La rue Boissy-d'Anglas est une rue du de Paris.

Situation et accès Longue de , elle commence à l'angle de l'avenue Gabriel et de la place de la Concorde et se termine au niveau du 5, boulevard Malesherbes.

Le quartier est desservi par les lignes 8, 12 et 14 à la station Madeleine et par les lignes 1, 8 et 12 à la station Concorde.

Origine du nom gauche|vignette|redresse|François Dumont, Portrait du comte François-Antoine de Boissy d'Anglas, vers 1795, Paris, musée du Louvre. Cette voie rend honneur à François-Antoine de Boissy d'Anglas (1756-1826) homme politique français.

Historique La rue était située dans le faubourg de la Ville l'Évêque. Elle est indiquée sur un plan de 1652. Elle s'appelait autrefois : « rue des Champs-Élysées », en vertu d'un arrêt du Conseil du roi du , et plus anciennement, « rue de la Bonne-Morue » (en souvenir d'une auberge à cette enseigne) et « rue de l'Abreuvoir-l'Évêque » dans la portion comprise entre la place de la Concorde et la rue du Faubourg-Saint-Honoré ; « rue de la Madeleine », car elle menait à l'ancienne église de la Madeleine, et plus anciennement, « rue de l'Abreuvoir-l'Évêque » et « rue de l'Évêque » dans la portion comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et la rue de la Ville-l'Évêque (portion absorbée au par le boulevard Malesherbes).

La rue a pris sa dénomination actuelle le .

En vertu des lettres patentes du , les prévôts des marchands et échevins furent autorisés par le roi à disposer des terrains de la rue de la Bonne-Morue nécessaires pour établir les arrière-corps des bâtiments de la nouvelle place Louis-XV (actuelle place de la Concorde). L'article 8 disposait que :

Suivant le plan annexé à ces lettres patentes, la rue de la Bonne-Morue devait prendre le nom de « rue Dauphine ». Les dispositions relatives à l'apparence des bâtiments à construire furent révisées par des lettres patentes du qui disposèrent que :

La largeur de la rue fut fixée à par décision ministérielle du 22 prairial an V.

La rue était autrefois bordée de riches hôtels particuliers. Le baron Haussmann, préfet de la Seine, y a vécu dans un hôtel, démoli en 1911, qui avait abrité avant lui Laure Junot, duchesse d'Abrantès. Dans les années 1920, la rue Boissy-d'Anglas abritait Le Bœuf sur le toit, célèbre cabaret fréquenté notamment par Jean Cocteau.

La rue Boissy-d'Anglas est reliée à la rue Royale, parallèle, par deux galeries : la galerie Royale, qui abrite des magasins de luxe, et la cité Berryer, dite aussi Village royal, qui date du . Un passage couvert (passage de la Madeleine) du milieu du la relie également à la place de la Madeleine.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 1-5 : ambassade des États-Unis en France ; pastiche de style néo-classique édifié entre 1931 et 1933 par les architectes William Delano et Victor Laloux. 2 : hôtel de Crillon (entrée principale 10, place de la Concorde). 9 : restaurant Farnesina bis : siège du tribunal militaire allemand (Gross-Paris Feldkriegsgericht) pendant la Seconde Guerre mondialeY furent jugés Honoré d’Estienne d’Orves le ; Paul-Henry Thilloy (1896-1942) le ; Missak Manouchian, Celestino Alfonso, Olga Bancic, Joseph Boczov (ou József Boczor, alias Ferenc Wolff), Georges Cloarec, Rino Della Negra, Thomas Elek, Maurice Fingercwajg, Spartaco Fontanot, Jonas Geduldig, Emeric Glasz, Léon Goldberg, Szlama Grzywacz, verdict du procès dit improprement du « Groupe Manouchian » ; les 23 hommes seront fusillés le jour-même. Olga Bancic sera décapitée malgré une promesse de grâce, le , Joseph Epstein condamné le sous le nom de André Joseph. Anciens juges et président au tribunal allemand de Paris : Ernst Roskothen (1907-1997), Lange, Schilling, Hans Boetticher (né en 1899) à la tête de la section III des tribunaux allemands à partir de . Le premier procès de Résistants devant le tribunal militaire allemand le .. 15 : autrefois hôtel meublé Vouillemont, fondé en 1830 par Cécile Vouillemont. La reine consort des Deux-Siciles Marie, veuve du dernier roi des Deux-Siciles, François II des Deux-Siciles, y habita au début du . Dans les années 1930, Robert delle Donne, fils du propriétaire de l'hôtel, et sa sœur en firent un foyer de la vie intellectuelle et artistique où se croisaient leurs amis Luigi Pirandello, Jacques Maritain, Jean Cocteau, Max Jacob, Robert Desnos, Léon-Paul Fargue, Francis Picabia, Fortunat Strowski, Félix Youssoupoff, Maurice Rostand, Maurice Sachs, Stanislas Fumet, qui y succédaient à Paul Bourget, l'ambassadeur Camille Barrère et Pierre Louÿs, familiers des lieux du temps de la reine consort des Deux-Siciles. C'est aujourd'hui un hôtel Sofitel. 16 : en 1889, la couturière Jeanne Lanvin« Jeanne Lanvin, l’artiste couturière », Gallica. (1867-1946) ouvre sa première boutique de chapeaux dans l’entresol de cet immeuble« Jeanne Lanvin (1867-1946) », musée des Arts décoratifs. et, quatre ans plus tard, inaugure sa maison au 22, rue du Faubourg-Saint-HonoréOlivier Saillard, Le Bouquin de la mode, 2019.. On peut observer sur la façade, côté rue du Faubourg-Saint-Honoré, un cartouche portant la date de 1886. L’entresol, où débuta la couturière française, n’existe plus et a été remplacé par de hautes vitrines. : entrée du personnel de l'entreprise Hermès. : entrée de la cité Berryer (dite aussi Village Royal) qui s'étend jusqu'au 25, rue Royale ; emplacement de l'ancien marché d'Aguesseau, inauguré en .

28 : le compositeur Jean-Baptiste Lully est mort dans une maison située à peu près à cet emplacement. L'immeuble actuel date du . Le communard Paul Antoine Brunel y établit son quartier général le , lors de la Semaine sanglante. Après une taverne anglaise en 1910, il abrita, de 1922 à 1927, le célèbre cabaret Le Bœuf sur le toit« Le Paris de la modernité. 1905-1925 », petitpalais.paris.fr, consulté le 15 juillet 2024., dont l'inauguration eut lieu le . Un long procès le força à déménager en 1927 pour s'installer brièvement au 21.

30 : entrée de la galerie de la Madeleine (autre accès au 9, place de la Madeleine). Les devantures de boutiques datent des années 1840. Une plaque commémorative signale que le professeur André Chantemesse est mort dans cette maison le .

41 : restaurant Tante Louise. Le nom de ce restaurant est un hommage à la cuisinière Louise Blanche Lefeuvre, originaire de Franche-Comté, qui le créa en 1929. Il fut racheté par Bernard Loiseau en « Restaurant Loiseau Rive gauche », www.bernard-loiseau.com..

Bâtiments détruits 1-5 : hôtel Grimod de La Reynière. Cet hôtel particulier construit en 1775 par Jean-Benoît-Vincent Barré pour le fermier général Laurent Grimod de La Reynière (1733-1793) s'élevait jusqu'en 1932 à l'angle de l'avenue Gabriel et de la rue Boissy-d'Anglas. Défiguré par des adjonctions successives, il a été rasé en 1932 et remplacé par un pastiche de style néo-classique édifié entre 1931 et 1933 par les architectes William Delano et Victor Laloux pour abriter l'ambassade des États-Unis en France. 3 : emplacement de la maison qui fut habitée par la veuve du général de La Bédoyère, fusillé en 1815. 9 : hôtel de la Trémoille en 1789. Le peintre de chevaux Anselme Lagrenée y est mort du choléra en 1832. 10 : emplacement de l'ancien magasin des marbres de la Couronne et de la maison d'éducation de (morte en 1848), rivale de . Cette pension très réputée fut transférée rue de Chaillot. Le maréchal Sérurier (1742-1819) vint habiter à cette adresse en 1816 lorsque le gouvernement de l'hôtel royal des Invalides lui fut retiré, puis le maréchal Marmont en 1830, la famille d'Andlau, le comte Pelet de la Lozère en 1841 . 12 : hôtel d'Abrantès, appartenant sous Louis XV, avec une bonne partie des terrains situés de ce côté de la rue de la Bonne-Morue, à Anne-Joseph de Peilhon, trésorier général des bâtiments et manufactures de France, qui s'en était rendu adjudicataire le . En 1766, il revendit à la ville de Paris les terrains situés près de la place de la Concorde sur lesquels fut élevé l'hôtel de Crillon. Après Peilhon, l'hôtel passa à son gendre, le marquis de Rochegude (mort en 1790). Le fils de ce dernier en hérita mais l'hôtel fut revendu alors qu'il était encore mineur et adjugé au citoyen Decalogne pour . Racheté par la liste civile, l'hôtel servit de résidence au général Junot, duc d'Abrantès, qui le fit remanier, faisant notamment ajouter deux colonnes de part et d'autre de la porte cochère. Sa veuve, la duchesse d'Abrantès (1784-1838), y résida et y écrivit ses Mémoires. L'hôtel fut ensuite habité par le prince de Beauvau. Le baron Haussmann y mourut le . (morte en 1906) en fut ensuite usufruitière. L'hôtel fut démoli en 1911Sur l'hôtel d'Abrantès : Mireille de Mongival, L'Hôtel d'Abrantès, Paris, Société générale d'impressions et d'éditions, 1911, in-8°, ; M. Dumolin, « L'hôtel d'Abrantès entre 1760 et 1911 », Bulletin de la Société historique et archéologique du VIII arrondissement, 7, 1928-1929, .. 33 : le cabaret Le Bœuf sur le toit, quittant le 28, s'installa à cette adresse en 1927 mais il dut déménager dès la saison suivante en raison de la démolition du bel immeuble ancien qui l'abritait à l'entresol. Il s'installa alors rue de Penthièvre. 35 : cité du Retiro.

Résidents célèbres François-Pons de Rosset de Rocozel, bailli de Fleury, ambassadeur de l'ordre de Malte (en 1774, rue de la Madeleine). Charles Gilbert, aéronaute. Madeleine Brès, médecin. Théodore Botrel, auteur-compositeur, habita au ..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . Charles Lefeuve, Les Anciennes Maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 5 vol., Paris, C. Reinwald, , 1875. .

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

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