La région de Maradi est située dans la partie centre Sud du Niger.
La superficie de la région est de km soit environ 3,30 % du territoire national. Cette superficie se répartit comme suit : km de terres agricoles (soit 71,5 %) ; km de terres pastorales (soit 25 %) ; km de terres forestières (soit 3,5 %).
Situation Elle est limitée à l’Est par la région de Zinder, à l’Ouest par la région de Tahoua, au Nord par les régions de Tahoua et Agadez et au Sud par la République Fédérale du Nigeria avec laquelle elle partage une frontière d’environ 150 km.
Histoire Le processus de formation de l’État et de la Société est un phénomène très ancien dans le Soudan central en général et dans les États Haoussa en particulier. La région de Maradi englobe deux sultanats : le sultanat du Katsina Maradi et celui du Gobir.
Historique du peuplement de Katsina Maradi vignette Traditionnellement, la légende fait descendre les souverains du katsina des Juifs et Arabes par le biais du mariage de Bayajida « Arabe venu de Bagadaza » (Bagdad) et Daura « Fille du juif Lamarudu ». L’union de ce couple donna naissance aux sept États Haussa. Leurs petits-fils ont dirigé les sept États Haussa : Bawo souverain de Daura, Bagauda souverain de Kano ; Kumayau souverain du Katsina ; Duma souverain du Gobir ; Gunguma souverain de Zaria ; Biram (le cadet) souverain de Rano.
Le septième, l’aîné de la famille, le fils de l’esclave n’a pas eu le « Kasa » (l’État) a pris le titre de « Sarkin Anna » (le chef des animistes) de tous les États Hausa. En réalité, la fondation de l’État de Katsina est attribuée à Kumayau et remonterait au . Le premier centre politique de Katsina était Durbi ta Kusheyi à 28,8 km au Sud-Est de l’actuel Birnin Katsina, avec un autre centre politique important à Bugaje à 16 km à l’Ouest du même Birnin Katsina. La dynastie de Durbawa (la première) fut destituée par la dynastie de Mahammadu Korau. De plus l’accession de Mahammadu Korau au trône de Katsina fut considérée, dans une certaine mesure, comme un succès de l’Islam dans le pays où l’influence de ce dernier s’intensifiait. Le caractère hétérogène des populations du Katsina et les origines diverses de leurs composantes constituent quelques-unes des preuves de ces contacts. Ainsi au moment où le royaume de Katsina constituait un pôle d’attraction dans le Soudan central et avait besoin de consolider ses bases territoriales, sa partie Nord (plus précisément la vallée de Maradi) disposait d’énormes potentialités. Cette richesse sera momentanément interrompue au , avec le djihad d’Ousman Dan Fodio (vers 1804). Avec la chute de Katsina, Dan Kasawa fonda Maradi vers 1820. La nouvelle capitale de Katsina Maradi devient de plus en plus un pôle d’attraction de la population d’origines diverses. Ce peuplement était affecté par vague migratrice des autres populations.
NB : Sur l’étymologie du mot Maradi Le terme Maradi désigne à la fois une région géographique et le nom de l’administrateur de ladite région fut Bara, le premier Maradi, ensuite son père Wagaza (les ancêtres des Maradawa). À son arrivée dans la vallée de Maradi le premier Sarkin Katsina Maradi Dan Kasawa disait « Mu tsaya nan kan Allah ya biya mu radin mu, mu je mu karba birnin mu na katsina » (Maradi veut dire souhait littéralement) du vocable Murâdi que vient le mot Maradi.
Historique du peuplement du Gobir La principauté du Gobir s’est construite sur cette frange des confins sud-sahariens qui s’est avérée propice à la constitution d’un État puissant bien structuré, en contact avec les cités méditerranéennes, dont les ports caravaniers ont longtemps constitué, pour les potentats et les marchands du Nord du grand désert, les portes du Soudan. Le Gobir, c’est ans d’histoire et ans de migrations (de Bagdad-Irak via Tibiri-Niger). De leur longue pérégrination, les Gobirawa ont fondé dix-neuf capitales avant de s’installer définitivement dans l’actuelle République du Niger. Ces capitales sont : Birnin Bagadaza (Irak), Birnin Koudous (Jérusalem), n# Birnin Goubour (Arabie Saoudite), Birnin Karballa (Arabie Saoudite), Birnin Masar (Caire), Birnin Souroukal (Caire), Birnin Tunas (Tunisie), Birnin Bagazam (Niger), Birnin Egadès (Niger), Birnin Tiliguinit (Niger), Birnin Marandat (Niger), Birnin Toro (Niger), Birnin Lallé (Niger), Birnin Qwararamé (Niger), Birnin Alakalawa (Nigéria), Birnin Dakaourawa (Niger), Birnin Gawon Gazao (Nigéria), Birnin Maradi (Niger), Birnin Tsibiri (Niger).
La dernière capitale a été fondée vers 1835 par le Sarkin Gobir Jibon Ta Uba. Ainsi, le Gobir est né de la fusion de groupements immigrants organisateurs et de populations autochtones.
À ces éléments se sont ajoutés, au cours de l’histoire, des apports Touareg, Peul, Béribéri, ou provenant du Kebbi ou des régions voisines.
NB : Sur l’étymologie du mot Gobir Gobir vient des mots signifiant poussière, vent, tempête. Ces mots s’expliqueraient par la réputation guerrière des fondateurs de la principauté qui ravageaient tout sur leur passage comme un ouragan.
Géographie Le climat La région de Maradi présente deux types de climats bien distincts. Il y a d’abord le climat de type sahélien au Nord caractérisé par des précipitations annuelles moyennes comprises entre 200 et 300 mm ; et le climat sahélo-soudanien au Sud, caractérisé par des précipitations annuelles moyennes comprises entre 500 et 600 mm. Ces climats se caractérisent par trois saisons distinctes : la saison sèche et froide d’octobre à février avec des températures de 10 °C ; la saison sèche et chaude de mars à mai avec des températures de plus de 40 °C ; la saison pluvieuse de juin à septembre avec des températures relativement basses.
Le relief La région de Maradi fait partie d’un erg étalant des formes aplanies au centre du Niger entre le Damagaram et l’Ader–Doutchi. Mais il faut retenir que les grands ensembles du relief de la région sont constitués de vallées, de glacis d’épandage sableux et enfin des eaux, et des plateaux dunaires et latéritiques. La région de Maradi est traversée par trois vallées fossiles qui sont les zones d’écoulements temporaires pendant la saison des pluies.
Les sols Les sols sont marqués par leur caractère dunaire (sableux, sablo-dunaires, sablo-argileux et alluvial). Trois zones agro-écologiques peuvent être distinguées: la zone pastorale qui comprend le Nord du département de Dakoro (Nord de la vallée de la Tarka) et de Mayahi. Cette zone est exclusivement pastorale et l’écosystème très fragile commence à connaître une occupation agricole dans la bande méridionale; la zone centrale ou intermédiaire à vocation agropastorale englobe le Nord des départements de Tessaoua et Mayahi ainsi que la partie centrale de celui de Dakoro. Elle comprend aussi la Tarka et le Goulbi N’Kaba. La pression agricole est faible avec des espaces pastoraux éparpillés au Sud et plus importants au Nord ; la zone agricole s’étend sur l’ensemble des départements de Guidan Roumdji, Aguié et Madarounfa ainsi que la partie méridionale de ceux de Dakoro, Mayahi et Tessaoua. Cette zone est marquée par une pression agricole très forte.
La végétation Le couvert végétal de la région est du type savane arborée dans le Sud et arbustive au Nord. Il est constitué principalement des formations des domaines classé et protégé, des parcs agro-forestiers et des formations de vallées. Les travaux les plus récents d‘évaluation des ressources forestières ligneuses de la région de Maradi (Projet Energie II 1993) font ressortir un potentiel d’environ 635 000 ha. Les principales formations sont concentrées dans les départements de Madarounfa et Guidan-Roumdji. Pour l’essentiel, il s’agit de la forêt de Baban-Rafi d’une superficie de 56 000 ha à cheval sur ces deux départements et les formations relativement denses des vallées du Goulbi de Maradi et du Goulbi N’Kaba
Les ressources en eau Le réseau hydrographique se résume à : trois vallées qui tendent à se fossiliser : celles du Goulbi de Maradi., du Goulbi N’Kaba et de la Tarka, à écoulements souvent temporaires pendant la saison des pluies. C’est surtout le Goulbi Maradi qui connaît des écoulements importants, même s'ils sont saisonniers. Mais, depuis la construction du barrage de Jibbia au Nigéria, les écoulements, fortement réduits, sont devenus très aléatoires ; quatre mares permanentes (Kourfin Koura, Akadané, Birni Lallé et Rafin Wada) et environ une trentaine d’autres semi-permanentes ou temporaires ; le lac de Madarounfa est le point d’eau le plus important de la région. Sa superficie varie entre 600 et 800 hectares, selon la saison. Au niveau des eaux souterraines, le sous-sol de la région de Maradi dispose d’importantes ressources en eau encore insuffisamment exploitée à cause, principalement, des contraintes techniques. La présence du socle dans le Sud et la grande profondeur de la nappe sur les plateaux du Nord rendent son exploitation très difficile et coûteuse.
Les ressources fauniques, forestières et halieutiques Les ressources fauniques Elles sont essentiellement localisées dans la réserve totale de faune et forêt classée de Gadabédji (Département de Dakoro), forêt protégée de Baban-Rafi et la réserve de Biodiversité (Département de Madarounfa). Les principales espèces rencontrées dans ces zones de chasse sont des antilopes, des outardes, singes patas, les gazelles et diverses espèces d’oiseaux. La réserve de Biodiversité de Baban-Rafi (Madarounfa) d’une superficie de 3 419 ha qui renferme aussi des gazelles, outardes, pintades et singes patas, rongeurs (écureuils, lièvres). Elle connaît souvent des incursions de troupeaux d’éléphants deux à trois fois par an. On dénombre également une vingtaine d’espèces d’oiseaux ( individus), y compris les oiseaux migrateurs autour du lac de Madarounfa, 29 espèces de mammifères, 350 espèces d’oiseaux et une dizaine d’espèces de reptiles dans la forêt de Baban Rafi Sud. Par ailleurs, la région de Maradi dispose de réelles potentialités apicoles compte tenu de la présence d’espèces mellifères dans toute la région.
Les ressources forestières Elles sont très nombreuses et diversifiées et jouent un rôle important dans l’économie de la région par les ressources financières, alimentaires, les médicaments et l’emploi qu’elles procurent. La région de Maradi compte 17 forêts classées totalisant 106.495 ha, des forêts protégés (40 domaines protégés couvrant ha), des parcs agro-forestiers, des plantations artificielles. Les ressources halieutiques Au niveau des ressources halieutiques, on observe que sur la quarantaine de mares que compte la région, seules la mare de Kourfin Koura, le lac de Madarounfa, la retenue d’eau de Rafin Wada et la mare d’Akadaney sont permanentes et l’activité piscicole s’y pratique. À côté de ces mares, il existe aussi de nombreuses mares semi-permanentes où la pêche est aussi pratiquée.
Population, Ethnies et Religion
Selon les dernières projections démographiques, la région de Maradi reste la plus peuplée du Niger avec une population estimée en 2011 à habitants soit 20,20 % de la population du Niger. Sa densité est évaluée à 74,59 hts/km contre 12,42 hts/ km pour le pays. Cette population est à majorité rurale avec 86,3 % d’habitants qui vivent en milieu rural contre 13,7 % en milieu urbain. Les femmes représentent 50,6 % de la population avec un effectif estimé à femmes. On relève aussi que la population de la région de Maradi est particulièrement jeune (53,9 % moins de 15 ans contre 52,1 % pour la moyenne nationale) et connaît un rythme de croissance plus élevée que la moyenne nationale (3,77 % pour la région contre 3,3 % pour la moyenne nationale). Cette forte croissance démographique s’explique essentiellement par le niveau élevé de l’indice synthétique de fécondité qui est de 8 enfants par femme en âge de procréer en 2006 contre 7,1 enfants par femme au niveau national.