La guerre entre Israël et le Hezbollah ou Troisième guerre du Liban se déroule en deux phases. La première phase commence le et se conclut en un cessez-le-feu le . La seconde phase est en cours depuis le . La guerre débute par des affrontements frontaliers initiés par le Hezbollah qui se prolongent pendant la guerre de Gaza. Elle se poursuit avec des bombardements israéliens massifs au Liban à partir du et une invasion israélienne du Liban.
La première phase est marquée par une guerre d'usure et des tirs de projectiles de part et d'autre de la frontière israélo-libanaise ; elle s'étale sur onze mois. L'objectif déclaré du Hezbollah est d'alléger la pression militaire exercée sur le Hamas, en retenant une partie des troupes israéliennes au nord, et de contraindre Israël à signer un cessez-le-feu à Gaza. Des dizaines de milliers d'habitants sont évacués dans les régions frontalières des deux pays. Israël est à l'origine d’environ 81 % des attaques. 700 personnes au Liban sont tuées, en majorité des militants du Hezbollah. 33 personnes sont tuées en Israël, en majorité des soldats.
Les autorités israéliennes annoncent le qu'à l'élimination du Hamas, qui est l'objectif déclaré de la guerre dans la bande de Gaza, s'ajoute désormais un nouveau but de guerre : le retour des qui avaient fui le nord d'Israël en raison des tirs de roquettes du Hezbollah.. Les assassinats de plusieurs commandants du Hezbollah et les explosions de bipeurs et de talkies-walkies piégés du Hezbollah les 17 et , faits par Israël, préparent la phase suivante de la guerre.
Une deuxième phase commence le , marquée par une campagne de bombardements massifs sur le Liban... En représailles, le Hezbollah cible des sites militaires israéliens, dans une zone d'une profondeur de au-delà de la frontière libanaise. Le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est tué dans un bombardement le 27 septembre 2024 qui tue également des centaines de personnes.
L'invasion israélienne du Liban commence par des incursions le ; les bombardements menés dans de nombreuses régions du Liban se poursuivent pendant cette offensive terrestre, qui se produit dix-huit ans après la dernière invasion lors du conflit israélo-libanais de 2006. Durant cette précédente guerre, Israël avait bombardé puis envahi une partie du pays avant de se retirer au bout de trente-trois jours.
Un accord pour un cessez-le-feu est trouvé le . et entre en vigueur le à (heure locale), (heure internationale). Le cessez-le-feu n'est cependant que partiellement respecté par l'armée israélienne, qui effectue presque quotidiennement des frappes aériennes sur le Liban et continue d'occuper, piller et raser plusieurs localités dans le sud du pays. Entre novembre 2024 et février 2026, la FINUL et le gouvernement libanais ont comptabilisé plus de du cessez-le-feu par l'armée israélienne, ayant entrainé la mort de plus de .
Au moins ont été tués au cours de cette guerre, en majorité des civils, parmi lesquels plus de . ont aussi été blessées et 1,4 million de personnes ont été déplacées en raison du conflit, dans un pays de d'habitants. Coté israélien, 49 soldats et 47 civils ont été tués.
Déroulement Première phase (octobre 2023 - novembre 2024) Affrontements frontaliers La guerre entre Israël et le Hezbollah commence le par des tirs du Hezbollah sur le secteur des fermes de Chebaa, territoire libanais occupé par Israël depuis 1967, en solidarité avec les Palestiniens alors que démarre la guerre de Gaza. L'armée israélienne réplique par des bombardements. Pendant un an, les affrontements restent frontaliers, Israël lançant toutefois des attaques à un rythme beaucoup plus élevé que le Hezbollah. Sur la durée totale de 11 mois (jusqu'au ), Israël est à l'origine de 81 % des attaques.. Selon un décompte de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) sur une durée plus limitée, entre le et le , 7 948 « incidents de tirs d’artillerie » d’Israël vers le Liban ont été enregistrés, et 978 tirs d’artillerie du Liban vers Israël. Un autre décompte partiel des « attaques transfrontalières » entre le et le indique qu'« Israël en a mené environ cinq fois plus que le Hezbollah »..
Le Hezbollah et l'Iran se sont refusés à précipiter l’axe de la résistance dans une confrontation ouverte avec Israël, malgré des appels en ce sens des chefs du Hamas dans la bande de Gaza.. En revanche, Israël selon l'analyse de Joseph Daher, professeur à l’université de Lausanne. Le Israël assassine dans la banlieue sud de Beyrouth, où se trouve le quartier général du Hezbollah, Saleh Al-Arouri, numéro deux du Hamas, une attaque décrite comme la . Israël pratique d'autres assassinats ciblés au Liban, notamment celui de Fouad Chokr, haut cadre militaire du Hezbollah, lors de la frappe en juillet 2024 à Haret Hreik ; celui d'Ismaël Haniyeh, chef du Hamas, à Téhéran, le ; celui de Ibrahim Aqil lors de la frappe israélienne du 20 septembre 2024 à Beyrouth.
Le but de Benyamin Netanyahou, selon le journaliste dans le quotidien israélien Yediot Aharonot, est dès la fin du mois d'août de favoriser l'escalade .
Le Hezbollah, conscient de la supériorité militaire écrasante de l'armée israélienne, doit composer avec l'opinion publique libanaise. Celle-ci, bien que sensible à la cause palestinienne, ne veut pas d'un conflit avec Israël. Le conflit israélo-libanais de 2006 ( dont une majorité de civils, plus de , exode de près d’un million de personnes et des dégâts économiques de plusieurs milliards de dollars) a été traumatisant pour la population. Le pays est en outre confronté à une très importante crise économique due à l’effondrement de son système financier en 2019.
Le Hezbollah doit donc mesurer ses attaques et ses ripostes afin de ne pas déclencher une guerre ouverte avec Israël, malgré sa volonté de desserrer l'étau sur le Hamas et la bande de Gaza. Cependant, l'intensité des frappes israéliennes augmente nettement à partir de la mi-.
Les explosions de bipeurs et de talkies-walkies piégés au Liban les 17 et , largement attribuées à Israël, constitue un palier supplémentaire dans l'escalade de la violence ; elles sont qualifiées de crimes de guerre par le haut-commissaire de l’ aux droits humains, Volker Türk. Les appareils avaient été distribués par le Hezbollah mais parmi les victimes, 42 morts et près de , le nombre de combattants du Hezbollah est difficile à déterminer.
Bombardements israéliens massifs de septembre à novembre 2024
Un « tournant » se produit avec les bombardements israéliens extrêmement meurtriers qui commencent le 23 septembre 2024. « Les experts militaires ont qualifié la campagne israélienne qui a commencé le de l’une des plus violentes de l’histoire de l’armée israélienne », selon le New York Times. Ses conséquences sont « dévastatrices » pour les civils libanais, estiment les spécialistes Chiara Ruffa et Vanesa Newby..
Les bombardements depuis le font plus de morts selon l'AFP. et plus de blessés à la date du 2024.. Il y a 1,4 million de personnes déplacées en raison du conflit à la date du , dans un pays de d'habitants.
Pendant la seule journée du , ont été tuées au Liban ; entre cette date et le au matin, ont perdu la vie au Liban sous les bombes. et plus de sont blessés dans plusieurs régions du Liban.
Le , le bombardement israélien du quartier général du Hezbollah, tue Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, mais aussi plusieurs centaines de personnes.« En 2003, au début de la seconde guerre d’Irak, dans l’armée américaine, le nombre maximum de victimes civiles était de 30, et c’était le seuil », explique la juriste Heidi Matthews. « Donc, même si vous attaquiez Saddam Hussein, vous ne pouviez pas tuer plus de 30 personnes… ce serait une attaque illégitime. », .
Les civils au Liban sont fortement affectés par ce conflit ; si Israël affirme viser des combattants et des infrastructures militaires du Hezbollah, de nombreuses preuves existent de frappes israéliennes contre le personnel médical et contre des infrastructures civiles.
Selon les autorités israéliennes, ont dû quitter la zone frontalière avec le Liban à cause des roquettes par le Hezbollah ; selon l’ONU, de Libanais ont dû quitter leur lieu d'habitation — au sud du Liban et dans d'autres régions du pays — à cause des bombardements israéliens à la date du .
Invasion israélienne de septembre à novembre 2024
vignette|Chars et bulldozers israéliens en territoire libanais durant l'invasion, . L'armée israélienne procède à une offensive terrestre dès le , pendant que les bombardements se poursuivent. Les Casques bleus de la FINUL, présents au Liban depuis 1978 ne quittent pas leurs positions, mais sont incapables de mener à bien leur mission face à l'intensité des bombardements israéliens et des combats entre l'armée israélienne et la milice chiite libanaise. Le gouvernement libanais n'ayant ni donné son accord aux tirs de roquettes du Hezbollah contre le territoire israélien, ni déclaré la guerre, l'armée libanaise s'abstient d'intervenir dans les combatsJeanine Jalkh, «Offensive terrestre israélienne : quel rôle pour l'armée libanaise ?», lire en ligne.. Déployée au sud du Liban, elle a reçu pour mission de soutenir les personnes déplacées fuyant devant l'offensive terrestre israélienne ou cherchant à échapper aux bombardements.
Israël affirme que ces opérations visent à éliminer les forces et les infrastructures du Hezbollah.. Pour sa part, le Hezbollah affirme continuer à viser le nord d'Israël par solidarité avec le Hamas et dans le but de contraindre Israël à conclure un cessez-le feu à Gaza.
L'armée israélienne ordonne aux habitants de nombreux villages du Sud-Liban d'évacuer les lieux. De violents combats ont lieu entre les soldats israéliens et le combattants du Hezbollah.
L'armée israélienne attaque à douze reprises les positions de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, entre le début de l'invasion et le , provoquant des condamnations de la communauté internationale, et du secrétaire général de l'ONU, António Guterres, selon lequel ces attaques pourraient constituer des crimes de guerre.
L'armée israélienne tue onze soldats libanais entre le début de l'invasion israélienne et le . ; elle allègue des erreurs de tir.
Cessez-le-feu à sens unique
Accord de cessez-le-feu L'accord pour un cessez-le-feu entré en application le prévoit un retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani (à de la frontière entre Israël et le Liban)« War’s ebb in Lebanon leaves devastation and uncertain future », Washington Post, November 27, 2024, https://www.washingtonpost.com/world/2024/11/27/cease-fire-lebanon-hezbollah-impact-recovery/]. « Les troupes d'invasion israéliennes se retireront [du territoire libanais] ». L'armée Libanaise et la Finul reçoivent la mission d'assurer la paix dans le sud du Liban et de prévenir un réarmement du Hezbollah. Les éventuelles violations par le Hezbollah sont relayées par un mécanisme de surveillance dirigé par les États-Unis.
L'armée israélienne doit se retirer du sud du Liban dans un délai de 60 jours ; de même que le Hezbollah.
L'armée libanaise annonce en avoir achevé le désarmement du Hezbollah entre la frontière israélienne et le fleuve Litani.
Violations israéliennes du cessez-le-feu (novembre 2024 – mars 2026) Entre novembre 2024 et février 2026, la FINUL et le gouvernement libanais ont comptabilisé plus de du cessez-le-feu par l'armée israélienne, ayant entrainé la mort de plus de .
Au deuxième jour du cessez-le-feu, les deux belligérants s'accusent mutuellement d'avoir violé l'accord de cessez-le-feu. Israël a reconnu avoir mené des frappes aériennes sur des positions du Hezbollah.