L'invasion finlandaise de l'isthme de Carélie fait référence à une campagne militaire menée par la Finlande en 1941, pendant la guerre de Continuation.

Au début de la guerre, les forces finlandaises libèrent l'isthme de Carélie, territoire cédée à l'Union soviétique le , dans le cadre du traité de paix de Moscou, qui marquait la fin de la guerre d'Hiver. Plus tard, à l'été 1944, l'Union soviétique reconquiert la partie orientale de la partie sud de l'isthme lors de l'offensive Vyborg-Petrozavodsk.

Configuration initiale des forces Les forces finlandaises face à l'isthme de Carélie se composent de trois corps d'armée finlandais. Le II corps finlandais se trouve au nord de la rivière Vuoksi et le IV corps finlandais au sud de celle-ci. Le II corps finlandais est commandé par le major-général Taavetti Laatikainen et se compose de trois divisions (les , et divisions). Le corps finlandais est dissout et la division fut d'abord réaffectée au corps du lieutenant-général Karl Lennart Oesch (après le déplacement de la division pour des opérations en Carélie du Ladoga), puis fin juillet au corps du major général Laatikainen en tant qu'unité de réserveNenye (2016) p. 91. Le IV corps finlandais est commandé par le lieutenant général Karl Lennart Oesch et compte deux divisions et un régiment renforcé placés sur les lignes de front (les et divisions avec le régiment d'infanterie renforcé) et une seule division ( division) en tant que réserveNenye (2016) p. 99.

Lorsque l'opération commence, les forces soviétiques en défense se composent théoriquement de deux corps d'armée distincts (les XIX et L corps). Le corps mécanisé soviétique avait été transféré fin juin depuis l'isthme de Carélie vers la région sud-ouest de Léningrad afin d'en assurer la défense contre l'avancée allemande dans la région, ne laissant que la division comme réserve disponible pour cette partie du front. Le XIX corps soviétique se compose de deux divisions (les et divisions), d'une division motorisée (la provenant du corps mécanisé) et d'un régiment motorisé (le régiment de fusiliers motorisés). La division motorisée soviétique est impliquée dans des combats près de Sortavala tandis que les deux autres divisions occupent les positions proches de la frontière. La 265 division de fusiliers soviétique est en route pour servir d'unité de réserveNenye (2016) p. 92. Le front relativement calme a incité les dirigeants soviétiques à transférer les éléments de commandement du L corps au sud de Léningrad le , laissant ses divisions (les 43 et divisions de fusiliers) sous le commandement direct de la 23 armée soviétiqueNenye (2016) p. 100.

Avance vers le lac Ladoga vignette| Carte illustrant les opérations offensives finlandaises en Carélie menées à l'été et à l'automne 1941 pendant la guerre de Continuation. L'avancée maximale des unités finlandaises dans la guerre de Continuation ainsi que les frontières avant et après la guerre d'Hiver sont indiquées ci-dessous. L'avancée du II corps finlandais débute le . Les défenses soviétiques ralentissent l'avancée ennemie, notamment en raison de la tactique finlandaise consistant à avancer à travers la forêt, ce qui cause de graves problèmes logistiques. Le , la division finlandaise s'empare de la ville et du point de passage d'Antrea, ce qui laisse la division de fusiliers soviétique séparée du reste du XIX corps. L'avancée sur un terrain ne disposant d'aucune route ralenti également l'avancée de la division finlandaise, ne réussissant qu'à capturer la ville de Hiitola que le après le déploiement de la division finlandaise sur les lignes de front. La victoire finlandaise à Hiitola contraint les divisions de fusiliers et divisions motorisées soviétiques à se retirer dans les îles Kilpola, où elles sont encerclées dans un motti contre la rive du lac Ladoga. Les Finlandais nettoient ces poches le , mais à ce moment-là, les Soviétiques ont déjà évacué de l'encerclement via le lac LadogaNenye (2016) pp. 93-96.

Le contrôle soviétique de l'isthme de Carélie (près du lac Ladoga) s'effondre après la défaite des deux divisions soviétiques. La division finlandaise rencontre la division soviétique nouvellement arrivée le et, après la bataille qui s'ensuit, encercle les restes de la division soviétique. Une petite partie de la division parvient à s'échapper deux jours plus tard ; à cette époque, les pertes de la division s'élèvent déjà à 234 morts, 1 155 blessés et 4 830 disparus au combat. Les victoires finlandaises permettent aux forces finlandaises d'agir plus librement et ceux-ci capturent les restes de la ville de Käkisalmi le et du village de Taipale le . La division finlandaise commence sa traversée du Vuoksi le et réussit à créer une solide tête de pontNenye (2016) p. 96-99.

Capture de Viipuri L'objectif principal du IV corps finlandais est la ville de Viipuri, et le plan prévoit l'encerclement et la capture rapide de la ville. Cependant, le quartier général finlandais n'autorise le IV corps à commencer activement la poursuite des Soviétiques que le . À ce moment-là, les et divisions de fusiliers soviétiques ont déjà commencé à se replier de leurs positions exposées près de la frontière, tandis que la division de fusiliers soviétique se précipite pour contenir le passage finlandais du Vuoksi. Cela signifie que le plan finlandais visant à immobiliser les Soviétiques échoue avant même d’avoir pu être mis à exécution. Cependant, la traversée du Vuoksi par la division finlandaise du II corps est assistée par la division finlandaise et la brigade légère T (qui porte le nom de son commandant, le colonel Tiiainen, et se compose du bataillon de jägers, de deux détachements légers et deux compagnies d'artillerie) du IV corps qui réussit à percer les lignes soviétiquesNenye (2016) p. 99-101.

Le retrait soviétique dans la partie étroite de l'isthme de Carélie leur permet de faire valoir leur nombre. Les et divisions de fusiliers soviétiques sont chargées de repousser les Finlandais par-dessus le Vuoksi, leur attaque commençant le . L'attaque soviétique vise la brigade légère finlandaise T et force les Finlandais à battre en retraite ou à se retrancher. En conséquence, la brigade finlandaise est immobilisée et partiellement encerclée. Le , une frappe d'artillerie fortuite tue le commandant de la brigade légère T, mais les forces finlandaises relevant de celle-ci repoussent l'attaque et forcent les divisions soviétiques à battre en retraite. Le IV corps finlandais coupe les routes au sud de Viipuri. Le , la division finlandaise traverse la baie de Viipuri et coupe la route côtière de la ville. Les forces finlandaises ont capturent finalement Viipuri le Enkenberg (2021) p. 70.

Le , les , et divisions de fusiliers soviétiques ont été encerclées lors de la bataille de Porlampi dans un autour des villages de Sommee et PorlampiNenye (2016) p. 105-107. Les Finlandais ont coupé toutes les routes menant aux s, mais échouent à former un blocus serré dans les épaisses forêts, ce qui permet à la majorité des hommes des et divisions de s'échapper vers Koivisto. Cependant, la majeure partie de la division soviétique est détruite lors de la bataille de Porlampi le . Les forces finlandaises marchent vers le village et le port de Koivisto le , mais ne poursuivent pas les restes des divisions soviétiques ayant fui vers l'archipel environnant ces unités sont plus tard, en novembre, évacuées par les Soviétiques. Tandis que les combats près de Viipuri se poursuivent, l'avancée finlandaise vers Léningrad se prolonge. Le IV corps finlandais doit avancer le long de la rive ouest, le II corps au centre et le corps nouvellement arrivé le long du côté est de l'isthme. Le commandant en chef finlandais, le maréchal Mannerheim, ordonne à l'avancée finlandaise de tenir sa position à l'écart des fortifications soviétiques. Les forces finlandaises atteignent l'ancienne frontière le et début septembre les fortifications soviétiques, où les Finlandais stoppent leur avanceNenye (2016) p. 107-108.

Pression allemande pour attaquer Léningrad et fin de l'offensive Le , le général Waldemar Erfurth informe Mannerheim de l'envoi imminente d'une lettre du maréchal Wilhelm Keitel, décrivant l'endroit où les Finlandais seront invités à attaquer Léningrad. Mannerheim explique les difficultés pratiques de la proposition et présente l'opposition des dirigeants politiques et militaires à cette attaque. Le gouvernement avait décidé au préalable de ne pas attaquer Léningrad, et ce n'est que sous la pression des dirigeants militaires qu'il accepta une petite avancée au-delà de l'ancienne frontière pour capturer de meilleures positions défensives. Les sociaux-démocrates sont particulièrement opposés au franchissement de la frontière. Lorsque la lettre de Keitel arrive, Ryti et Mannerheim préparent ensemble une réponse négative. Le , Erfurth contacte à nouveau Mannerheim et propose aux Finlandais d'annuler l'attaque en Carélie orientale pour attaquer à la place la ville de Léningrad. Ryti et Mannerheim refusent à nouveau. Le , Mannerheim donne l'ordre d'arrêter l'attaque sur la ligne allant de l'embouchure de la rivière Rajajoki à Ohta. La ligne exacte entre Ohta et le lac Ladoga sera fixée plus tard, lorsque les Finlandais y auront atteint l'ancienne frontière. Cela raccourcit la ligne de front sans qu'il soit nécessaire d'attaquer les fortifications soviétiques au nord de Léningrad (la région fortifiée de Carélie). Dans cette dernière phase, les Soviétiques disposent de six divisions d'infanterie et d'un certain nombre de bataillons et de régiments distincts défendant Léningrad depuis le nord, mais tous sont à moitié d'effectifs en raison des intenses combats avec les Finlandais.

La division finlandaise a déjà atteint l'objectif le , mais ailleurs l'attaque commence le . La division s'empare de Mainila le même jour et de Valkeasaari le lendemain. Le , les et divisions ont atteint leurs objectifs entre Rajajoki et Ohta. Le commandant du corps, le colonel Mäkinen, ordonne à ses troupes d'avancer jusqu'à la ligne « Ohta - lac Lempaalanjärvi - ancienne frontière du lac Ladoga » et précise que si de solides défenses sont rencontrées, l'offensive pourra être arrêtée. Le , l'attaque débute et le , la division réussit à encercler et à détruire le régiment de fusiliers soviétique à Kirjasalo. Finalement, le , la ligne d'objectif est atteinte et les forces finlandaises se mettent sur la défensive.

Les dirigeants militaires soviétiques se rendent rapidement compte de la diminution de la pression finlandaise et, dès le , deux divisions sont transférées de l'isthme de Carélie au sud de la ville, contre les Allemands. Bien que les troupes finlandaises sur l'isthme de Carélie n'ont pas activement participé au siège de Leningrad, leur simple existence contribua au blocus en entravant l'approvisionnement de la ville autour et à travers le lac Ladoga.

La moitié de la partie finlandaise de l'isthme est reconquise par l'Union soviétique lors de la quatrième offensive stratégique en 1944.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Histoire de la Finlande pendant la Seconde Guerre mondiale Histoire militaire de l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale Invasion finlandaise de la Carélie du Ladoga Histoire militaire de la Finlande

Bibliographie

Invasion finlandaise Catégorie:1941 en Union soviétique Catégorie:1941 en Finlande Catégorie:Guerre de Continuation Catégorie:Bataille de 1941 Catégorie:Bataille impliquant la Finlande Catégorie:Bataille de la Seconde Guerre mondiale impliquant l'Union soviétique