vignette|200px|Les armoiries de la ville d'Yvetot se blasonnent ainsi : de gueules à deux gerbes de blé en chef et deux navettes passées en sautoir en pointe, le tout d'or.Ornements extérieurs : croix de guerre 1939-1945En 1874, le conseil municipal adopta les armoiries, encore utilisées aujourd’hui : les deux navettes et les deux gerbes de blé rappellent la tradition agricole et textile de la ville. L’ensemble a été placé sous une couronne murale à quatre créneaux.

L'histoire d'Yvetot, petite ville de la Seine-Maritime, débute, en l'état actuel des connaissances, au Moyen Âge. L'activité commerciale de la ville au cœur du Pays de Caux se poursuivit à l'époque moderne. Au , Yvetot connut une mutation de son activité économique avec le développement de la production d'étoffe de coton remplacée au par l'imprimerie. En 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale, la ville subit des bombardements allemands qui détruisirent le centre ville.

Moyen Âge

Le nom d'Yvetot est cité pour la première fois en 1021, dans une charte de donation du duc de Normandie Richard II, aux religieux de l'abbaye de Saint-Wandrille..

Le nom Ivetoht (1025-1026), Ivetot (1046-1048). est de formation médiévale ; le radical -tot est issu du vieux norrois topt, toft, signifiant « emplacement, endroit constructible, ferme ». Le préfixe Ivo, désigne un anthroponyme d'origine franque qui a donné le prénom Yves.

Le roi d'Yvetot

Les origines du royaume d'Yvetot, restent obscures et de nombreuses hypothèses ont été avancées. Une chose est certaine, aux , des actes officiels mentionnent effectivement la qualification de . Plusieurs familles (dont la famille d'Yvetot jusqu'en 1401) tinrent la seigneurie d'Yvetot, avec le titre de roi (ou de prince, notamment à partir de Martin du Bellay, vers 1551). En , par lettres patentes, le roi Louis XI (1423-1483) confirme les droits de la seigneurie d'Yvetot..

Ces seigneurs portent souvent le titre de roi, bénéficiant de la souveraineté jusqu'en 1551. Ce titre de noblesse est attesté en 1024. Détaché de tout hommage, au moins depuis 1203, ce territoire resta une principauté jusqu'en 1789. Le royaume d'Yvetot correspondait approximativement aux communes actuelles d'Yvetot, de Sainte-Marie-des-Champs et de Saint-Clair-sur-les-Monts..

Yvetot pendant la guerre de Cent Ans

Pendant la guerre de Cent Ans, le pays de Caux a été victime d’une catastrophe démographique et économique. Il a fallu attendre la défaite des Anglais et la reconquête de la Haute-Normandie par la monarchie française pour que cette région connaisse une véritable renaissance.. La ville d'Yvetot a été incendiée alors qu'elle était sous domination anglaise. en 1418.

Epoque moderne

Yvetot victime des guerres de religion

Lors des guerres de Religion, le , le roi Henri IV, qui menait une campagne en pays de Caux, prit sur Yvetot, la ville fut une nouvelle fois incendiée. Durant 16 jours, des combats acharnés opposèrent les armées du roi à celles de la Ligue..

Le centre ville d'Yvetot détruit par un incendie en 1688

Yvetot redevint un centre commercial prospère sous Louis XIV avec cinq halles pour les grains, les cordonniers, bouchers, filassiers, merciers et drapiers. Un couvent des bernardines (l'abbaye d'Yvetot) fut fondé en 1660. Fermé en 1780, il fut transformé en prison.

Le 20 Août 1688, un incendie détruisit tout le centre-ville. La ville ne fut reconstruite qu'en 1698 et l'église Saint-Pierre en 1771Alexandre Fromentin, Essai historique sur Yvetot, et coup d'œil jeté sur ses environs, Valmont ... Péron, Rouen, 1844, pp80-84..

Si depuis la Réforme, le Pays de Caux était favorable au protestantisme, Yvetot restait une ville catholiquein Léonard Émile-Guillaume, La résistance protestante en Normandie au XVIIIe siècle , Cahier des Annales de Normandie n°34, 2005, pp. 11-93.à lire sur www.persee.fr/doc/annor_0570-1600_2005_hos_34_1.

La prospérité de la ville était liée à un commerce fort développé dès le , grâce à des privilèges fiscaux, et à des filatures de coton.

Epoque contemporaine thumb|upright|Femme portant la coiffe du Pays de Caux dit « bonnet cauchois » ou coiffe d'YvetotVoir le site patrimoine normand, Georges Bernage, Coiffes et costume normand : bonnet cauchois, Patrimoine Normand n°48, novembre-décembre 2003-janvier 2004. À lire sur https://www.patrimoine-normand.com/article-147079-bonnet-cauchois.html, consulté le 14 décembre 2022 (vers 1930). Yvetot, ville jacobine pendant la Révolution française

Le , la ville fut le lieu d'une émeute due à la cherté des blés, des heurts eurent lieu dans les halles aux blés. Pendant l'été 1789 la bourgeoisie de la ville crée une unité de garde nationale placée sous la tutelle de la municipalité, pour assurer l'ordre dans la ville. Lors de la création du département de la Seine-Inférieure, en 1790, Yvetot devint chef-lieu de district.

Jacobine au début de la Révolution, Yvetot prit le nom d'Yvetot-la-Montagne, en 1793. Des fêtes civiques s'y déroulèrent, ainsi qu'une lutte contre les accapareurs. La société des sans-culottes d'Yvetot-la-Montagne félicita la Convention et affirma son idéal républicain le 12 Floréal AN II (le )in Adresse de la société populaire d'Yvetot-la-Montagne (Seine-Maritime) qui félicite la Convention sur ses travaux et offre le produit d'une souscription ouverte au sein de la société et destinée aux défenseurs de la patrie, lors de la séance du 12 floréal an II (1er mai 1794), Archives Parlementaires de la Révolution Française Année 1971, Archives Parlementaires de 1787 à 1860 - Première série (1787-1799) 89 p. 523. Paris 1971 à lire sur www.persee.fr/doc/arcpa_0000-0000_1971_num_89_1_28693_t1_0523_0000_8.

La chute de Robespierre et la fin de la Terreur furent suivie à Yvetot par une période d'épuration et de destruction des arbres de la Libertéin Olivier Chaline, La Révolution à Yvetot, R. Tougard, La Révolution à Yvetot, t. I Du crépuscule de la principauté à l'aube de la République», Yvetot 1988 ; t. II «Au temps de la Montagne», L'Imprimerie Nouvelle, Yvetot 1989. In: Études Normandes, 39e année, n°4, 1990. Prospective et aménagement - une société en mouvement. pp. 84-85. à lire sur www.persee.fr/doc/etnor_0014-2158_1990_num_39_4_1958_t1_0084_0000_2.

Visite de Napoléon Ier à Yvetot

En 1800, Yvetot devint chef-lieu d'arrondissement, siège d'une sous-préfecture et le resta jusque 1926. vint deux fois à Yvetot, en 1802 et 1810in Francis RENOUT, Yerville de la Révolution à l'Empire, Cercle généalogique du Pays de Caux, publié le 14 avril 2021 à lire sur https://www.geneacaux.fr/. En 1802 (14 brumaire an XI), le Premier Consul accompagné de son épouse se rendit à la sous-préfecture où lui furent présentées différentes pièces de marchandises qui se fabriquaient à Yvetot avant de reprendre la route vers Le Havre. Le , l'Empereur et l'Impératrice furent reçus à l'hôtel de ville où ils déjeunèrent avant de poursuivre leur voyage vers Rouenhttps://www.cairn.info/revue-napoleonica-la-revue-2016-1-page-162.htm.

La révolution industrielle à Yvetot

La production cotonnière connut une expansion après 1794, avec l'arrivée des machines à vapeur. Comme dans tout le pays de Caux se pratiquait, la sculpture et la taille de l'ivoire et de l'os.

Au , la ville et son arrondissement développèrent une production de tissus, essentiellement de coton, de soie et de lainein Francis Renout, L'Industrie cotonnière dans l'arrondissement d'Yvetot au XIX siècle, Cercle Généalogique du Pays de Caux, Seine Maritime, 7 octobre 2022 à lire sur https://www.geneacaux.fr/spip/spip.php?article821 dont les « Rouennerie » ou « Rouannerie » aux teintes rouge, rose, parme.

Les conditions de vie et de travail des ouvriers, hommes, femmes et enfants étaient éprouvantes et misérables. En 1850, Yvetot était le premier marché aux étoffes et aux toiles du pays de Caux. La ville comptait, en 1861, 40 établissements pour 8 500 ouvriers, quand en 1863 elle n'en comptait plus que 35 pour 4 000 ouvriersIl est relativement facile d'expliquer les causes de la disparition de l'activité cotonnière dans l'arrondissement d'Yvetot, machinisme, guerre de Sécession, manque de moyens de communication, manque de cours d'eau, tempérament conservateur du fabricant.Jean Mazel « L’industrie cotonnière dans l’arrondissement d’Yvetot au XIXe siècle », in Études Normandes, Année 1972, N°257 pp. 1-16. L'activité cotonnière disparut presque complètement après 1870, à laquelle se substitua aux , une forte activité dans le domaine de l'imprimerieDidier Clatot, Yvetot grand centre d'imprimerie aux , Fauville-en-Caux, édition Caravel création, 2015.

Arrivée du chemin de fer à Yvetot vignette|La gare d'Yvetot vers 1900.

En 1847 fut mise en service la gare d'Yvetot, sur la ligne de chemin de fer de Paris au Havre, facilitant le déplacement des personnes et le transport des marchandises. En 1793, date du premier recensement en France, la commune d'Yvetot était peuplée de 9 800 habitants depuis, et jusque 1921, la commune connut un déclin démographique qui fit tomber sa population à 7 010 habitants. La reprise démographique fut lente mais continue depuis lors si on excepte la période de l'immédiat après Seconde Guerre mondiale. Le chemin de fer facilitant les déplacements vers les grands centres urbains, Le Havre, Rouen ou Paris expliquent pour partie cette décrue.

Le roi d'Yvetot personnage littéraire

À partir de 1813-1815, Le Roi d'Yvetot, roi sans royaume, devint une figure populaire de la chanson satirique de cabaret à travers le chansonnier Béranger. Depuis lors le thème est repris en romans, pièces de théâtre, opérettes et opéra-comiques ou au cinéma. On trouve cette figure dans les Misérables de Victor Hugo :

Guerre de 1870, Yvetot occupée par les Prussiens

Durant la guerre franco-allemande de 1870, Yvetot servit de base arrière pour les Prussiens, qui ayant pris Rouen ne parvenaient pas à prendre Le HavreGhislain Annetta, « Une guerre oubliée : l'arrondissement d'Yvetot pendant le conflit franco-allemand de 1870 », Le Courrier Cauchois, le 10 juin 2016 à lire sur . Yvetot vit sous occupation prussienne, une période difficile et brutale marquée par de nombreuses réquisitions jusqu'en 1871. Le , deux hommes accusés d'avoir maltraités des soldats prussiens furent fusillésin Le Rappel, directeur Albert Bardieux, Journal, du 15 mai 1871, Paris p2.. C'est durant cette occupation qu'un trésor de plusieurs dizaines de pièces d'or fut caché rue de la Briqueteriein J. C. Moesgaard et G. Salaün, « Le trésor d’Yvetot (Seine-Maritime) : monnaies en or de la guerre de 1870-1871 », dans Trésors monétaires. Trésors de l’ouest de la France, t. XXII, Paris, BnF, 2007, p. 321-324..

Le Guide-Joanne, de 1885, décrivait Yvetot, comme un chef lieu d'arrondissement de 8 397 habitants, située dans une plaine fertile mais dépourvu de cours d'eau. L'église du XVIII siècle renfermait un autel en marbre, des boiseries en chêne et une chaire de 1786in Guide Joanne, Normandie, Paris Hachette, 1885 p36.

Développement de l'Imprimerie

thumb|upright|L'Abeille Cauchoise. L'imprimerie apparaît à Yvetot autour de 1762, le premier typographe y est autorisé en 1789. En 1803, il y avait qu'un imprimeur, puis en 1815 Resche, puis Jourdain fils en 1816In Pierre Deschamp, Dictionnaire de géographie ancienne et moderne,Paris, 1870, p.1385.. Le journal L'Abeille Cauchoise ou L'Abeille Cauchoise, journal d'Yvetot et d'annonces judiciaires est fondé en 1804. Ce journal très populaire en Normandie est imprimé au 122, rue du Calvaire, puis rues Haëmers et Lormier. L'Imprimerie de l'Abeille Cauchoise édite aussi le pays de Caux et l'Almanach du Roy d'Yvetot. L'Abeille Cauchoise (1805-1939) de tendance républicaine modérée, disparaît en 1944. Imprimés par les imprimeurs Bretteville Frères à Yvetot, les journaux hebdomadaires L'Avenir de Duclair, Journal républicain, Le Flot (1889-1939), de tendance radicale, Le Réveil d'Yvetot de tendance radicale (1880-1939), sont fondés dans les années 1880..