Fondée en 1966, ISKCON a connu une expansion certaine dès les années suivant sa fondation. Depuis, les controverses sont nombreuses.

Lignée

D'après les universitaires Philippe Raxhon, Marcel Rainkin, et Bernard Godeaux, L'ISKCON est une « secte hindoue hétérodoxe qui s'inscrit dans le courant de la bhakti (dévotion à un dieu unique et personnel, en l'espèce Krishna) »Philippe Raxhon, Marcel Rainkin, Bernard Godeaux, Une introduction à la neutralité active, éd. CEFAL, 2006, , extrait en ligne . D'après La Croix, en Inde, le mouvement est considéré par les hindous comme une branche de l'hindouisme.

Le Mouvement se considère comme l'aboutissement d'une chaîne de traditions transmises par des Maîtres spirituelsGerhard J Bellinger et Pierre Chaunu, Encyclopédie des religions, Librairie générale française, 2004, 804 p. . À l'extrémité supérieure de cette chaîne se trouve Krishna lui-même, dont la dernière incarnation serait le brahmane Caitanya (1485-1534), le fondateur de l'ordre de Caitanya, ainsi que le vingt-deuxième Maître spirituel dans la succession de Krishna. Ce dernier rejeta en bloc le système des castes, qu'il jugeait perverti par une mauvaise interprétation basée sur des intérêts personnels liés aux privilèges acquis.

Les fidèles de « Srila Prabhupada » se considèrent donc comme étant une branche authentique du vaishnavisme, se réclamant, au travers de leur gourou aujourd'hui disparu, héritiers d'une lignée de maîtres et disciples remontant à Sri Caitanya Mahaprabhu (ami d'un autre maître vishnouïte, Vallabha) et, au-delà, à Krishna lui-même, il y a de cela.

Le fondateur d'ISKCON, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, estimait cependant que son mouvement pour la conscience de Krishna ne faisait pas partie de l'hindouisme.. En effet, ISKCON considère qu'elle est la seule voie de salut, tandis que les autres branches de l'hindouisme sont vues comme inférieures, « impersonnalistes » car promouvant l'union de l'âme individuelle (Atman, jiva) avec l'âme universelle (Brahman), ce qu'ISKCON interprète comme une étape inférieure de réalisation ; pour ISKCON, l'âme individuelle doit rester toujours autre que Dieu et non se fondre en Dieu pour s'unir à l'Infini (Aham Brahmasmi : « Je suis Brahman », Soham : « Je suis Lui », Tat tvam asi : « toi aussi, tu es Cela », Ramo'hamasmi : « Je suis Râma »Rama Rahasya Upanishad, V, 18., sont des maximes védiques qui induisent que l'âme de la créature est en réalité l'âme universelle, sans naissance ni fin, une fois libérée du cycle des réincarnations ou en chemin vers cette libération).

Par sa philosophie refusant d'assimiler l'âme de la créature à Dieu (l'Âme universelle), même délivrée des transmigrations, la doctrine d'A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada peut se situer dans la lignée de la philosophie Dvaita de Madhva ; néanmoins, derrière le dualisme de Madhva considérant le monde empirique et Dieu comme réels mais foncièrement différents, « refait surface le monisme, puisque Vishnou est considéré comme la Cause première unique »Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, La Pochothèque, page 362.

Historique vignette|Swami Prabhupada, brâhmane, fondateur d'ISKCON. Le mouvement fut fondé en 1966 à New York par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada (1896-1977), maître spirituel hindou originaire du Bengale occidental. Il s'est développé en Occident à partir des États-Unis en même temps qu'émergeait le mouvement de la contreculture dont certains membres ont trouvé dans la pratique des chants, des percussions, de la musique et de la danse un dérivatif au modèle religieux conventionnel..

Avant la naissance du mouvement, Srila Prabhupada a commencé sa mission de prêche public en Inde. Il fonda la Ligue des Bhakta (dévots), à Jhansi, en 1953prabhupadaconnect.com - League of Devotees article..

En 1971, Prabhupada revint en Inde après l'établissement de temples et de centres culturels gaudiya vaishnav aux États-Unis et en Europe tenant beaucoup de programmes publics.

Après 1971, le mouvement est devenu de plus en plus populaire et s'est étendu dans toute l'Inde, Prabhupada étant particulièrement désireux de voir ce progrès s'étendre à un projet de temple impressionnant à Mumbai, que lui et ses disciples voulaient ardemment voir établir., et qui suivront avec de grands temples à Mayapur et Vrindavan au milieu des années 1970. vignette|250x250px|ISKCON Temple à Tirupati, Inde. En , l'ex-Beatle George Harrison contribua au développement du groupe religieux en Grande-Bretagne et dans le monde occidental, notamment au travers de nombreuses chansons et productions. Il offrit un temple à ISKCON, le Bhaktivedanta Manor, près de Londres.

En 1971, Srila Prabhupada fonda l’association de bienfaisance « Hare Krishna Food For Life » nommée en France « Les repas Hare Krishna ». Il s’agit d’une distribution gratuite de nourriture végétarienne. Dans les pays du tiers-monde et, de plus en plus, dans les pays industrialisés, la distribution à grande échelle de repas gratuits serait l’une des principales activités humanitaires de l’ISKCON. À ce jour, plus de de repas auraient été servis à travers le monde....

En 1996, le Gouvernement indien gratifia les accomplissements de Prabhupada, fondateur d'ISKCON, en émettant un timbre commémoratif en son honneur lors des célébrations de son centenairekrishna.com see "Commemorative Stamp" section, including image..

Le , lors du discours d'inauguration du centre culturel d'ISKCON à New Delhi, Atal Bihari Vajpayee, à l'époque premier ministre de l'Union indienne, déclara :En , le gouvernement kazakh décida de démolir avec l'aide de la policedestruction de maisons au Kazakhstan., au bulldozer, les maisons appartenant à des fidèles du mouvement Hare Krishna, habités seulement par des femmes et des enfants, les hommes travaillant alors à la ville. « Les organismes hindous nationaux du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, d'Australie, et d'autres pays demandent au gouvernement du Kazakhstan d'arrêter le harcèlement et la discrimination des hindous », a indiqué Ramesh Kallidai, secrétaire général du forum hindou de la Grande-Bretagne. Ces faits furent condamnés par Washington et le gouvernement britannique .

Comme d'autres temples hindous en Inde, un temple d'ISKCON a subi des attaques terroristes, faisant de nombreuses victimes (la plupart étant Indiens), morts et blessés, comme à Imphal, en 2006, à Manipur...

En 2016, l'ISKCON a annoncé être en train d’élever en Inde un temple de proportions pharaoniques, le Vrindavan Chandrodaya Mandir, dédié à Krishna. Situé dans l’Uttar Pradesh, ce sanctuaire devrait atteindre de hauteur et , et coûter l'équivalent de d'euros ; sa livraison est prévue pour 2022..

Classification comme secte en France

En 1995, le mouvement est classé comme secte par la commission d'enquête française sur les sectes http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp, estimant qu'il avait « réalisé de substantiels bénéfices commerciaux par le biais d'associations à but soi-disant désintéressé », que des témoignages avaient été recueillis au sujet d'astreintes à un effort physique important pouvant « réduire l'esprit critique ». Le rapport fait aussi état (au conditionnel) d'« embrigadement des enfants », de « discours antisocial », de « trouble à l'ordre public » (s'appuyant sur les rapports des Renseignements généraux).

Selon un rapport publié en 2006 par la Miviludes, d'une manière générale les sectes peuvent avoir, en ce qui concerne les enfants, une activité particulièrement préoccupante. Le Monde relève dans ce rapport que chez les « dévots de Krishna » les enfants « ont un emploi du temps harassant (lever à 3 h 30, coucher à 20 h 30 pour les 10-15 ans) ».

Début 2008, le responsable de la Miviludes mentionne dans une interview sur la politique et l'action de la Miviludes qu'il estimait que des mouvements, un temps mis en cause, « étaient rentrés dans les clous », citant le Mandarom ou Hare Krishna« Critiquée, la Miviludes défend le principe d'une "liste" des sectes », Stéphanie Le Bars, Le Monde du 5 avril 2008., mais continue d'exprimer des inquiétudes.

Selon , professeur d’histoire des religions à l'université de Harvard :

Selon le Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui, « de nombreux observateurs ont contesté les méthodes du mouvement, en particulier la rupture avec la famille et le danger de dépersonnalisation de jeunes candidats ». Les disciples doivent se soumettre totalement au Maître spirituel duquel ils reçoivent le savoir védique. Ils ne doivent pas manger de viande, du poisson et des œufs, et ne pas « s'intoxiquer », c'est-à-dire ne pas consommer tabac, alcool, drogue, café, thé. D'après l'ouvrage Les sectes - État d'urgence, les disciples vivant dans les ashrams n'en sortent pas excepté pour les « missions » comme les quêtes, et doivent briser « cinq chaînes matérialistes » : corps, proches, terre natale et biens matériels, coutumes religieuses antérieures. C'est le maître du disciple qui décide des mariages, mais qui peut aussi les dissoudre à sa guise quand sonne pour l'homme l'heure du renoncement (sannyasa), ce qui revient à une répudiation pure et simple de l'épouse. Le programme journalier comporte six heures de dévotion, onze heures de travail, deux heures pour les ablutions et les repas, et seulement cinq heures de repos. Les enfants sont souvent placés dans d'autres ashrams que les parents, et éduqués « hors du monde réel ». L'enfant est « prisonnier de la secte »Extrait du "Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui (religions - églises - sectes - nouveaux mouvements religieux - mouvements spiritualistes)" du P. Jean VERNETTE et Claire MONCELON - Puf - 1995, cité sur le site SOS dérive sectaire, consulté le 5 mai 2018..

Dans Les Sectes : un mal profond de civilisation, le journaliste Xavier Pasquini affirme que « la secte est divisée en quatre niveaux qui évoquent les castes de la société hindoue, les religieux, les administrateurs, les « productifs » et les serviteurs ». Dans ce système ne se trouvent que des hommes : les femmes en sont exclues. Elles sont marginalisées et dévalorisées, considérées suivant les préceptes de Krishna comme étant moins intelligentes que les hommes. Leur fonction première est de se mettre au service de l'homme pour que celui-ci puisse être le meilleur dévot possible, et elles s'occupent des tâches domestiques. Le maître spirituel dirige les relations sexuelles, qui ne doivent servir qu'à la procréation et dont le plaisir est exclu, et certaines femmes n'ont pas de vie sexuelle pendant des années. Elles affirment alors ne pas en souffrir et avoir un plaisir supérieur à l'écoute des textes sacrés. Selon Xavier Pasquini, l'enseignement des enfants est systématiquement rattaché aux textes religieux. Par exemple, un album de coloriage n'est constitué que de thèmes religieux. L'« enseignement sectaire » est ainsi ininterrompu.