Phyllotis vaccarum est une espèce de rongeurs de la famille des Cricétidés. Elle vit dans les hautes montagnes andines d'Argentine et du Chili.

Description Phyllotis vaccarum est une espèce de taille moyenne comparée aux autres représentants du genre Phyllotis, avec une longueur totale moyenne de . Son pelage dorsal est d'une couleur allant du gris un peu ocre au brun ocre franc, strié de poils noirs. Les flancs et les joues présentent une bande brun-jaune clair plus ou moins développée. Le ventre est majoritairement blanchâtre ; chez certains individus, il présente également une bande pectorale beige. Les mains, les pieds et une petite partie du menton sont entièrement blancs. Les yeux sont entourés d'un fin anneau noirâtre. Les oreilles sont densément couvertes de poils brun noirâtre (qui s'éclaircissent en altitude). La queue est fortement bicolore, brun noirâtre sur le dessus et blanc grisâtre sur le dessous.

Écologie Les restes momifiés de treize de ces souris ont été découverts sur les sommets de trois volcans de la Puna de Atacama, à des altitudes de , et datés d'au plus quelques siècles. Un spécimen vivant a par ailleurs été capturé en 2023 au sommet d'un volcan voisin, à , l'altitude d'habitat la plus élevée jamais observée pour un mammifère.. L'aire de répartition de l'espèce s'étend jusqu'à des altitudes plus basses, au moins jusqu'à . L'analyse génétique de ces spécimens, où il y a autant de mâles que de femelles, montre que les souris provenant de ces hautes altitudes sont plus apparentées entre elles qu'avec les souris provenant d'altitudes plus basses, et les souris provenant d'un même sommet plus apparentées encore. Ces souris ne sont donc pas le résultat d'incursions à partir d'altitudes plus basses, elles appartiennent à des populations vivant principalement et se reproduisant à ces altitudes, malgré l'absence de végétation. Phyllotis vaccarum est la seule espèce connue de mammifères capable de vivre et de se reproduire à plus de d'altitude... C'est aussi l'espèce vivant dans la plus grande gamme d'altitudes, depuis le niveau de la mer (côte désertique du nord du Chili) jusqu'à plus de ..

Une étude parue dans Science en 2026 décrit les adaptations physiologiques et génétiques qui permettent à ce micromammifère de survivre à ces altitudes extrêmes (au sommet du volcan Llullaillaco à , le taux d'oxygène n'est que 44 % de celui du niveau de la mer, et les températures sont constamment négatives. Les populations de haute altitude produisent davantage de chaleur corporelle et absorbent mieux l'oxygène, tout en adoptant des stratégies métaboliques distinctes d'autres rongeurs montagnards (dont un usage préférentiel des lipides comme source d'énergie et des ajustements enzymatiques des globules rouges permettant de maintenir la saturation du sang en oxygène. L'analyse génomique confirme des signatures de sélection naturelle liées au métabolisme thermique mais aussi, de manière inattendue, des adaptations à la détoxification de la nourriture (les plantes locales bioaccumulant des métalloïdes et des métaux lourds toxiques issus de l'activité volcanique, confirmant que la survie en haute altitude dépend autant de contraintes écologiques que physiologiques.. La même année, une autre étude montre que les individus vivant aux plus hautes altitudes présentent une capacité thermogénique accrue en condition d'hypoxie ainsi qu'une capacité mitochondriale renforcée : cette adaptation locale s'est maintenue malgré les flux géniques ; ces souris ont également développé la capacité de consommer des plantes toxiques, ce qui facilite encore leur survie dans des environnements particulièrement hostiles.

Taxonomie vignette|Phyllotis xanthopygus, espèce très proche dont Phyllotis vaccarum a longtemps été considéré comme une sous-espèce.

Ce taxon est décrit par le mammologiste anglais Oldfield Thomas en sous le nom Phyllotis darwini subsp. vaccarum depuis un spécimen mâle capturé à d'altitude à Punta de Vacas, une petite localité située sur un versant de la cordillère des Andes argentine opposé à Mendoza..

Longtemps considéré comme une sous-espèce de Phyllotis darwini puis de Phyllotis xanthopygus, ce taxon est élevé au rang d'espèce en à partir d'une étude phylogénétique .. Ce choix est confirmé en par une analyse des populations des pentes orientales des Andes centrales confrontant l'hypothèse phylogénétique aux preuves morphométriques..

Son statut d'espèce est considéré comme valide depuis par Mammal Diversity Database, ce qui n'était pas le cas de Mammal Species of the World la même année et n'est pas encore le cas de nombreuses autres références taxonomiques comme Catalogue of Life en .

Étymologie Le nom du genre Phyllotis est construit à partir du grec (« feuille ») et (« oreille »). L'épithète spécifique vaccarum (« des vaches »), génitif pluriel du latin vacca (« vache »), fait référence à la localité où le spécimen type a été capturé : Punta de Vacas (province de Mendoza, Argentine)..

Publication originale

Synonymie Phyllotis darwini subsp. vaccarum Thomas, 1912 Phyllotis rupestris Gervais, 1841 Phyllotis xanthopygus subsp. vaccarum Thomas, 1912

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Cricetidae Catégorie:Rongeur (nom scientifique)