Alice Mackert, dite Alice la Blonde et parfois surnommée la Panthère rouge, née à Lucerne en Suisse en 1916, morte aux États-Unis en 2012, est une figure de la collaboration en France durant la Seconde Guerre mondiale. Citoyenne suisse, elle est naturalisée allemande en 1942. Elle est notamment secrétaire générale de la section niçoise de la Gestapo.
À la fin de la guerre, elle est jugée notamment pour sa participation à la dénonciation de maquis, pour la déportation d'enfants juifs, pour la torture de plusieurs femmes et pour la participation à l'exécution de patriotes. Elle est condamnée dans un premier temps aux travaux forcés à perpétuité avant que sa peine ne soit commuée en prison simple.
Jeunesse et famille Alice-Greta Mackert naît en 1916, à une date inconnue, à Lucerne en Suisse, fille unique de Theo Mackert, architecte de la grande bourgeoisie locale, et d'Antoinette, dont le nom de jeune fille n'est pas connu, mère au foyer férue de décoration intérieure. Pendant sa scolarité, elle effectue un bref séjour dans une institution tenue par les Ursulines de Lucerne, puis au pensionnat du Sacré-Cœur d'Estavayer-le-Lac. Ses résultats scolaires sont passables mais le rêve d'Alice, inspiré notamment par la passion familiale pour Richard Wagner, est alors de devenir danseuse lyrique. Elle suit en ce but les cours de sœur Graziella. En parallèle, elle se lie d'amitié, et sans doute plus profondément, avec la poétesse et conférencière Lina Z ..
Adhésion à l'idéologie nazie Alexander von Frey, ami de la famille Mackert, est un fervent partisan d'Adolf Hitler et cherche à populariser ses idées en Suisse. Il trouve un terreau relativement neutre chez les parents, mais en enthousiasme fort chez Alice, qui adhère au sous le matricule SY-3084, et devient trésorière de section locale. Un militant particulièrement virulent, nommé Louis Nebel, devient son amant. En , Alice avorte et se réfugie à Paris pour fuir l'opprobre familial ..
Dans la capitale française, où elle est encore présente en 1938, Alice Mackert prend le pseudonyme d'Antoinette Linser et vit en concubinage avec Jacques Rosemblum, qu'elle espionne pour le compte de l'Abwehr. C'est Louis Nebel qui l'a recommandée auprès de , qui dirige le renseignement nazi pour la Suisse et l'Europe danubienne et confie Alice au colonel Ehinger, qui la forme à l'espionnage ..
Action en France durant la Seconde Guerre mondiale Alice Mackert est naturalisée allemande en 1942. Son parcours durant les trois premières années d'Occupation est assez flou. Durant son interrogatoire le , elle dit avoir été en poste à Lille, Sens et Francfort. Toutefois, les sources extérieures indiquent plutôt une présence de l'agente à Alençon de 1939 à 1942 ..
À partir du et jusqu'au , Alice Mackert est envoyée à Nice, officiellement comme . C'est là qu'elle gagne son surnom de « Panthère rouge ». Sa mission officieuse est de traquer et déporter les populations juives envers qui la politique de répression était précédemment volontairement laxiste sous l'occupation italienne . .. Elle va jusqu'à se faire passer à deux reprises pour une fugitive auprès de l'évêque de Nice Paul Rémond, à juste titre suspecté de protéger les Juifs ; toutefois, grâce à la prudence de ce dernier, elle ne parvient pas à en tirer d'information .. Antisémite, elle est réputée avoir exercé avec sadisme des tortures contre les juifs pendant cette période.
De 1944 à 1945, elle multiplie les missions en France et à l'étranger (Lithuanie, Allemagne, Italie, Suisse) jusqu'à son arrestation à Mayence.
Jugement Le , Alice Mackert comparaît devant le tribunal militaire de la neuvième région, notamment sous les chefs d'inculpation de dénonciation d'un maquis à Clermont-Ferrand, de rafles d'enfants Juifs dans des écoles de la région de Nice, d'arrestation, détention et séquestration ainsi que de coups et blessures sur des résistants, participation à des meurtres commis avec préméditation, de tortures exercées sur des femmes à l'hôtel Hermitage, quartier général de la police secrète allemande. Les témoignages entendus le premier jour disculpent partiellement Alice Mackert, attribuant notamment certains des faits qui lui sont reprochés à Maria Sedlitz. De même, certains de ses anciens responsables, tout en reconnaissant son rôle éminent au sein de la Gestapo niçoise, nient qu'elle ait pu avoir le pouvoir de faire arrêter des personnes. En revanche, le lendemain, la plupart des témoignages sont accablants envers l'ancienne gestapiste . ..
Elle est condamnée dans un premier temps aux travaux forcés à perpétuité, puis un tribunal militaire l'aurait ensuite condamnée à mort, avant que sa peine ne soit commuée en peine de prison. Elle aurait émigré par la suite aux États-Unis où elle serait morte en 2012.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Catégorie:Membre de la Gestapo Catégorie:Nice pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Naissance en 1916 Catégorie:Naissance à Lucerne