Les fusillades d'octobre 2023 à Lewiston se déroulent le soir du lorsque deux fusillades de masse font et dans la ville de Lewiston (Maine).
Il s'agit de la . Plus de sont mortes par arme à feu dans le pays cette année-là.
Deux ans plus tard, les électeurs du Maine, consultés par référendum à la suite d'une initiative citoyenne, adoptent à 62 % le projet de loi dite du .
Déroulement Le soir du , à , le centre d'appel d'urgence d'Auburn est prévenu par téléphone qu'une fusillade de masse est en cours à la salle de bowling Just-In-Time Recreation. Quelques minutes plus tard, à , les autorités reçoivent des appels faisant état d'une nouvelle fusillade de masse, cette fois au bar-restaurant Schemengees Bar & Grille..
Le suspect étant déclaré en fuite peu après les événements, les autorités appellent les habitants de Lewiston à rester confinés chez eux, plaçant la ville en état d'alerte. Les écoles, les magasins et les bâtiments publics restent fermés...
Au cours de la soirée, la gouverneure du Maine, Janet Mills, déclare sur X se préoccuper de la situation de façon continue et appelle les habitants à suivre les consignes données par les autorités locales..
Victimes Le bilan humain, d'abord de , monte dans la journée du à avant de redescendre à selon la gouverneure du Maine Janet Mills. Le bilan des blessés, temporairement monté à une cinquantaine selon le maire de la ville, redescend à 13 dans la fin de la journée du selon la gouverneure du Maine. Certains blessés ont été victimes de bousculades sans avoir été touchés par balle.
Le bilan définitif est de : 7 tués sur place au bowling, 8 au bar-restaurant et 3 décédés après leur transport à l'hôpital. Le plus jeune avait et se trouvait au bowling avec son père, tué sur place lui aussi. Les plus âgés avaient respectivement 76 et , mari et femme retraités qui consacraient leur temps à l'entrainement des jeunes de la ligue de quilles locale. Toutes ces victimes étaient de Lewiston ou des localités avoisinantes excepté un homme originaire de Floride, venu fêter son 64 anniversaire chez son fils. Plusieurs étaient des athlètes sourds qui participaient à un tournoi de cornhole organisé ce jour-là au bar-restaurant Schemengees.
Le nombre de victimes ayant survécu à leurs blessures est de 13. Certaines, touchées à plusieurs reprises, garderont des séquelles importantes.
Auteur L'auteur suspecté des fusillades est identifié comme étant Robert Card, alors âgé de 40 ans (né le ), un instructeur de tir et réserviste de l'Armée de terre des États-Unis. Après deux jours de traque, les autorités du Maine annoncent avoir retrouvé son corps sans vie le à près d’une rivière à Lisbon Falls, un bourg situé à une quinzaine de kilomètres de Lewiston. Elles supposent qu'il s'est suicidé avec une arme à feu. Son véhicule avait été retrouvé auparavant dans la ville voisine de Lisbon. Considéré comme psychologiquement instable, Robert Card avait été admis deux semaines dans un hôpital psychiatrique au cours de l'été 2023, après avoir prétendu et avoir .
À la demande du bureau du médecin légiste en chef du Maine, un échantillon de tissu cérébral de Card a été examiné au CTE Center de l'Université de Boston. Les résultats, publiés par la famille de Card début , ont montré de profondes lésions cérébrales qui pourraient, en partie, expliquer son changement de comportement les dix derniers mois de sa vie.
Motivations D'après le témoignage de certains membres de sa famille, Robert Card aurait été persuadé que les dirigeants de quatre entreprises, dont les deux établissements de la fusillade, diffusaient en ligne qu'il était un pédophile. L'un d'eux, le gérant du bar-restaurant Schemengees, est ainsi mort sous ses balles.
Réactions vignette|Mémorial aux victimes devant le Schemengees Bar and Grille (novembre 2023) Dans un communiqué publié le lendemain des fusillades, le président des États-Unis ordonne la mise en berne des drapeaux des bâtiments fédéraux en l'honneur des .
Natif de Lewiston, le représentant du Maine Jared Golden, démocrate qui avait voté en contre le projet de loi interdisant les armes d'assaut, présente publiquement ses excuses le et déclare réviser sa position.
Le , l'écrivain vivant dans le Maine Stephen King, publie un court essai sur le site du New York Times qu'il conclut en ces termes : . gauche|vignette|Hommage du président Biden et de son épouse (3 novembre 2023) Le président Joe Biden, accompagné de la première dame, se déplace à Lewiston sur les lieux de la tuerie le afin d'apporter soutien et réconfort à la population.
Le , la gouverneure Janet Mills et le procureur général Aaron Frey annoncent la création d'une commission indépendante chargée d'enquêter sur les faits de la .
Le , le sénateur (indépendant) du Maine Angus King, de concert avec le sénateur (démocrate) du Nouveau-Mexique Martin Heinrich, dévoile un projet de loi national sur les armes à feu appelé loi GOSAFE (Gaz-Operated Semiautomatic Firearm Exclusion) qui porterait sur les mécanismes de ces armes, tout en ne changeant rien, selon lui, que représenteraient les armes de chasse traditionnelles et celles utilisées pour l'autodéfense. Ce projet de loi a reçu le soutien de Mark Collins, directeur politique fédéral de Brady United Against Gun Violence, qui l'a qualifié de . Dans une tribune parue le même jour sur le Kennebec Journal and Morning Sentinel, le sénateur King rappelle que 82 % des Américains soutiennent la vérification des antécédents pour les ventes privées d'armes à feu et 72 % la loi dite du .
Le , un survivant de la fusillade et cinq membres des familles des victimes rencontrent la délégation du Congrès à Washington (DC) : ils déclarent avoir demandé des enquêtes militaires indépendantes afin de comprendre pourquoi ses armes n'ont pas été retirées au tueur de masse avant les fusillades malgré les signalements de la famille de Card et de l'un de ses camarades réservistes.
Le , la gouverneure signe un projet de loi donnant des pouvoirs d'assignation à comparaître à la commission d'enquête sur la fusillade, qui avait rencontré des difficultés auprès de l'Armée dans la comparution des témoins.
Le , les démocrates de l'Assemblée législative du Maine présentent un ensemble de projets de loi sur les armes à feu en réponse aux fusillades d' à Lewiston.
Le , la gouverneure Janet Mills publie une déclaration à l'occasion du 6 mois anniversaire du drame.
Conséquences Le lendemain des fusillades, la vente d'armes et de munitions connaît une forte augmentation dans le Maine, que les armuriers attribuent au besoin de sécurité ressenti par les habitants après la tuerie de Lewiston mais aussi à la crainte de voir les autorités prendre des mesures pour limiter la quantité de munitions à l'achat. Selon une étude menée en 2020 par la Rand Corporation, plus de 47 % de la population de cet état détiennent une arme à feu à leur domicile.
Depuis l'évènement, les dispositions de la loi dite du « drapeau jaune » en vigueur au Maine ont été invoquées une quinzaine de fois pour éviter l'effet copycat que l'importante médiatisation de la tragédie pourrait entraîner. Cette loi permet aux forces de l'ordre de confisquer des armes à feu sous réserve que leur propriétaire soit placé en garde à vue et soumis à une évaluation par un professionnel de la santé mentale. Une séance de formation volontaire à cette procédure a été organisée depuis la tragédie, à laquelle ont participé plus de deux cents responsables de l'application des lois. La Législature du Maine envisage une réforme des lois sur les armes à feu et notamment l'abandon de la loi du drapeau jaune au profit de celle du drapeau rouge, plus immédiate et juridiquement plus forte. Cependant, la proposition d'une loi d'alerte, qui permettrait aux membres de la famille de saisir directement le tribunal d'une demande de restriction d'accès aux armes à feu à une personne en crise, sans passer par une expertise mentale, n'a pas été examinée par la 131 Législature lors de sa deuxième session ordinaire.
Trois semaines après la tuerie de masse, un centre de résilience du Maine est ouvert pour aider les personnes au prise avec un traumatisme ou un deuil à surmonter.
Début , le département de la sécurité publique du Maine rend publiques les transcriptions des appels passés au numéro d'urgence (le 911) la nuit de la fusillade vers les trois centres de communication concernés. L'écoute de ces appels fait apparaître que le tireur est identifié par l'un des appelants qui donne son nom et son adresse au répartiteur ayant pris son appel.
Début , le gouvernement fédéral octroie une subvention de deux millions de dollars au Maine pour soutenir la santé comportementale après les fusillades de Lewiston. À la suite de la publication des résultats de l'analyse post-mortem du cerveau de Card, faisant état de traumatismes crâniens attribués à son exposition répétée aux explosions dans le cadre de sa profession d'instructeur dans un champ d'entrainement au maniement à la grenade à main, le Bureau d'État à la Défense et l'Armée annoncent le mettre à jour occasionnée par ces armes. Ces mesures sont publiées à la mi-août avec mise en application immédiate.
Le , le Maine devient le 2 état de l'Union, après la Virginie, à adopter un fonds de lutte contre la violence de masse.
Comme réponse aux fusillades de Lewiston, le gouvernement du Maine annonce le l'entrée en vigueur d'une loi instituant un délai d'attente de aux armuriers avant la date de remise de leur(s) armes(s) à leurs clients. Ce délai devrait laisser le temps à la vérification obligatoire des antécédents au niveau fédéral. La sénatrice Peggy Rotundo (démocrate), qui réside à Lewiston, marraine de la loi, estime qu'en plus d'être une réponse aux tueries de masse, ce délai sera aussi utile à la prévention des suicides qui, selon les données 2021, représentent 158 des annuels par arme à feu dans le Maine.
Le massacre d' pèse sur l'élection du sheriff du comté de Sagadahoc qui a lieu peu après son premier anniversaire, le , alors que la gouverneure Mills partage l'accusation de négligence portée par la commission d'enquête dont le sheriff en cause, candidat à sa succession, met en doute l'objectivité.
Début , l'administration Trump bloque la subvention fédérale versée au Centre de résilience du Maine créé deux ans plus tôt pour venir en aide aux victimes directes ou indirectes des fusillades de 2023 à Lewiston.
Lors du référendum de organisé dans le Maine, la question n° 2 qui portait sur le projet de loi sur les armes à feu dite est adoptée à 62 % des voix (38 % contre). Cette question avait été soumise aux électeurs par une initiative citoyenne face à l'échec d'une tentative d'adoption au sein de la législature de l'État.
Commission d'enquête La commission sur les fusillades se réunit pour la première fois le à huis clos à Augusta. Son président, un ancien juge en chef de la Cour suprême du Maine Daniel Wathen fait savoir que la commission rendra son rapport dans les six mois. La commission demande à la gouverneure et au procureur général de saisir le corps législatif selon la procédure d'urgence afin qu'il lui accorde le pouvoir à citer à comparaître indispensable à son enquête pour le recueil des témoignages.Plusieurs législateurs de différents partis regrettent qu'aucun représentant de la Législature n'ait été nommé dans la commission et déclarent vouloir mener une enquête parallèle. Le président du Sénat du Maine, Troy Jackson, fait savoir par sa porte-parole que les législateurs doivent laisser la commission commencer ses travaux avant d'envisager d'ouvrir une enquête distincte. De son côté, la présidente de la Chambre basse, Rachel Talmot Ross déclare soutenir pleinement la commission.