Le massacre d'Egbekaw a lieu le lors de la crise anglophone au Cameroun.

Contexte

Depuis fin 2017, un conflit oppose des groupes armés indépendantistes à l'armée régulière, accusés chacun de crimes contre les civils par les ONG internationales et l'ONU, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, peuplées principalement par la minorité anglophone de ce pays d'Afrique centrale majoritairement francophone. Les rebelles séparatistes, s'attaquent fréquemment à des civils qu'ils accusent de avec le pouvoir central. Les forces de sécurité sont également régulièrement accusées par les ONG internationales et l'ONU de , tueries et autres tortures sur des civils qu'elles soupçonnent de sympathiser avec les rebelles.

En , Amnesty International s'est de nouveau alarmée d' dont sont victimes les civils, énumérant des , , y compris de femmes et d'enfants, et , perpétrés par les séparatistes armés comme par des membres des forces de sécurité.

Le , deux villageois sont tués dans le marché du village de Guzang, dans la région du Nord-Ouest, par un groupe qui les accusait de renseigner l'armée.

Le , jour du massacre, des célébrations sont organisées par le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), pour marquer les 41 ans, jour pour jour, de l'arrivée au pouvoir du président Paul Biya.

Déroulement En plein milieu de la nuit, ont attaqué , selon le préfet du département de la Manyu, Viang Mekala.

Selon un habitant, qui s'est confié à l'AFP, .

Selon RFI, l'attaque s'est produite un peu avant 4 h du matin. Les populations sont surprises dans leur sommeil par les flammes d'un incendie criminel, et celles qui essayent de s'échapper sont abattues par balles.

Bilan humain Les responsables de la sécurité et les autorités locales affirment qu'une vingtaine de personnes, dont des femmes et des enfants, sont mortes dans l'attaque. Un officier de la gendarmerie locale annonce un bilan provisoire de 23 morts. Un résident fait le même constat. Un responsable de la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) évoque un bilan provisoire de 15 morts. RFI évoque 24 morts. Le Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique (CDHDA) fait état de 30 morts.

Le , le ministère de la Communication affirme dans un communiqué que le bilan s'alourdit à dont .

Responsabilité L'attaque n'est pas revendiquée, mais la radio et la télévision publiques locales l'attribuent .

Conséquence

Déplacement de populations Dans un rapport paru le , le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) indique que 480 personnes dont des femmes et des enfants ont fuient le village à la suite du massacre.

Réactions nationales Le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, déclare sur Twitter : . L'entrepreneuse Rebecca Enonchong qualifie l'attaque de , de et de . Elle appelle le gouvernement à . L'homme politique Serge Espoir Matomba condamne l'attaque et souhaite que .

Sur les réseaux sociaux notamment sur Facebook, plusieurs personnalités de la musique, du cinéma et de la beauté rendent hommages aux victimes parmi elles les chanteurs et chanteuses Mani Bella et Salatiel, l'actrice Muriel Blanche et l'ex-Miss Cameroun, Julia Samantha Edima.

L'homme politique Maurice Kamto condamne le massacre, présente ses condoléances aux familles éprouvées et appelle à un pour résoudre le conflit. Le gouvernement condamne . Le ministère de la Communication déclare qu'une enquête est ouverte et qu'elle est conduite par les forces de défense et de sécurité.

Dans un communiqué adressé au gouverneur de la région du Sud-Ouest, le président de la République, Paul Biya condamne fermement l'attaque.

Lors de l'ouverture de la session ordinaire, le Sénat observe une minute de silence en hommage aux victimes. Le président de la chambre haute du Parlement, Marcel Niat Njifenji condamne l'attaque et exprime sa compassion aux victimes.

Réactions internationales

Organisations internationales

: Le président de l'Union africaine, Moussa Faki déclare sur Twitter : .

Dans un communiqué, la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) condamne fermement l'attaque et présente ses condoléances aux familles éprouvées, au Gouvernement et au peuple camerounais. La Commission se dit préoccupée par la détérioration continue de la situation des droits de l’homme dans les régions anglophones et par la persistance du conflit. : Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres condamne fermement l'attaque et souligne que les attaques à l'encontre des populations sont inacceptables. Il présente ses plus sincères condoléances aux familles affectées et demande au gouvernement camerounais de mener une enquête et de veiller à ce que les responsables répondent de leurs actes.

Voir aussi

Articles connexes

Massacre de Bamenyam

Notes et références

Catégorie:2023 au Cameroun Catégorie:Massacre de la crise anglophone au Cameroun Egbekaw Egbekaw Catégorie:Massacre ou atrocité visant un village en Afrique Catégorie:Novembre 2023 Catégorie:Incendie au Cameroun Catégorie:Incendie en 2023