L'Artois (en picard : Artoés.) ou Artois propre, pour « proprement dit », est un pays traditionnel picard situé dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France.

Situé dans le nord de la France, l'Artois est borné au sud par le département de la Somme et traversé par les rivières de la Scarpe, le Crinchon et la Lawe. Il forme une partie considérable de la division territoriale du Pays d'Artois, auquel il donne son nom, ainsi qu'une grande partie du SIVOM du Bruaysis. En dehors de la capitale, Arras, les principales villes de l'Artois sont Bapaume, Houdain, Avesnes-le-Comte et Aubigny-en-Artois.

Aussi appelé « Pays d'Artois », « Arrageois », en raison de la présence d’Arras sur ses terres, il bénéficie d'un important patrimoine architectural hérité du classicisme, de paysages verdoyants, de nombreux châteaux et de plus de trente communes classées « Village Patrimoine ».

Le nom de l'Artois provient d’une tribu celte, les Atrébates, qui ont peuplé le territoire dès l'âge du fer, qui a donné son nom au pagus Atrebatensis, et à la cité des Atrebates, Arras.

Toponymie

Le nom Artois viendrait du peuple celtique des Atrebates. Leur nom est probablement issu du celtique *Adtrebates de *Ad-treba-ti, peut-être « ceux qui habitent » ou « ceux qui possèdent des villages » (cf. vieil irlandais ad-treba « il habite, il cultive », verbe dérivé de treb « habitation », cognat du breton tre- « village » cf. trève, gallois tref « habitation »), latinisé en Atrebates..

Leur oppidum Nemetocenna (ou Nemetacum « le pays, le terrain appartenant au sanctuaire » cf. nemeto- et suffixe -āko.) est connu à partir de la période du Bas-Empire romain sous le nom Arras (Athrebate ) qui conserve également cet ethnonyme selon un processus fréquemment observé en Gaule..

La gentilé de l'Artois est Artésien, avec sa forme féminine Artésienne.

Géographie et composition Localisation vignette|273x273px|Géographie de l'Artois.|gauche

L'Artois partage ses frontières avec deux pays du département de la Somme : l'Amiénois et le Santerre. Il est borné à l'ouest par le Ternois, à l'est par l'Ostrevent et le Cambrésis et au nord par la Gohelle.

L'Artois occupe un espace défini par quelques frontières naturelles : au sud il est bordé par le seuil de Bapaume et au nord par les collines de l'Artois. À l'ouest, il se limite à partir des collines du Ternois vers Avesnes-le-Comte. Seul l'est de la région n'a pas de limites naturelles, en direction de Cambrai et Oisy-le-Verger.

L'Atlas régional des Paysages considère qu’il existe une entité naturelle nommée « grands plateaux artésiens et cambrésiens ».. L'Artois y est décrit comme couvrant principalement les paysages nommés les plateaux artésiens, la plaine d'Arras et les marches artésiennes au nord.

L'Artois se trouve en grande partie dans la structure de regroupement de collectivités locales, Arras Pays d'Artois, également constituée de la majeure partie du Ternois, mais aussi presque intégralement dans le SIVOM du Bruaysis.

Paysages alt=Basseux|vignette|295x295px|Basseux, un village typique de l'Artois : on aperçoit d'abord le clocher, derrière le sommet d'une butte.

L'Artois culmine en son centre-nord, autour de Bouvigny-Boyeffles, Villers-au-Bois et Fresnicourt-le-Dolmen. Cette zone correspond à la partie la plus élevée des collines de l'Artois. Nous quittons les zones urbaines en prenant direction vers la Somme, les collines de l'Artois commencent à onduler et l'urbanisation intensive laisse enfin place au vert. L'habitat y est différent et les villes de briques rouges laissent place aux villages de pierres blanches..

Géographie physique vignette|Entités paysagères de l'ArtoisÉtat initial de l’environnement, CHAPITRE 7 Le volet Paysage et Patrimoine - Communauté urbaine d'Arras.Paysages du Val d'Authie, Atlas de la région Nord-Pas-de-Calais..

Le milieu physique de l'Artois constitue l’ossature du paysage. Il correspond au relief marqué par le grand plateau de l’Artois, ainsi qu'aux vallées de la Scarpe et Gy, du Crinchon et du Cojeul qui s’insinuent sur le plateau, dynamisent ce paysage d’openfield, et sur lesquelles s’appuient les implantations villageoises. L’occupation humaine du sol dans sa dynamique historique et ses identités culturelles permet également de distinguer les infra-territoires les uns des autres.

L'Artois se caractérise sur le plan géo-morphologique par l'omniprésence de la craie dans sa partie centrale. Albert Demangeon, dans sa thèse La Picardie et ses régions voisines, appelle la plaine picarde le grand plateau de craie s'étendant de Beauvais jusque Lens et passant par Cambrai, Arras, Saint-Quentin et Amiens.. Cette plaine s'étend pour l'essentiel sur les départements de la Somme, sur des parties non négligeables de l'Oise, l'Aisne et du Nord et sur l'intégralité de l'Artois.

Selon les élus de la communauté urbaine d'Arras, le paysage de l'Artois est une voie d’entrée privilégiée de compréhension du territoire, s’appuyant sur des données physiques mais également relevant de la sensibilité individuelle. Son approche est fédératrice d’une identité, d’une appartenance culturelle à part entière. Cette diversité de paysages permet de créer différentes ambiances sur le territoire par le passage de paysages intimistes à des paysages très ouverts, la variation des perceptions et des jeux de vus/cachés qui constituent une scénographie, qui met en scène le paysage et le patrimoine.

Vallées de l'Ouest alt=Photo montrant un cours d'eau et des montagnes enneigées.|vignette|La Scarpe, quelques kilomètres en amont d'Arras.

L'Artois est traversé par de nombreux cours d'eau en son nord-ouest, entre les vallées du Gy et de la Lawe. Au niveau d’Acq, la Scarpe n’est plus qu’un fin ruisseau et n’est perceptible qu’au travers de la végétation arborée, des jardins et prairies qui longent la RD 49. L’architecture des vallées de l'ouest est dominée par les pierres blanches qui remplacent les briques et les villages s’étendent dans un lit verdoyant adossés au coteau.

La vallée de la Brette et la haute vallée de la Lawe offre des paysages verdoyants et boisés qui font une ouverture depuis le bassin bruaysien sur l'ancien bassin minier, qui est visible du mont Anzin. Le relief offre des parcours variés et des beaux points de vue pour les randonneurs et les vététistes. La commune de Fresnicourt-le-Dolmen abrite le château médiéval d'Ohlain, un authentique exemple de « château fort des plaines de l'Europe de Nord », dont les visites sont également possibles.

vignette|Camblain-l'Abbé, exemple de pierres utilisées dans la région.

À quelques kilomètres d'Arras., ces paysages sont visibles autour de la Scarpe. La végétation alentour (vallée, bois) sert ainsi de refuge pour la faune environnante : amphibiens, reptiles, rapaces, Martins pêcheurs. Ce rôle est renforcé par la proximité d'importants sites urbains.

Grand plateau d'Artois vignette|Représentation schématique d’un village-bosquet.

Bien que traversé par les rivières du Crinchon et du Cojeul, le grand plateau d'Artois est marqué par les grandes cultures aux paysages ouverts, offrant de vastes perspectives, dont seules les verticales viennent ponctuer l’espace (végétation, éoliennes, antennes, pylônes) par opposions aux vallées de l'ouest. Les bosquets accompagnent les villages et les alignements d’arbres le long des routes sont rares. Les villages s’inscrivent soit en sommet de plateau, soit dans les deux vallées qui coupe le plateau, du Crinchon et du Cojeul.

Les franges, ou lisières paysagères, correspondent aux limites entre les zones urbanisées et les zones naturelles ou agricoles. Ces zones sont particulièrement sensibles du point de vue paysager, puisqu’elles constituent un changement de rythme et d’occupation de l’espace, les paysages agricoles très ouverts, donnent ainsi lieu à des vues lointaines. Ce sont des limites aux contours flous, dessinées par les moutonnements successifs des masses végétales. Elles donnent un caractère intime aux villages et jouent un rôle prépondérant dans la perception des villages.

Présentes autour des bourgs ruraux et spécifiques de la région, les lisières rurales sont marquées par les auréoles bocagères (haies, boisements, vergers, arbres), constituant à l’origine la ceinture bocagère dans laquelle les villages étaient enserrés. En Artois subsistent de nombreux villages bosquets. Toujours à distance du cœur d’agglomération, ces villages en proximité de ce dernier semblent avoir perdu cette caractéristique.

Hydrographie

L'Artois est traversé par deux principaux cours d'eau, la Scarpe, et la Lawe. La Scarpe prend sa source aux alentours de Tincques, à la limite avec le Ternois, cette rivière était autrefois dénommée Satis, mais le comte de Flandre décide de la relier avec le Scarbus, actuel Escrebieux vers 980 par le canal de Vitry.. Le cours d'eau a de nombreux petits affluents, en amont de la capture, dont le Gy et le Crinchon. La Lawe quant à elle prend sa source à Rocourt en l'Eau, hameau de Magnicourt-en-Comte, passant par La Comté, Beugin ou encore Houdain, elle forme un creusement dans les plateaux artésiens en se dirigeant vers les Flandres à La Gorgue après un parcours de ., où elle est un affluent de la Lys. La Lawe possède plusieurs vrais affluents : la Biette, la Bajuelle et la Brette, dont coule les ruisseaux de Caucourt et d'Hermin.

D'autres cours d'eau sont présents en Artois, dont la Sensée qui prend sa source au sud d'Arras, le Cojeul au nord de Bapaume, ou encore l'Authie qui est partiellement présente en Artois. La Clarence est aussi située sur une petite partie de l'Artois, elle sépare historiquement la civitas des Atrébates de celle des Morins..

Voies de communication et transports Voies de communication routières

Situé entre la Somme et l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, l'Artois est traversé par deux autoroutes. L'A1, dite « l'Autoroute du Nord », commencée en 1950 entre Lille et Carvin, l'autoroute est terminée en 1967 et relie Paris à Lille via la Picardie. Elle possède des sorties à Bapaume et à Wancourt, à l'est d'Arras. L'A26, « l'Autoroute des Anglais », mise en service le traverse d'est en ouest l'Artois en contournant Arras par le nord et possède une sortie à Thélus. Elle permet de relier Calais à Reims. L'A24, un projet de nouvelle autoroute qui aurait pu voir le jour en Artois a été l'objet de controverses entre partisans et opposants de l'axe. Les premiers mettent en avant son utilité en tant qu'axe de déchargement de l'A1, les seconds mettant en cause son impact écologique et l'alternative du ferroutage..

La route départementale 939, relie le Cambrésis au Ponthieu via l'Artois. Elle atteint Arras après avoir traversé le Marquion, puis se prolonge jusqu'à la ville de Saint-Pol-sur-Ternoise. Elle rejoint ensuite Le Touquet par Hesdin. La route nationale 25, qui reliait à l'origine Lille au Havre, existe encore entre Amiens et Arras, passant par Doullens.

Transport ferroviaire

L'Artois est desservi par la LGV Nord, ligne à grande vitesse ouverte en 1993 entre Paris la frontière belge et le tunnel sous la Manche. Le réseau ferré classique est composé des lignes partant d'Arras, comme la ligne d'Arras à Saint-Pol-sur-Ternoise qui dessert Marœuil, Frévin-Capelle, Aubigny-en-Artois, Savy-Berlette et Tincques et la ligne d'Arras à Dunkerque, en direction de la Gohelle et des Flandres. et d'autres lignes comme la ligne de Lille à Rouen, qui dessert Achiet, Courcelles-le-Comte, Boiry-Sainte-Rictrude, Arras, Rœux et Biache-Saint-Vaast.

Histoire

L'histoire humaine de l'Artois résulte tout d'abord de l'occupation de la tribu des Atrébates dans la région durant l'Antiquité. Il devient alors un pagus avant de devenir un comté féodal puis une possession des comtes de Flandre durant le Moyen Âge. Il sera ensuite détaché du comté de Flandre pour devenir un comté puis un gouvernement général militaire de France durant l'Ancien régime.