Le Lison est une rivière française qui coule dans le département du Doubs, dans la région Bourgogne-Franche-Comté. C'est un affluent en rive gauche de la Loue, donc un sous-affluent du Rhône par le Doubs et la Saône.
Hydrographie Le Lison a une longueur de et s'écoule globalement du sud au nord.
La source du Lison Située dans la commune de Nans-sous-Sainte-Anne, c'est une exsurgence qui sort des calcaires du Jurassique moyen. et qui est alimentée par de nombreux entonnoirs, gouffres et fissures absorbant les eaux du plateau calcaire de Champagnole : son bassin amont d’alimentation couvre une surface de . C'est aussi la résurgence du ruisseau de Château-Renaud qui prend sa source à Dournon, traverse Sainte-Anne puis Crouzet-Migette et dont le Creux Billard, situé 200 mètres en amont de la source du Lison, forme un regard sur son cours souterrain.
Lors de fortes pluies, le réseau souterrain se charge et le trop-plein s'évacue par la grotte Sarrazine située à quelques centaines de mètres en créant le ruisseau temporaire du Bief Sarrazin, premier affluent du Lison.
Le débit interannuel moyen du Lison à sa source est de /s.
Les gorges du Haut Lison Après Nans-sous-Sainte-Anne, le Lison s'enfonce dans des gorges creusées dans le plateau d'Ornans et longe Saraz, traverse la commune d'Éternoz où il baigne trois des anciennes communes désormais regroupées : Alaise, Doulaize et Refranche. Il reçoit le ruisseau de la Vau à Eternoz, puis passe à Myon où il est rejoint par le Todeur, à Échay où se trouve une station d'épuration des eaux, à Cussey-sur-Lison où il reçoit la Goulue, puis il longe Lizine et Châtillon-sur-Lison où il se jette dans la Loue.
En amont de Chiprey, le lit du Lison présente de nombreux nassis (petit barrage naturel de travertin formant un seuil en travers des rivières issues de sources karstiques dont l'eau est chargée de calcaire dissous).
Ce contexte karstique s’accompagne également de phénomène de pertes sur le Lison et ses affluents qui peuvent s’assécher totalement ou partiellement. La plus importante concerne le cours du Lison en amont de Chiprey ; la capture karstique (près de ) rejoint ainsi directement la Loue (résurgence de Vira) en amont de la confluence Loue – Lison.
Communes et cantons traversés Dans le seul département du Doubs, le Lison traverse les huit communes suivantes : Nans-sous-Sainte-Anne, Saraz, Éternoz (dont 3 des 4 anciennes communes associées : Alaise, Doulaize et Refranche), Myon, Échay, Cussey-sur-Lison, Lizine et Châtillon-sur-Lison.
Bassin versant Le Lison traverse une seule zone hydrographique : La Loue de la Brême au Lison inclus (U261)
Organisme gestionnaire
Affluents Le Lison a sept affluents référencés dans la base SANDRE : le ruisseau des Près Prin (rive droite), le bief de Vaux (rive gauche), le bief du Foure (rive gauche), le ruisseau de la Vau (rive droite), le ruisseau de Goële (rive droite), le ruisseau de Conche / le Todeur (rive gauche), le ruisseau de la Goulue (rive gauche).
et quelques autres plus petits dont : l'Arcange (rive gauche) qui fournit l'énergie hydraulique à la Taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne, le ruisseau des Champs du Poix (rive droite) à Chiprey, le Bief Sarrazin (temporaire rive gauche) qui fonctionne en trop-plein de la source du Lison lors de crues importantes par l'exutoire de la grotte Sarrazine.
Donc son rang de Strahler est de deux.
Hydrologie Le Lison à Myon Le Lison est une rivière très abondante, comme la plupart des cours d'eau issus du massif du Jura. Son débit a été observé depuis le , à Myon, à , localité située à de son confluent avec la Loue. Le bassin versant de la rivière y est de soit 90 % de la totalité de celui-ci (ça veut dire quoi ??)
Le module de la rivière à Myon est de /s.
Le Lison présente des fluctuations saisonnières de débit modérées. La période des hautes eaux va de la fin de l'automne jusqu'au printemps, et se caractérise par des débits mensuels moyens situés entre /s, de novembre à avril inclus (avec un maximum en décembre et février). Dès fin avril le débit diminue progressivement pour aboutir à la période des basses eaux qui se déroule de juillet à septembre inclus, amenant une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à au mois d'août, ce qui reste très confortable. Mais les fluctuations de débit peuvent être plus importantes selon les années et sur des périodes plus courtes.
Étiage ou basses eaux À l'étiage le VCN3 peut chuter jusque /s, en cas de période quinquennale sèche, soit , ce qui est assez bas, sans être très sévère. Mais ce cas est fréquent dans la région.
Crues Les crues cependant peuvent être très importantes. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement /s. Le QIX 10 est de /s, le QIX 20 de /s, tandis que le QIX 50 se monte à . Ce qui signifie par exemple que l'on doit s'attendre à une crue de l'ordre de une année sur deux.
Le débit instantané maximal enregistré à Myon durant cette période, a été de le , en même temps que la hauteur maximale instantanée de ou , tandis que le débit journalier maximal enregistré était de /s le . Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, l'on constate que cette crue était d'ordre décennal et donc nullement exceptionnelle.
Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin versant du Lison est de annuellement, ce qui est plus de trois fois supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, et surtout nettement plus élevé que la moyenne du bassin de la Saône ( par an à Lyon) et du Doubs ( par an au niveau de son confluent avec la Saône). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint dès lors le chiffre très élevé de par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Tourisme
L'ensemble du cours d'eau est touristique avec : le sentier de grande randonnée GR 590 et sa variante qui chemine au fond des gorges du Haut Lison et permet d'admirer les nombreux nassis, les vestiges gaulois dans le bois de Chataillon à Alaise et son belvèdère sur la vallée, Les autres belvédères sur le cours parfois encaissé, notamment à Saraz et Éternoz. La pêche sportive se pratique beaucoup dans le Lison, ainsi que la spéléologie dans les nombreuses grottes aux alentours. Cette activité touristique, en plus des activités agricoles, influence fortement le milieu naturel.
Histoire La source du Lison est à l'origine de la législation sur la protection de l'environnement. En 1899, le propriétaire d'un moulin aujourd'hui détruit, prévoyait de capter l'eau et de remplacer la cascade par une conduite forcée. La source étant propriété communale, les habitants de Nans-sous-Sainte-Anne se mobilisèrent et firent appel au député Charles Beauquier. Après deux procès, ils gagnèrent définitivement en 1902. Pour conforter la victoire juridique du Lison et protéger les sites pittoresques de France, Charles Beauquier fit voter le la première loi de protection de l'environnement, dite « loi Beauquier ». Le site de la source du Lison est classé depuis le .
Biodiversité La diversité des milieux naturels présents le long du cours l'a fait classer dans le réseau Natura 2000 : rivière, tourbières, prairies, forêt caducifoliée, éboulis, grottes et falaises. Cette diversité permet la présence d'un grand nombre d'espèces végétales et animales : Alouette lulu, Busard Saint-Martin, Faucon pèlerin, Grand corbeau, Hibou grand-duc, Martinet à ventre blanc, Pie-grièche écorcheur ; Lézard des murailles, Lézard vert ; Damier de la succise (un papillon) ; Sonneur à ventre jaune (un crapaud) dont pas moins de sept espèces de chauves-souris : Barbastella barbastellus (Barbastelle commune) Miniopterus schreibersi (Minioptère de Schreibers) Myotis bechsteinii (Vespertilion de Bechstein) Myotis emarginatus (Vespertilion à oreilles échancrées) Myotis myotis (Grand murin) Rhinolophus ferrumequinum (Grand rhinolophe) Rhinolophus hipposideros (Petit rhinolophe)
Le Lison dans les représentations Peinture vignette|La source du Lison par Gustave Courbet (1864) Gustave Courbet, La Source du Lison, 1864, Alte Nationalgalerie (Berlin). Une autre version de cette œuvre peinte vers 1865 a été redécouverte en 2016 dans les réserves de l'université de Pennsylvanie. Elle a été acquise par le dentiste et diplomate américain Thomas W. Evans, qui a séjourné à Paris à partir de 1847 et a soigné une clientèle fortunée dont l'empereur Napoléon III.
Télévision 2010 : Le Repaire de la vouivre, téléfilm français d'Edwin Baily tourné en partie à la source du Lison.
Voir aussi
Reculée du Lison Liste des cours d'eau du Doubs:Catégorie:Cours d'eau dans le Doubs Liste des ponts sur le Lison
Notes et références Notes
Références
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