Le corridor de Zanguezour ( ; ) est un projet de couloir de transport d'une cinquantaine de kilomètres, qui, s'il était mis en œuvre dans la province arménienne de Syunik, donnerait à l'Azerbaïdjan un accès sans entrave au Nakhitchevan sans points de contrôle arméniens via la province arménienne de Syunik et représente au sens large un corridor géopolitique qui relierait la Turquie aux républiques turques d'Asie centrale dans un concept de panturquisme.
Histoire La terminologie, les itinéraires potentiels et les modes de liaison de transport constituent des points de discorde entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, qui maintiennent toujours un blocus mutuel depuis 1989. L'Azerbaïdjan a lancé des projets de construction sur son territoire, les présentant dans le cadre de la mise en œuvre d'un soi-disant « corridor de Zanguezour ». En cas de désaccord de l'Arménie, l'Azerbaïdjan « en déciderait par la force ».
Le concept ne fait pas partie de l'accord de cessez-le-feu du Haut-Karabagh de 2020, mais a été introduit plus tard dans le lexique géopolitique par Ilham Aliyev. Depuis, l’Azerbaïdjan et la Turquie l’ont promu, tandis que l’Arménie s’y est régulièrement opposée, affirmant que la « logique du couloir » s’écarte de la déclaration de cessez-le-feu et qu’il s’agit d’une forme de propagande.
Au cours des pourparlers trilatéraux de 2021, l'Arménie exprime sa volonté de participer à la reconstruction des liaisons ferroviaires de l'ère soviétique reliant historiquement l'Azerbaïdjan et le Nakhitchevan, ce que l'Azerbaïdjan interprète comme un consentement arménien au « corridor de Zanguezour ». Selon la Russie, partie tierce, il s'agit de débloquer les communications régionales et non de créer un « couloir ».
Le , l'Azerbaïdjan et l'Arménie conjointement avec les États-Unis signent à Washington un accord de paix pour mettre fin au conflit du Haut-Karabagh, qui dure depuis . Dans ce cadre, un protocole d'accord concernant le corridor de Zanguezour est signé. Ce document octroie aux États-Unis des droits exclusifs de développement du corridor, appelé route Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP), pour les 99 prochaines années, dans le but de relier la république autonome de Nakhitchevan au reste de l'Azerbaïdjan sans point de contrôle à travers l'Arménie. Ce corridor permettra en outre le passage de personnes et de marchandises de l'Europe vers l'Azerbaïdjan et l'Asie centrale au sens large sans avoir à passer par la Russie ou l'Iran. Bien qu'il a salué les progrès en faveur de la paix entre les deux républiques, l'Iran affiche une position hostile à l'établissement du corridor, qui se trouve contre sa frontière.
Géopolitique Divers observateurs internationaux qualifient le « corridor de Zanguezour » de programme panturc, s'inspirant de l'irrédentisme, tandis que d'autres soulignent la solution au blocus comme un aspect clé. Certains analystes politiques soulignent l'intérêt de la Russie pour son développement, étant donné qu'elle serait ostensiblement garante de la sécurité de cette route.
L’Iran, le plus grand rival de la Turquie dans la région, « pourrait déclencher une guerre pour empêcher le corridor de Zanguezour, ce qui ne serait pas en faveur de la Turquie car Israël et les États-Unis en bénéficieraient », selon un analyste turc.
Dans le même temps, dans le projet de publication scientifique « La crise constitutionnelle dans la République d’Arménie à travers le prisme des changements territoriaux : les défis juridiques du corridor de Zangezur », l’initiative du soi-disant « corridor de Zangezur » / accord TRIPP est considérée non seulement comme un projet de transport et d’infrastructures, mais aussi comme un facteur susceptible de provoquer une crise constitutionnelle dans la République d’Arménie. En particulier, les chercheurs de l’Université Palacký d’Olomouc (République tchèque), Hovsep Kocharyan et Lusine Vardanyan, affirment que le transfert d’une partie de la juridiction territoriale de l’Arménie (par exemple le contrôle d’un tronçon routier dans la province de Syunik) sans respecter les exigences constitutionnelles de la République d’Arménie — y compris la tenue d’un référendum — pourrait violer les normes fondamentales de la légitimité constitutionnelle et internationale. Les auteurs concluent que la mise en œuvre du corridor de Zangezur sans suivre les procédures constitutionnelles de l’Arménie (y compris un référendum) compromettrait l’ordre juridique du pays. Ils avertissent également qu’un tel scénario pourrait provoquer une crise constitutionnelle — avec des conséquences à long terme pour la stabilité de l’État.
Notes et références Notes
Références
Articles connexes Nakhitchevan Route européenne 002 Corridor de Latchine Corridor de Suwałki
Zanguezour Catégorie:Relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan Catégorie:Relations entre l'Arménie et la Turquie Catégorie:Géographie du Haut-Karabagh Catégorie:Syunik (Arménie Majeure)