Le gouvernement Ndong Sima, également appelé gouvernement de transition, est le gouvernement du Gabon en fonction entre le et le . Dirigé par le Premier ministre Raymond Ndong Sima, il s'agit du premier gouvernement de la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, militaire arrivé au pouvoir après le coup d'État d' ayant mené à la chute du régime d'Ali Bongo.
Composé de 26 membres à sa nomination, ce nouveau gouvernement compte plusieurs anciens ministres et opposants, ainsi que des militaires et des membres de la société civile.
La composition du gouvernement est ajustée à l'occasion du remaniement du qui voit la nomination d'un vice-Premier ministre.
Historique Contexte et nomination
Après la réélection contestée d'Ali Bongo lors de la présidentielle du , le général Brice Clotaire Oligui Nguema, commandant de la Garde républicaine, organise un coup d'État le 30 août. Ce dernier parvient à renverser le régime d'Ali Bongo et à prendre le pouvoir, prêtant serment en tant que Président de la Transition le .
Quelques jours plus tard, le , le nouveau président nomme Raymond Ndong Sima au poste de Premier ministre et chef du gouvernement de la Transition. Alors âgé de 68 ans, cet économiste de formation a déjà une longue expérience en politique, ayant notamment occupé la fonction de Premier ministre sous Ali Bongo de 2012 à 2014 avant de rejoindre les rangs de l'opposition en 2015. Critique acerbe du régime déchu, qu'il accusait de « mauvaise gouvernance », il avait notamment été candidat à l'élection présidentielle de 2016.
Le , Raymond Ndong Sima annonce officiellement la composition de son gouvernement, nommé par décret présidentiel, lors d'une allocution télévisée. Comptant 26 membres, ce dernier est composé d'anciens ministres et membres du Parti démocratique gabonais, d'anciens opposants (aucun n'étant cependant issu d'« Alternance 2023 », la plateforme du principal candidat de l'opposition, Albert Ondo Ossa), ainsi que de militaires et membres de la société civile.
Le président Brice Oligui Nguema occupe quant à lui les fonctions de ministre de la Défense et de la Sécurité.
Le , le nouveau Premier ministre annonce, lors d'une interview, une transition d'une durée de 2 ans, qu'il qualifie d'« objectif raisonnable ».
Le , au lendemain de l'investiture du président Oligui Nguema, Raymond Ndong Sima remet sa démission et celle de son gouvernement. Sa démission marque également la disparition du poste de Premier ministre conformément à la nouvelle Constitution adoptée par référendum le 16 novembre 2024.
Critiques La présence de membres du Parti démocratique gabonais, ancien parti d'Ali Bongo, au sein de ce nouveau gouvernement, suscite critiques et scepticisme dans une partie de la population gabonaise. Une pétition signée par des milliers de personnes est notamment lancée contre Hervé Patrick Opiangah, ministre des Mines, accusé d'être un proche d'Ali Bongo.
Évolution
Ajustement du 10 septembre 2023 Dès le lendemain de sa nomination, le , un premier changement est effectué au sein du gouvernement : Laurence Ndong est nommée ministre des Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication à la place d'Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ainsi que porte-parole du Gouvernement à la place du ministre de la Justice, Paul-Marie Gondjout.
Ulrich Manfoumbi Manfoumbi est quant à lui rétrogradé au rang de ministre délégué à la Présidence, porte-parole du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Ce dernier annonce d'ailleurs le jour-même la nomination de Joseph Owondault Berre au poste de vice-président de la transition.
Remaniement du 17 janvier 2024 Le , lors d'une allocution télévisée, le secrétaire général de la Présidence, Guy Rossatanga-Rinault, annonce un remaniement du gouvernement de la transition.
Comparaison avec la composition initiale Passant de 27 à 31 ministres, le gouvernement Ndong Sima II enregistre neuf entrées et cinq sorties.
Le Premier ministre Raymond Ndong Sima conserve son poste ; 14 ministres conservent leur poste : Murielle Minkoue (Réforme des institutions), Régis Onanga Ndiaye (Affaires Etrangères), Paul-Marie Gondjout (Justice), Hervé Ndoume-Essingone (Enseignement supérieur, recherche scientifique et innovation technologique), Mays Mouissi (Économie et Participations), Charles Mba (Comptes Publics), Marcel Abéké (Pétrole), Flavien Nziengui Nzoundou (Travaux publics), Ludovic Menié (Habitat, Urbanisme et Cadastre), Jeannot Kalima (Energies et Ressources hydrauliques), Jonathan Ignoumba (Agriculture, Élevage et Pêche), André-Jacques Augand (Culture, Jeunesse, Sports et Arts), Loïc Moudouma Ndinga (Transports, Marine marchande et Mer), Pascal Ogowé Siffon (Tourisme et Artisanat) ; 3 ministres délégués deviennent ministres pleins : Brigitte Onkanowa (Défense nationale), Hermann Immongault (Intérieur et Sécurité) Ulrich Manfoumbi Manfoumbi (Chargé de mission à la présidence, porte-parole du CTRI) ; 1 ministre voit ses attributions élargies : Camélia Ntoutoume (Éducation nationale portefeuille élargi à la formation professionnelle) ; 3 ministres voient leurs attributions réduites : Adrien Mougougou (Santé perd le portefeuille des Affaires Sociales), Laurence Ndong (Communication et médias, porte parole du gouvernement perd le portefeuille des Nouvelles Technologie de l'Information), Maurice Ntossui (Eaux et Forêts perd les portefeuilles de l'environnement; du climat et du conflit homme-faune) ; Les 9 nouveaux ministres sont : Alexandre Barro Chambrier, Adrien Nguema Mba, Louise Boukandou, Gilles Nembé, Bonjean Frédérick Mbaza, Arcadie Sveltana Nzoma, Parfaite Amouyeme Ollame, Nadine Natalie Anato, François Mbongo Rafemo Bourdette ; Les 5 sortants sont : Raphaël Ngazouzé, Hervé Patrick Opiangah, Solange Nguiakie, Patricia Djipano, Françoise Mvou.
Critiques et recours L'annonce du remaniement du gouvernement Ndong Sima II suscite de vives critiques notamment sur le passage de ministres délégués à ministres pleins de deux membres du gouvernement.
Selon l'article 35 la Charte de la transition le président de la Transition occupe les fonctions de ministre de la Défense ainsi que celle de ministre de l'Intérieur. Or, à la suite du remaniement du , ces fonctions ont été totalement transférées respectivement au Général de division Brigitte Okanowa et Hermann Immongault, sans que ladite Charte n'ait fait l'objet de modification. Le , l'avocat Anges Kevin Nzigou dépose un recours en annulation auprès de la Cour Constitutionnelle pour violation de la Charte de la transition. La requête est finalement jugée irrecevable par les huit juges de la Cour constitutionnelle, le , au motif que le dossier ne comporte pas le décret portant nomination des ministres visés par la requête.
Le , la Charte de transition est modifiée pour permettre la constitutionalisation de la nomination de titulaires à ces ministères..
Remaniement du 15 janvier 2025 Près d'un an jour pour jour après le dernier remaniement, le secrétaire général de la Présidence, Guy Rossatanga-Rinault annonce le nouveau gouvernement de la transition le .
Comparaison avec la dernière composition Le gouvernement Ndong Sima III qui compte désormais 35 ministres, enregistre dix entrées et cinq sorties.
Le Premier ministre Raymond Ndong Sima conserve son poste ; 12 ministres conservent eux aussi leur poste : Alexandre Barro Chambrier (Vice-Primature, Planification) Murielle Minkoue (Réforme des institutions dont l'intitulé ministériel a évolué), Brigitte Onkanowa (Défense nationale), Régis Onanga Ndiaye (Affaires Etrangères), Paul-Marie Gondjout (Justice), Marcel Abéké (Pétrole), Flavien Nziengui Nzoundou (Travaux publics), Gilles Nembe (Mines) Ludovic Menié (Habitat, Urbanisme et Cadastre), Adrien Mougougou (Santé), Pascal Ogowé Siffon (Tourisme et Artisanat), Adrien Nguema Mba (Travail), Bonjean Frederik Mbaza (Économie numérique), Ulrich Manfoumbi Manfoumbi (Chargé de mission à la présidence, porte-parole du CTRI), Hermann Immongault (Intérieur et Sécurité), Marie Paulette Parfaite Amouyeme Ollame (Commerce), Nadine Awanang Anato (Affaires sociales), Camélia Ntoutoume (Éducation nationale) ; 3 ministres changent de poste : Mays Mouissi (Environnement et climat), Jeannot Kalima (Fonction publique et Renforcement des capacités), Jonathan Ignoumba (Transports) ; 2 ministres voient leurs attributions élargies : Charles Mba (Comptes Publics, portefeuille élargi à la dette), Maurice Ntossui (Eaux et Forêts qui récupère le portefeuille du conflit homme-faune) ; 1 ministre voit ses attributions réduites : Laurence Ndong (Communication et médias, perd le porte-parolat du gouvernement ) ; Les 10 ministres entrants sont : Séraphin Akouré Davin, Lubin Ntoutoume, Mark Alexandre Doumba, Armande Longo Moulengui, Élodie Diane Fouefoue, Philippe Tonangoye, Syrielle Zora Kassa, Odette Polo, Patrick Barbera-Isaac et Marcelle Ibinga ; Les 5 sortants sont : Loïc Moudouma Ndinga, Hervé Ndoume-Essingone, Arcadie Sveltana Nzoma, André-Jacques Augand, François Mbongo Rafemo.
Composition Initiale (9 septembre 2023) La composition du gouvernement est annoncée le par le Premier ministre lui-même à l'occasion d'un discours télévisé :
Premier ministre ImageFonctionNom133x133pxPremier ministre, chef du gouvernement de la TransitionRaymond Ndong Sima
Ministres +TitreTitulaireMinistre de la Réforme des InstitutionsMurielle MinkoueMinistre des Affaires étrangères chargé de l'Intégration sous régionale et des Gabonais de l'ÉtrangerRégis Onanga NdiayeMinistre de la Justice, Garde des Sceaux, Porte-parole du GouvernementPaul-Marie GondjoutMinistre de la Santé et des Affaires socialesAdrien MougougouMinistre de l'Éducation nationale, chargée de la formation civiqueCamélia Ntoutoume-LeclercqMinistre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation technologiqueHervé Ndoume-EssingoneMinistre du Travail et de la Lutte contre le chômageSolange NguiakiéMinistre de la Fonction publique et du Renforcement des capacitésRaphaël NgazouzéMinistre des Travaux publicsFlavien Nzengui NzoundouMinistre de l'Habitat, de l'Urbanisme et du CadastreLudovic MeniéMinistre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des ArtsAndré-Jacques AugandMinistre des Eaux et Forêts, chargé de la préservation de l'environnement, du climat et du conflit homme-fauneMaurice Ntossui AllogoMinistre du PétroleMarcel AbékéMinistre des MinesHervé Patrick OpiangahMinistre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la PêcheJonathan IgnoumbaMinistre des Transports, de la Marine marchande et de la MerLoïc Moudouma NdingaMinistre de l'Énergie et des Ressources hydrauliquesJeannot KalimaMinistre du Commerce, des PME-PMI, chargée des activités rémunératrices de revenusPatricia DjipanoMinistre du Tourisme et de l'ArtisanatPascal Ogowé SiffonMinistre des Nouvelles technologies de l'information, de la Communication, Porte-parole du CTRIUlrich Manfoumbi ManfoumbiMinistre des Comptes publicsCharles M'baMinistre de l'Économie et des ParticipationsMays Mouissi
Ministres délégués +TitreMinistère de TutelleTitulaireMinistre délégué à la Présidence, chargée de la Défense nationalePrésidence de la TransitionBrigitte OnkanowaMinistre délégué à la Présidence de la Transition, chargé de l'Intérieur et de la SécuritéPrésidence de la TransitionHermann ImmongaultMinistre délégué auprès du Ministre de la Santé et des Affaires socialesMinistre de la Santé et des Affaires socialesFrançoise Makaya
Remaniement du 17 janvier 2024
Premier ministre ImageFonctionNom133x133pxPremier ministre, Chef du gouvernement de la TransitionRaymond Ndong Sima
Ministres ImageFonctionNom Vice-Premier ministre