Le Poma 2000 de Laon, couramment appelé le ou le , était un système de transport automatique prototype à mi-chemin entre le métro sur pneumatiques et le funiculaire, mis au point par la société Pomagalski à Laon, dans le nord de la France.
Mise en service en 1989 dix-huit ans après la fermeture du tramway à crémaillère dont elle reprend le tracé et une partie des infrastructures, cette ligne de parcourue en relie la gare de Laon à la ville-haute médiévale durant jusqu'à sa fermeture définitive en 2016.
Historique Genèse du projet
vignette|gauche|L'ancien tramway, en 1905.
La ligne de tramway à crémaillère reliant la gare de Laon à la ville haute, mise en service le , jugée trop vétuste, est mise hors service le ..
Après la disparition du tramway, un service de six lignes d'autobus, dont cinq desservant le plateau, apparaît pour assurer la desserte, mais le trajet en bus est peu apprécié des habitants, jugé très inconfortable en raison des nombreux virages.. La fréquentation du transport public diminue de moitié, au profit du trafic automobile. La ville de Laon, dirigée à l'époque par Guy Sabatier, puis Robert Aumont à partir de 1977, souhaite réorganiser son réseau de transport autour d'une liaison performante entre gare et la ville haute.
Création du Poma 2000 Au cours des années 1970, le ministère des Transports met en place une politique de développement des transports, et notamment des transports urbains en site propre, conduisant notamment au financement de véhicules automatiques comme le VAL, un métro automatique à petit gabarit installé pour la première fois à Lille, ARAMIS, un projet co-développé par la RATP et Matra Transport mais abandonné faute de débouché commercial, ou le Poma 2000. Ce dernier a été imaginé en 1971 avec les principes de base issus de la technologie des télécabines de montagne, automatiques et à grand débit, par la société Pomagalski, constructeur grenoblois de remontées mécaniques. Il a été développé par la société éponyme créée en 1972 issue, de l'association de Pomagalski et de Creusot-Loire Entreprise. Le ministère des Transports travaille en collaboration avec Poma 2000 à partir de 1972 pour le développement d'un véhicule automatique tracté par un câble, à l'instar d'un funiculaire, et reposant sur une voie métallique. Les objectifs sont de diminuer les coûts d’investissement et d’exploitation par rapport aux moyens de transport existants, de s’intégrer dans les sites urbains et d’utiliser la traction par câble pour franchir les dénivelés importants. Le développement a été financé partiellement par le Ministère des Transports et la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et Technique. En 1975, se terminaient les essais du prototype sur le circuit expérimental de Grenoble (boucle de 600 m) après plus de 50.000 km de roulement avec trois véhicules dont la commande de circulation était assurée par des automatismes et des circuits de sécurité qui ont été mis à l'épreuve d'essais de longue durée. À partir de 1976, le Poma 2000 est entré dans sa phase d'industrialisation, préliminaire à l'installation d'une première ligne exploitable. Son développement bénéficia de l'expérience de la société Pomagalski dans les funiculaires, comme le Skirail de Thonon-les-Bains. Les innovations du Poma 2000 bénéficieront aux funiculaires de la société Pomagalski, comme le funiculaire des Deux Alpes.
Le Poma 2000 à Laon Aux yeux des élus laonnois, le mini-métro Poma 2000 est apparu comme idéal pour de nombreuses raisons : il est automatique, limitant le besoin en personnel, permettant une fréquence élevée. La traction par câble est jugée parfaitement adaptée à la dénivellation importante, jusqu'à 13 %, sur une distance de seulement . Enfin, les coûts de construction sont limités par la réutilisation des infrastructures (viaducs et tunnels) de l'ancien tramway.
Le , l'État et la municipalité signent une convention pour développer le Poma 2000 à Laon. Le choix du tracé et la mesure de l'impact ont été les principales étapes du projet et plusieurs hypothèses ont été étudiées. L'hypothèse retenue est celle d'une ligne entre la ville haute et la gare, avec une station intermédiaire boulevard de Lyon (actuelle stationVaux). Le tracé reprend celui du tramway, à l'exception du tronçon Gare-Boulevard qui sera situé en surplomb de la route et du déplacement de la station Hôtel de ville derrière cette dernière et non devant comme avec l'ancien tramway. Une extension de la ligne vers la Cité des cheminots est abandonnée pour des raisons financières.
Les administrations sollicitées (commission départementale des sites, commission départementale des opérations immobilières et de l’architecture, Chambre de commerce et d'industrie et direction départementale de l’Équipement) ont donné un avis favorable. Une série de conventions entre le préfet, le député-maire de Laon, Robert Aumont, et les sociétés Pomagalski, Creusot-Loire et Poma 2000 sont signés en . Le préfet de l'Aisne ouvre une enquête d'utilité publique. À la suite de l'enquête, la déclaration d'utilité publique du projet est promulguée le . À la suite de cette déclaration l'État va financer le projet à hauteur de 87,2 %, et a assuré le suivi de l'opération comme il s'agissait d'une expérimentation.
Construction thumb|upright|Le Poma 2000, ici dans son ancienne livrée. thumb|right|Les voies du Poma 2000 vues depuis la passerelle de la gare de Laon.
La construction du Poma 2000 comprend trois étapes. : une phase d'études du système, entre 1978 et 1981 ; la seconde phase entre 1982 et 1985, consiste à construire un tronçon de entre l'hôtel de ville et le viaduc puis à procéder aux premiers essais ; la dernière entre 1986 et 1989 est la construction de l'ensemble de la ligne avec les essais ayant conduit à l'ouverture de la ligne.
Pour mener à bien les travaux, la ville de Laon a choisi les sociétés Poma 2000 et Creusot-Loire Entreprise comme maîtres d’œuvre. Mais en 1984, cette dernière, rachetée par le groupe Technip, fait le choix de se séparer de sa branche transport. La suite du chantier fait l’objet d’une reprise de marché par la Société générale de techniques et d’études, groupement de sociétés sous-traitantes déjà présentes sur les deux premières phases. La société Pomagalski, en sa qualité de concepteur du système, a un rôle d’assistant technique, tandis que la DDE de l’Aisne assure la conduite d’opération du projet pour la municipalité et le suivi financier et technique pour le ministère, qui subventionne à plus de 80 % le projet.
Les travaux ont nécessité la démolition de l'ancien dépôt du tramway et le réaménagement du viaduc aux abords des trois stations. La pose de la voie et la réalisation de la station intermédiaire ont été les étapes les plus spectaculaires.
C'est au bout de neuf ans que le , sous la mandature de René Dosière, alors maire de Laon, et François-Xavier Tassel, urbaniste et responsable du projet final, que le mini-métro est mis en service. En 1990, il transporte et en 2004Poma. Même si la nostalgie de l'ancien tramway demeure, le Poma 2000 remporte un vrai succèsDu tram au Poma. Avec un départ toutes les deux minutes et demie, la durée de voyage est de trois minutes et demie contre neuf pour le tram.
Une vitrine technologique Dès avant l'inauguration, le Poma 2000 est objet de curiosités dans le monde industriel. Laon étant la première ville à se doter de ce moyen de transport, elle sert de vitrine commerciale. De nombreuses visites ont lieu sur le chantier, dont trois personnalités politiques : Le premier ministre Pierre Mauroy en 1983 suivi de son successeur Laurent Fabius en 1986 et le président de la république François Mitterrand en 1985. De nombreuses délégations étrangères viennent également sur place : Brésil, Italie, Japon … La construction de la ligne fait aussi l’objet de nombreux articles de presse, aussi bien au niveau local que national et même à l'étranger.
Néanmoins le succès commercial n'est pas au rendez-vous puisque aucune commande ne suivra et Laon restera la seule ville à disposer d'un Poma 2000. Dès 1992, si la société annonce qu'elle est prête à l'industrialiser, elle reste à la recherche de marchés dans le transport urbain. Le "Poma 2000" ne veut pas vieillir seul.
Dix ans plus tard, c'est Laon qui s'interroge déjà sur l'avenir de son métro aérien, le constructeur ayant annoncé ne plus fabriquer dans un avenir proche les pièces de rechange. Il sera finalement rénové après que l'État aura accepté de verser une subvention de 2,6 millions d'euros pour la modernisation. après qu'un rapport du Conseil Général des Ponts d' conclut favorablement à la demande de subvention pour la pérennisation du Poma déposée par le SITUL (Syndicat intercommunal des transports urbains laonnois).
La première cabine rénovée, comprenant la nouvelle livrée TUL, a été inaugurée le , soit 20 ans jour pour jour après la première mise en service du Poma.
Un avenir incertain En 2016, la ville de Laon et la communauté d'agglomération hésitent à maintenir le système en fonctionnement en raison de l'investissement nécessaire. Aux 9,6 millions d'euros engagés en 2009 pour la dernière rénovation, les estimations font état de 15 millions supplémentaires requis pour des travaux de maintenance à venir (par la suite réduits à 4 millions).. Pour le maire de Laon, le financement des travaux de rénovation nécessiterait d'augmenter les impôts locaux de 35 %. alors que le démantèlement du Poma ne coûterait que 2,6 millions d'euros. L'avenir du Poma devient donc début 2016 de plus en plus incertain.
Arrêt définitif d'exploitation vignette|Vestiges du Poma 2000 en 2024.
Le , le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du Pays de Laon a finalement voté sa suppression.« L'adieu au funiculaire de Laon », article du Parisien du 13 juillet 2016 (consulté le 28 août 2016).. La fermeture a eu lieu le « Fin du Poma : le maire de Laon attaqué », article de L'Union du 28 août 2016 (consulté le 11 septembre 2016). (vers 20 h 10 avec comme passager du dernier trajet l'ancien maire de Laon René Dosière qui l'avait inauguré 26 ans avant) ; l'inspection annuelle de 15 jours prévue au cours de l'été 2016 a été annulée en conséquence, la ligne n'aurait eu que 3 semaines de service entre la fin de l'inspection et la fermeture définitive.. Aucune festivité officielle n'est prévue. Les stations Hôtel de ville et Vaux seront démontées en premier.
Selon l'association « Agir pour le Poma », ..
Une demande d'inscription ou de classement au titre des monuments historiques a été déposée le ...
Le , dans un communiqué signé par Jean-Michel Bévière et Nicolas Dragon, l'association Agir pour le Poma annonce sur les réseaux sociaux« À Laon, Agir pour le Poma annonce le maintien provisoire des installations », L'Union, 2 mars 2017 (consulté le 3 mars 2017). que les installations étaient provisoirement conservées à la demande du ministère de la Culture et de la Communication qui a renvoyé le dossier devant une Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) dont la date n'est pas arrêtée.
Toutefois, les câbles de traction sont déposés au mois d'avril suivant pour des raisons de sécurité.. Une partie des installations électriques sont démontées à leur tour fin , toujours pour des raisons de sécurité..
En , un audit sur l'état des anciennes voie du Poma est fait avec le projet d'y poser un plancher et de les convertir en .. En , l'association « Agir pour le Poma » a proposé de faire circuler une navette autonome sur les infrastructures du Poma..
En , la ville de Laon souhaite installer des « jardins suspendus » sur l'ancienne plateforme..
Technique Disposition des rails