Louis-Joseph de La Croix-Vaubois (1815-1889) est un général de division français, grand-croix de la Légion d'honneur, ayant participé à la conquête de l'Algérie entre la monarchie de Juillet et la III République. Il commanda une brigade de la Garde impériale de Napoléon III pendant la guerre de 1870.
Biographie Louis-Joseph Le Poittevin de La Croix est né le à Anvers. Sa mère, Marie-Thérèse de Visser (1784-1844), était apparentée au bourgmestre d'Anvers au pouvoir lors de l'annexion française de 1794. Son père, Anne-Louis Joseph Le Poittevin de La Croix, était le fils de Louis-Antoine Le Poittevin de La Croix (1753-1839), receveur des fermes à Paris sous l'Ancien Régime puis receveur des douanes à Anvers sous l'Empire.
Élève au collège de Juilly, il intégra l'École militaire de Saint-Cyr en 1832, puis l'École d'état-major en 1834 « Nécrologie : le général de division Le Poittevin de La Croix » in La revue du cercle militaire, 24 février 1889, p. 177. Lire en ligne.. Il fut affecté au 63e régiment d'infanterie et séjourna une première fois en Algérie entre 1837 et 1839« Prise de Zaatcha (1849) par le général Le Poittevin de La Croix » in Carnet de la sabretache, n° 136, 1903, pp. 334-340. Lire en ligne.. « Souvenirs du général de division Le Poittevin de La Croix, comte de Vaubois » in Carnet de la sabretache, 1908. Lire en ligne... Poittevin de La Croix fut promu capitaine le , alors qu'il était en garnison à Paris. Il rejoignit l'année suivante le régiment des zouaves et rembarqua pour l'Afrique.
Le général Bugeaud, nommé gouverneur général de l'Algérie, mena à partir de 1841 une politique de la terre brûlée et des « enfumades » face aux tribus n'ayant pas fait acte de soumission. L'émir Abdelkader se rendit en 1847. Le capitaine de La Croix participa durant ces années à plusieurs affrontements.
Il se distingua lors du siège de l'oasis de Zaatcha, le . Éraflé à la tête par un coup de feu, il fit exploser un mur de la maison ou s'était retranché le meneur de la révolte, le cheikh Bouziane, que ses partisans reconnaissaient comme le Mahdi. Les Français massacrèrent les de l'oasis et décapitèrent Bouziane, son fils de quinze ans et son marabout. Longtemps conservés à Paris comme trophées, leurs crânes ont été restitués à la république algérienne par le président Macron en .
Progression hiérarchique en Algérie : chef de bataillon au 75 régiment d'infanterie. : transféré au 2 bataillon d'infanterie légère d'Afrique. : lieutenant-colonel au 68e régiment d'infanterie. : transféré au 2 régiment de tirailleurs algériens. : colonel au 3 régiment de tirailleurs algériens. : cité à l'ordre général de l'armée d'Algérie pour avoir assuré le succès de deux engagements dans les ravins de Beni Mimoun, pendant l'expédition de la Kabylie orientale. : général de brigade. : commandant de la subdivision de Bône.
Général dans la Garde impériale Le , il reçut le commandement de la brigade des grenadiers de la Garde impériale de Napoléon III. Un décret du l'autorisa à porter le nom de Vaubois, puis une décision du conseil du sceau des titres du lui accorda le droit de relever le titre du comte de Vaubois, grand-père de son épouseBulletin de la Société héraldique et généalogique de France, Société héraldique & généalogique de France, 1887, p.592..
Au déclenchement de la guerre franco-prussienne, en , la Garde impériale fut placée sous le commandement du général Bourbaki et incorporée à l'Armée du Rhin. Elle prit part à la bataille de Gravelotte du , durant laquelle la monture du général de La Croix-Vaubois fut tuée. Les Français vaincus s'enfermèrent dans Metz. L'empereur Napoléon III, à la tête de l'Armée de Châlons, tenta de porter secours aux assiégés, mais il fut défait à la bataille de Sedan et capitula le . Le maréchal Bazaine, privé de renforts, décida de livrer la place forte de Metz aux Allemands le . 140 000 Français furent capturés.
Libéré après l'armistice, La Croix-Vaubois fut nommé à la tête d'une brigade de l'Armée de Paris le . Trois semaines plus tard, il fut élevé au rang de général de division et prit le commandement de la 22 d'infanterie à Grenoble.
Dernières années Le , il fut envoyé une dernière fois en Algérie, où il commanda la division de Constantine pendant la répression de la révolte de Mokrani contre la colonisation française« Le général de La Croix-Vaubois poursuivit les révoltés dans le Sahara. Sa réputation était faite depuis longtemps. On se souvenait des têtes qu'il fit couper autrefois à Bou-Saada… » (Le Figaro du 11 juillet 1881)De nombreux réfugiés d'Alsace-Moselle s'installèrent dans la région de Constantine.. La province de Constantine lui offrit une épée d'honneur.
Depuis l'Algérie, il fit parvenir plusieurs chameaux au Jardin d'acclimatation et des lions de l'Atlas au Jardin des plantes.
De retour en France, il fut nommé en 1873 à la tête de la division d'infanterie. En 1876, il présenta sa candidature au Sénat pour la circonscription de Constantine ; il recueillit 35 % des suffrages, arrivant derrière Marcel Jacques Lucet. Élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur, il prit sa retraite en 1880.
Le général de La Croix-Vaubois mourut le à Paris, dans son appartement du 33 quai VoltaireActe de décès à Paris , n° 226, vue 29/31., des suites d'un accident vasculaire cérébral. Ses obsèques furent célébrées en l'église Saint-Thomas-d'Aquin et son corps fut inhumé à Bruch (Lot-et-Garonne), où il possédait un château.
Il avait épousé en 1850, à Agen, sa cousine Marie-Françoise Le Poittevin de La Croix-Vaubois.
Décorations , remise à Nantes le par le général de division de Cissey Grand officier le , remise à Alger le par le vice-amiral comte de Gueydon, gouverneur général de l'Algérie Commandeur le Officier le Chevalier le 60px Grand-croix de l'Ordre de Saint-Stanislas 60px Commandeur de l'Ordre impérial de Léopold 60x60px Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (1862) 60px Grand-officier de Saint Avis du Portugal 60px Ordre du Médjidié 60x60px Nichan Iftikhar (1869)
Notes et références Notes
Références
Liens
Bibliographie Sources contemporaines « Prise de Zaatcha (1849) par le général Le Poittevin de La Croix » in Carnet de la sabretache, n° 136, 1903, pp. 334-340. Lire en ligne.. « Souvenirs du général de division Le Poittevin de La Croix, comte de Vaubois » in Carnet de la sabretache, 1908. Lire en ligne.. « Nécrologie : le général de division Le Poittevin de La Croix » in La revue du cercle militaire, , p. 177. Lire en ligne.
Sources modernes .
Articles connexes Conquête de l'Algérie par la France Guerre de 1870 Liste de familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française
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