La bataille de Bourem a lieu le , pendant la guerre du Mali. Elle oppose les Forces armées maliennes aux rebelles du Cadre stratégique permanent (CSP) dans la ville de Bourem. La victoire est revendiquée par les deux camps : l'armée malienne déclarant avoir repoussé l'attaque et le CSP affirmant avoir réussi un raid contre le camp militaire de la ville.
Contexte
Au cours de l'année 2023, les tensions s'accroissent entre la junte malienne et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), signataire de l'accord d'Alger en 2015. La nuit du 4 au , un poste de la CMA est attaqué à Foïta, près de Léré. La CMA affirme déplorer la mort de deux de ses combattants et accuse l'armée malienne et le groupe Wagner d'être responsable de l'attaque. La junte malienne n'adresse aucune réponse. Dans les jours qui suivent, les représentants de la CMA quittent Bamako. Les 11 et , deux combats ont lieu près de Ber, impliquant l'armée malienne, le groupe Wagner, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et la CMA. Les militaires maliens et les mercenaires russes investissent le camp militaire de Ber, qui est évacué par les casques bleus.
L'escalade se poursuit le semaines suivantes. Le , le GATIA dénonce le bombardement de l'une de ses bases par un hélicoptère de l'armée malienne à Afawlawlaw, près de Gao. Le lendemain, la CMA revendique la destruction d'un avion Soukhoï Su-25 de l'armée de l'air du Mali, le seul dont elle dispose à cette date, à Tinaouke, au nord de Gao, après un bombardement sur ses positions. L'armée malienne reconnait la perte de l'appareil mais en raison de . Le général Alou Boi Diarra évoque un à Gao et précise que l"équipage a été récupéré .
Dans la foulée, le Cadre stratégique permanent (CSP) accuse la junte et le groupe Wagner de et annonce . Le MSA se désolidarise cependant de cette déclaration et appelle à . Le , la CMA se déclare avec la junte. Elle appelle alors . La junte n'adresse aucune réponse.
Déroulement Le matin du , la ville de Bourem est attaquée par les groupes rebelles. Ces derniers se seraient emparés provisoirement du camp militaire, situé au nord de la ville, après l'avoir encerclé. Cependant l'aviation malienne intervient et les forces maliennes reprennent le contrôle du camp dans les heures qui suivent. À l'issue des combats, la victoire est revendiquée par les deux camps.
Dans un communiqué publié le soir du combat, l'armée malienne affirme avoir repoussé l'offensive. Elle évoque . Une seconde opération est ensuite lancée au nord-est de la ville.
Selon le journaliste Wassim Nasr, les rebelles se sont emparés de quatre postes, mais pas de la base principale de la ville Combats entre l'armée et les rebelles au Mali : est-ce la fin de l’accord d’Alger ?, France 24, 18 septembre 2023..
L'attaque est revendiquée par le Cadre stratégique permanent (CSP) et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Dans son communiqué, la CMA affirme avoir mené l'attaque contre . Selon son récit, l'attaque est menée sur quatre fronts et les combats durent deux heures. Elle revendique la prise de contrôle de . Selon le CSP, l'offensive se solde par la prise du . Le porte-parole du CSP, Mohamed El Maouloud Ramadane, déclare qu'il y a eu , puis les hommes se sont retirés : .
Pertes Dans son communiqué, l'armée malienne reconnait 10 morts et 13 blessés dans ses rangs et revendique la mort de 46 assaillantsVictoria Sedji, Conflit dans le nord du Mali : les tensions entre l'armée et la CSP-PSD dégénèrent, des affrontements signalés, Agence Ecofin, 13 septembre 2023..
La CMA admet pour sa part neuf morts, onze blessés et trois véhicules détruits dans ses rangs, contre 97 soldats maliens tués, plusieurs dizaines blessés, plusieurs dizaines faits prisonniers, 39 véhicules détruits et 15 véhicules capturésQue se passe-t-il dans le nord du Mali ?, Le Point, 14 septembre 2023.Plusieurs dizaines de morts dans les combats armée-rebelles dans le nord du Mali, Reuters, 13 septembre 2023.. La CMA affirme que plusieurs dizaines de militaires maliens ont été tués par erreur par des frappes de l'aviation malienne alors qu'ils étaient retenus prisonniers. Elle affirme que seuls cinq militaires survivants, dont un colonel, sont détenus au lendemain du combats. D’après le journaliste Wassim Nasr, un capitaine malien, fils d'un général, figure parmi les prisonniers.
Références
Bourem Bourem Catégorie:2023 au Mali Catégorie:Septembre 2023