La nécropole du Bois des Géantes ou nécropole du Bois des Géandes (également connue sous les termes de nécropole du Bois des Joyandes et nécropole du Bois des Jayandes), est un site mégalithique funéraire formé de six dolmens répartis sur une étendue totale d'environ au sein de parcelles domaniales du bois de Laoul appartenant à la commune de Bourg-Saint-Andéol, dans le département français de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes.

L'environnement pédologique des constructions mégalithiques présente un fort substrat de nature calcaire. L'emplacement des dolmens a été déterminé par deux prérogative : d'une part l'existence d'une dépression naturelle (aménagée et agrandie lors de la mise en place des dolmens), garantissant une plus grande stabilité et un appui contre un contrefort affleurement rocheux ; et d'autre part la présence d'un important amas pierreux fournissant le matériau nécessaire à la mise en œuvre des structures mégalithiques.

La construction de ces structures mégalithiques funéraires est datée du Néolithique final 2a-Chalcolithique (entre environ - et ) pour certaines et du Bronze ancien pour d'autres, leur utilisation se terminant au Bronze récent.. Les dolmens de Bourg-Saint-Andéol ont été mentionnés pour la première fois dans un rapport de fouilles daté de 1837 rédigé par Bonnefont, un géomètre local. À l'Âge du bronze, le cimetière mégalithique est utilisé de la phase ancienne à la phase récente sans hiatus chronologique important. Ultérieurement, le site funéraire n'est plus employé. Des objets divers de facture moderne, soit d'apparat, de vaissellerie, ou encore à destination militaire montrent que le site des Géantes a été régulièrement visité au cours des .

Les premières prospections, fouilles et études sont opérées dans la seconde moitié du , par Jules Ollier de Marichard tout d'abord, puis par Léopold Chiron. Des dolmens vivarois et de leur (notamment le mobilier lithique et les objets de parure), les deux préhistoriens en exécutent des croquis, dessins et photographies. À cette époque, sept dolmens sont inventoriés et recensés. Sur la base des documents et rapports de fouilles fournis par Léopold Chiron, les sept dolmens sont classés au titre de monuments historiques sous les termes de en date du . Pour autant, seuls six dolmens sont identifiés en tant que tels au cours des travaux de recherches des .

La nécropole mégalithique du Bas-Vivarais est singularisée par la coexistence au sein d'un même site de trois types de construction dolménique du Midi : le type dit , représenté par le dolmen inventorié ; le type dit , représenté par les dolmens d'inventaire ; et le type dit représenté par le dolmen d'inventaire . En outre, si la totalité des six dolmens est aménagée d'une (ou chambre funéraire, seul le dolmen présente une antichambre, alors que les cinq autres structures funéraires sont munies d'un vestibule . Enfin chacune des six constructions mégalithiques des Géantes est associée à un tumulus dont les surfaces varient entre pour le dolmen à pour le dolmen , certains encore en grande partie intacts, d'autres quasiment arasés.

Toponymie Le toponyme du site du Bois des Géantes présente plusieurs variantes telles que « Jayandes », « Jaïandes », « Jayantes » ou encore « Joyandes », naguère utilisées au sein de diverses publications.

Pour l'archiviste Robert Labrely, le toponyme Jayandes est une de langage du terme « géantes » (« pierres géantes ») et a pour origine, indique, qualifie, l'ensemble des dolmens situés sur le site.. Dans la même perspective, Albin Mazon, citant le toponyme « Argenteiros », évoqué par Jean-Paul Delichères au début du , met en lumière que ce terme d'origine gauloise est un dérivé de « Jayandes » (« Géandes »).. Mazon souligne également que « Jayandes » trouve un écho dans le toponyme « Jayantières », dans le département du Tarn-et-Garonne. (), structures mégalithiques mises en évidence puis fouillées sur la commune de Montauban.. Le chanoine Jacques Rouchier, qui recense la forme « Jaïandes », forme quant à lui l'hypothèse d'une origine liée à , le toponyme renvoyant à des ayant vécu dans les massifs ardéchois et ayant pour sépultures les dolmens de Bourg-Saint-Andéol..

En 1900, dans le Nouvel inventaire des monuments mégalithiques dans le bassin du Rhône, comprenant ceux de l'Ardèche, l'archéologue Ernest Chantre, à propos du cimetière mégalithique (), mentionne le site sous le terme de ..

La forme de toponyme « Jayandes » est reprise par l'ethnologue et folkloriste Paul Sébillot. Pour Sébillot, les de Bourg-Saint-Andéol est l'équivalent de .. Prenant pour exemple les dolmens de la commune bas-vivaroise, l'ethnologue et folkloriste breton met en lumière d'autres structures mégalithiques liés à la notion de gigantisme : aux environs de Lodève, un dolmen portant le nom Taula di gianl ainsi qu'un groupe dolménique de Lozère appelé Troulo de la Geonto, ses termes locaux se traduisant par « tuile de la Géante » ; un dolmen situé dans la ville de Saint-Suliac, connu sous le nom de « berceau ou le Lit de Gargantua » ; et deux dolmens en Corse, sur le site archéologique du Monte Revincu, appelés Casa dell'Orco, signifiant « maison de l'ogre ». Dans cette perspective, le nom « Gargantua », composé de « gar- », signifiant le mot « pierre » et de « -gan », ayant pour sens le terme « géant », peut-être lié au lieu-dit du Bois des Géantes ainsi qu'au site mégalithique dans lequel il est implanté...

Le toponyme bourguesan associé au groupe dolménique est mentionné sous la forme déclinée « Joyandes » dans le journal régional Revue historique, archéologique, littéraire et pittoresque du Vivarais illustrée de 1905. et dans le périodique archéologique L'Homme préhistorique de 1912..

Contexte géographique, géologique et topographique Contexte mégalithique dans l'Ardèche et dans le Vivarais

Contexte géologique Le géologique du site des Géantes est daté du Crétacé inférieur à faciès Urgonien.

Contexte topographique La nécropole est établie entre deux combes : celle dite de la Verre et celle dite des Journées.

Histoire Néolithique final - Chalcolithique

Âge du bronze ancien à récent

Époque contemporaine : historique des découvertes, fouilles et prospections Première moitié du L'existence de dolmens au lieu-dit des Géandes à Bourg-Saint-Andéol est probablement citée pour la première fois dans un document daté de 1838, rédigé par un géomètre local, Bonnefont. Le géomètre, dans son rapport de prospection, signale alors quatre dolmens qu'il évoque tels des , , et dont il identifie les différents éléments mégalithiques (orthostates et table) : . Dans le rapport de Bonnefont, en raison de la mention d'une table associée à chacun d'entre eux, les quatre dolmens sommairement décrits et n'ayant pas fait l'objet d'illustration, trouveraient possiblement une correspondance avec les structures mégalithiques ultérieurement fouillées par Léopold Chiron.

Seconde moitié du Fouilles et prospections de Paradis et Thibon Après les prospections menées par le géomètre ardéchois dans les années 1830, A. Paradis, un abbé, et M. Thibon opèrent les toutes premières fouilles du site mégalithique dans les premières années de la seconde moitié du . En l'absence de documents et matériel archéologique issus de ces travaux de recherche, seule une mention faite par Jules Ollier de Marichard en 1869 permet d'attester ces derniers.

Fouilles et prospections d'Ollier de Marichard vignette|upright=1.2|Lithogravure représentant le dolmen par Jules Ollier de Marichard (). Les travaux de Jules Ollier de Marichard débutent en . Ses prospections et recherches ciblent environ vingt dolmens compris au sein d'un périmètre englobant les communes de Bidon et de Bourg-Saint-Andéol. Lors des fouilles entreprises par Ollier de Marichard, en raison de pillages fait au sein des dolmens l collecté est particulièrement restreint. Des fouilles menées par Ollier de Marichard aux Jayandes, il en résulte la mise au jour d'un corpus rassemblant une dizaine d'artefacts, certains à usage défensif ou, tels que des pointes de flèche foliacées et des haches, ainsi que des artefacts de type ornemental ou décoratif, tels qu'une perle biconique conçu en cuivre et une parure pourraient être issus des fouilles menées par Ollier de Marichard. L'origine précise de ces pièces, , n'a jamais pu être clairement déterminée. En effet, le terme « jayande », utilisé par Ollier de Marichard dans ses publications et rapport de fouilles, mot signifiant littéralement « dolmen » voire « lieu-dit » jusque dans les années 1930, aurait pu être associé aux structures mégalithiques de Bourg-Saint-Andéol comme à celles, géographiquement très proches, de Bidon, de Saint-Marcel-d'Ardèche ou encore celles de Saint-Remèze.. Au début des années 1880, la lithogravure de l'un des dolmens du site des Géantes de Bourg-Saint-Andéol illustre une publication de Ollier de Marichard. Néanmoins, cet unique document figuratif de l'un des monuments mégalithiques du site, recensé sous le mais non inventorié à l'époque, représente un dolmen en état de ruine. Pour le préhistorien ardéchois, ce dolmen, à l'époque contemporaine, aurait été utilisé pour abriter les bergers. D'autre part, il observe que les dolmens ont été érigés sur des tertres tumulaires formés de blocs de pierre amoncelés et disposés en cercle. Par ailleurs, il observe que ces ensembles tumulaires sont enceints de pierres élevées en pleine terre, éléments mégalithiques qu'il désigne par le terme , ou encore .

Fouilles et prospections de Chiron vignette|upright=0.8|Bas-relief représentant Léopold Chiron en buste et de profil sur une plaque commémorative parementée à la façade de l'hôtel de ville de Saint-Marcel-d'Ardèche. vignette|gauche|upright=0.8|Le dolmen d'inventaire photographié par Léopold Chiron en 1886.

Les travaux de Léopold Chiron débutent dans les années 1870. Ses rapports de fouilles sur le site ne sont publiés qu'à partir de 1895. Ces documents, sommairement détaillés, pointent alors sept dolmens groupés sur une aire clairement délimitée. Les rapports de fouilles de Chiron établissent les mesures et orientation de chaque construction mégalithiques ainsi qu'une partie de leur mobilier archéologique (dont un collier conçu avec des coquilles de mollusques) ayant été exhumé et mis en évidence. Ces données sont complétées par des croquis, des planches et des photographies sur lesquelles apparaissent les dolmens et les objets collectés.

La description et les résultats de fouilles des sept sépultures mégalithiques sont complétées par des représentations de quatre cistes dolméniques. Les documents rédigés et illustrés par Chiron, dont les exemplaires sont notamment conservés au sein de la Cité de la Préhistoire et au musée d'Archéologie nationale, comportent des biais : certaines données métriques relevées par Chiron présentes des incohérences ou des inexactitudes ; par ailleurs le dolmen d'inventaire est figuré deux fois.

Tournant des : inscriptions, inventaires et classement vignette|gauche|Croquis des dolmens du Bois des Géantes par Léopold Chiron en 1889. vignette|Croquis des dolmens du Bois des Géantes par Léopold Chiron en 1889. Alors qu'il n'est pas mentionné dans linventaire des monuments mégalithiques de France publié en 1880., l'ensemble dolménique de Bourg-Saint-Andéol est porté en 1900 dans celui, réactualisé, circonscrit aux départements de l'Ardèche, de la Drôme, de l'Isère et des Hautes-Alpes. Pour Ernest Chantre, qui recense la totalité des constructions mégalithiques du bassin du Rhône, le groupe dolménique boursan aurait été précédemment inclus à celui de la commune limitrophe de Bidon. Dans l'inventaire établit par Chantre, une seule sépulture mégalithique du lieu-dit des « Jayantes », probablement le dolmen , fait l'objet d'une description.