : Galerie Reflets, Bruxelles : 1971, 1973, 1975, 1977, 1979 Finlande : Galerie Casin Partinen, Helsinki : 1975 Suède : Galerie Bengtsson, Stockholm : 1976, 1978, 1980, 1982 Japon : Tokyo : Marubeni 1981, 1986 États-Unis : San Francisco, De Young Museum : 1963 David Shore gallery, Bervely Hills : 1964 New York, Frank Partridge gallery : 1964, 1965 New York, Emile Walter gallery, 57e rue : 1968 Washington DC, Congressional Country Club : 1969 Dallas, Texas, Fairmount gallery : 1969 Palm Beach, Floride, Faro-Walter galleries : 1970 Houston, Texas, John P. Klep gallery : 1970 Dallas, Texas, Fairmount gallery : 1971, 1972 Washington DC, Watergate galleries : 1972 New York, Wiener gallery, Madison avenue : 1973 Dallas, Texas, Phillips gallery : 1975, 1978, 1981, 1985 Houston, Texas, Phillips-Flynt galleries : 1980, 1983, 1987 Palm Beach, Floride, Phillips gallery : 1980, 1982, 1984, 1990 Houston,Texas Nolan-Rankin galleries : 1993, 1998, 2004 Houston,Texas Nolan-Rankin galleries : Exposition posthume 2014
Expositions collectives Paris : Salon des Jeunes peintres, 1954, 1955, 1958. Paris : Sélection du Prix Pacquement, musée d’Art moderne Paris : Les Grands et les Jeunes d’aujourd’hui, Musée d’art moderne, Paris, 1958 Paris : Les Peintres Témoins de leur Temps, musée Galliera, 1960 Francfort : Groupe de l'Europeinture, 1964 Bruxelles : Maîtres et jeunes maîtres de l'École de Paris Québec : Les Artistes français, Montréal Londres : Galerie d’art Guilhall, 1972 Tokyo : Les Peintres témoins de leur temps, 1973, 1974 Moscou : 1re exposition d'art contemporain français, musée Pouchkine, 1975 Léningrad : Art contemporain français, musée de l'Ermitage, 1975 Koweït : 1re exposition de l'Art français, musée des Beaux-Arts, 1975 Pékin et Shanghaï : Sélection de peintres français, 1994 Philadelphie : Cinq peintres français, Newman Saunders Gallery, 1998 Carbondale, South Illinois : 50 ans de l’École de Paris, musée de l’Université, 1998
Grands Salons parisiens Salon des artistes français Salon d’automne Salon Comparaisons Salon du dessin et de la peinture à l'eau Salon des Indépendants Salon de la jeune peinture Salon de la Marine Salon de la Société nationale des Beaux-Arts. Salon Terres Latines Salon de Courbevoie 1979
Distinctions et récompenses