Amanda Labarca Hubertson (), née le à Santiago du Chili, morte le dans la même ville, est une pédagogue, féministe, écrivaine et diplomate chilienne.
Elle est une premières féministes d'Amérique latine, une des premières femmes à y avoir attiré l'attention sur la condition féminine, sur la nécessité des droits des femmes, notamment du droit de vote.
Amanda Labarca fonde le Conseil national des femmes en 1919, est cofondatrice du Comité national pour les droits des femmes, présidente des Femmes du Chili, et présidente de la Fédération chilienne des institutions féminines. Elle participe également à la plupart des congrès féministes internationaux de l'époque.
Pédagogiquement, elle est professeure dans l'enseignement secondaire, professeure extraordinaire à l'université du Chili, étant ainsi la première universitaire chilienne. Elle est aussi fondatrice de clubs de lecture féminins, directrice générale de l'enseignement secondaire au ministère de l'Éducation, cofondatrice d'un lycée expérimental pour la formation des enseignants, fondatrice des écoles d'été à l'université du Chili.
Elle est nommée en 1946 ambassadrice, représentante du Chili auprès de l'Organisation des Nations unies.
Elle écrit des livres sur le féminisme, sur l'enseignement, et quelques fictions. Elle est membre de l'Académie des sciences politiques, de sociologie et de morale de l'Institut chilien.
Biographie Jeunesse, formation Amanda Crispina del Carmen Pinto Sepúlveda naît à Santiago au Chili le . Elle est la fille de Onofre Pinto Pérez de Arce, avocat et commerçant, et de Sabina Sepúlveda...
Amanda Pinto Sepúlveda effectue ses premières études dans une école de Santiago, rue San Isidro, et elle les poursuit au lycée Isabel Le Brun de Pinochet.. Elle obtient en 1902 son baccalauréat en sciences humaines, à . Elle est la première femme latino-américaine à poursuivre des études universitaires et obtient en 1905 à le diplôme d'État de professeur d'espagnol., diplôme décerné par l'Institut pédagogique de l'université du Chili.
Elle épouse l'homme politique Guillermo Labarca Hubertson, qui deviendra ministre de l'Éducation et de la Justice, lors d'un voyage aux États-Unis, et prend alors comme nom de famille les deux noms de son époux, Labarca Hubertson, malgré les protestations de sa famille.
Elle part en 1910 avec son mari aux États-Unis pour poursuivre ses études à l'université de Columbia, et les continue en 1912 en France à l'université de la Sorbonne pour se spécialiser en éducation, particulièrement selon les nouvelles théories pédagogiques. Ces voyages d'étude la renforcent dans l'idée que les femmes peuvent avoir accès à tous les niveaux de formation éducative comme de vie politique.
Carrière d'éducatrice et de féministe
Amanda Labarca est nommée directrice adjointe de l'École normale en 1906, peu après avoir reçu son diplôme d'État de professeur. Elle publie en 1907 son premier ouvrage, (Impressions de jeunesse), premier ouvrage d'une longue série de travaux qui lui valent la reconnaissance de ses pairs intellectuels et universitaires.
Elle développe ses idées sur l'éducation, les réformes à effectuer et les changements sociaux nécessaires dans une série d'articles qu'elle publie de 1914 à 1916 dans la revue .
En 1915, elle organise le (Cercle de lecture) en s'inspirant des Reading Clubs of America. Cet organisme lui permet de prodiguer éducation et culture aux femmes, quel que soit leur statut social, alors qu'elles en étaient exclues à l'époque. À partir de ce Cercle de Lecture, elle fonde le Conseil National des Femmes en 1919, avec Celinda Reyes. Elle obtient en 1922 le poste de professeur extraordinaire de psychologie à la faculté de philosophie, de sciences humaines et d'éducation de l'université du Chili. Elle est reconnue comme la première universitaire chilienne. Elle adhère au Parti radical chilien, et y reste active toute sa vie.
Amanda Labarca milite pour le droit de vote des femmes et devient présidente des (Femmes du Chili). Elle est l'une des fondatrices du Comité national pour les droits des femmes, créé en 1933 avec Elena Caffarena et d'autres femmes. Elle est l'une des quelques femmes d'Amérique latine qui jouent un rôle majeur en attirant l'attention sur les questions féminines. Elle participe activement aux congrès féministes internationaux pendant la première moitié du .
En tant qu'éducatrice, elle est professeur dans l'enseignement secondaire. Elle est nommée en 1931 responsable de la Direction générale de l'enseignement secondaire au ministère de l'Éducation par le président Montero.. Elle promeut la création du lycée expérimental Manuel de Salas pour la formation des futurs enseignants en 1932, en parallèle aux cours qu'elle continue de donner à l'université du Chili.
Elle écrit de nombreux livres sur l'enseignement et le féminisme. (1934, Où va la femme ?) et (1947, Féminisme contemporain) sont ses principaux livres sur le féminisme. Elle écrit aussi d'importants livres sur l'éducation, dont (1953, Réalités et Problèmes de notre enseignement), (1919, L'École secondaire aux États-Unis), et (1939, Histoire de l'enseignement au Chili) sont les plus notables.
Amanda Labarca est aussi critique littéraire et écrivaine d'essais et de fiction, mettant notamment en scène le rôle des femmes dans la société, surtout au début de sa carrière, où elle écrit (1909, Impressions de jeunesse) et (1921, La Lampe merveilleuse).
Elle dirige le journal du (Club de lecture), , qui participe largement à la lutte pour le droit de vote des femmes et à la lutte contre la corruption (la vente de votes). Elle est élue en 1944 présidente de la Fédération chilienne des institutions féminines.
Amanda Labarca est nommée ambassadrice en 1946, par le gouvernement du président Gabriel González Videla, en tant que représentante du Chili auprès de l'Organisation des Nations unies. Elle y est responsable de la section sur la Condition de la femme, de 1947 à 1949.
Elle fonde des écoles d'été à l'université du Chili. Elle donne des cours et des séminaires dans différents pays des Amériques. Elle est reçue en 1964 comme membre de l'Académie de la Faculté d'éducation de l'Université du Chili et, en 1969, de l'Académie des sciences politiques, de sociologie et de morale de l'Institut chilien.
Décès, postérité Amanda Labarca meurt à Santiago le , à l'âge de .
L'université du Chili institue en 1976 la « » en mémoire de celle qui fut la première universitaire chilienne. Ce prix est décerné annuellement pour récompenser une universitaire particulièrement méritante dans son domaine..
Principales publications
Principaux ouvrages féministes : . . .
Principaux ouvrages pédagogiques : . . . . . . . .
Principales autres œuvres : . .
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Féministe chilienne du XXe siècle Catégorie:Écrivaine chilienne Catégorie:Suffragette chilienne Catégorie:Diplomate chilien du XXe siècle Catégorie:Ambassadeur chilien auprès des Nations unies Catégorie:Pédagogue Catégorie:Professeur chilien Catégorie:Professeur à l'université du Chili Catégorie:Présidente d'une association Catégorie:Étudiant de l'université du Chili Catégorie:Étudiant de l'université Columbia Catégorie:Étudiant de l'université Paris-Sorbonne Catégorie:Naissance en décembre 1886 Catégorie:Naissance à Santiago Catégorie:Décès en janvier 1975 Catégorie:Décès à Santiago Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Universitaire chilien du XXe siècle