Les Confessions d'une accro du shopping est la traduction française du premier volume de la série des "Accro du shopping" de l'écrivaine anglaise Sophie Kinsella. Publié aux Edition Black Swan en 2000, le roman a été traduit dès 2004 par Isabelle Vassart (éditions Belfond).

C'est un roman "feel good", sentimental et léger, émaillé d'éléments de satire du monde de la finance, du consumérisme et des médias.

Ces confessionsLe titre évoque celui des "Confessions d'un mangeur d'opium anglais" de Thomas de Quincey, ouvrage paru en 1821 qui aura servi de référence aux confessions de maniaques ultérieures, par exemple les "Confessions d'un fumeur de tabac français" de l'acteur et écrivain Roland Dubillard. Le modèle initial est évidemment Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau. Ce type de récit est caractérisé par la relation à la première personne des fautes et erreurs du narrateur, non seulement du point de vue des faits mais aussi de ses sentiments et de son intériorité. Inspirées du sacrement chrétien du même nom, les confessions sont présentées comme autobiographiques et marquées d'une sincérité totale.

Sophie Kinsella respecte totalement les contraintes de ce type littéraire mais les détourne au profit d'une satire des organismes bancaires et commerciaux ainsi que des médias populaires. La fraîche naïveté de la narratrice et de ses proches - que les lecteurs jugent souvent clownesque - reflète celle du public, cible et fréquente victime des professionnels du consumérisme. sont rédigées à la première personne dans un ton très spontané, rendant compte des impressions immédiates et des enthousiasmes et angoisses de l'héroïne. Le récit est ponctué de courriers émanant des organismes bancairesLes organismes bancaires en France se distinguent par leur modèle universel et leurs activités principales : la banque de détail, la finance et la gestion d’actifs.

Les Banques de Détail s’adressent à la clientèle des particuliers, des professionnels et des entreprises et des institutions publiques à travers le réseau d’agences bancaires, avec pour objectif de collecter l’épargne pour financer l’économie réelle (immobilier, consommation, investissement d’entreprises…). La Banque de Financement et d'Investissement représente plusieurs activités destinées aux entreprises internationales et aux marchés financiers.

La Gestion d'Actifs (et autres activités spécialisées) est le segment qui gère les fonds de la clientèle et propose des placements aux investisseurs ou à la clientèle aisée, notamment pour la banque privée. Source : synthèse générée par le Modèle d'Intelligence Artificielle GPT4 (chatGPT) via BING en réponse à la question "Quels sont les différents types d’organismes bancaires ?" avec lesquels la narratrice et héroïne, est en relation.

Celle-ci, Becky Bloomwood, 25 ans, journaliste financière charmante mais fort peu motivée, est prise au piège de ses compulsions d'acheteuse frénétiqueL'achat compulsif, ou familièrement "fièvre acheteuse" est bel et bien une manie pathologique, appelée Oniomanie. Elles sont incompatibles avec son petit salaire, d'où un endettement de plus en plus vertigineux, et d'incessants rappels de ses diverses banques. Que faire, sinon trouver - puisqu'elle n'a pas de petit ami pour le moment - un fiancé millionnaire et généreux ? Et comment réparer ses erreurs, lorsqu'un couple d'amis de sa famille se retrouve brutalement privé d'un très gros revenu pour avoir suivi ses conseils irréfléchis ?

Sous couleur de romance, le roman brocarde le système consumériste et le monde de la finance. L'auteure sait ce dont elle parle, ayant été elle-même journaliste financière avant de se reconvertir dans la littérature. Les conventions du genre "chick-lit" (genre plutôt superficiel destiné au public dit "féminin") sont parfaitement respectées. Le ton et l'accumulation des situations sont délibérément caricaturaux mais chacune d'entre elles est concrètement observable.

Le roman a été adapté au cinéma en 2009 : voir infra et Confessions d'une accro du shopping.

Intrigue Becky Bloomwood habite un appartement dans le quartier londonien huppé de Fulham, avec sa meilleure amie, Suze, qui en est la propriétaire : sa riche et aristocratique famille le lui a offert. A la différence de Becky, Suze, qui partage sa passion du shopping, est largement en mesure de faire face aux dépenses.

Becky n'a qu'un petit salaire (juge-t-elle)2 100 £ (Ed. Pocket p 149), elle travaille en tant que journaliste au périodique Réussir votre épargne. Sa principale, voire unique, préoccupation réside dans le plaisir d'acheter tout ce qui peut lui permettre de suivre la mode et de parfaire son élégance : vêtements de luxe, produits de soins, objets de décoration intérieure, des achats futiles qu'elle rationalise au prétexte d'investissements ou d'absolues nécessités. Conséquence, ses revenus n'y suffisant pas, elle est endettée de plusieurs milliers de livres sterling (£)En 2000, 1000 £ équivalent à 1 600 €. Le roman est ponctué de courriers de ses diverses banques et tout particulièrement de la Endwich Bank, dont l'agence de Fulham est dirigée par un certain Derek Smeath. Ceci n'empêche pas qu'elle reçoive aussi des offres de crédit et des incitations à l'achat de grands magasins.

En chemin vers une conférence donnée par la société Brandon Communications, elle voit en solde, à moins 50 %, (ce qui fait tout de même 120 £) une écharpe de chez Denny & George (marque prestigieuse) qu'elle convoitait depuis longtemps, mais elle se rend compte qu'elle a oublié sa carte de crédit à son bureau. Qu'à cela ne tienne, la vendeuse est d'accord pour la lui garder jusqu'à la fin de la journée. A la conférence de presse, Becky est accueilli par Luc Brandon en personne, le PDG de Brandon Communication et une de ses collaboratrices, Alicia. Celle-ci s'empresse de la questionner sur ce qu'elle pense des dernières nouvelles - en particulier une rumeur sur Scottish Prime et Flagstaff Life que Becky est censée connaître d'autant mieux qu'elle tient le Financial Time sous son bras (affaire de paraître, elle n'en a pas lu une ligne). Elle élude et c'est à la fin de la conversation que Brandon lui glisse qu'un important groupe financier, SBG, vient d'annoncer qu'il rachète la Banque Rutland.

Mais tout cela est sans intérêt à côté d'un affreux souci : son patron l'appelle pour lui imposer une autre tâche qui va l'empêcher de repasser au bureau prendre sa carte de crédit. Elle n'a que 100 £Environ 160 € sur elle, il lui manque donc 20 £ pour obtenir son écharpe. Sa copine journaliste, Elly Granger ne peut les lui prêter, sa propre carte ayant été bloquée par la banque : elle est encore plus fauchée que Becky. Le secours va venir de façon inattendue de Luke Brandon qui, ayant remarqué sa détresse, interrompt la conférence de presse et lui fait passer un billet de 20 £ , après qu'elle a inventé, en guise de justification, l'histoire d'un cadeau à une tante hospitalisée. Instant de gêne quand, un peu plus tard, sortant du magasin avec son sac Denny & George, elle croise Brandon. Il ne lui reste plus qu'à étoffer l'histoire de la tante qu'elle baptise Hermintrude.

Alors qu'elle rend visite, dans le Surrey, à ses parents à qui elle n’avouerait à aucun prix ses problèmes d’argent, ils lui conseillent d’acheter un appartement. Comme elle répond qu’elle n’est pas assez riche, leur conseil plein de bon sens est qu’elle doit choisir entre économiser et gagner plus d’argent. Conseil d'autant plus avisé qu'elle a la déception d'apprendre par BBC1 qu'elle n'a pas gagné à la loterie alors qu'elle bâtissait déjà des châteaux en Espagne. Les amis de toujours de la famille, les Webster, qui l'admirent et rêvent d'en faire leur belle-fille, lui demandent conseil sur un placement : ils ont depuis longtemps une assurance-vie à la Flagstaff et se demandent s'il ne vaudrait la peine de la reporter sur tel autre actif, elle leur répond distraitement que l'opération est sûre.

Becky est totalement incorrigible. Elle se résout à devenir économe mais ses premiers efforts vont consister à faire l'acquisition d'un coûteux livre de conseils et de divers ustensiles prétendument nécessaires, un abonnement pour le musée (divertissement réputé peu coûteux, mais elle s'y ennuie), bref elle dépense plus encore. Mieux vaudrait opter pour l'augmentation de ses revenus.

Justement Clare, sa collègue lui confie sous le sceau du secret qu'elle arrondit ses fins de mois en travaillant en free lance pour d'autres organes de presse. Coîncidence, Becky fait justement la connaissance, lors d'une conférence de presse, du journaliste d'investigation Eric Foreman du Daily World, un des plus grands tabloïds. Son travail du moment : "semer la panique" chez les financiers et enquêter sur leurs malversations. Ils sympathisent. Par contre Becky apprend qu'elle ne pourra plus compter sur la compagnie de sa copine Elly qui a décidé de se ranger et vient de prendre un affreux job de gestionnaire de portefeuilles, qui va lui rapporter le double de ce que gagne Becky.

Pas question de cela pour Becky, qui pense avoir trouvé une solution : un travail de vendeuse en magasin de mode, chaque samedi. Malheureusement, incapable de renoncer à ses convoitises d'acheteuse compulsive, elle entre en compétition avec une cliente et se fait donc virer à la fin de sa première journée de travail.

Autre tentative (suggérée par Suze), un travail facile à domicile : l'assemblage de kits d'encadrements décoratifs. Mais Becky n'est pas douée pour les travaux manuels et renonce dès le premier soir. Un peu plus tard, Suze qui aura jugé amical de lui venir en aide, se découvrira du coup une vocation de styliste que ses relations dans le monde de la mode lui permettront de démarrer.

Plus tard dans la semaine, Suze l’invite à dîner avec elle et ses cousins, dont Tarquin, amoureux de longue date de Becky, mais rien moins que séduisant à ses yeux. Dans le même restaurant, elle tombe sur Luke qui dîne avec ses parents. La belle-mère de Luke, Annabel, complimente Becky sur son écharpe. Gêne de Becky devant Luke, elle prétend cette fois que sa tante est morte et la lui a léguée.

Suze et Becky trouvent un article de magazine sur les millionnaires épousables et Becky y découvre Luke, et Tarquin. Celui-ci invite Becky à dîner. Elle est horriblement déçue d'atterrir dans une modeste pizzeria. Mais il lui offre un broche (bijou immettable, évidemment) en or et s'enthousiasme pour un projet caritatif de Tante Hermintrude (pure invention de Becky pour nourrir la conversation). L'honnêteté de Becky l'emporte, elle refuse le généreux chèque qu'il vient de mettre à son nom en lui donnant carte blanche. Gros débat intérieur : épouser ce laideron ou bien crouler sous les dettes ? Malheureusement, profitant de ce que Tarquin passe un instant aux toilettes, elle ne peut s'empêcher d'examiner les talons du chéquier, resté sur la table. Il ne dépense rien ou presque ! Et le voici qui revient trop tôt : tout porte à croire qu'il l'a vue et en a été choqué, puisqu'il devient beaucoup plus froid et la renvoie en taxi chez elle sans prolonger la soirée. Tant pis se dit Becky, admettant qu'il n'était vraiment pas son type et qu'ils n'avaient aucun sujet d'intérêt commun .

Prenant enfin une résolution sérieuse, Becky se décide à aller présenter sa candidature chez un "chasseur de tête". Mais remplissant sa fiche, elle croit judicieux de l'améliorer en prétendant maîtriser une langue rare : le Finnois. Et le hasard fait bien les choses : la Banque d'Helsinky recherche pour ses bureaux de Londres un(e) spécialiste des fonds de placement ... mais il faut absolument que cette personne parle couramment le finnois : et justement, le PDG de la banque est là et peut la rencontrer. Fuite éperdue de Becky.