La cinquième guerre de Gaza,, également appelée guerre Israël-Gaza ou guerre Israël-Hamas à ses débuts.., est un conflit asymétrique, principalement urbain, opposant l'armée israélienne à une coalition de groupes palestiniens composée principalement par le Hamas, et à la population civile de la bande de Gaza. Elle débute par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 à laquelle Israël répond par l'. Depuis, Israël mène un siège de l'enclave palestinienne, des bombardements intensifs de la bande de Gaza et une invasion terrestre de l'enclave. L'intensité de cette réponse militaire entraîne de nombreux observateurs régionaux et internationaux à qualifier la stratégie israélienne de génocide à l'encontre des habitants de la bande de Gaza, tandis que la Cour internationale de justice (CIJ) a été saisie de la question afin de statuer sur le plan juridique. Cinquième conflit direct entre Israël et Gaza, la guerre s'inscrit plus largement dans le cadre des conflits israélo-palestinien et israélo-arabe. C'est la guerre la plus longue de l'histoire du conflit israélo-palestinien et de loin la plus meurtrière du côté palestinien.

L'opération initiale appelée (en ) par ses instigateurs palestiniens, consiste en une série d'attaques terroristes lancées sur le territoire israélien depuis la frontière entre la bande de Gaza et Israël par le Hamas, appuyé par le Jihad islamique palestinien, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP). Après le tir de plusieurs milliers de roquettes artisanal "Qassam" sur Israël, la barrière entre la bande de Gaza et Israël est enfoncée et plus de prennent d'assaut plusieurs installations ainsi que des bases militaires, envahissent plus de vingt villes et kibboutz de l'enveloppe de Gaza, dans le district sud d'Israël, faisant environ (dont environ ) avant de prendre en otage, au moins. De nombreux massacres de civils sont diffusés sur les réseaux sociaux (par les civils sur place et par les combattants palestiniens), en particulier celui du festival de musique de Réïm où de nombreux jeunes Israéliens et étrangers sont traqués, violentés et assassinés. En réaction, Israéliens sont évacués au-delà de la zone frontière par mesure de sécurité. Cette attaque-surprise est sans précédent dans le conflit israélo-arabe avec un nombre de morts et d'otages civils inédit dans l'histoire d'Israël.

Quelques heures après le début de cette attaque, Israël lance l' (en ; ), comprenant d'abord la reprise du contrôle de l'enveloppe de Gaza puis des bombardements aériens, le renforcement du blocus de la bande de Gaza déjà établi depuis 2007, et la fermeture de l'enclave notamment aux journalistes étrangers.. À partir du , Israël entreprend une invasion terrestre de la bande de Gaza, s'intensifiant à partir du , alors que des roquettes palestiniennes continuent d'être tirées sur Israël. Dans l'histoire des Palestiniens, le nombre de morts provoqués par les opérations militaires israéliennes est d'une ampleur inédite. Au , l'UNICEF comptabilise plus de palestiniens, dont au moins ; plus de , dont plus de , et plus de .. Selon les Nations unies en 2024, 70 % des personnes tuées sont des enfants et des femmes.. Début 2026, après un long déni, l'armée israélienne reconnaît aussi la mort de à Gaza. Le nombre de Palestiniens tués par jour atteint des niveaux très élevés comparés aux conflits récents, en Irak, en Syrie et en Ukraine. Il s'explique par l'intensité des bombardements israéliens, supérieure à celle observée durant toutes les guerres y compris la Seconde Guerre mondiale, auquel se rajoute la nature même d'un conflit essentiellement urbain et asymétrique où les populations civiles se retrouvent dans l'incapacité de fuir les zones de guerre (l'enclave étant, dans sa totalité, une zone de guerre) ou de se réfugier dans les tunnels creusés sous l'enclave. Après celui de sa population de l'enveloppe de Gaza, Israël impose le déplacement de plus de , soit 85 % de la population de la bande de Gaza, du nord vers le sud. Une résistance civile s'organise contre cette politique de déplacement forcée faisant écho à la Nakba de 1948, exode massif de population ayant fait de des réfugiés. De nombreux experts mandatés par l'ONU dénoncent un risque de génocide palestinien.

Une crise humanitaire est provoquée par le siège militaire imposé par Israël à la bande de Gaza. L'acheminement d'eau potable, de nourriture et d'électricité fourni habituellement par Israël est interrompu, ce qui entraîne une pénurie de produits de première nécessité, d'hygiène et de médicaments. À partir de fin , Gaza est menacée par la famine : 93 % de ses habitants sont « en situation d'insécurité alimentaire aiguë », selon le PAM. Le , l’ONU déclare officiellement l’état de famine à Gaza, la première à toucher le Moyen-Orient..

92 % des bâtiments résidentiels sont détruits à Gaza. Parmi les trente-six hôpitaux de Gaza, 24 cessent de fonctionner. Du matériel médical et des ambulances sont détruits, et beaucoup de personnel soignant est tué. Les conditions sanitaires dans les camps de réfugiés sont catastrophiques, d'où des risques épidémiques.

La guerre s'étend dans la région. Au Liban, la guerre entre Hezbollah et Israël est marquée par de nombreux bombardements entre septembre et novembre 2024 dont un qui tuera Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, mais aussi marquée par les explosions de bipeurs et de talkies-walkies. Au Yémen, lors de la crise de la mer Rouge, les houthis yéménites lancent des tirs de missiles, des drones et arraisonnent des navires marchands en mer Rouge. En Cisjordanie, Israël entreprend de nombreuses incursions, faisant près de . En Syrie, Israël intervient après le changement du régime Assad avec les bombardements des infrastructures militaires et l'extension de l'occupation du plateau du Golan. En Iran, après plusieurs échanges espacés de tirs de missiles entre les deux puissances, Israël lance une campagne de bombardement durant 12 jours pour détruire les infrastructures nucléaires iraniennes.

Le , la Cour internationale de justice rend une décision au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ordonnant à Israël d'empêcher tout éventuel acte génocidaire, et d'autoriser l'accès humanitaire à Gaza. En , la Cour pénale internationale émet des mandats d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, ainsi que contre Mohammed Deïf, commandant de la branche armée du Hamas qu'Israël déclare avoir éliminé lors d'un raid aérien à Al-Mawasi.

Un cessez-le-feu est conclu entre Israël et le Hamas le , effectif à partir du suivant. Tsahal procède à des bombardements massifs le , rompant ainsi officiellement le cessez-le-feu.

Sur une proposition par Donald Trump de plan de paix, un accord de cessez-le-feu est signé par Israël et le Hamas le , qui entre en vigueur le lendemain et qui permet l'échange des vingt-huit otages israéliens vivants et de près de prisonniers palestiniens le . Mais ce n'est que le que le dernier corps pris en otage par le Hamas est identifié dans un cimetière de la bande de Gaza pour être rapatrié en Israël. Ce deuxième cessez-le-feu sera lui aussi brisé par Israël à de nombreuses reprises, faisant des centaines de morts, et compromettant la suite du plan Trump... Ce projet américain suscite certaines critiques, notamment du côté des défenseurs du droit international qui dénonce un projet colonial avalisé par l'ONU..

Contexte historique alt=Graphique en barres illustrant le nombre d'israéliens et de palestiniens tués de 2008 à 2023.|vignette|Nombre d'Israéliens et de Palestiniens tués, dans un contexte de conflit et d'occupation, avant l'attaque menée par le Hamas contre Israël en 2023...|gauche

La guerre israélo-arabe de 1948 a conduit à l'établissement d'Israël sur la majeure partie du territoire de la Palestine mandataire, à l'exception de deux territoires disjoints, la Cisjordanie et la bande de Gaza, placés en 1948 sous le contrôle de la Jordanie et de l'Égypte respectivement. Après la guerre des Six Jours de 1967, Israël occupe les territoires palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza... Deux soulèvements populaires des Palestiniens contre l'occupation israélienne ont lieu dans les périodes suivantes : la première Intifada en 1987, et la deuxième Intifada en 2000.. En 2005, la deuxième Intifada débouche sur le retrait unilatéral des troupes et colons israéliens de Gaza, Israël conservant le contrôle des frontières terrestres et maritimes, ainsi que de l'espace aérien..

À partir de 2007 et après des combats acharnés entre le Hamas et le Fatah., la bande de Gaza est gouvernée par le Hamas, un groupe militant nationaliste et islamiste s'opposant à l'existence d'un État juif et possédant une branche armée, les brigades Izz al-Din al-Qassam, tandis que la Cisjordanie reste sous le contrôle de l'Autorité palestinienne dirigée par le Fatah. Selon le journal israélien Haaretz, le budget annuel de l'aile militaire du Hamas (construction des tunnels, fabrication de roquettes... ), serait entre 600 et de dollars pour un budget total de de dollars..

Israël, avec l'appui de l'Égypte. impose un blocus de la bande de Gaza en 2007 après la prise de contrôle du Hamas.. qui a très largement porté préjudice à l'économie de cette enclave palestinienne.'Gaza Strip: Interim Damage Assessment', World Bank/European Union/United Nations .. Le blocus est justifié par Israël par des raisons de sécurité. mais les organisations internationales de défense des droits humains ont qualifié le blocus de forme de « punition collective »....... Du fait de ce blocus, 81 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté en 2023, selon les chiffres de l'UNRWA, et 63 % des Gazaouis sont en situation d'insécurité alimentaire, dépendants de l'aide internationale, toujours selon la même agence onusienne..

Depuis 2007, Israël et le Hamas, ainsi que d'autres groupes militants palestiniens basés à Gaza, se sont engagés dans des conflits., notamment dans quatre guerres en 2008-2009, 2012, 2014 et 2021... Ces conflits ont tué environ et 300 Israéliens.. gauche|vignette|Manifestations palestiniennes pacifiques de la Marche du retour en 2018. En 2018-2019, de grandes manifestations pacifiques hebdomadaires ont eu lieu près de la frontière entre Gaza et Israël, violemment réprimées par Israël, dont les forces armées ont tué des centaines de Palestiniens et fait plusieurs milliers de blessés.. Peu après le début de la crise israélo-palestinienne de 2021, l’aile militaire du Hamas, les Brigades Al-Qassam, a commencé à planifier l’opération du contre Israël...