Paul Auguste Benoit, né le à Troyes (Aube) et mort pour la France le lors de la 2 bataille de l'Artois, est un militaire français des .

Il est connu en tant que « capitaine Benoit » pour avoir, en 1898 dans les villages qui deviendront Bouaké (seconde ville la plus peuplée de Côte d'Ivoire), ouvert le premier poste militaire français et obtenu la fermeture de l'important marché d'esclaves de l'Almamy Samory Touré (village de Kotia Kofikro).

Biographie

Origines et études Il naît le à Troyes (Aube), fils de Louis Benoit, contrôleur (premier commis à la Direction des contributions indirectes) et de Marie-Louise née Dumontelle. Il étudie au Lycée Chrestien-de-Troyes.

Il étudie ensuite à Saint-Cyr de 1884 à 1886 (69 promotion, baptisée "de Fou Tchéou"Ce nom évoque la destruction de la flotte chinoise et de l'arsenal de Fou-Tchéou, par l'amiral Courbet, durant la guerre du Tonkin) dont il est le premier matriculévoir : Historique de la promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. D'origine modeste (sa mère étant veuve et sans fortune avec 4 enfants à charge), une bourse et un trousseau lui avaient été attribués son entrée à Saint-Cyr.

Début de carrière dans l'infanterie de marine Il est d'abord sous-lieutenant au 1 régiment d'Infanterie de Marine (RIMA) en (à Cherbourg), passe au 4 RIMA en , puis revient au 1 RIMA en où il est promu lieutenant le . Il sert en Guyane entre (à la 36 compagnie du 4 RIMA) et , puis en Martinique jusqu'en .

Affecté au 3 RIMA en , il passe au 8 RIMA le de la même année. Le , il retourne au 4 RIMA mais cette fois au Bénin pour la fin de la Seconde guerre du Dahomey. Toujours au Dahomey où il restera jusqu'en , il est affecté au bataillon de Tirailleurs haoussas le , et rejoint de nouveau le 1 RIMA en septembre. En , il est promu capitaine et transféré au 6 RIMA.

Au Soudan et en Côte d'Ivoire

Au Soudan En , il est transféré du régiment de tirailleurs Soudanais où il sert au Soudan français à partir de . Capitaine à la tête de la compagnie du régiment (compagnie d'auxiliaires), il s'illustre à la prise de Sikasso (Mali) le , ce qui est le fait cité pour sa nomination de 1899 à l'ordre de la Légion d'Honneur : .

Partant de Sikasso le , à la tête de la compagnie du régiment (composée de 200 auxiliaires) et de quelques spahis, il ravitaille par la route de Soubakaniédiougou les postes du Comoé et le camp de Kong, puis se dirige vers Tiémou où il devra rejoindre son commandant Isidore Honoré Pineau le . Il revient ensuite avec sa compagnie à Bobo-Dioulasso début juillet.

A Bouaké Toujours à la tête de la compagnie du régiment (composée de 200 auxiliaires) renforcée par une fraction de la garnison de Kong (peloton du lieutenant Pruneau), il est chargé le par le commandant Isidore Honoré Pineau de partir de Kong et d'installer le premier poste militaire français à Bouaké. Le , le convoi est à Satama-Sokoura et y installe un poste militaire.

Le , il arrive à Gbékékro et obtint du chef Kouassi Blé, un plateau pour bâtir une résidence. Il fait construire le poste militaire entre Gbékékro et Kotia Kofikro (villages aujourd'hui situés dans Bouaké), ainsi que deux annexes à Kombara et Andromie. Le poste de Gbékékro, qui deviendra l'actuel camp militaire du 3 bataillon de Bouaké, est situé "à l’ouest de Gbêkêkro, au bord de la rivière Aboliba", est visité à la fin du mois d'août par l'administrateur colonial Anatole Albert Nebout.

Le , avec le lieutenant Pruneau, il obtient du chef Kotia Kofi la fermeture de l'important marché aux esclaves de l'Almamy Samory Touré (qui avait fui la région) où les tous les captifs des guerres samoriennes étaient vendus depuis 1894 :

Les anciens esclaves libérés sont logés dans des nouveaux quartiers de Toumodi (où le capitaine Benoit en envoie une partie sous escorte) et de Bouaké, nommés "Liberté", encore existants aujourd'hui dans les deux villes.

Les tensions montent entre les baoulés et le capitaine Benoit : ce dernier leur avait pris leurs esclaves et leur demandait des ressources pour les loger et les nourrir ainsi que pour entretenir la garnison française, et il tire par accident en sur Kasso, un notable de Gbékékro, pour impressionner le chef Kouassi Blé. Les Faafoué (tribu baoulé de la région de Gbékékro) attaquent ensuite sans succès le camp militaire français en essuyant de lourdes pertes parmi leurs 3000 guerriers. En représailles, le capitaine Benoit incendie Gbékékro et emmène des otages dont la sœur de Kouassi Blé qui parvient à s'enfuir rapidement. La guerre des Faafoué reprend et le capitaine Benoit prend des mesures de plus en plus draconiennes. Les Faafoué se lassent et demandent la paix, l'obtenant en payant un lourd tribu en or et livrant de nombreux otages. Les autres tribus baoulés n'étaient pas intervenues au côté des Faafoué.

En , le capitaine Benoit est remplacé par le capitaine Jobard. Bouaké devient le , le chef-lieu du cercle du Baoulé, créé le même jour.

Retour en métropole Nommé chevalier de la Légion d'Honneur par décret de , il est promu capitaine de 1 classe le , quitte le Soudan et rejoint le 3 RIMA, stationné à Rochefort, en août. Il est transféré au 78 régiment d'infanterie de ligne en mars ou , puis au 27 régiment d'infanterie courant avril de la même année. Devenu capitaine adjudant-major au 1 régiment de tirailleurs algériens (où il est déjà en ) en garnison à Blida (Algérie), il se marie avec Jeanne Pelaz en 1907. Il est promu chef de bataillon au 17 régiment d'infanterie en . En 1911, il est au 137 régiment d'infanterie.

Première Guerre mondiale Il fait la guerre en tant que lieutenant-colonel commandant le 114 régiment d'infanterie au sein de la 17 DI (membre du 9 corps d'armée).

Il est bénéficiaire d'une citation à l'ordre de l'armée :

Il décède le lors d'un assaut de la 2 bataille de l'Artois devant Loos :

Distinctions

(agrafes Sénégal et Soudan)

sans_cadre|50x50px Officier de l'Ordre du Nichan el Anouar (décision présidentielle du )

Notes et références

Sources Bibliographie

Liens externes

Catégorie:Naissance en mars 1865 Catégorie:Naissance dans l'Aube Catégorie:Naissance à Troyes Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Militaire français de la colonisation française de l'Afrique Catégorie:Colonisation sous la Troisième République Catégorie:Histoire militaire de la Côte d'Ivoire Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1914 Catégorie:Colonel français Catégorie:Militaire français mort au combat lors de la Première Guerre mondiale Catégorie:Décès en mai 1915 Catégorie:Décès à 50 ans