Jean Doukas (en ; actif entre 1155/1156 et 1181) est un important commandant militaire et diplomate byzantin sous le règne de Manuel Ier Comnène. Il sert notamment en Italie méridionale, en Hongrie, en Asie Mineure et en Terre sainte. Il atteint la dignité de sébaste et la fonction de grand hétériarque (megas hetaireiarches). Plusieurs de ses sceaux portant ces titres sont conservés.

Biographie

L'historien Demetrios Polemis l'identifie à tort avec son contemporain Jean Kamatéros, éparque de Constantinople, sous le nom de « Jean Doukas Kamatéros ». Cette identification est par la suite corrigée par d'autres chercheurs. Patricia Karlin-Hayter, notamment, décompose le personnage composite créé par Polemis en six ou sept individus différents et attribue à Jean Doukas l'essentiel de la carrière militaire et diplomatique que Polemis avait associée à ce personnage.

La première activité pouvant être attribuée avec une relative certitude à Jean Doukas est une ambassade auprès de l'empereur du Saint-Empire romain germanique Frédéric Barberousse en 1155. Il participe ensuite à la tentative, finalement infructueuse, de reconquête des Pouilles aux dépens des Italo-Normands du royaume de Sicile. Établis à Ancône, Jean Doukas et Michel Paléologue remportent d'abord plusieurs succès, dont la prise de Bari, ancienne capitale des possessions byzantines en Italie méridionale.

Après la mort de Michel Paléologue au printemps 1156, Jean Doukas prend seul le commandement de la campagne et s'empare de Brindisi. Bien que Manuel Ier envoie son cousin Alexis Comnène avec des navires à Bari, aucun renfort terrestre n'arrive. Les commandants byzantins sont finalement vaincus et capturés par le roi Guillaume Ier de Sicile en mai 1156. L'historien presque contemporain Jean Cinnamus reproche sévèrement à Alexis et à Jean Doukas de ne pas avoir fait preuve d'une prudence suffisante pour éviter une confrontation directe. Il leur reproche également d'avoir compromis l'expédition ultérieure d'Alexis Axouch en faisant, pendant leur captivité, des promesses au roi Guillaume. Le jugement de Cinnamus pourrait toutefois avoir été influencé par des événements postérieurs.

Jean Doukas commande ensuite une expédition en Dalmatie en 1164, puis participe à la guerre contre les Hongrois en 1166. Il est attesté pour la première fois comme grand hétériarque en 1170, lorsqu'il participe au synode réuni à Constantinople qui condamne Jean Eirenikos.

En 1177, il dirige une ambassade auprès de Baudouin IV de Jérusalem. En 1179, il se rend à Thessalonique et fait l'objet d'un discours de l'érudit et archevêque Eustathe de Thessalonique, qui loue son intérêt pour la théologie. Jean Doukas entretient également une correspondance avec Michel Glycas sur des questions théologiques. Eustathe mentionne en outre sa participation à plusieurs campagnes, non précisées, en Asie Mineure.

Un autre lettré, le philosophe Constantin de Nicée, compose une consolatio à l'occasion de la mort de l'épouse de Jean Doukas. Il y loue notamment l'intérêt de celle-ci pour la « véritable philosophie », expression désignant ici la vertu ascétique.

Jean Doukas soutient l'accession au trône d'Alexis II Comnène en 1180. Il pourrait être le Jean Doukas que Nicétas Choniatès mentionne parmi les défenseurs de Nicée lors de l'offensive d'Andronic Comnène en 1182. La ville est finalement prise. Cette identification demeure toutefois incertaine, Choniatès ne donnant aucun titre à ce Jean Doukas. S'il exerce encore à cette date la fonction de grand hétériarque, il est remplacé dans celle-ci par Andronic.

Notes et références

Bibliographie

Catégorie:Général de l'Empire byzantin du XIIe siècle Catégorie:Famille Doukas Catégorie:Diplomate de l'Empire byzantin Catégorie:Général de Manuel Ier Comnène Catégorie:Personnalité des guerres byzantino-normandes