alt=Photo de la chapelle Notre-Dame-des-Anges d'Orelle, avec sa porte et ses façades sous la neige.|vignette|La chapelle Notre-Dame-des-Anges d'Orelle, un monument historique de la commune. L'histoire d'Orelle présente une synthèse des événements marquants de la localité, des paroisses puis de la commune d'Orelle.

Aux origines, la localité correspond à l'actuel chef-lieu d'Orelle, formée d'une seule paroisse, dédiée à Saint-Aurelle, dont l'église homonyme reculée est engloutie par une avalanche de rochers en l'. En 1430, une nouvelle église est édifiée, cette fois dans le bourg : c'est l'église Saint-Maurice. La paroisse d'Orelle se divise en 1661 car le village de Bonvillard revendique une nouvelle église formant à partir de cette date la paroisse Sainte-Marguerite de Bonvillard-sur-Orelle. Au cours de la période médiévale, la localité d'Orelle dépend de la mestralie de Saint-Michel-de-Maurienne. Elle est formée de plusieurs hameaux satellites du chef-lieu (), mis à part celui de Bonvillard () qui se démarque des autres par le nombre important de ses habitants. Dans ces villages d'altitude, les habitants travaillent aux champs en cultivant les céréales, les arbres fruitiers et la vigne, et élèvent le bétail.

À partir de 1894, Orelle connaît un essor industriel avec les usines électrochimiques de Prémont qui emploient des centaines de paysans devenus ouvriers, produisant des chlorates et, vers 1910, le premier duralumin de France. La fabrication d'aluminium s'arrête en 1950 mais les usines fonctionnent jusqu'en 1991. Un autre complexe hydro-électrique majeur de la commune est le barrage de Bissorte, construit de 1931 à 1938 à d'altitude. En 1996, l'activité touristique s'impose avec la création d'une station de sports d'hiver reliée au domaine skiable des Trois Vallées. Cette nouvelle dynamique économique est renforcée au fil des ans par les venues des cyclotouristes et randonneurs de l'été. Un nombre très important de sentiers de randonnée existe sur le territoire municipal, variant d'altitudes de à plus de . De plus, sur le plan culturel et historique, un large patrimoine culturel catholique (comme les églises baroques Saint-Maurice et Sainte-Marguerite et les nombreuses chapelles) ainsi que des sites naturels (comme le lac de Bissorte, la falaise de Leschaux ou encore le plateau de Plan-Bouchet) riches en histoire ou attractifs sont recensés sur le territoire de la commune.

L'activité humaine préhistorique et ses preuves archéologiques Les axes et cols : des passages privilégiés aux Paléolithique et Néolithique La Maurienne est particulièrement riche en vestiges dont certains datent de la Préhistoire. En effet, il existe un lien étroit entre la densité des vestiges (paléolithiques et néolithiques) et le relief de la vallée de l'Arc.

Orelle, n'étant alors qu'une zone sans nomination ni administration, demeure un lieu propice à l'installation des populations primitives à travers son fond de vallée entre les massifs alpins et les possibilités d'occupation de ses hautes montagnes intérieures, souvent forestières. Orelle est un point de passage important puisqu'il n'en existe qu'un seul (moins difficile que les autres) pour traverser la vallée à cet endroit resserré : quelques mètres seulement séparent l'adret et l'ubac en constituant la vallée, cette dernière évoluant ainsi en sentier privilégié pour les déplacements des hommes préhistoriques..

La commune d'Orelle a ainsi pu être atteinte, comme tous les autres villages de Maurienne, par la région des cols entre le mont Thabor et la Levanna.

Des lieux organisés et implantés au Néolithique alt=Photographie d'une pierre cupuliforme à Plan-Bouchet sur la commune d'Orelle, avec des trous appelés cupules.|gauche|vignette|Pierre cupuliforme à Plan-Bouchet sur la commune d'Orelle. La zone pastorale qu'est alors Orelle est ainsi utile pour ses axes de cheminements pratiques. Toutefois, la vie s'y installe car des blocs gravés, des rochers avec des traces de pieds humains et des pierres à écuelles constituent des preuves archéologiques de la fréquentation précoce des zones mauriennaises. Par exemple, à Plan-Bouchet, qui se trouve au centre de la station de ski d'Orelle, se trouvent des rochers sur lesquels des empreintes de pieds humains sont gravés. Ces derniers sont de différentes tailles, suivant l'âge de leurs très anciens auteurs..

Lesdits blocs à gravures et pierres cupuliformes se retrouvent souvent à des altitudes élevées dans de nombreux lieux aujourd'hui villageois. Le territoire reculé de la Maurienne et la zone de l'actuel Orelle ne sont alors pas que des lieux de passages de l'homme pour chasser ou se déplacer, mais bien des zones de vie organisées et implantées. Non loin d'Orelle, on retrouve en exemples la pierre de Chantelouve, la roche du Pertuis au Thyl ou le rocher de Lanslevillard, édifices sculptés avec finesse, décorés et constitués de traces de pieds provenant dHomo sapiens, preuves de l'installation d'hommes préhistoriques aux alentours d'Orelle.

L'outillage retrouvé à Orelle et plus vastement en Maurienne indique l'existence d'une population humaine dans cette zone géographique mais il demeure cependant impossible de déterminer si ces hommes étaient véritablement sédentaires ou bien nomades et itinérants. En tout état de cause, les vestiges démontrent une présence assez forte pour permettre leur fastidieuse création..

Il existe des grottes sur les hauteurs de l'actuel Bonvillard à Orelle, vers la falaise de Leschaux, ou encore tout proche à Saint-Martin-de-la-Porte. Des haches en serpentines y ont été découvertes ainsi que des couteaux en silex et en lauzes. En effet, le site d'Orelle est riche en gisement de lauzes, ce qui peut expliquer la création aisée de ce type d'outils coupants.

Durant l'Âge du bronze, un grand nombre d'objets sont créés pour ensuite être retrouvés ; malheureusement, beaucoup d'entre-eux ont disparu sous l'effet de la fonte et la reconversion des métaux en objets plus utiles.

Des sépultures mauriennaises et orellinches aménagées au Néolithique alt=Photographie d'un amas de rochers datant de la Préhistoire au lieu-dit de Leschaux (Orelle), ils sont moussus et gros, au milieu de la forêt.|vignette|Amas de rochers au lieu-dit de Leschaux. Vers 1900, une découverte macabre mais archéologique fut faite lors de la construction de la route d'Orellette. En effet, 21 tombes furent découvertes : elles étaient enfouies à un mètre cinquante de profondeur et entourées de lauzes. De plus, elles étaient toutes tournées vers l'est. Les 21 squelettes découverts étaient tous adultes, c'est la raison pour laquelle les villageois les ont considérés comme les ossements d'anciens soldats. Mais, des squelettes d'enfants, trouvés au même endroit, en , vont venir fausser ce raisonnement. Certains ont ainsi pensé qu'il s'agissait des victimes d'une peste : cela aurait pu être une hypothèse juste car, à l'époque médiévale, les pestiférés étaient ensevelis à l'écart. Au contraire, le chanoine Florimond Truchet, qui examina de près chacun des squelettes, leur a attribué une origine plus ancienne que les pestes du Moyen Âge. En effet, les crânes de ces squelettes étaient fortement dolichocéphales ; pourtant, les Savoyards actuels sont presque tous brachycéphales. On peut ainsi penser que ces sépultures remontaient à la Préhistoire, vu la forme des crânes humains et la construction des sépultures en lauzes.

Non loin d'Orelle, des tombes néolithiques et énéolithiques ont été retrouvées à Fontaine-le-Puits, Saint-Jean-de-Maurienne et Albiez-Montrond. Chacune de ces sépultures physiquement manifestées est abondante d'ambre et de bracelets artisanaux mais dépourvue d'arme. Vers la Falaise de Leschaud, à Orelle, il existe également des rochers déplacés et mis les uns sur les autres, de manière à recouvrir certaines zones plus ou moins étendues dans des milieux forestiers, proche de ruines villageoises. Une ancienne commune, située en Tarentaise, Saint-Jean-de-Belleville, abrite une nécropole, en partie fouillée à partir de 1863. La présence vérifiée de plusieurs centaines de tombes justifie l'implantation des hommes préhistoriques aux alentours d'Orelle et dans la Maurienne.

Pendant l'Antiquité, un peuple de Médulles qui entre dans les Alpes cottienes

Les Médulles, habitants de la province jusqu'en -215 alt=Carte colorée de la Gaulle où il sont représentés des peuples gaulois, à Orelle ce sont les Médulles voire les Graiocèles dans la partie jaune.|gauche|vignette|Carte des peuples gaulois. Au début de la période de l'Antiquité, de -3300 aux environs de -215, les actuelles communes de Maurienne sont peuplées par des Gaulois. Les Médulles (peuple gaulois issu de tribus mauriennaises) habitent Orelle puisque la Basse-Maurienne et la Moyenne-Maurienne sont occupées par ces peuples qui vivent dans plusieurs regroupements alliés les uns avec les autres..

La traversée des Alpes par l'armée d'Hannibal Barca en -219

En -219, à l'occasion de la deuxième guerre punique (de -218 à -202) opposant Rome à Carthage, Hannibal Barca quitte l’Espagne avec son armée. Celle-ci est constituée de , de et 37 éléphants de savane d'Afrique ( et selon Polybe) et traverse les Pyrénées puis les Alpes, pour, par la suite, gagner le Nord de l’Italie....

alt=Gravure de la traversée de la Maurienne par l'armée d'Hannibal Barca, on y voit des éléphants transportant des combattants, enjambant le Rhône avec du matériel militaire.|vignette|Traversée du Rhône pour arriver en Maurienne par l'armée d'Hannibal Barca.

Cet itinéraire fit franchir le col de la Croix-de-Fer et rejoindre la Maurienne à cette armée, à hauteur de l'actuel Saint-Jean-de-Maurienne. Une fois dans la vallée, les troupes et les éléphants longèrent l'Arc. Ainsi, le très étroit passage d'Orelle en fond de vallée ( de large dont 10 de ladite rivière) vit déferler l'armée d'Hannibal, empruntant les très empruntés axes routiers et ponts de la commune. Depuis, de nombreuses statues sont exposées tout le long du passage des troupes ; certaines sont très anciennes car les villageois de l'époque furent terrifiés par le défilé armé.....

Trois passages vers l'Italie sont ensuite envisagés par les différents chercheurs en Maurienne : le col du Mont-Cenis (), le col du Petit Mont-Cenis () et le col Clapier () débouchant en val de Suse et le long de la Doire ripaire, s'éloignant peu à peu d'Orelle..

À partir de -121, la création des Alpes cottienes alt=Photographie du buste en pierre du roi Cottius Marcus Julius, où figure le buste de l'homme en question gravé dans la pierre.|vignette|163x163px|Buste en pierre du roi Cottius Marcus Julius. En -121, Orelle appartient à la province des Alpes cottiennes. En effet, cette date marque le fait que le territoire des Ceutrons devient la province des Alpes grées (c'est-à-dire la Tarentaise) avec Aime pour capitale, alors que celui des Médulles devient la province des Alpes cottiennes (c'est-à-dire la Maurienne), avec Suse pour capitale.

De nombreux échanges peuvent avoir lieu entre la nouvelle capitale de Suse et les villages comme Orelle, grâce aux colporteurs et aux axes de passages entre les cols de la Maurienne : les axes routiers ont besoin de lauzes pour être opérationnels et efficaces, et ils existent de très anciennes carrières de ces pierres de construction sur l'adret du territoire d'Orelle, comme aux Grandes Pierres...

Le roi Cottius Marcus Julius devient préfet de la province des Alpes cottiennes en -16..... Il est vrai que les événements d'ampleur politique ou administrative ont très peu d'influence sur les petits hameaux isolés de Maurienne, car les éleveurs et paysans qui y travaillent ne s'intéressent majoritairement pas beaucoup à la vie politique.

Moyen Âge

Premiers passages sarrasins et marchands ()