Irène Reymond, née le au Brassus et morte le à Lucens, est une artiste suisse.

Biographie Famille Irène Reymond, neuvième d'une fratrie de dix enfants, dont trois décédés en bas âgeBertil Galland dans "Jacqueline Veuve, La Mort du grand-père, de Jacqueline Veuve, chronique d’une famille vaudoise, les intentions du film, documents et interview", Édition la Cinémathèque suisse, Lausanne, 1983, naît en 1902 au Brassus, à la vallée de Joux, dans une famille vouée simultanément à l'élevage bovin et à l'horlogerie.

Son père, Jules Reymond, né dans une famille de paysans horlogers« Filiations », Myriam Meuwly, Ariane Racine, Sylvie Tannette, Anna Lietti, etc., Éditions de l'Aire et Le Temps, 2002, est un paysan, ouvrier et inventeur qui crée en 1907 une petite entreprise familiale à Lucens dans le canton de Vaud, bourgade déjà très importante dans l'industrie des pierres fines où ses filles aînées travaillent comme ouvrièresJacqueline Veuve, 25 ans de cinéma, Bertil Galland, Cinémathèque suisse, Lausanne, 1992. L'entreprise, qui produit des aiguilles pour gramophones, des pièces pour l'industrie électronique et l'usinage du métal dur et fabrique des glaces saphir pour verres de montres, devient un établissement important : 50 employés en 1914 et jusqu'à 200 ouvrières dans les années 1960C’était hier, documentaire de Jacqueline Veuve, 2010, Festival de Locarno. Il sera repris par son fils unique.

Formation Après ses études dans la Broye, Irène Reymond part apprendre l'allemand outre-Sarine et suit les cours de l'École de commerce de Berne. Tout en dessinant et s'essayant à la peinture, elle devient maîtresse de cours au Château de Marnand, un institut pour jeunes filles à une dizaine de kilomètres de Lucens, et prend des cours avec le peintre Louis Curtat.

On la retrouve en Italie contemplant les œuvres des grands maîtres à Florence, Rome et Naples et s'émerveillant de la beauté des temples grecs en Sicile. Toutes ces découvertes et ces émotions confirment sa vocation : elle sera artiste et rien d'autre. « On ne peint pas pour peindre… on peint parce que c'est nécessaire »Entretien avec Irène Reymond dans La Mort du grand-père, de Jacqueline Veuve, chronique d'une famille vaudoise, les intentions du film, documents et interview, la Cinémathèque suisse, Lausanne, 1983. Après s'être fiancée avec un photographe et avoir rompu dix jours avant leur mariage, elle part faire ses classes artistiques à Paris en 1928La Mort du grand-père ou Le Sommeil du juste réalisé par Jacqueline Veuve, 1978 : École d'Art de la ville de Paris, Académie de la Grande-Chaumière sous la houlette d'André Lhote et Fernand Léger et Académie Ranson. Elle se lie d'amitié avec Sonia et Robert Delaunay.

Carrière artistique Partageant son temps entre Lucens et Paris, elle expose seule ou en groupe dans des galeries à Paris : Jeanne Bucher, Lucy KrohgCarton d'invitation, archives de la bibliothèque Jacques Doucet, Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris, Galerie Breteau en 1948 où elle expose avec Marcelle Cahn et Étienne BéothyC'est Paris, , Galerie Barbizon en 1963, et en Suisse : Galerie Bollag en 1944, galerie Numaga à Auvernier et librairie-galerie Melisa à Lausanne, haut-lieu de la vie littéraire et artistique de Suisse romandeRoger-Jean Ségalat et l'aventure de la librairie Melisa à Lausanne, Infolio, 2015, tenue par Roger-Jean Ségalat ; ainsi que dans des musées (Le Louvre, le musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne)Cinquante ans de collage, Papiers collés, assemblages, collages du cubisme à nos jours, catalogue d'exposition et des salons (Salon des réalités nouvellesArchives du Salon des réalités nouvelles, correspondance 1949-1951, IMEC - Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine et Salon des indépendants à Paris).

Excepté pendant la guerre et les vacances d'été, elle vit à Paris. En 1981, elle quitte définitivement la capitale française, estimant qu'« elle n'est plus assez bien pour y vivre ». Il faut dire qu'au 158 de la rue Saint-Jacques en face de la Sorbonne, où elle a passé ses quarante dernières années parisiennes, elle habitait un  sans ascenseurJacqueline Veuve, La Mort du grand-père, chronique d'une famille vaudoise, les intentions du film, documents et interview, la Cinémathèque suisse, Lausanne, 1983. Elle s'installe alors dans son petit atelier de Lucens, en face de la maison familiale.

Réception Son œuvre est bien accueillie par la critique : « Excellente coloriste dont l'imagination décorative se développe chaque jour », note Fernand Léger, « Irène Reymond, à la Galerie Lucy Krohg, montre comment l'on peut se dégager avec grâce de l'influence d'André Lhote » observent Les Nouvelles littérairesLes Nouvelles littéraires, . « Passée par l'atelier d'André Lhote, de qui elle a pris un sens aigu de l'analyse une étude obstinée des volumes, une composition solide », écrit Georges Pillement dans Les Lettres françaisesLes Lettres françaises, . « Irène Reymond expose chez Jeanne Bucher, sens de la composition, bien construit », renchérit Fermand Léger. « Travail patient, travail cohérent, richesse inventive », apprécie le quotidien suisse 24 heures24 heures, . « Une rigueur impitoyable et sage », ajoute Dominique Vollichard dans le même journalDominique Vollichard, 24 heures, . « Comme une mosaïque affolée de sa propre rigueur ». « Mais quelle science de la composition… quel sens aigu du juste équilibre entre tension et harmonie… Sous les doigts d'Irène Reymond, le collage devient un langage qui se réinvente constamment lui-même », constate Françoise Jaunin dans le quotidien suisse La Tribune de LausanneFrançoise Jaunin, Tribune de Lausanne, .

Selon un article paru à sa mort dans le quotidien vaudois 24 heures, .

Mort Elle meurt le à Lucens, à l'âge de 96 ans.

Expositions Expositions personnelles Guilde du Livre, Lausanne 1942La Revue de Lausanne, , Galerie Bollag, Lausanne 1944Tribune de Lausanne, et Feuille d'avis de Lausanne, , Galerie Lucy Krohg, Paris 1948Carton d'invitation, archives de la bibliothèque Jacques Doucet, Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Paris, Galerie de Barbizon, Paris 1963Edmond Leuba, Revue mensuelle de la colonie suisse de France, , Galerie de la Cathédrale, Fribourg, 1975La Liberté, , Galerie Cinq, Lausanne, 1976, Galerie Melisa, Lausanne, 1977Nouvelle Revue de Lausanne, et 1981, Galerie Koller, Château de Lucens, 198024 heures, , Galerie Numaga, Auvernier 1983Feuille d’avis de Neuchâtel - L’Express .

Expositions de groupes Galerie Raspail Paris, Galerie Bonaparte Paris, Galerie Jeanne Bucher Paris, 1938. Galerie Breteau, Paris, 1949, Salon des réalités nouvelles, Paris, 1950, Salon des indépendants, Paris, "50 ans de collages", musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne et musée du Louvre 1964Cinquante ans de collage, Papiers collés, assemblages, collages du cubisme à nos jours, catalogue d'exposition au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne, rédigé par Maurice Allemand, 1964.

Des collages sont aussi présentés lors de l'exposition à l'Espace Arlaud à Lausanne en 2006 pour l'exposition "Fondation Irène Reymond 1986-2005, 53 lauréats"Philippe Mathonnet, La vitalité de l'art romand à Lausanne, Le Temps, et en 2012 au musée de Pully lors de l'exposition "Prix Irène Reymond, lauréats 2006-2011"Laurence Chauvy, « À Pully, quelques aspects de la création romande », Le Temps, .

Fondation Irène Reymond En 1983, soit quinze ans avant son décès, Irène Reymond décide de créer une fondation qui porte son nom. Celle-ci est créée devant notaire en 1984Feuille officielle du commerce et se donne pour mission de soutenir des artistes romands ou vivant en Suisse romande. Depuis 1986, la Fondation Irène Reymond décerne de 1 à 4 prix annuels. Elle a ainsi distribué près d'un million trois cent mille francs suisses à ce jour et soutenu plus de 100 artistes.

Filmographie Irène Reymond apparaît avec quatre de ses sœurs dans le film consacré à son père, La Mort du grand-père ou Le Sommeil du juste réalisé par Jacqueline Veuve et sorti en 1978Memoriav, Le portail du patrimoine audiovisuel de la Suisse, film qui a fait l'objet d'un livre éponyme, préfacé par Bertil Galland et édité par la Cinémathèque suisse en 1983. Irène Reymond, artiste peintre, 1902-1998, documentaire écrit et réalisé par Jacqueline Veuve, 12 min, Aquarius Films Production, 2005.

Notes et références

Liens externes

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