Bracara Augusta est le nom romain de l'actuelle ville de Braga, au nord du Portugal, fondée par l'empereur Auguste entre les années 15 et 13 av. J.-C. Elle fut successivement la capitale du conventus, capitale provinciale de la Gallaecia et enfin du royaume suève.

Toponymie gauche|vignette|180x180px|Buste de l'empereur Auguste du musée D. Diogo de Sousa Le nom de la ville romaine est une conjonction entre le nom du peuple indigène, les Bracares, et le nom de l'empereur Auguste en l'honneur de l'alliance signée entre les deuxBracara Augusta-A grande plateforma viária do Noroeste da Hispania, Francisco de Sande Lemos, 2002.

Histoire

Avant la fondation vignette|350x350px| Campagnes militaires romaines :

vignette| Statue d'un Bracare assis sur un "trône" dont les pieds antérieurs représentent des sabots de cheval. Musée D. Diogo de Sousa Bien que la première expédition militaire au nord-ouest de la péninsule Ibérique ait eu lieu, après la mort de Viriathe, dans les années 138-136 av. J.-C., commandée par le consul romain Decimus Junius Brutus CallaicusTopografia e urbanismo fundacional de Bracara Augusta, Manuela Martins UMinho; UAUM; Lab2PT, Maria do Carmo Ribeiro UMinho; UAUM; Lab2PT, Jorge Ribeiro Bolseiro de pós doc FCT; UMinho; Lab2PT, Ricardo Mar Universidade Rovira i Virgili, Tarragona, editeur servizo de Publicacións da Deputación de Lugo, qui remporta, selon lui, un grande bataille contre les Bracares. Ce n'est qu'au temps d'Auguste, avec les Guerres cantabres, que la conquête fut définitive, et que commença la véritable romanisation du territoire. Dont, l'une des premières étapes fut la fondation de grandes villes, reliées entre elles par de grandes voies, pour obtenir l'intégration complète des populations dans le monde romain. C'est dans ce but que pendant le séjour d'Auguste sur le territoire péninsulaire, entre les années 15 et 13 av. J.-C., la ville de Bracara Augusta fut fondée, pour promouvoir et diffuser la culture romaine au sein des nombreux villages voisins. Certains auteurs défendent l'existence d'un castroSILVA, Armando Coelho F. da (1986) - A Cultura Castreja no Noroeste de Portugal, Câmara Municipal de Paços de Ferreira, ou d'un « oppidum » (vaste place fortifiée, citée par Pline l'Ancien, comme oppidum Bracari Histoire Naturelle (livre IV, XXXIV, 112) "Bracarum oppidum Augusta..." ), avant la fondation de la ville de Braga. À l'appui de cette thèse, la découverte en 2002 d'un espace thermal sous la gare, datant de l'âge du ferArticle du quotidien Diário do Minho (DM) do 7/04/2004. Mais à ce jour, c'est la seule découverte d'un édifice préromain dans la ville de Braga. Ainsi, si cet « oppidum » existe, il n'a pas encore été découvert, ce qui donne lieu à d'autres théories selon lesquelles l'espace occupé par la ville, avant la fondation, était un espace important pour les indigènes mais non bâti, le site peut alors avoir été occupé par :

Un camp militaire romainSCHULTEN, Adolf (1943) - Los cantabros y astures y su guerra con Roma, (Madrid), comme dans les cas d'Astorga et de Lugo. Un lieu de rencontre pour les différents villages de la région, où les chefs et les anciens se réunissaient pour prendre des décisions importantes ou résoudre des différendsTRANOY, Alain (1981 ), thèse de doctorat - La Galice Romaine, Diffusion du Bocard, Paris. Un lieu sacré (avec un éventuel temple, arbre, rocher) pour prolonger l'idée précédente d'un lieu de rencontre, mais celui-ci à caractère religieuxRodriguez Colmenero, La "Fonte Do idolo" (Braga), Santuario Rupestre de una Ciudad Romana, 2006 . Les principaux arguments étant l'existence, d'un côté de la ville, de la Fontaine de l'Idole, (un lieu érigé par Celicus Franto, un colon « romanisé » d'Ascobriga, aux dieux païens durant le premier siècle) mais qui pouvait déjà être auparavant un lieu sacré, et de l'autre, les thermes, un autre lieu de culte présumé. Un marché, un lieu de rencontre mais aussi d'échange.

Cela pourrait être en définitive tout cela à la fois, c'est-à-dire un lieu central entouré de nombreux villages fortifiés qui pouvait être à la fois un lieu de rencontre, un marché, un lieu sacré et peut-être même occupé par des habitations précaires. Cependant, il est fort probable que les thermes ne soient pas le seul monument préromain de la ville et qu'il y ait encore beaucoup à découvrirAntes de Bracara Augusta, Francisco Sande Lemos, Forum 42-43, Jul 2007/Jan 2008, Pag. 203-239.

Les premières années La ville a été construite de manière planifiée, selon une conception orthogonale classique (rues alignées, avec intersections à angle droit) orientée nord-ouest/sud-est. Elle était divisée en quartiers carrés, d'une superficie bâtie de (35,52 m sur 35,52 m), occupant dans leur ensemble une superficie rectangulaire de 29,85 ha. Ses origines étaient civiles et la gouvernance était partagée avec les élites bracares. Les premières décennies de la ville furent marquées par une forte croissance. Les premières infrastructures urbaines furent construites (assainissement (cloaque)), des routes furent ouvertesUrbanismo e Arquitectura em Bracara Augusta. Balanço dos contributos da Arqueologia Urbana, Maria Manuela Martins, Simulacra Romae Bracara Augusta, elle fut capitale du conventus, peut-être dès l'époque d'Auguste, ou de Tibère, des activités économiques (métallurgie, poterie et commerce) et de nouveaux quartiers se développèrent. Le territoire rural adjacent à la future ville fut également divisé en lots carrés à répartir, selon le principe de la centuriation. Pour offrir des terres permettant aux innombrables autochtones, à quelques militaires et à des immigrants de s'y installer pour y vivre. Cependant, dès les années 50 le commerce était déjà le principal secteur économique de la ville et de sa périphérie.

La ville durant la période des Flaviens-Antonins (68 à 192 ) vignette|300x300px| Théâtre Mérida La ville est à cette époque en pleine restructuration, en raison de la taille atteinte. Les anciennes routes furent réparées et Bracara bénéficia d'une nouvelle connexion avec Astorga par la Via Nova ( Geira ). La construction de bâtiments publics et la « monumentalisation » de la ville avec théâtre, thermes, temples et amphithéâtre se poursuivi. Les quartiers s'agrandirent et l’on assista à l'installation de personnes aisées dans la partie Est de la ville. Nous savons grâce à l'œuvre de Pline l'Ancien que le conventus de Braga était divisé en 24 civitates et comptait une population de libres, étant la plus peuplée du Nord-Ouest de la péninsule Le conventus de Lugo compte libres et Astorga 240 000 Histoire Naturelle de Pline l'Ancien, livre III, IV, 28. "Simili modo Bracarum XXIIII civitates capitum, ex quibus praeter ipsos Bracaros Bibali, Coelerni, Callaeci, Equasei, Limici, Querquerni citra fastidium nominentur. ". Le commerce se caractérise par les importations de verre, de céramique et d'objets décoratifs. Certains produits importés étaient de grande qualité et d'un goût raffiné, ce qui suggère l'existence d'une élite puissante. Les principales exportations étaient des céramiques et des métaux de qualité. La ville du Haut Empire était déjà une référence au niveau péninsulaire.

vignette| Fortification romaine de Lugo, Galice La crise du IIIe siècle installée dans l'Empire toucha également Bracara Augusta, qui connut pour la première fois un ralentissement de sa croissance. Peu de temps après l'assaut et le sac de la ville de Tarragone par les Francs sous le règne de Gallien"Francorum gentes direpta Gallia Hispaniam possiderent vastato ac paene direpto Tarraconensium oppido...", " les peuplades franques, après avoir pillé la Gaule, s’emparent de l’Espagne, ravagent et détruisent presque entièrement la ville de Tarragone..."Aurelius Victor, em De Caesaribus, XXXIII. Licinius Gallien et Salonin"Germani usque ad Hispanias penetraverunt et civitatem nobilem Tarraconem expugnaverunt...", "Les Germains pénétrèrent jusque dans les Espagnes et prirent d’assaut la noble ville de Tarragone" Eutrope en Abrégé de l'histoire romaine, livre IX, 6, à la fin du , une imposante muraille de de large, avec des tours, fut construite autour du centre de la ville de Bracara (plus de 48 hectares), et transforma complètement sa configuration : Quelques maisons et monuments comme le théâtre et l'amphithéâtre furent en partie détruits pour utiliser la pierre pour la nouvelle construction, beaucoup de rues se transformèrent en impasse, et passèrent dans le domaine privé, la ville se divisa en une ville fortifiée et ses quartiers périphériques d'une intense activité . Enfin, à l'époque de l'empereur Caracalla, la nouvelle province de « Hispania Nova Citerior Antonina » (future Gallaecia ) fut créée.

Bas-Empire (285 à 409 ) vignette| Conventus de Gallaecia Entre 284 et 289 par ordre de Dioclétien, Bracara Augusta est promue capitale de la province nouvellement créée de Gallaecia, qui intégra les trois conventus du Nord-Ouest de la péninsule ( Braga, Lugo et Astorga ) et une partie du conventus de Clunia. En conséquence la ville subit une nouvelle expansion urbaine, des bâtiments publics furent restructurés ou créés, les routes furent réparées, des améliorations furent introduites dans toute la ville, et l'on constate un enrichissement de la population par l'inclusion de thermes et de mosaïques dans des maisons privées. Le commerce s'intensifie considérablement et des ateliers de céramique apparaissent. Le décret du Pape Sirice en 385 à l'évêque de Tarragone, fait référence à une province ecclésiastique de GallaeciaNunc fraternitatis tuae animum ad servandos canones et tenenda decretalia constituta magis ac magis incitamus, ut haec quae ad tua rescripsimus consulta, in omnium coepiscoporum nostrorum perferri facias notionem, et non solum eorum qui in tua sunt dioecesi constituti, sed etiam ad universos Carthaginenses ac Baeticos, Lusitanos atque Gallicios, vel eos qui vicinos tibi collimitant hinc inde provinciis, haec quae a Nobis sunt salubri ordinatione disposita, sub litterarum tuarum prosecutione mittantur. Enchiridion Symbolorum édité par Denzinger‐Schonmetzer, 1962, nº. 184. Traduction: "(Chap. XV, §20) Maintenant Nous encourageons encore et encore le propos de ta fraternité d’observer les canons et de garder les décrets édictés, pour que ce que Nous avons écrit en réponse à ta demande, tu fasses en sorte que cela soit porté à la connaissance de tous nos coévêques, et non pas de ceux-là seulement qui se trouvent dans ta province ; mais ce qui a été déterminé par Nous selon une ordonnance salutaire doit être envoyé aussi, accompagné de ta lettre, à tous les évêques de Carthage, de la Bétique, de Lusitanie et de Galice.", suggérant que Bracara Augusta possédait déjà un évêché. Fait confirmé, en l'an 400 apr. J.-C. , par la présence de son archevêque, Paternus, au Ier concile de Tolède. La ville devient la capitale de la province ecclésiastique et assume une position centrale au Nord-Ouest de la péninsule.

Économie du conventus de Braga

Importations

Par l'analyse des amphores, de leur forme et de leur origine, on en déduit que la majorité des importations contenues dans ce conteneur étaient des sous-produits du vin, des « concentrés » ou du « sirop de vin » obtenus à partir de moûts cuits appelés defructum (dans 64% des cas), provenant presque exclusivement de Bétique ; du vin de qualité (9,81%) provenant d'Italie, du sud de la Gaule, de la région égéenne et d'une grande partie de la Bétique ; des sous-produits de la pêche ( garum en latin) (18,67%) de Bétique et Lusitanie; et l'huile d'olive (seulement 1,99 %) provenant principalement de la vallée du Guadalquivir .

Principales productions