L'invasion israélienne de la bande de Gaza est l'offensive terrestre lancée par l'armée israélienne le , dans le cadre de la guerre de Gaza, en représailles de l'attaque du Hamas le . L'offensive israélienne est marquée par des bombardements intensifs de la bande de Gaza, puis par l'entrée des troupes israéliennes dans ce territoire palestinien dans la soirée du dans la bande de Gaza, dans le but déclaré d' le Hamas, d'obtenir la libération des otages et de renverser la . Dans la mise en œuvre de cette offensive, l'armée israélienne a été accusée de commettre des crimes de guerre.
Contexte
Après l'attaque de milices palestiniennes (principalement du Hamas) en Israël, appelée opération Déluge d'Al Aqsa le , Israël déclare la guerre au Hamas. Israël décide de mobiliser et commence ensuite à déplacer des blindés près de la frontière avec la bande de Gaza. L'accumulation de blindés comprend des véhicules blindés de transport de troupes Namer et des chars Merkava.
Avant les raids, Israël appelle à évacuer plus d'un million de personnes vivant dans la moitié nord de la bande de Gaza pendant une période de 24 heures, tandis que le Hamas ordonne à ces résidents de rester sur place. L'armée israélienne exhorte environ 1,1 million de civils à quitter le nord de Gaza afin qu'ils ne soient pas blessés ou pris entre deux feux, et les responsables israéliens déclarent que la fenêtre est laissée à 24 heures pour réduire le temps de réponse. Le Hamas mène une préparation militaire dans la région. Cependant, les groupes humanitaires déclarent que le délai est trop court pour évacuer le million de personnes et que le manque d'électricité à Gaza entrave la capacité des communications électroniques concernant l'évacuation à atteindre les gazaouis. Israël largue des tracts dans la ville de Gaza contenant l'ordre d'évacuation, en plus des communications électroniques.
Le , l'armée israélienne largue de nouveaux tracts à Gaza avec le message : "Avertissement urgent ! Aux habitants de Gaza : votre présence au nord de Wadi Gaza met votre vie en danger. Quiconque choisit de ne pas évacuer le nord de la bande de Gaza et le sud de la bande de Gaza peuvent être identifiés comme partenaires d'une organisation terroriste."
Raids à l'intérieur de Gaza Le , Tsahal envoie des véhicules blindés et de l'infanterie dans la bande de Gaza, déclarant que leur objectif est d'attaquer les militants du Hamas et de sauver des prisonniers israéliens qui ont été emmenés à Gaza par les combattants du Hamas. L'opération, selon les responsables israéliens, ne fait pas partie d'une invasion terrestre plus vaste et largement attendue, mais plutôt d'un raid au cours duquel les troupes n'entrent que temporairement dans la bande de Gaza. Tsahal confirme le même jour que les restes israéliens sont localisés et récupérés dans la bande de Gaza.
Un autre raid, dirigé par la brigade Guivati et la 162 division blindée, a lieu entre le et le et est la plus grande offensive jusqu'à présent, comprenant des chars, d'autres véhicules et des bulldozers blindés Caterpillar D9 de Tsahal. Un raid de suivi a lieu la nuit suivante dans le quartier Shuja'iyya de la ville de Gaza.
Invasion 27 octobre vignette|Forces terrestres israéliennes dans la bande de Gaza. Les services Internet et de téléphonie mobile à Gaza sont presque complètement coupés. Dans la soirée du , Tsahal lance une attaque terrestre à grande échelle contre les villes de Beit Hanoun et Bureij dans la bande de Gaza. L'assaut se produit au milieu d'une série de frappes aériennes israéliennes à grande échelle qui coupent les communications mobiles et l'accès à Internet à Gaza. Shayetet 13, une unité commando de la marine israélienne, mène une frappe contre les forces navales du Hamas pendant la nuit. Un drone israélien Skylark II est abattu dans la bande de Gaza.
28 octobre Israël déclare que les unités déployées à l'intérieur de la bande de Gaza la nuit précédente sont toujours au sol, ce qui marque le début de l'invasion israélienne de la bande de Gaza. L'armée israélienne annonce qu'elle "étend ses opérations terrestres" dans la bande de Gaza. L'armée israélienne réitère son appel aux habitants de Gaza pour qu'ils évacuent le nord alors que le Premier ministre Benyamin Netanyahou déclare que "la deuxième phase de la guerre a commencé". vignette|Forces de Tsahal lors d’opérations terrestres dans la bande de Gaza le 31 octobre. vignette|Forces de Tsahal lors d’opérations terrestres dans la bande de Gaza le . L'armée israélienne avance sur trois fronts : depuis le nord-est près de Beit Hanoun, depuis le nord-ouest près de Beit Lahia et depuis l'est près de Juhor ad-Dik.
29 octobre Tedros Adhanom Ghebreyesus, le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qualifie de "profondément préoccupants" les rapports du Croissant-Rouge palestinien faisant état de fumée et de poussière, incitant le personnel à donner des masques respiratoires à certains patients. On pense qu'environ civils se réfugient dans ou à proximité de l'hôpital al-Quds, qui reçoit un avertissement d'évacuation urgent ainsi qu'un avis indiquant qu'il "allait être bombardé". Il réaffirme qu'il est "impossible d'évacuer des hôpitaux remplis de patients sans mettre leur vie en danger". Les frappes aériennes israéliennes ciblent la zone autour de l'hôpital, endommageant certaines parties du bâtiment. Associated Press rapporte que les frappes aériennes israéliennes détruisent également les routes menant à l'hôpital Al-Shifa, le rendant de plus en plus difficile d'accès. Plus tard dans la journée, le Hamas déclare que des militants palestiniens ont affronté des chars israéliens dans la route Salah ad-Din à Gaza et les ont forcés à battre en retraite. L'Institut pour l'étude de la guerre déclare également qu'Israël s'est retiré de la route.
30 octobre Tsahal bloque la route Salah al-Din. Des chars israéliens sont également aperçus dans le quartier de la ville de Gaza. Un résident local déclare à l'AFP que les israéliens "ont coupé la route de Salah al-Din et tirent sur tout véhicule qui tente de la suivre". Des témoins et une vidéo rapportent qu'un char israélien tire sur un taxi avec un drapeau blanc sur son toit qui tente de faire demi-tour. Un porte-parole de l'armée israélienne déclare : "Les IDF n'ont présenté aucune preuve qu'il s'agissait d'une voiture civile et il n'y a aucune information sur qui se trouve à l'intérieur." Un soldat israélien kidnappé est libéré le même jour dans le cadre d'une opération dirigée par Tsahal, avec l'aide du Shin Bet et du Mossad. Dans le nord-ouest de Gaza, les brigades Izz al-Din al-Qassam et les brigades de résistance nationale du FDLP affrontent les forces israéliennes, et les brigades de résistance nationale bombardent des véhicules israéliens avec de lourds obus de mortier.
novembre Tsahal signale la mort de 16 soldats, 15 à l'intérieur de Gaza et un à l'extérieur du territoire palestinien.
2 novembre
Le , les troupes israéliennes encerclent la ville de Gaza alors que le nombre de morts palestiniens dépasse les . Les brigades al-Qassam montrent des images de la destruction d'un char israélien Merkava après que ses combattants aient tiré une roquette Yassine de dessus, de sorte à neutraliser son système de protection Trophy. Le même jour, le cabinet de guerre israélien décide que seront renvoyés à Gaza tous les travailleurs palestiniens travaillant en Israël le jour du début de la guerre, parmi les bénéficiant d'un permis de travail, afin de couper tout lien avec cette ville.
Les troupes israéliennes rencontrent une vive résistance en avançant vers les portes de la ville. Les combattants du Hamas et du Jihad islamique palestinien mènent des embuscades contre les chars israéliens, avant de retourner dans leur vaste réseau souterrain. L'armée israélienne indique avoir perdu le commandant de son bataillon dans la bataille, qui serait l'officier israélien le plus haut gradé tué depuis le début des opérations terrestres israéliennes dans la bande de Gaza le . Ce combat de type guérilla amène Israël à mener une guerre terrestre au lieu de compter sur sa puissante force aérienne doté d’avion de cinquième génération, notamment les F-35 pour bombarder les cachettes du Hamas à Gaza depuis les airs.
Israël reconnait la « préparation avancée » du Hamas pour la bataille, affirmant rencontrer « des champs de mines et des pièges », entravant l'accès à la ville. Selon un habitant de la ville de Gaza, Israël bombarde massivement la ville la nuit mais n'a toujours pas réussi à franchir les limites de la ville.
Une frappe aérienne israélienne détruit un immeuble résidentiel dans le camp de réfugiés de Bureij, au sud de la ville de Gaza, tuant au moins 15 personnes et en ensevelissant des dizaines d'autres sous les décombres. La frappe aérienne a lieu dans la zone sud de la bande de Gaza, vers laquelle Israël avait ordonné aux habitants du nord de Gaza d'évacuer le . Le même jour, des frappes aériennes israéliennes bombardent une zone de tours d'habitation dans le quartier de Tel al-Hawa, à seulement de l'hôpital Al-Quds, selon la société palestinienne du Croissant-Rouge.
3 novembre Le , un missile de drone israélien frappe un convoi médical d'ambulances transportant 15 à 20 patients grièvement blessés devant l'hôpital Al-Shifa. Le convoi se dirigeait vers le poste frontière de Rafah pour se faire soigner à l'étranger. Le même jour, une frappe aérienne israélienne bombarde dans le nord de Gaza l’école Oussama ben Zaid, tuant plus de 20 personnes. Selon l'UNRWA, au moins se sont réfugiées dans l'école depuis le début de la guerre.
Israël affirme avoir perdu et tué des dizaines de militants du Hamas le .
4 novembre Une porte-parole de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) confirme les informations selon lesquelles Israël aurait mené une gérée par les Nations unies dans le camp de réfugiés de Jabaliya. Selon le ministère de la Santé de Gaza, l'attaque tue 15 personnes et en blessant 54 autres, pour la plupart des femmes et des enfants. Selon l'UNRWA, au moins une frappe touche la cour de l'école, où des familles déplacées ont installé leurs tentes. Le ministère de la Santé de Gaza déclare qu'une autre frappe de missile israélien sur l'entrée de l'hôpital pour enfants Nasser tue deux femmes. Selon des responsables de la Maison-Blanche, les efforts visant à évacuer les ressortissants étrangers par le poste-frontière de Rafah sont temporairement entravés par le refus du Hamas de permettre à quiconque de partir, jusqu'à ce qu'un certain nombre de ses propres blessés soient également autorisés à partir. Le Hamas déclare qu'au cours des deux derniers jours, ils ont détruit 24 véhicules israéliens, dont un char, un APC et un bulldozer équipé d'armes anti-blindés.
Israël cible également des panneaux et des générateurs solaires, notamment des panneaux solaires situés au sommet des hôpitaux. Il s'agit de la seule source d'électricité à Gaza depuis le début du blocus de la bande de Gaza le . L'armée israélienne bombarde les mosquées Ali bin Abi Talib et Al-Istijabah dans le quartier d'al-Sabra. Selon les brigades Izz al-Din al-Qassam, leurs combattants ont tué cinq soldats israéliens dans un bâtiment au nord-ouest de la ville de Gaza, après avoir attaqué ces forces avec des mitrailleuses et des bombes.
La Turquie rappelle son ambassadeur en Israël "en raison de la tragédie humanitaire qui se déroule à Gaza, causée par les attaques continues d'Israël contre des civils et le refus d'Israël (d'accepter) un cessez-le-feu". Le président Recep Tayyip Erdoğan déclare aux journalistes qu'il tient Netanyahou personnellement responsable des morts de civils à Gaza et déclare qu'il n'est "plus quelqu'un à qui parler".