Le gouvernement Sánchez () est le gouvernement du royaume d'Espagne depuis le , sous la des Cortes Generales.
Il est dirigé par le socialiste Pedro Sánchez et formé après les élections générales anticipées du 23 juillet 2023 puis l'échec d'Alberto Núñez Feijóo à obtenir l'investiture du Congrès des députés. Il se compose de 22 ministres, dont quatre portent initialement le titre de vice-présidente du gouvernement.
Minoritaire aux Cortes Generales, il est constitué d'une coalition entre le Parti socialiste et l'alliance de partis Sumar. Il bénéficie du soutien sans participation de plusieurs partis nationalistes périphériques et indépendantistes catalans.
Il succède au gouvernement Sánchez II, qui assumait la gestion des affaires courantes depuis les élections générales.
Historique du mandat Dirigé par le président du gouvernement socialiste sortant Pedro Sánchez, ce gouvernement est constitué d'une coalition de centre gauche entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), le Parti des socialistes de Catalogne (PSC) et l'alliance Sumar (SMR). Ensemble, ils disposent de sur 350, soit 43,4 % des sièges du Congrès des députés, et sur 266, soit 35 % des sièges du Sénat.
Il est formé à la suite des élections générales anticipées du 23 juillet 2023.
Il succède donc au gouvernement Sánchez , constitué du PSOE, du PSC et de l'alliance Unidas Podemos.
Contexte Le , au lendemain de la défaite du Parti socialiste et d'Unidas Podemos aux élections municipales et régionales, Pedro Sánchez annonce que le Conseil des ministres prononcera le jour même la dissolution des Cortes Generales et la convocation d'élections générales anticipées pour le ..
Au cours de ce scrutin, le Parti socialiste est devancé par le Parti populaire (PP) d'Alberto Núñez Feijóo, mais celui-ci ne semble pas en mesure de réunir une majorité suffisante pour gouverner, même avec le soutien de Vox. Pedro Sánchez peut donc envisager de se maintenir au pouvoir, à condition d'obtenir le soutien des indépendantistes catalans, notamment Ensemble pour la Catalogne (Junts), de l'ex-président de Catalogne, Carles Puigdemont..
Le , le roi propose Alberto Núñez Feijóo comme candidat à l'investiture du Congrès des députés, puisqu'il dirige le parti arrivé en tête et qu'aucune majorité parlementaire alternative n'a pu lui être présentée.. Lors du premier vote d'investiture le , il échoue à remporter la confiance des députés par 172 voix pour et 178 voix contre.. Le second vote, qui requiert la majorité simple, se tient plus tard et confirme le rejet de sa candidature, par 172 voix pour, 177 voix contre et 1 vote nul, celui d'un député de Junts ayant voté puis à quelques secondes d'intervalle..
Négociations parlementaires Coalition avec Sumar À la suite de l'échec définitif de Feijóo, Felipe VI propose le la candidature de Pedro Sánchez à la présidence du gouvernement.. Celui-ci avait fait savoir, dès le via une vidéo publiée sur X, qu'il était disponible pour une telle candidature..
Pedro Sánchez rencontre Yolanda Díaz dès le lendemain de sa désignation royale, et les deux responsables s'entendent pour accélérer les négociations déjà en cours entre le Parti socialiste ouvrier espagnol et Sumar, afin de conclure un accord de coalition avant la fin du mois.. Le , le président du gouvernement et la ministre du Travail sortants annoncent que le Parti socialiste et Sumar ont conclu un accord de coalition pour former ensemble le prochain gouvernement.. Les deux responsables signent publiquement le pacte quelques heures plus tard, qui prévoit notamment une réduction du temps de travail à hebdomadaires, quatre décennies après le passage aux ..
L'accord de coalition est ratifié par les militants socialistes lors d'un vote interne organisé du au , à 87,1 % avec 63 % de participation au sein du PSOE et à 85,4 % avec une participation de 61 % au sein du PSC..
Au sein de Sumar, la base d'Izquierda Unida (IU) approuve le pacte de coalition lors d'un vote interne sur trois jours, et dont les résultats dévoilés le montrent un soutien de 85,1 % des exprimés avec un taux de participation de 32 % des inscrits.. Catalogne en commun (CatComù) indique, le , que ses militants ont ratifié l'accord de coalition par 95,2 % des suffrages exprimés.. Le lendemain, la Coalition Compromís fait savoir que les militants des trois partis qui la composent ont validé eux aussi l'accord, par 88,8 % des voix et 85 % de participation à l'issue d'un scrutin de deux jours.. Consultés entre le et le , les militants de Podemos soutiennent à 86,1 % que leurs cinq députés votent pour l'investiture de Pedro Sánchez..
Accord avec les partis territoriaux Pedro Sánchez entreprend à partir du de se réunir avec les différents partis territoriaux, en commençant par le Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) et le Bloc nationaliste galicien (BNG), sans s'assurer leur soutien à ce stade.. Il s'entretient le lendemain avec la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), d'abord au téléphone avec son président, Oriol Junqueras, puis en présentiel au siège du Congrès avec le porte-parole de son groupe parlementaire, Gabriel Rufián, qui rejette l'idée d'un accord politique valable pour toute la législature... Il voit dans la foulée l'Union du peuple navarrais (UPN) et la Coalition canarienne (CCa), la première annonçant son opposition tandis que la seconde se dit prête à s’abstenir..
Le , il rencontre Euskal Herria Bildu (EH Bildu), devenant le premier président du gouvernement à poser pour une photo avec des représentants de la gauche indépendantiste basque autrefois liée à ETA alors que jusqu'ici, il déléguait les réunions avec Bildu à la direction du groupe parlementaire.. À l'issue de cet entretien, vertement critiqué par le Parti populaire et l'Association des victimes du terrorisme., Bildu assure le vote favorable de ses six députés à Pedro Sánchez.. Il se réunit ensuite et pour finir avec Ensemble pour la Catalogne (Junts), parti de l'ex-président catalan Carles Puigdemont, dont la porte-parole parlementaire Míriam Nogueras affirme que le PSOE et Junts sont loin d'un accord..
Lors d'une réunion du comité fédéral du Parti socialiste le , Pedro Sánchez défend pour la première fois publiquement l'amnistie pour les personnes mises en cause par la justice à raison de leur participation à l'organisation du référendum sur l'indépendance de la Catalogne en 2017., une condition posée par ERC. et Junts. pour permettre son investiture. Le secrétaire à l'Organisation du PSOE, Santos Cerdán, se réunit deux jours plus tard avec Carles Puigdemont, marquant la première rencontre publique entre un responsable socialiste et l'ex-président de Catalogne depuis 2017 et signifiant un engagement clair des deux partis à conclure un accord..
Le ministre de la Présidence sortant, Félix Bolaños, et Oriol Junqueras signent le l'accord d'investiture entre le PSOE et ERC, qui prévoit effectivement le vote d'une loi d'amnistie ainsi que le transfert des Rodalies de Catalunya à la généralité de Catalogne et l'annulation d'une partie de la dette de la Catalogne envers l'État.. Les militants d'ERC valident le pacte conclu avec le PSOE dès le lendemain à 89 %, avec une participation de 43,6 %.. Le intervient la signature, attendue depuis plusieurs jours mais sans cesse repoussée, de l'accord entre le Parti socialiste et Ensemble pour la Catalogne. Ce document prévoit une large amnistie, y compris dans les cas de guerre juridique, la mise en place d'un mécanisme de vérification de mise en œuvre de l'accord assumé par une personnalité internationale, et une négociation autour de la reconnaissance de la Nation catalane. Il est signé par le secrétaire à l'Organisation du PSOE, Santos Cerdán, et le secrétaire général de Junts, Jordi Turull.. Junts ratifie le pacte avec le PSOE en deux temps, d'abord par un vote de son conseil national le ., puis par un référendum interne les deux jours suivants, qui se conclut par un vote positif à 86,2 % avec une participation de 67 %..
Le Parti socialiste et le Bloc nationaliste galicien s'entendent le sur un accord permettant le vote favorable de l'unique député nationaliste galicien à l'investiture de Pedro Sánchez. L'entente entre les deux formations tourne notamment autour des infrastructures routières, des services ferroviaires et d'une présence plus forte de la justice spécialisée dans la violence contre les femmes. Il est ratifié, le même jour, par la commission exécutive du BNG.. Le contrat entre les deux partis est signé le par la vice-secrétaire générale du PSOE, María Jesús Montero, et la porte-parole nationale du BNG, Ana Pontón..
Le Parti nationaliste basque parvient à son tour à conclure un accord d'investiture le avec le Parti socialiste. Il engage le gouvernement à achever l'ensemble des transferts de compétences prévus par le statut d'autonomie du Pays basque mais pas encore réalisés, promeut le développement de la langue basque et organise un mécanisme de vérification de la mise en œuvre des engagements ainsi pris. Il est signé par Pedro Sánchez et Andoni Ortuzar, qui est le seul dirigeant nationaliste à ratifier un accord d'investiture aux côtés du secrétaire général du PSOE.. Quelques heures plus tard, le PSOE et la Coalition canarienne s'entendent pour que l'unique députée nationaliste des Canaries vote en faveur de l'investiture de Pedro Sánchez. L'entente, qui exclut expressément le soutien de la Coalition canarienne à la loi d'amnistie et comprend tout un programme destiné à l'archipel, est signée peu après par María Jesús Montero et le secrétaire à l'Organisation de la CCa, David Toledo..
Grâce à l'ensemble des soutiens obtenus, Pedro Sánchez s'assure le vote favorable de 179 députés sur 350, soit trois voix de plus que la majorité absolue requise pour être investi dès le premier vote par le Congrès des députés..
Investiture vignette|Pedro Sánchez obtient l'investiture du Congrès à la majorité absolue le . La présidente du Congrès des députés, Francina Armengol, annonce le avoir convoqué le débat et le vote d'investiture de Pedro Sánchez les et suivants.. Le , celui-ci obtient effectivement l'investiture du Congrès dès le premier vote, par 179 voix pour et 171 voix contre., 116 jours après la tenue des élections générales.. Seuls le Parti populaire, Vox et l'Union du peuple navarrais s'opposent à sa candidature. C'est la première fois depuis Mariano Rajoy en 2011 qu'un candidat à l'investiture l'emporte à la majorité absolue.
Francina Armengol informe formellement le roi du résultat le jour-même, après quoi celui-ci annonce que Pedro Sánchez prêtera serment de fidélité à la Constitution et de loyauté au monarque le lendemain, , au palais de la Zarzuela.. Le , le décret de nomination du président du gouvernement est publié au Bulletin officiel de l'État, puis Pedro Sánchez prête serment devant le roi, en présence des plus hautes autorités de l'État..
Formation vignette|Pedro Sánchez forme un gouvernement de 22 ministres, entre continuité et poids politique renforcé. La composition de l'exécutif est dévoilée dans la matinée du .. Formant un gouvernement de 22 ministres, soit autant que l'équipe précédente, Pedro Sánchez fait à la fois le choix de la continuité et du renforcement du poids politique de son équipe dans la perspective d'une législature complexe...