La bataille de Froeschwiller-Woerth, ou bataille de Reichshoffen, s'est déroulée le en Alsace, au début de la guerre franco-prussienne de 1870. Elle est célèbre pour une série de charges de cuirassiers français (cavalerie lourde). alt=Monument en grès rose de type monument aux morts. En haut du monument, on peut lire "AUX CUIRASSIERS DITS DE REICHSHOFFEN". Sur la base du monument, il est écrit "Militius Gallis Hic interemptis die 6A augusti 1870 - Defuncti adhunc loouuntur - Erezti Patria moerens Anno Domini 1873" |gauche|vignette|284x284px|Monument aux cuirassiers dits de Reichshoffen à Morsbronn Il y eut deux charges : celle sous les ordres du général Alexandre Ernest Michel (1817-1898). à Morsbronn aux environs de et celle de Charles-Frédéric de Bonnemains à Elsasshausen (hameau de Froeschwiller) aux environs de , toutes deux face à la armée prussienne qui, avec ses cent trente mille hommes, avait un avantage numérique de trois contre un s'ajoutant à une supériorité du matériel.

Le sacrifice de ces hommes ne changea pas le cours de la bataille mais permit de couvrir le retrait des troupes françaises. Il a été copieusement utilisé par la propagande, notamment pour la reprise de l'Alsace (par Hansi entre autres). Les survivants furent largement décorés.

En 1870, un monument fut érigé au-dessus de Morsbronn en hommage « aux cuirassiers dits de Reichshoffen ». En 1895, un imposant monument équestre à la gloire du prince héritier Frédéric de Prusse, vainqueur de la bataille, est érigé. Confié au sculpteur Max Baumbach, la statue mesurait de hauteur. Le monument est détruit à la fin de la Première Guerre mondiale.

Contexte Après la défaite de Wissembourg, le maréchal Patrice de Mac Mahon fut mis à la tête d'un groupement rassemblant les 1, 5 et d'armée de l'armée du Rhin. Il décida de se battre sur la position de Froeschwiller, bien que ses forces fussent dispersées. Le , il ne disposait que de son corps d'armée qui sera rejoint par la division Conseil-Dumesnil du CA. Il disposait au soir du 5 de ses divisions dans cette disposition : (du CA) entre Nehwiller et Froeschwiller ; (du CA) entre le bois de Froeschwiller et le calvaire de Woerth ; Division Conseil-Dumesnil (du CA) entre le calvaire de Woerth et le bois de Niederwald ; (du CA) du bois de Niederwald à Morsbronn inclus ; (du CA) en réserve dans le bois de Grosserwald (elle avait été éprouvée à Wissembourg) ; la cavalerie du CA derrière les divisions et une cavalerie de réserve (général de Bonnemains) dans le bois de Grosserwald.

La bataille

À l'aube du , l'avant garde du d'armée prussien, la (Hugo Rudolf Walther von Monbarry)., en reconnaissance à Wœrth tombe sur les avant-gardes françaises à l'ouest de Wœrth et engage le combat. Les bruits du combat amènent le d'armée royal bavarois au nord et le d'armée prussien au sud à lui porter assistance. Le d'armée royal bavarois est intercepté par la au sud-ouest de Langensoultzbach et le d'armée prussien est engagé par la au sortir du bois de KreuzeckLa bataille de Froeschwiller-Woerth (Alsace), par Patrick R. Nastro.. Toute la d'infanterie sous les ordres du lieutenant général von Schmidt est déjà au combat. Kirchbach fait alors intervenir la d'infanterie sous les ordres du lieutenant-général von Sandrart dans la bataille : la reçoit la direction d'attaque sur Wœrth, la celle sur Spachbach (2 kilomètres au sud). Le prussien a également déjà engagé le combat sur l'aile gauche de la allemande. La d'infanterie sous le général von Schachtmeyer s'engage dans la bataille avec la d'infanterie sous les ordres du colonel von Koblinski près du village de Gunstett (2 autres kilomètres au sud). La d'infanterie, qui est sous le commandement du lieutenant-général von Gersdorff, est engagée pour encercler l'aile droite de l'ennemi au-dessus de MorsbronnJustus Scheibert: Der Krieg zwischen Frankreich und Deutschland. nach dem Großen Generalstabswerk. W. Paulis Nachfolger. Berlin 1895. S. 28.. La d'infanterie sous le commandement du major-général von Thile franchit la Sauer à Spachbach, la d'infanterie sous le commandement du colonel von Kontzki la franchit près de Gunstett. La d'infanterie sous les ordres du Generalmajor von Schkopp avance sur le tronçon sud vers le village de Morsbronn.

S'ensuivent une série de combats ponctuels alors que le Kronprinz Frédéric de Prusse cherche à faire décrocher ses forces, ne voulant pas engager de bataille sans avoir au préalable réuni toutes les forces allemandes. Le commandement allemand envoie vers 9h00 un officier d'ordonnance pour donner l'ordre au Corps prussien d'interrompre l'engagement, mais par erreur c'est Le corps bavarois qui reçut l'ordre.

thumb|Bataille de Woerth (1870). S'ensuit une courte période de flottement côté allemand, l'engagement de l'artillerie du corps vers à Woerth fit comprendre au général bavarois von Hartmann commandant du corps bavarois, que le corps prussien était en action et recommença l'attaque.

A , le corps bavarois avait engagé environ dix bataillons et formait approximativement une ligne allant du nord de la forêt de Froeschwillerà la vallée de la Sauer au nord de Woerth.

À Wœrth, le corps dispose d'une forte batterie (108 pièces) qui écrase la et permet aux Prussiens de franchir la Sauer. Une brusque contre-offensive du de zouaves permettra de les repousser. Au nord, les Bavarois s'infiltrent dans le bois de Langensoultzbach et doivent en être extirpés par le de zouaves. Au sud, les Prussiens sont repoussés par le de tirailleurs algériens. Jusqu'à midi, les combats restent indécis.

À ce moment, le Kronprinz, arrivé à Dieffenbach-lès-Woerth, décide d'engager le combat et porte l'ensemble de sa force () contre les forces de Mac Mahon (). À une manœuvre d'encerclement est initiée par le sud et s'achèvera à par la capture de Froeschwiller.

Au sud, les Français doivent décrocher de Morsbronn pour se replier dans le bois de Niederwald. C'est alors qu'eut lieu la charge désastreuse de la cavalerie du général Michel dite « Charge de Reichshoffen ». Reichshoffen est un village à l'arrière du champ de bataille où avait été stationnée cette cavalerie de réserve. Le bois de Niederwald est alors déjà le lieu de combats et le général de Lartigue ne tarde pas à en ordonner le repli.

vignette|left|Le capitaine de Pontécoulant du de tirailleurs algériens soutient la retraite contre Elsasshausen. Au centre, après avoir opposé de brillantes contre-attaques, les forces françaises qui ne sont pas renforcées sont contraintes à se replier sur Elsasshausen. C'est alors que se situe la charge de la division de Bonnemains.Dans le bois de Froeschwiller, le Zouaves oppose une forte résistance au corps bavarois et parvient même à le refouler un moment sur la Sauer mais finit par y être encerclé. Seul un dixième de cette unité en sortira. Plus au nord, la , réduite d'une brigade entière pour renforcer le centre, ne tarde pas à battre en retraite.

À , les Français sont refoulés dans Froeschwiller qu'abordent déjà les Allemands. La réserve () contre-attaque alors en direction de Elsasshausen. Contrairement aux charges de cavalerie, cette contre-attaque se révèle fructueuse, repousse les Allemands en dehors du village et permet de reprendre l'artillerie perdue. Cependant, alors qu'ils arrivent à la limite de leur effort, les Allemands débouchent du bois de Niederwald et les attaquent de flanc.

Entretemps, l'armée française se retirait du plateau, protégée par le de zouaves.

Charges de Morsbronn, Brigade Michel 280px|left|thumb|Charge du de cuirassiers français à Woerth. En tête le colonel Lafunsen de Lacarre qui vient de se faire tuer et dont le cheval continue de galoper (en réalité il n'a plus de tête puisqu'il a été décapité par un boulet prussien). thumb|280px|La charge des cuirassiers de Reichshoffen immortalisée dans Reichshoffen de Aimé Morot (château de Versailles). Autour de Morsbronn, la du général de Lartigue. était en danger d'être tournée par des unités d'infanterie prussiennes. Les 8, de cuirassiers et deux escadrons du de lanciers de la brigade du général Michel furent désignés pour la dégager et se dirigèrent à vive allure vers Morsbronn.

Le général Michel tenta une action de secours, haranguant ses troupes : « Camarades, on a besoin de nous, nous allons charger l'ennemi ; montrons qui nous sommes et ce que nous savons faire, vive la France ! ».

Le terrain était parsemé de vignes et de houblonnières au bout desquelles les 32e et 94e régiments allemands s'avançaient sur deux lignes et engagèrent les cuirassiers. Le feu allemand repoussa les cuirassiers du 8 régiment de cuirassiers qui pénétraient dans Morsbronn par le nord, essuyant un feu nourri venant des maisons où les Prussiens s'étaient retranchés. Continuant leur charge, ils arrivèrent à la bifurcation de la rue principale du village. Les uns se dirigèrent à gauche vers la route de Wœrth-Haguenau, la majorité des autres, trompés par la largeur de la rue, s'y engagèrent au grand galop. Se rétrécissant progressivement jusqu'à l'église, cette rue devint une souricière où les cavaliers s'entassèrent pêle-mêle et devinrent la cible facile des tireurs prussiens. Seuls s'échappèrent en direction du sud.

Le de cuirassiers subit un sort analogue, il essuya le feu de la compagnie de pionniers et du régiment allemand, l'escadron de tête du se jeta dans un ravin ; les escadrons suivants, menés par le colonel François Henri Guiot de La Rochère, contournèrent l'obstacle. Les cuirassiers parvinrent à pénétrer Morsbronn et à le dégager malgré une forte résistance. Après s'être regroupés au sud du village, la cinquantaine de cavaliers survivants durent s'enfuir, réussissant à rejoindre les troupes françaises à Saverne.

À leur tour, les deux escadrons du subirent les tirs du régiment d'infanterie allemand et furent repoussés une première fois, la seconde charge se heurta au 13e régiment de hussards prussien qui les dispersa

thumb|La charge du régiment de cuirassiers de la du général Michel à Mosbronn. De l'avis de l'état-major allemand, le sacrifice de la brigade Michel permit à l'infanterie française de se retirer à travers le Niederwald. Charge du 9e régiment de cuirassiers dans le village de Morsbronn

Charges de Froeschwiller, brigade Bonnemains Dans le secteur d'Elsasshausen, la brigade de cavalerie Bonnemains, constituée des quatre premiers régiments de cuirassiers, chargea des éléments de près de d'infanterie allemande, sur un terrain constitué de vignes et de houblonnières défavorable à une action de cavalerie.

L'infanterie allemande qui resta en ligne de tirailleurs et l'artillerie allemande ouvrirent le feu sur les cavaliers. Les cuirassiers furent décimés et repoussés sans avoir pu atteindre les forces allemandes.

Pertes françaises On dénombre lors de la bataille de Froeschwiller un grand nombre d'officier tués dontGuerre de 1870-1871 : État nominatif par affaires et par corps des officiers tués ou blessés du 25 juillet au 29 octobre par Aristide Martinien. :

Ernest Renan Ernest Renan utilise cette page d'histoire comme métaphore de l'humanité souffrante :

Culture populaire Littérature

Émile Zola évoque cette bataille dans Le Petit Village, nouvelle parue en 1874 dans le recueil Nouveaux contes à Ninon.