Frontières, anciennement Livre noir, est un média d'extrême droite français fondé par Erik Tegnér, François de Voyer et Swann Polydor en 2021.
Initialement engagé exclusivement sur les réseaux sociaux, le média se développe afin de se décliner en version papier à partir de , puis vidéo et même radiophonique en .
Frontières affiche une orientation conservatrice et identitaire. Peu après sa fondation, en , le média est décrit comme un soutien officieux d'Éric Zemmour et est notamment critiqué pour son traitement de l'invasion russe de l'Ukraine. Ses méthodes d'investigation sont régulièrement remises en question en pointant sa déontologie journalistique, tandis que ses reportages sont décrits comme sensationnalistes.
Histoire Création lors de la pré-campagne présidentielle de
vignette|Premier logo.
En , Erik Tegnér lance, avec François de Voyer.. et Swann Polydor (développeur informatique), la chaîne YouTube Livre noir, média à la ligne éditoriale conservatrice... et identitaire.... Son nom est choisi en référence à un livre de la personnalité politique Éric Zemmour : Le Livre noir de la droite. La chaîne YouTube s'inspire de Thinkerview. en faisant des entretiens sur des sujets politiques et sociétaux.
D'après Le Monde, à sa création, son but officieux est de pousser la campagne électorale d'Éric Zemmour. Arrêt sur images qualifie le média de ..
Le média couvre les débuts de l'invasion de l'Ukraine par la Russie de en optant pour un ton qualifié de pro-russe. Un reportage réalisé avec les forces russes dans la ville assiégée de Marioupol en , est vivement critiqué par Arrêt sur images et par Libération qui pointent la reprise des éléments de langages du Kremlin sans recul journalistique.. La Revue des médias de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) vilipende également la vidéo, qui aurait pour objectif principal de dénoncer l'immigration en Europe, et donc de montrer que les Ukrainiens pourraient rester en Ukraine.. À l'automne , les trois investisseurs de départ, qui avaient injecté dans Livre noir, reprennent leurs parts, en raison de divergences quant à la ligne éditoriale, devenue selon Libération. Des employés partent également pour les mêmes raisons après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. D'anciens proches considèrent qu'Erik Tegnér a après s'être rendu ..
En , le média publie son premier magazine.. Il tente en de fusionner avec le média Omerta, mais le projet n'aboutit pas.
Depuis : de Livre noir à Frontières En , le média se rebaptise Frontières dans le but de .. Il bénéficie alors de l'entrée au capital d'actionnaires dont l'identité n'est pas dévoilée..
La chaîne YouTube du média continue de voir son audience croitre, avec en ., contre en . La publication papier de Frontières est tirée à une trentaine de milliers d'exemplaires en .. Une station numérique émettant en continu est lancée en ..
En , une quinzaine de collaborateurs parlementaires de La France insoumise sont cités nommément dans un numéro de Frontières titré « LFI, le parti de l'étranger » .. En réaction, les différents syndicats d'assistants parlementaires de l'Assemblée nationale organisent une manifestation dans un jardin de l'Assemblée nationale, à laquelle environ parlementaires participent. Trois journalistes de Frontières, accrédités à l'Assemblée, filment la scène. La situation se tend : les trois journalistes, ultérieurement soutenus par le Rassemblement national, affirment avoir été pris à partie par certains manifestants et députés de gauche, tandis que le groupe Écologiste et social affirme que le personnel de l'Assemblée a dû faire face de la part desdits journalistes à des provocations, des invectives, des prises d'images sans consentement et des mises en scène... Les journalistes du média sont exfiltrés par les services de l'Assemblée nationale..
Toujours en avril 2025, le média Blast indique que la fin de certaines vidéos du média comporte un symbole présenté comme ressemblant à une rune d'Odal, un signe associé par plusieurs organisations et spécialistes à l'iconographie néonazie ; interrogé par Blast, le directeur de Frontières, Erik Tegnér, refuse de commenter cette interprétation.
Régulièrement invité sur CNews, le média obtient sa propre émission sur la chaîne télévisée en . Le but de celle-ci est d'apporter .. En juin 2026, le fait que l'émission soit le fait essentiellement des débatteurs d'extrême-droite en plateau encourage la direction à augmenter la rémunération des intervenants tiers tout en leur imposant de n'intervenir qu'à demande« On va se faire attraper par l’Arcom » : CNews laisse carte blanche au média d’extrême droite « Frontières » et crispe ses équipes, Mediapart, Yunnes Abzouz et David Perrotin, 10 juin 2026.
Lagardère News, détenue par Vincent Bolloré, prend 25 % du capital en et fusionne les locaux des rédactions avec celle d'Europe 1, CNews et du JDDVincent Bolloré entre au capital de « Frontières » et s’assure un statut de faiseur de rois à droite, Mediapart, Yunnes Abzouz, 4 septembre 2026.
Ligne éditoriale, traitement de l'information et déontologie vignette|redresse|Frontières à la manifestation du à Paris contre les violences sexistes, sexuelles et de genre. D'après Mediapart, ... Une analyse partagée par Télérama, qui de Frontières dit qu'il adopte sous l'impulsion d'Erik Tegnér ; le magazine souligne notamment la couverture par le média, contre rémunération, des journées d'étude sur organisées par le groupe Conservateurs et réformistes européens auquel appartient Marion Maréchal.
Selon une analyse de la Fondation Jean-Jaurès publiée en , Frontières est un . L'étude, basée sur l'examen des sept premiers numéros de la publication papier de Frontières, affirme que le média va au-delà d'une simple ligne identitaire et anti-immigration. Elle démontre que le magazine manipule des données et fait des analogies trompeuses pour promouvoir ses thèses, qu'il rejette la philosophie des Lumières et qu'il suggère l'inéluctabilité d'une guerre civile en France.
Immigration Livre noir fait de la question de l'immigration sa priorité éditoriale. Erik Tegnér explique ainsi souhaiter que son média devienne .
La Chaîne parlementaire (LCP) décrit la chaîne comme le fer de lance de la nouvelle presse d'extrême droite, fondé par des proches de Marion Maréchal et qui , caisse de résonance de Stanislas Rigault et Génération Zemmour..
En , le média filme sans autorisation les personnes enfermées au centre de rétention administrative du Canet, pendant la visite du député Gérault Verny, par ailleurs actionnaire du média sans que cela ne soit indiqué...
En , Frontières dresse une liste de considérés comme de , et diffuse sur X leurs photos, déclenchant un mouvement de harcèlement à leur encontre, ainsi que des menaces de mort. Le Conseil national des barreaux saisit alors le procureur de la République.., de même que le , les associations Utopia 56, Ligue des Droits de l'homme et MRAP..
Prise de position « Cartographie de l'extrême-gauche » À partir de , le média présente une « cartographie de l'extrême-gauche » interactive avec une classification de avec des personnalités, médias, associations et syndicats..
L'Humanité dénonce cette liste en expliquant qu'elle n'a pas seulement pour objectif de mieux connaître des personnalités de gauche en les identifiant distinctement, mais bien une volonté de .. La Depêche et Télérama indiquent que ce type de listage rappelle les méthodes du site Fdesouche visé par une centaine de plaintes déposées en pour une liste d'...
Équipe de rédaction et personnalités liées vignette|redresse|Jordan Florentin à la manifestation du à Paris contre les violences sexistes, sexuelles et de genre. Parmi les journalistes se trouve Pierre-René Lavier, également secrétaire général du média. Il est recruté par Erik Tegnér après avoir été administrateur d'Omerta, média d'extrême droite pro-Kremlin dirigé par Régis Le Sommier. Il anime le grand débat organisé avec Éric Zemmour et l'accompagne en voyage en Israël..
Constitué d'une équipe d'une quinzaine de salariés, Livre noir se dote d'un comprenant l'ex-ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, l'ancien PDG d'Elf Aquitaine, Loïk Le Floch-Prigent, et l'avocat Thibault de Montbrial. En , le média compte près de vingt-cinq journalistes et son comité stratégique compte également parmi ses membres l'écrivain Boualem Sansal.
Pour concevoir le studio d'une émission matinale lancée en , le média fait appel à e-Politic, société de communication proche du Rassemblement national et du Groupe union défense.
Louise Morice, animatrice de la matinale de la webradio de Frontières qui du média, est proche du militant néo-nazi Marc de Cacqueray-Valménier et fiancée à un proche de Génération identitaire collectionneur d'objets liés au ..
Conditions de travail La plupart des salariés démissionnent au cours de l'année . Dans une enquête de Libération, plusieurs mettent en cause les dont ils auraient été victimes. Le quotidien relate avoir eu accès à des échanges privés confirmant l'existence de menaces et de dévalorisations de la part de l'encadrement.
Les conditions de travail sont ainsi particulièrement critiquées : non-respect des horaires de travail et des jours de repos, exploitation des alternants, menace de ne plus payer les employés s'ils réclament de travailler moins. Plusieurs anciens collaborateurs racontent avoir vu des alternants dormir à même le sol dans le local de Livre noir, tandis qu'un jeune Marocain, employé comme au poste de monteur et créateur de contenus, s'est parfois vu privé de salaire.
Erik Tegnér est visé par une plainte de deux autres fondateurs de Livre noir, François-Louis de Voyer et Swann Polydor, tous deux expulsés du média, pour et .
En , une ancienne journaliste porte plainte contre Erik Tegnér pour harcèlement moral, agression sexuelle et violences...
Condamnation du secrétaire général En , Pierre-René Lavier, journaliste et secrétaire général de Livre noir, est condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis et de dommages-intérêts pour violences conjugales. Plusieurs de ses collègues et anciens collègues d'Omerta sont entendus pour cette affaire.
Actionnariat Outre Erik Tegnér, actionnaire majoritaire, le député UDR Gérault Verny, soutien d'Éric Zemmour en , possède 20 % des parts de Frontières et un en possède 17 %, indique Télérama en .
Manquements déontologiques
En , lors des Amfis de LFI, des collaborateurs de Frontières obtiennent une interview en se faisant passer pour des journalistes du média en ligne Au poste de David Dufresne. Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) est saisi à deux reprises à ce sujet, et conclut en que Frontières a eu recours à des méthodes déloyales, contraires à la déontologie du journalisme..
En , Frontières publie une vidéo de Pierre Ouzoulias, sénateur communiste, pris de vomissements causés par le syndrome de Gilbert dont il est atteint, alors qu'il présidait une séance nocturne au Sénat. La vidéo est repartagée par Garen Shnorhokian, éditorialiste de Frontières, accompagnée de commentaires désobligeants, en lien avec les positions politiques du sénateur.... Ouzoulias dépose plainte pour diffamation et le CDJM, saisi à cinq reprises au sujet de cette vidéo, retient en l'ensemble des manquements, estimant que la vidéo n'apporte et qu'elle n'avait d'autre but que de le sénateur... Ce manquement déontologique de Frontières provoque un mouvement de soutien transpartisan à Ouzoulias et une condamnation unanime des méthodes de Frontières..
Notes et références
Liens externes
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