vignette|Pontiac Bloc Métal 41, Bloc Métal 45 et Lynx II, les trois modèles les plus vendus.
Pontiac, marque commerciale de la MFAP (Manufacture française d'appareils photographiques), est une marque disparue d'appareils photographiques établie à Paris (France) au quai de Jemmapes puis à La Ferté-Macé dans l’Orne. En 1951, la marque quitte la France pour Casablanca, devenant la première et probablement la seule marque d'appareils photographiques du Maroc et d’Afrique.
Histoire Fondée en 1938 par Pierre Laroche, précédemment dessinateur chez GallusPatrice-Hervé Pont, Lynx, Super Lynx et Baby Lynx, Les Fondamentaux du Club Nièpce-Lumière, Maxifiche , mars 2007., la marque Pontiac débute par la commercialisation de filtres polarisants dénommés « écrans Pontiac » puis par la production de foldings 6 × 9 en bakélite probablement issus de moules rachetés à la société allemande Ebner.
Pendant la guerre qui éclate l’année suivante, de grandes firmes historiques telles que Lumière et Demaria-Lapierre sont mises en péril par la pénurie de matières premières et la chute des ventes, que ne compense pas l’arrêt des importations allemandes et américaines.. D’autres disparaissent, réorientent leurs activités ou se mettent en sommeil en attendant des jours meilleurs. Pontiac fait exception, profitant du retrait de ses principaux concurrents pour se maintenir et se renforcer. Une maigre demande subsiste malgré tout. Pontiac lui fournit des appareils économiques mais relativement évolués où, faisant de nécessité vertu, l’acier embouti des boîtiers et le cuir des soufflets et des garnitures sont remplacés par de nouveaux matériaux, moins chers et plus légers : un alliage d’aluminium moulé et, avec moins de bonheur, la toile et la peinture. Pontiac peut alors prétendre par dérision au titre de « Première marque française d’appareils photographiques », expression dont elle se fera un slogan un rien fanfaron dans l’immédiat après-guerre.
Après la Libération, Pontiac participe à la renaissance de l’industrie française avec effectivement une longueur d’avance sur ses concurrents. Les débuts sont prometteurs : tandis que les modèles déjà prêts se vendent comme des petits pains, des nouveautés plus prestigieuses font leur apparition, appuyées par de coûteuses campagnes publicitaires. Quelques années plus tard, pourtant, les ventes régressent et ne sont plus à la hauteur des investissements consentis. Il semble que, malgré le retour à des approvisionnements normaux et une meilleure finition de ses appareils, l’image de marque de Pontiac restait trop négativement associée aux mauvais souvenirs des années de guerre.
En 1951, l'entreprise, fuyant ses difficultés financières, quitte la France pour le Maroc, pays où Laroche avait des attaches personnelles. Les derniers appareils porteront un "Made in French Morocco" ou un "Made in Morocco" et seront, selon Bernard Vial, les seuls appareils jamais fabriqués en Afrique.
La société fait faillite en 1954 ou peu aprèsChronologie Pontiac du site collection-appareils.fr.
La première usine de la M.F.A.P. occupait les , 176 et 178 du quai de Jemmapes près du canal Saint-Martin. Y travaillaient jusqu'à 80 ouvriers. Une seconde usine employant de 30 à 50 personnes était localisée à La Ferté-Macé dans l'OrnePublicité de 1951 pour le Super Lynx « fabriqué par les Ets Pierre Laroche, S.A.R.L. au capital de 7.500.000 - La Ferté Macé (Orne) », visible sur http://glangl1.free.fr/Liste-Pontiac.html. La marque y reste associée à Paris sans certitude que des appareils Pontiac y étaient encore fabriqués.. C’est cette seconde usine qui aurait déménagé à Casablanca.
Production Après les appareils en bakélite des débuts est lancé en 1941 le Bloc-Métal 41 qui est aussi un pliant mais où la fragile bakélite est remplacée par un alliage d'aluminium injecté appelé hydronalium. Le cuir étant introuvable à cette époque, le soufflet est en toile. Pour le gainage, le problème est contourné avec un décor venu de moulage recouvert d'une peinture noire. Pontiac profite du fait que sa production a commencé en 1938 car les autorités d'occupation ne laissent travailler que des entreprises actives depuis avant-guerre. La production de ce modèle a atteint une centaine d'appareils par jour pour un total estimé à . On trouve encore des publicités pour le Bloc-Métal 41 dans le numéro de de la revue Photo Cinéma. En 1941 apparaît aussi le Lynx I, sur rouleau 127, pellicule de petit format moins chère que le en cartouche. Il conserve le principe du boîtier en alliage léger injecté peint en noir mais remplace le soufflet par un tube fileté. Il utilise un obturateur central « maison » du 1/25 au 1/200 s (probablement un Gitzo déguisé). Il est considéré comme très rare mais le McKeown's ne lui accorde pas une cote très élevée (175 à 250 $). Le Lynx II sort en 1944. Il est muni d'un obturateur à rideaux allant de 1/25 à 1/500 s fortement inspiré de celui du Derlux produit sous licence allemande avant-guerre par Gallus et offre un choix de trois objectifs rentrants de 50 mm de focale, avec levier de mise au point : un Angénieux à trois lentilles ouvert à f/2,9, un Flor-Berthiot à quatre lentilles traitées anti-reflets ouvert à f/3,5 ou un Flor-Berthiot à six lentilles traitées anti-reflets ouvert à f/2,8. La version la moins chère (avec Angénieux à trois lentilles) n'est pas peinte mais seulement polie. Toutes versions confondues, il en aurait été vendu environ . Le Lynx de nuit, annoncé en 1942, ne sort qu'en 1946. Il est muni d'un objectif exceptionnellement lumineux pour l’époque : un Flor de 55 mm de focale à sept lentilles traitées ouvrant à f/1,5. Un obturateur atteignant le 1/1500 s avait été annoncé mais c'est celui du Lynx II qui est monté. Le Bloc-Métal 45 sort en 1946 pour contrer des 6 × 9 concurrents à la présentation plus flatteuse tels les Kinax ou Drepy. La fonderie est particulièrement soignée avec un capot intégrant un viseur de Galilée et d'autres pièces élégamment moulées telles que la poignée et la béquille. Suit le Bloc-Métal 145 muni d'obturateurs allemands Compur-Rapid "Licence française" qui semblent issus d'un stock de pièces anciennes. En 1948, la marque passe au en lançant le Super Lynx I avec un obturateur à rideaux de 1/25 à 1/500 s identique à celui du Lynx II et des objectifs rentrants de 50 mm de focale de divers types et marques. L’armement est désormais couplé à l’entraînement du film et un mécanisme de déclenchement différé, optionnel jusque là, se généralise. Un Super-Lynx Standard muni d'un 35 mm Flor-Berthiot ouvert à 1/3,5 sera aussi produit. Vers 1950 sort un 24 x 36 de vulgarisation, le Baby Lynx, muni d'un obturateur Prontor II puis Prontor S ou Atos-2 de 1 à 1/300 s au bout d'un tube coulissant. Les objectifs de 50 mm de focale sont des SOM-Berthiot ouverts à f/3,5 ou f/2,8 à 3 ou 4 lentilles. Une version économique sera produite au Maroc sous le nom de Baby Standard avec un Roussel Trylor à trois lentilles ouvert à f/3,9 et un obturateur Pronto sans vitesses lentes. En 1953 sort le Super-Lynx II à objectifs interchangeables à monture à baïonnette et un "Super-Lynx" simplifié.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi Articles connexes
Liens externes Page Pontiac du site collection-appareils.fr Présentation de la production Pontiac sur le site glangl1.free.fr
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