LAlliance Sahra Wagenknecht - Pour la raison et la justice (, couramment abrégé BSW) est un parti politique allemand de gauche populiste créé le ..

Il est issu d'une association enregistrée le par des membres du parti politique allemand Die Linke, au premier rang desquels Sahra Wagenknecht, dans le but de fonder ce nouveau parti.

Le positionnement du parti sur l'échiquier politique est matière à débat["Ni à gauche ni à droite, mais les deux à la fois ? - L’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) au lendemain des élections européennes", Thorsten Holzhauser, Notes DU CERFA, N° 178, juillet 2024, p. 6-31 : s'il est couramment classé à gauche.Qu'est-ce que BSW : le parti de gauche dure sur l'immigration qui peut décider du gouvernement de Saxe-Anhalt sur www.democrata.es, 6 septembre 2026 en raison de ses positions sur les questions économiques (défense de la redistribution, du plafonnement des loyers, du relèvement du salaire horaire, de la réintroduction d’un impôt sur la fortune, de l’augmentation des impôts sur les successions et les revenus du capital), il se montre toutefois proche des idées de droite ou d'extrême droite sur les questions sociétales (mesures restrictives en matière d'immigration, critiques du « wokisme », défiance à l'égard des politiques climatiques et de la vaccination obligatoire) - au point qu'on emploie parfois à son sujet l'expression de « conservatisme de gauche »[https://www.politis.fr/articles/2024/01/en-allemagne-sahra-wagenknecht-lenfant-terrible-de-lextreme-gauche-fonde-son-parti/ "En Allemagne, l’enfant terrible de l’extrême gauche fonde son parti", par Alexandre Leguen sur politis.fr le 18 janvier 2024. Le parti, souvent qualifié de populisteLa montée des extrêmes dans l’est de l’Allemagne par Thomas Wieder sur lemonde.fr du 27 août 2024, s'oppose au fonctionnement actuel de l'Union européenne.

Historique Sahra Wagenknecht est une figure de Die Linke et de ses prédécesseurs, le Parti du socialisme démocratique et le Parti socialiste unifié d'Allemagne, et ses positions politiques sont généralement identifiées comme populistes de gauche. Bien qu'elle ait été codirigeante de Die Linke de 2015 à 2019, des conflits avec d'autres membres du parti sur des sujets tels que l'immigration, la vaccination obligatoire contre le Covid-19 et l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 conduisent à des spéculations sur son départ de Die Linke à partir de 2021. Ces spéculations se multiplient à l'approche des élections régionales de 2023 en Hesse et en Bavière, au cours desquelles Die Linke ne parvient pas à atteindre le seuil électoral de 5% tandis que le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) progresse dans les deux Länder.

Sahra Wagenknecht impute les échecs électoraux successifs de Die Linke (le parti étant passé au niveau national de 12% des voix en 2009 à 5% en 2021) à l'accent mis sur les politiques de luttes contre les discriminations sexistes, racistes ou homophobes au détriment des questions sociales. Elle plaide pour la primauté de ces dernières, à rebours de l'approche intersectionnelle de la direction du parti qui, sous le terme « classisme » renvoie la question sociale à une forme de discrimination, au même titre que le sexisme ou le racisme. Selon elle, les classes populaires ne se reconnaissent plus dans le discours de la gauche et se tournent vers le parti d’extrême droite AfD, réceptacle du vote contestataire..

Elle quitte donc Die Linke et fonde officiellement un nouveau parti en , sous le nom provisoire de « Alliance Sahra Wagenknecht » (BSW). Neuf des trente-huit députés de Die Linke participent à la fondation de ce nouveau parti, ainsi que l'ancien maire SPD de Düsseldorf, Thomas Geisel, et l'ancien président du SPD puis de Die Linke, Oskar Lafontaine.

Aux élections européennes de juin 2024, le parti obtient 6,2 % des voixEmmanuel Grasland, « En Allemagne, sévère défaite pour la coalition au pouvoir d'Olaf Scholz », lesechos.fr, 9 juin 2024 Martin Hoffmann, « Im Osten ein Machtfaktor », tagesschau.de, 12 juin 2024. D’après les enquêtes postélectorales, la majorité des suffrages de BSW proviennent d’anciens électeurs de gauche et d’une mobilisation des abstentionnistes, mais un sur cinq provient également de la droite..

Les élections régionales en Saxe et en Thuringe en se concluent par un franc succès pour le parti. La BSW arrive en effet troisième lors des deux scrutins, avec 12 et 16% des voix, derrière le parti Chrétien démocrate (CDU) et l'AfD, mais devant le SPD, les Verts, le parti libéral-démocrate (FDP) et Die Linke... Le succès est répété trois semaines plus tard lors des élections régionales en Brandebourg, où il recueille 13,5% des voix, se hissant à nouveau à la troisième place, derrière le SPD et l'AfD, mais devant la CDU, les verts et Die Linke..

Lors des élections fédérales de 2025, le parti, longtemps promis à un score de 6 à 8 %, se voit concurrencé par la campagne réussie de Die Linke, qui, après avoir stagné plusieurs mois à 3 % des intentions de vote, décolle début janvier pour atteindre 8,77 % des voix, tandis que la BSW obtient 4,98 % des voix, échouant à 9 529 voix près (soit 0,02 %) du seuil des 5 % nécessaire pour être représenté au Bundestag, ce qui permet par ailleurs au SPD et à la CDU-CSU d'être majoritaires et d'avoir la capacité de former une coalition à eux seuls.

Positions politiques Lors de sa création, la BSW se définit lui-même comme appartenant au conservatisme de gauche. Le parti place au centre de son programme le rétablissement de la stabilité et de l'harmonie sociale, lequel s'inscrit dans une certaine nostalgie de l’État providence conservateur du miracle économique des Trente Glorieuses. Cette stabilité aurait été bouleversée par les politiques de néolibéralisme économique et culturel, d'écologie et d'immigration menées depuis les années 1990 tant par le SPD de Gerhard Schröder et Olaf Scholz que par la CDU de Angela Merkel, et défendues partiellement par tous les autres partis, Die Linke et AfD compris....

Les positions du parti et de sa fondatrice, Sahra Wagenknecht, issue de Die Linke, l'amène à être fréquemment qualifié de parti de gauche radicale ou d'extrême gauche.....

Politique économique et sociale La BSW met en avant une politique de justice sociale. Il revendique la refondation d'un État providence fort, qui réinvestisse massivement dans les infrastructures et les services publics d'éducation et de santé, qui contrôle les prix pour limiter l'inflation, qui augmente le montant des minimas sociaux, des retraites, et du salaire minimum à 14 euros de l'heure, grâce à l'augmentation de la pression fiscale sur les grandes entreprises et fortunes au niveau national comme européen..

Le parti est aussi marqué par une défense du , tissu économique de petites et moyennes entreprises, dont les plus grandes comptent nombre de leaders mondiaux dans leur domaine, sur lesquelles reposent l'économie allemande. La lutte du petit capital du mittelstand national traditionnel et paternaliste, contre le grand capital des corporations multinationales financiarisées, trouve une place centrale dans les discours du BSW, jusqu'à parfois prendre le pas sur la lutte des classes. Le mittelstand représente en effet pour le parti une forme vertueuse de capitalisme, qui si elle est libérée des pressions qui pèsent sur elle, est capable d'assurer l'harmonie et la stabilité sociale. La BSW place donc les besoins de ces PME en priorité et promet donc un protectionnisme industriel contre la concurrence des multinationales et un allégement des charges fiscale et de la « pression imposée par la bureaucratie ».

Politique migratoire Le thème de l'immigration est l'un des principaux points de désaccords avec Die Linke, qui défend l’accueil des immigrants presque sans conditions. La BSW souhaite mettre fin à l', jugée responsable de l'augmentation de la criminalité et du « développement de sociétés parallèles influencées par les islamistes ». Le parti propose alors l'examen des demandes d'asile par des pays tiers en dehors de l'Union européenne, la reconduite immédiate de criminels étrangers à la frontière et la suppression de toute aide financière et sociale aux migrants ne bénéficiant pas du droit d’asile. Il précise que cette sévérité migratoire, identifiée comme proche du programme de l'AfD, doit néanmoins s’opérer « sans discrimination ni racisme » et insiste sur le « droit d'asile pour toute personne persécutée politiquement dans son pays. » BSW préconise d'agir sur les causes de l'exil par des relations économiques mondiales équitables, l'augmentation de l'aide au développement et une géopolitique qui mette fin aux guerres menées par l'Occident en Irak, en Afghanistan et en Libye.

Anti-progressisme et opposition aux "politiques d'identité" La BSW se rapproche des positions conservatrices dans son opposition à l'intersectionnalité et au libéralisme culturel, concernant le genre comme l'antiracisme, que le parti résume sous le nom de « politiques identitaires » (Identitätspolitk). Selon la BSW, ces idéologies seraient en effet éloignées des préoccupations des classes populaires, et menaceraient les traditions et l'identité allemande...

Positions sur l'écologie L’Alliance s'est opposée aux politiques allemandes et européennes de transition écologique et énergétique. Elle demande ainsi l'annulation de l'interdiction de produire des voitures à moteur thermique dans l'UE à partir de 2035. Elle est également critique envers le système d'échange de quotas d'émission CO2 qu'elle considère comme un « objet de spéculation attractif ». BSW avance au contraire un discours pouvant être considéré comme « technosolutionniste », promouvant le développement de technologies clef innovantes comme la plus grande contribution que l’Allemagne peut apporter à l'écologie. Elle souhaite aussi une reprise sous contrôle public de secteurs-clés comme l'énergie et une « démondialisation » de l'économie allemande comme moyen de réduire l'impact carbone.

Positions internationales Sur les questions internationales, BSW met un fort accent sur le pacifisme. Il promeut des solutions négociées aux conflits internationaux, notamment à la guerre russo-ukrainienne, à la guerre du Yémen, et à la guerre israélo-gazaouie. Le parti s'oppose alors aux sanctions contre la Russie, à l'envoi d'armes à l’Arabie saoudite, à l'Ukraine et à Israël, et propose la reconnaissance de l’État palestinien.

Il se pose également en faveur d'un rétablissement de bonnes relations avec la Russie et la Chine, pour l’énergie bon marché et les débouchés économiques que ces deux nations peuvent respectivement offrir.

Sans réclamer une sortie de l'OTAN, BSW se prononce pour « une plus grande indépendance vis-à-vis des États-Unis ». Le parti est aussi très critique à l'égard du militarisme, y compris allemand.

Union européenne BSW est considéré comme souverainiste : refus du fédéralisme européen, réduction des pouvoirs de la Commission européenne et « non-application » des directives jugées déraisonnables. Il a aussi critiqué l'orientation néolibérale et militariste de l'Union européenne.

Rapport aux autres partis politiques Sahra Wagenknecht se montre sceptique vis-à-vis de la vague de manifestations contre l'AfD de janvier-mai 2024, accusant la coalition gouvernementale d'être à l'origine de la forte montée de l'extrême droite qui a lieu à ce moment-là, et refuse un cordon sanitaire contre ce parti. Elle a contesté la classification courante de l’AfD comme parti d’extrême droite.

Géographie électorale thumb|200px|Répartition du vote en faveur du BSW lors des élections européennes de 2024