Ariane Lavrilleux est une journaliste d'investigation française née le à Nantes. En 2023, la justice française saisit son matériel lié à l'enquête sur l' en Égypte, dans le but d'identifier les sources ayant renseigné les journalistes.
Biographie Née à Nantes le , elle commence sa carrière de journaliste en 2011, pour Europe 1. À partir de 2017, elle est correspondante au Caire, en Égypte, où elle travaille pendant cinq ans. pour plusieurs médias avant de revenir en France.. Elle couvre notamment, dans des enquêtes et reportages d'investigation sur l’Égypte et le Moyen-Orient., des sujets liés tels que les ventes d'armes, les violations des droits humains et les questions environnementales. Elle est cofondatrice du collectif de femmes journalistes Prenons la Une, dont elle est secrétaire générale.
En 2020, elle révèle que certains partenaires syriens de SOS Chrétiens d'Orient, à la tête de milices pro-Assad, étaient accusés par des ONG syriennes d'avoir pillé des villages et bombardé des civils. En 2021, elle est entendue comme témoin à ce sujet, avec son collègue Élie Guckert, par l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre.. Selon Arrêt sur images, deux journalistes (Stéphane Kenech et un second qui a demandé l'anonymat) leur reprochent alors un vol d'informations pour un article paru dans Mediapart., Mediapart démentant tout vol .
En 2021, avec plusieurs confrères, elle dévoile pour Disclose les ressorts de l', se fondant sur des documents qui indiquent comment l'État français aurait fourni à l'Égypte des informations utilisées pour commettre des crimes... Plusieurs documents étant protégés par le secret défense, elle indique pour France Inter que .. L'enquête, qui selon Télérama révèle ., est pré-sélectionnée par le prix Albert-Londres de la presse écrite en 2022..
Perquisition, garde à vue et recherche des sources Le , son domicile, à Marseille, est perquisitionné par la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) et elle est placée en garde à vue.. Selon Disclose, elle est poursuivie pour des faits de « compromission du secret de la défense nationale » et de « révélation d’information pouvant conduire à identifier un agent protégé ».. Disclose, Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes. et le collectif Prenons la une., dont elle est la secrétaire générale., dénoncent une atteinte grave au secret des sources... The Guardian., Al Jazeera., et l'ONG Amnesty International relaient ces préoccupations sur la liberté de la presse en France.. Pour Amnesty International, la garde à vue d'Ariane Lavrilleux vise à couvrir une forme de et s'inscrit dans une qui s’efforcent de faire la lumière sur les actions opaques des services de renseignement français dans l'intérêt public.. Des rassemblements de soutien et appels à sa libération sont organisés.. Le au soir, elle annonce être libre.. Ariane Lavrilleux est libérée, sans charge retenue contre elle, contrairement à un ancien militaire, suspecté d'avoir renseigné les journalistes, perquisitionné et arrêté en même temps qu'elle, avant d'être mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.
Le , elle est convoquée au tribunal judiciaire de Paris devant un juge des libertés et de la détention, qui doit statuer sur la validité des pièces saisies lors de la perquisition chez la journaliste pour savoir si elles peuvent être versées à une procédure engagée contre la journaliste accusée de divulgation d’un secret de défense nationale. La décision est rendue le : 7 des 10 scellés sont versés au dossier. Pour la journaliste, qui n'est pas mise en examen et n'a pas accès au dossier, il s'agit d'une atteinte inédite et gravissime au secret des sources. La décision est justifiée par un « impératif prépondérant d’intérêt public », non précisé.
Cette affaire est comparée à celle d'Alex Jordanov à la même époquehttps://www.liberation.fr/societe/police-justice/atteinte-au-secret-defense-le-journaliste-alex-jordanov-demande-lannulation-de-sa-mise-en-examen-20230926_HKF4IQZFT5GDZNKNAXDX3PVW7Y/.
Signature d'une tribune pour la liberté d'informer, suivie d'un appel au meurtre contre elle Deux semaines après sa garde à vue, elle cosigne dans L'Humanité une tribune pour défendre la liberté d'informer, ce qui lui vaut d'être inscrite sur du site d'extrême droite Reseau-libre.org.. Le , elle porte plainte pour avec 43 autres membres de ..
Poursuites judiciaires
Ariane Lavrilleux est convoquée au tribunal pour un entretien le ..
Avant sa convocation, elle annonce avoir été la cible de moyens antiterroriste déployés par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour géolocaliser son téléphone, suivie dans ses déplacements professionnels et personnels, et avoir vu ses comptes épluchés par celle-ci.
Elle est alors placée sous le statut de témoin assistée, Reporters sans frontières appelle à l'abandon total de la procédure.
En , la juge d'instruction ordonne un non-lieu pour la journaliste, mais le parquet fait appel de cette décision, tandis que le procureur fait appel le et le procureur général annonce le faire appel et demander sa mise en examen. Le , la cours d'appel donne raison au parquet, annule le non-lieu d'Ariane Lavrilleux et demande la réouverture de l'enquête pour identifier les sources des journalistes ayant dévoilés les dessous de l'...
Notes et références
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