Tau Pegasi (en abrégé τ Peg) est une étoile de magnitude 4,6 de la constellation de Pégase. Son nom, approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI), est Salm. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Gaia, l'étoile est située à environ de la Terre. Environ deux fois plus massive que le Soleil et 30 fois plus lumineuse que lui, il s'agit d'une variable de type Delta Scuti dont la luminosité ne change que de quelques centièmes de magnitude sur environ une heure.
Nomenclature et histoire τ Pegasi, latinisé , est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de .
Du ciel des Arabes aux catalogues internationaux vignette|gauche|Les étoiles الكرب al-Karab, « la Corde du Puits », appartenant à la figure de al-Dalw, « le Dalou (le Seau de cuir du Puits) », dans le ciel arabe traditionnel. Salm est le nom de l'étoile aujourd’hui retenu par l’UAI.. Il dérive de Salma, que note Johann Bayer dans son Uranometria (1603) Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 19r.. On pourrait imaginer qu’il s’agit de l’arabe al-Salm, « le Seau de cuir », nom qui conviendrait pourtant à cet endroit dans le ciel arabe traditionnel dont où bien des objets sont liés au puits, mais ne ce serait que pure reconstruction Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, .. Le terme étant repris par Richard Allen (1899)., il est raccourci en Salm chez Harley Barlow Rumrill. et chez Jack W. Rhoads., ce qu’a repris l’UAI.
Cette étoile a également d'autres noms :
Markab, qui n’a pas la même origine que l'autre Markab, nom de venant lui de l’arabe Mankib al-Faras, « l’Épaule du Cheval ». Il s’agit en fait ici de l’arabe al-Karab donné au couple τ et dans le ciel arabe traditionnel pour une scène qui se passe autour d'un puits Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen..., op. cit. .Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, .. Il apparaît sous cette forme pour chez Hugo Grotius (1600) qui le fait dériver par erreur de l’arabe al-Markab, « la Selle », dans le cadre de la figure du Pégase gréco-arabe. Repris par Johann Bayer (1603) Johann Bayer, Uranometria…, op. cit., fol. 19r., il est encore noté par Richard Allen (1899) Richard Hinkley Allen, Star-names..., op. cit., ..
El Kerb est, comme le nom précédent, issu de l’arabe al-Karab donné au couple τ et dans le ciel arabe traditionnel. Figurant chez al-Tizīnī (1533) pour τ et Roland Laffitte, Le ciel des Arabes..., op. cit., ., il est transcrit ‘AlKerb vel AlKereb’, dans sa traduction du Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg, par Thomas Hyde (1665).. Puis, par l’intermédiaire du philologue Friedrich Wilhelm Lach (1796) qui retranscrit ’el-kerb’, nous lisons le nom El Kerb, toujours pour le couple τ et dans l’Uranographia de Johann Elert Bode (1801) Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissimis astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. X., nom donné cette fois comme Al Karab par Richard Allen (1899) qui le spécialise à . C’est sous ces deux formes avec de multiples variantes que le nom El Kerb figure dans les cataloguesRoland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2001, ..
Sad al Naamah est aussi un nom porté par . C'est, au départ, l’arabe Nayyir Saᶜd al-Naᶜām, « la Propice de la Poutrelle [du Puits] », dans le cadre du ciel arabe traditionnel, nom qu’al-Tīzīnī (1533) affecte à Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, .Roland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., .. Dans la traduction du Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg, par Thomas Hyde (1665), le nom est transcrit ‘Lucida τῦ Sa’d AlNaâm’.. Nous apprenons d'un autre côté par ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī que le couple formé par la et la étoile se nomme al-Naᶜām(ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, (fr.), 123(ar).. Or, en se référant à al-Ṣūfī, Richard Allen (1899) note ‘Sa’d AlNaâm’ en l’affectant par erreur au couple formé par la et la étoile, soit τ et au lieu de σ et . C’est ainsi que le nom Sad al Naamah se retrouve attribué à dans les catalogues, notamment chez Christian Nitschelm (1989)(en/fr) Christian Nitschelm, Catalogue des étoiles nommées : noms et caractéristiques = Catalogue of named stars : names and characteristics, Geneva : Geneva Observatory, 1989, . Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2001, , n.375.
En Chine En astronomie chinoise traditionnelle, est connue comme , soit « la étoile » de l'astérisme (pinyin : ), « Partir (?) du Palais » Sun Xiachun Sun & Jacob Kistemarker, The Chinese Sky During the Han, Leiden / Köln : Brill, 1997, et 219..
Environnement stellaire Tau Pegasi présente une parallaxe annuelle de mesurée par le satellite Gaia, ce qui indique qu'elle est distante de de la Terre. Elle s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de . Elle apparaît être une étoile seule, car on ne lui connaît pas de compagnon stellaire avec qui elle serait physiquement associée au sein d'un système.
Propriétés Tau Pegasi est une étoile blanche de la séquence principale de type spectral , avec la lettre « p » indiquant que son spectre présente des particularités chimiques. Il s'agit en effet d'une étoile de type Lambda Bootis (), un type d'étoile chimiquement particulière caractérisée par des raies spectrales inhabituellement faibles des éléments du pic du fer.
Tau Pegasi est une variable de type Delta Scuti multipériodique, avec des périodes de pulsation signalées allant de 0,94 à , et dont la magnitude apparente varie selon une amplitude de 0,02 autour de 4,60. Elle tourne rapidement sur elle-même, montrant une vitesse de rotation projetée de . L'étoile est approximativement deux fois plus massive que le Soleil et on estime qu'elle est âgée de d'années. Son rayon est 2,8 fois plus grand que le rayon solaire, elle est 32 fois plus lumineuse que le Soleil et sa température de surface est de .
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Constellation de Pégase Catégorie:Étoile de type spectral AV Catégorie:Étoile de type Lambda Bootis Catégorie:Étoile variable de type Delta Scuti Pegasi, Tau Pegasi, 62 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 220061 115250 8880