Yaïr Netanyahou (), né le , est un militant politique d'extrême droite israélien. Fils du Premier ministre Benyamin Netanyahou, il est connu pour ses prises de position médiatiques et ses controverses.

Biographie Yaïr Netanyahou naît le . Petit-fils de l'historien sioniste révisionniste Bension Netanyahou, il est le fils de Benyamin et Sara Netanyahou. Il a pour frère Avner Netanyahou et pour demi-sœur Noa Roth.

Il obtient un baccalauréat option théâtre. Il fait ensuite trois ans de service militaire dans l'unité de porte-parolat de Tsahal. Lors de son service, il passe devant la cour martiale en raison d'un congé non-autorisé. Il reprend ensuite des études en relations internationales à Jérusalem. Il s'investit dans le mouvement étudiant du Likoud.

Il fait du bénévolat pour des associations de bien-être animal et travaille à partir de 2018 comme directeur des réseaux sociaux de l'organisation non gouvernementale (ONG) , jusqu'à ce qu'il soit mis en disponibilité en en raison de propos attaquant le président Reuven Rivlin car il plaidait la coexistence entre Juifs et Arabes. Il publie ensuite des op-eds pour Breitbart News.

En 2015, il commence à utiliser son compte Facebook comme plateforme afin d'exprimer ses opinions politiques. Il en est banni temporairement en pour discours de haine. Il est également actif sur Twitter, réseau sur lequel il totalise plus de abonnés en 2023.

En 2020, il devient un intervenant régulier sur la chaîne de télévision Channel 20 et sur la station de radio Galeï Tsahal.

En , il lance son propre podcast intitulé . Son premier invité est l'homme politique brésilien Eduardo Bolsonaro, fils du président brésilien Jair Bolsonaro.

En , il est bloqué temporairement de Facebook, Twitter et Instagram à la suite de sa divulgation de l'adresse du député Nir Orbach et de son appel à manifester au domicile d'Orbach.

En , il délaisse X/Twitter et Facebook pour Telegram. En , son père lui demande de cesser de publier sur les réseaux sociaux en raison de tensions internes en Israël et de tensions diplomatiques avec les États-Unis alimentées par ses publications. Il disparaît alors de la scène politique israélienne et part à l'étranger. Il rentre en Israël en .

Il vit principalement à Miami, aux États-Unis.

Fin Octobre 2025, Yair Netanyahu est nommé par le parti Likoud pour occuper un poste rémunéré au sein de l’Organisation sioniste mondiale (WZO), plus précisément à la tête du département de l’information. Cette nomination provoque une vive controverse au sein de la classe politique israélienne, entraînant le report des votes lors du Congrès sioniste mondial.De nombreuses voix dénoncent un cas de népotisme et un conflit d’intérêts, accusant le gouvernement de brouiller la frontière entre pouvoir politique et institutions para-publiques.

Prises de position et positionnement Yaïr Netanyahou est classé politiquement à l'extrême droite. le décrit comme conservateur et partisan du libre marché. New Lines Magazine l'assimile à l'alt-right. Il est un fervent défenseur de son père, Benyamin Netanyahou.

Sur la politique intérieure israélienne En , il critique le mouvement des kibboutz, qu'il compare au Troisième Reich, à l'Union soviétique et à la Corée du Nord.

Il prend violemment position en 2020 contre le mouvement de protestation, accusant les manifestants hostiles à son père d’être « financés par des fonds européens, par Soros, le pédophile Epstein et Ehoud Barak ».

En 2021, il clame qu’il « espère que les gauchistes mourront tous du Covid ».

Il accuse les procureurs et les policiers chargés des enquêtes sur son père d’être « des traîtres », ajoutant qu’en Israël la loi « punit la trahison de la peine de mort ».

Le , dénonçant les manifestations contre le projet de réforme de la Cour suprême que Benyamin Nétanyahou entend faire voter, il compare les manifestants aux Sections d’assaut, l'organisation paramilitaire mise en place par Adolf Hitler. Il accuse également le Département d’État américain d’« être derrière les manifestations pour renverser Nétanyahou, afin de parvenir à un accord avec les Iraniens », avec le soutien financier de George Soros.

Il s'oppose au financier américano-hongrois d'origine juif George Soros, qu'il accuse d'avoir financé des . Soros fait l'objet d'un mépris particulier, à tel point que le site néonazi Daily Stormer a qualifié Yaïr de « frère absolu » lorsqu'il a publié une caricature montrant George Soros et des animaux reptiliens comme marionnettistes des rivaux politiques de son pèreADL pans Netanyahu’s son as neo-Nazis rejoice over ‘anti-Semitic’ meme - Daily Stormer proclaims Yair Netanyahu a ‘total bro’ for posting image showing George Soros and reptilian manipulating his father’s enemies, The Times of Israel, 10 september 2017Israel pivots to say Elon Musk attacks on George Soros now not antisemitic, The Washington Post, 19 mai 2023.

Sur les Palestiniens, les Arabes et les musulmans décrit ses positions comme anti-palestiniennes et islamophobes.

En 2017, il qualifie les propriétaires arabes d'entreprises de . Il estime que fermeraient les yeux sur les crimes que les Arabes commettent sur les Juifs.

En , il exprime son souhait du départ de tous les musulmans et Palestiniens d'Israël. Il appelle à nouveau en à l'expulsion des minorités ethniques de Tel-Aviv.

En , il nie l'existence de la Palestine sous le prétexte que la consonne P n'existe pas en arabe et accuse les Palestiniens d'être des colons. Il allègue que les Palestiniens auraient commencé à se référer en tant que tels en 1964, lors de la fondation de l'Organisation de libération de la Palestine, qu'il prétend créée par l'Union soviétique.

Sur la politique étrangère

États-Unis En , après l'attaque à la voiture-bélier à Charlottesville, il commente que la gauche, les antifascistes américains et le mouvement Black Lives Matter seraient plus dangereux pour Israël que les néonazis.

Il soutient le président des États-Unis Donald Trump, qu'il défend de tout antisémitisme et dont il estime qu'il est . Il le loue notamment pour avoir déplacé l'ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem, pour avoir reconnu la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan et pour son mur à la frontière mexicaine.

En 2019, il accuse l'ancien ambassadeur américain en Israël de vouloir .

Il croit à la théorie du complot selon laquelle Barack Obama n'est pas né sur le territoire des États-Unis.

En 2020, lors d'une visite aux États-Unis, il rend visite à la conseillère de Donald Trump ainsi qu'à l'éditorialiste conservateur Tucker Carlson.

En , il allègue que les États-Unis financeraient les manifestations contre la réforme du système judiciaire en Israël afin de renverser son père du pouvoir et de forcer un accord israélo-iranien. Le département d'État américain dément ces accusations, qui sont issues du site d'extrême droite américain Breitbart News.

Europe En , il appelle à l'expulsion des diplomates britanniques en raison de la reconnaissance par le Royaume-Uni des territoires palestiniens occupés.

En , il qualifie l'Union européenne d' en raison de la participation de la délégation européenne en Israël à une cérémonie de Yom Hazikaron incluant à la fois des participants israéliens et palestiniens. Il appelle à une Europe et reçoit le soutien de l'Alternative pour l'Allemagne.

En , il apparaît lors d'un événement du Mathias Corvinus Collegium (MCC), réputé proche du Fidesz.

En , après qu'Emmanuel Macron a ouvert la voie à une possible reconnaissance d'un État palestinien par la France, il s'en prend à lui et l'insulte sur les réseaux sociaux, en comparant la situation de la Palestine à celles de territoires d'outre-mer français (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française) et de territoires métropolitains (Pays Basque nord et Corse). Il parle également de stopper ce qu'il appelle le « néo-impérialisme français en Afrique de l'Ouest ».

Influence politique Plusieurs commentateurs de la vie politique israélienne estiment que Yaïr Netanyahou exerce beaucoup d'influence sur son père et qu'il serait à l'origine de sa droitisation. Ainsi en , Benyamin Netanyahou publie sur Twitter un message en soutien au projet de mur de Donald Trump sous les pressions de son fils. Yaïr Netanyahou est également à l'origine du soutien de son père envers le meurtrier d'Abdel Fattah al-Sharif, tandis que Benyamin Netanyahou avait initialement condamné le meurtre. Lors du procès de Benyamin Netanyahou pour corruption, des témoins confirment l'influence de Yaïr Netanyahou sur les politiques menées par son père. Selon Ben Caspit, biographe de Benyamin Nétanyahou, sa femme et son fils « donnent complètement le ton » et sont ses plus influents conseillers.

En , Yaïr Netanyahou rencontre le président américain Donald Trump. En 2019, il accompagne son père lors d'une visite officielle aux États-Unis.

Pour le professeur de communication et de changement social Edan Ring de l'université Ben Gourion du Néguev, il est en Israël et il mène sur les réseaux sociaux une stratégie visant à renforcer la base politique droitière de son père.

En , Benyamin Netanyahou dément que son fils influence sa politique. Plusieurs de ses rivaux, comme Naftali Bennett et Avigdor Liberman, affirment qu'il serait devenu un « exécutant » des ordres de son fils.

Polémiques et critiques

Compagne non-juive En , une polémique éclate au sein de l'extrême droite nationaliste et des partis religieux juifs israéliens à la suite de la révélation par le journal norvégien Dagen de la liaison de Yaïr Netanyahou avec Sandra Leikanger, étudiante norvégienne non-juive en Israël. Ben-Zion Gopstein, directeur de l’organisation d'extrême droite nationaliste juive Lehava, attaque ainsi Benyamin Netanyahou en disant . L'information est démentie par le chef de bureau de Benyamin Netanyahou, qui déclare que Yaïr Netanyahou et Sandra Leikanger ne se fréquentent que dans le cadre de leurs études et ne forment pas un couple.

Critiques par Molad En , le projet éditorial SixtyOne du think tank lui reproche des voyages à l'étranger payés par le ministère de la Défense, qui sont les plus chers jamais payés par le ministère. SixtyOne le critique également pour ses séjours dans des propriétés de , un homme d'affaires australien suspecté de corruption. Yaïr Netanyahou répond à ces critiques en accusant SixtyOne d’être une organisation . Le think tank lui reproche également le coût de sa protection personnelle financée par l'État.

Partage d'une image jugée antisémite Le , il partage sur Facebook une image satirique qui présente ce qu'il qualifie de au sommet de laquelle se situe le financier et milliardaire américano-hongrois George Soros. Soros y est dépeint comme faisant pendre le monde devant un reptile humanoïde. Sur l'image, le reptile humanoïde fait lui-même pendre un symbole alchimique devant un personnage similaire à la caricature antisémite Happy Merchant. Au bas de cette « chaîne alimentaire » se trouvent plusieurs opposants à Benyamin Netanyahou, notamment Ehud Barak. L'image est issue de sites Internet antisémites. L'Anti-Defamation League accuse cette image d'être antisémite. Yaïr Netanyahou reçoit le soutien de néonazis américains, David Duke et le Daily Stormer, tandis que des personnalités politiques israéliennes telles qu'Avi Gabbay, Isaac Herzog et Ehud Barak le dénoncent. Yaïr Netanyahou supprime la publication de cette image le lendemain.

Fuite d'un enregistrement