Nassima al-Sadah (parfois al-Sada ou al-Sasa, en ), née le ., est une journaliste saoudienne, militante chiite des droits de l'homme de la « majorité chiite rétive » de la province orientale de Qatif, en Arabie saoudite..
Elle milite pendant de nombreuses années pour les droits civils et politiques, les droits des femmes à s'affranchir de la tutelle masculine, le droit des femmes à conduire, et les droits de la minorité chiite. Elle se présente comme candidate aux élections municipales saoudiennes de 2015, mais elle est interdite d'y participer.. Nassima al-Sadah est arrêtée le avec une autre militante de premier plan, Samar Badawi, par les autorités saoudiennes dans le cadre d'une large répression gouvernementale contre les militants, les religieux et les journalistes. Elle est libérée en .
Biographie Journaliste, écrit et milite pour les droits Nassima al-Sadah est journaliste, et travaille comme chroniqueuse et commentatrice pour le site d'information saoudien Juhaina. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), elle écrit sur les droits de l'homme, en particulier les droits des femmes, y compris sur les droits civils des femmes pour participer à la vie politique, sur les lois sur la nationalité saoudienne en Arabie saoudite et sur les Nations unies, et sur une campagne pour mettre fin à la violence contre les femmes.. Nassima al-Sadah, comme d'autres militantes des droits des femmes, fait également campagne pour abolir le système de tutelle masculine et obtenir le droit de conduire. Sans le consentement d’un parent masculin, les femmes ne sont pas autorisées à prendre des décisions importantes.
Droit à conduire Nassima al-Sadah intente en 2012 une action en justice « contre le département de la circulation du ministère de l'Intérieur auprès du tribunal de Dammam » dans la province de l'Est, dans le cadre d'une campagne plus vaste visant à « prendre le volant » et à relancer la campagne « Les femmes au volant » qui a retenu l’attention internationale lors des manifestations saoudiennes de 2011-2012 à l'époque du Printemps arabe. Manal al-Sharif et Samar Badawi ont déjà intenté des poursuites similaires.. Les femmes obtiennent le droit de conduire en Arabie Saoudite en .
Arrestation Selon Human Rights Watch (HRW), le , Nassima al-Sadah et Samar Badawi, toutes les deux d'éminentes militantes, sont arrêtées par les autorités saoudiennes dans le cadre d'une « répression gouvernementale » contre « des militants, des religieux et des journalistes »., dont de nombreux militants de la campagne saoudienne contre la tutelle masculine. De à , « au moins des droits humains, dont plusieurs défenseuses des droits humains, [ont été] détenus sans inculpation en Arabie Saoudite ». Amnesty International (AI) indique que Nassima al-Sada, qui est détenue depuis sans inculpation ni procès, est placée à en isolement début dans la prison d'al-Mabahith, avant d'être transférée à la prison d'al-Ha'ir à Riyad.
Allégations de torture Selon son rapport du , basé sur trois témoignages distincts, Amnesty International déclare que les militantes détenues dans la prison d'al-Mabahith ont été « torturées à plusieurs reprises par électrocution et flagellation, laissant certaines incapables de marcher ou de se tenir debout correctement ». Selon le Washington Post, un responsable saoudien nie que la torture soit tolérée par l'État.. Selon une déclaration de Human Rights Watch (HRW) du publiée dans le New York Times, « les interrogateurs saoudiens auraient torturé au moins quatre des femmes avec des décharges électriques, en leur fouettant les cuisses, en les harcelant et en les agressant sexuellement ».
Procès Le procès de dix des militantes des droits des femmes, dont Samar Badawi et Nassima al-Sadah, commence le , selon le Washington Post.
Réactions internationales (AI) décrit la répression comme atteignant un . Un an après la détention arbitraire des dirigeantes saoudiennes défenseuses des droits humains, Amnesty International appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de Loujain al Hathloul, Iman al Najfan, Aziza al Yousef, Samar Badawi, Nassima al-Sada et de tous les autres défenseurs des droits humains détenus et jugés pour leurs actions pacifiques en faveur des droits humains.
AI qualifie d'« arbitraires » les arrestations des « défenseurs des droits de l'homme » engagés dans un « travail pacifique en faveur des droits de l'homme ». En , Amnesty International appelle à « la libération immédiate et inconditionnelle de Loujain al-Hathloul, Iman al-Najfan, Aziza alYousef, Samar Badawi, Nassima al-Sada et de tous les autres défenseurs des droits humains ».
Selon un article du National Post du , la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, « a ouvertement critiqué les Saoudiens » pour les arrestations. L'Arabie saoudite riposte en se plaignant de « l'ingérence » du Canada, expulse l'ambassadeur canadien et gèle tout nouvel accord commercial entre les deux pays..
À l'occasion de la Journée internationale des femmes, en , le Comité pour la protection des journalistes souligne le nombre de femmes journalistes toujours incarcérées dans le monde, en citant particulièrement Nassima al-Sadah.
Selon un article du paru dans le New York Times, dans le cadre d'une « initiative historique », membres du Conseil des droits de l'homme des Nations unies (CDHNU), composé de , adressent une réprimande à l'Arabie saoudite .
C'est la première fois que « des États affrontent l'Arabie saoudite », qui est membre du CDHNU, à propos de son bilan en matière de droits de l'homme. La déclaration du CDHNU cite en particulier Loujain al-Hathloul, Eman al-Nafjan, Aziza al-Yousef, Nassima al-Sadah, Samar Badawi, Nouf Abdelaziz, Hatoon al-Fassi, Mohammed al-Bajadi, Amal al-Harbi et Shadan al-Anezi, qui ont toutes été arrêtées lors de la répression de .
Libération Nassima al-Sadah est libérée en , en même temps que Samar Badawi, après avoir purgé sa peine de prison.
Notes et références
Liens externes
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