Bora Laskin, né le à Fort William et mort le à Ottawa, est un juge canadien. Il fut juge en chef de la Cour suprême du Canada, de 1973 à 1984.
Biographie Carrière Malgré ses bons résultats académiques, Laskin fut incapable de trouver du travail dans un bureau d'avocat à sa sortie de l'université et se contenta d'écrire des notes pour un journal légal. Il poursuivit par la suite une carrière académique et enseigna de 1940 à 1965 à l'université de Toronto et à l'école de droit Osgoode.
Durant sa carrière académique, il est opposé à l’enchâssement constitutionnel d'une charteRobert Sharpe, "Laskin and the constitutional Protection of rights and freedoms", dans Neil Finkelstein et Constance Backhouse, The Laskin Legacy: Essays in commemoration of chief justice Bora Laskin, Toronto, Irwin Law Inc, 2007, . Nommé juge en 1965 à la cour d'appel de l'Ontario, il change du tout au tout cette opinion et devient un fervent défenseur du pouvoir d'interventionnisme des jugesMichael Mandel, The charter of rights and the legalization of politics in Canada, Toronto, Thompson educatioal publishing, 1994, , dans La bataille de Londres, Frédéric Bastien, Éditions du Boréal, .
Le , il fut nommé juge à la cour suprême par Pierre Trudeau, puis juge en chef le , toujours par Pierre Eliott Trudeau.
Les opinions politiques centralisatrices du juge Laskin étaient bien connues, René Lévesque ayant d'ailleurs confié au consul britannique Murray Simons avant le jugement sur le rapatriement de la constitution "qu'il n'y avait rien à espérer du juge en chef"Ibid..
Le , il fut nommé compagnon de l'Ordre du Canada.
Jugements sur le rapatriement de la Constitution
Le cas le plus important auquel il fut confronté fut le rapatriement unilatéral de la constitution. Durant l'étude du jugement, il aurait eu des discussions avec de nombreux membres des gouvernements canadien et britannique, ce qui contrevient à la constitution canadienne en violant la séparation entre les pouvoirs judiciaires, législatifs et exécutifs. Entre autres, le il informe Michael Pitfield, greffier du conseil privé à Londres, qu'il retourne à Ottawa deux-trois jours pour faire aboutir le dossier. Pierre Elliott Trudeau lui-même semble bien informé, car il mentionne dans un entretien avec Margaret Thatcher le même jour que le juge en chef accélère le processusLa bataille de Londres, Frédéric Bastien, Éditions du Boréal, . De plus, Bora Laskin rencontre à Londres Michael Havers, responsable de répondre à la chambre des communes britanniques des questions de nature juridique portant sur le rapatriement de la constitution canadienne qui l'informe qu'un jugement serré serait mal vu à LondresOp cit, .
Enquête de la constitution
En 2013, l'historien Frédéric Bastien publie le livre La bataille de Londres dans lequel il affirme que les archives du Foreign Office britannique démontrent que Bora Laskin aurait tenu les gouvernements canadien et britannique au courant des délibérations de la Cour suprême concernant le projet de rapatriement de la Constitution en 1981. Notons qu'aucun document n'a officiellement été trouvé dans les archives de la Cour suprême du Canada pour appuyer cette thèse. Après une très courte enquête interne limitée aux archives de la Cour, la Cour suprême n'a rien trouvé d'anormal.
Bibliographie
Références
Voir aussi Harrison c. Carswell
Catégorie:Juge en chef de la Cour suprême du Canada Catégorie:Juge de la Cour d'appel de l'Ontario Catégorie:Naissance en octobre 1912 Catégorie:Décès en mars 1984 Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Compagnon de l'Ordre du Canada Catégorie:Étudiant de l'Université de Toronto Catégorie:Étudiant de l'université Harvard Catégorie:Docteur honoris causa de l'Université de l'Alberta Catégorie:Naissance en Ontario Catégorie:Décès à Ottawa