Le dominium (ou domanium en latin médiéval, , ) est le nom de différents concepts en droit romain puis dans le droit de la féodalité chrétienne, dans les traditions romano-germaniques et dans la common law, qui ont en commun l'idée de domination d'un maître sur un sujet ou un objet.
Dans l'antiquité romaine Dominium ex iure Quiritium
Dans la région de Rome, appelée ager romanus, les pères de famille citoyens romains se voyaient reconnaître un pouvoir appelé dominium ex jure Quiritium (, domination en vertu du droit des Quirites) sur tous les éléments de leur maisonnée. Cela signifiait qu'ils avaient en principe la possibilité de faire tout ce qu'ils voulaient avec les terres qu'ils habitaient, les enfants qu'ils avaient engendrés, les femmes qu'ils avaient épousées et les gens qu'ils esclavagisaient, une domination appelé patria potestas.
Dominium provincial Dans les colonies romaines, la plupart du terrain conquis tombait dans le dominium direct (selon l'expression de Gaius), ce qui donnait une catégorie de terres appelée ager publicus.
En théologie
Dominium terræ Le terme de () désigne le passage 1:28 de la Genèse (le mythe de la création du monde des musulmans, des juifs et des chrétiens) , dans lequel le dieu en question ordonne aux humains de . Ce passage est souvent rapproché de la conception des humains comme maîtres et possesseurs de la nature.
Dominium divin et communisme
Pour Augustin d'Hippone et après lui toute l'église catholique jusqu'au , le dieu chrétien avait seul le dominium sur le monde entier, compris comme sa création, et il était donc sacrilège pour un ou une humaine de revendiquer un quelconque dominium sur quoi que ce soit: rien ne pouvait appartenir absolument à personne. Cette doctrine est résumée par l'adage () et est parfois appelée la communauté de biens de l'Église de Jérusalem.
C'est avec Thomas d'Aquin que des chrétiens commencent à amender le dogme du dominium absolu de leur dieu, en distinguant le dominium sur les choses du dominium sur les gens.
Dominium mundi
Double domaine féodal
Domaine royal
Domaine-propriété En France, à l'époque de la Révolution, l'assimilation de l'idée de dominium avec celle de proprietas, confondues dans une réinterprétation du domaine utile plus favorable aux roturiers, a été menée notamment par Robert-Joseph Pothier en suivant une tradition scolastique médiévale qui rapprochait les deux termes.
Dominium dans les empires colonialistes
Dans le contexte du colonialisme, les empires coloniaux ont distingué le dominium proprietatis du dominium jurisdictionis, ou imperium pour rationaliser juridiquement leurs conquêtes.
La conception d'un titre ancestral des Amérindiens sur leurs terres et sur eux-mêmes trouve son origine historique dans une vision chrétienne de leur dominium comme un droit naturel, comme l'a par exemple soutenu Francisco de Vitoria.
Dans l'empire britannique, le terme de dominium a aussi donné le mot dominion, qui désigne un type de colonie. Par ailleurs, certaines colonies ont été appelées des condominiums lorsqu'elles étaient administrées par deux empires à la fois.
Réinterprétations savantes
En droit romain, dans l'Antiquité, le mot dominium en lui-même n'avait pas de sens figé et était utilisé dans le contexte de divers concepts juridiques. Cependant, les exégètes médiévaux puis modernes des textes juridiques en latin de l'Antiquité se sont inspirés des sens divers de dominium pour concevoir et systématiser de nouvelles notions, comme celle de droit subjectif sous la plume de Grotius.
Références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Latin junien Possessio Arpenteurs romains
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