Le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA) est une association française créée en par des familles algériennes à la recherche de leurs proches enlevés dans le contexte de « la décennie noire » . Nassera Dutour, mère d'Amine Amrouche, jeune homme de disparu en dans la banlieue d’Alger, s'allie à des familles qui vivent un drame similaire et donne une impulsion décisive à ce collectif..
Près de ont été kidnappées par des groupes armés islamistes ou arrêtées par des agents des forces de sécurité de l’État pendant la guerre civile..
Contexte Conflit des années Selon Soraya Larbi, les groupes islamistes armés et les agents des services de sécurité de l’État , dès , au cours de leur affrontement. La décennie noire commence peu après l’annulation du second tour des élections législatives dont le premier tour avait permis la victoire du Front islamique du salut.
Cette période est marquée par des assassinats d’intellectuels, d'artistes, de militants des droits de l’homme, mais aussi par des kidnappings de civils, principalement des jeunes hommes de 20 à .
Sort des disparus Certains jeunes hommes enlevés sont placés dans des camps d’internement du Sud algérien, où la pratique de la torture est courante. Les camps sont fermés en , les prisonniers sont transférés dans d'autres lieux inconnus. Les dépouilles de ceux qui ont péri sous la torture n’ont pas été rendues aux familles.
Formation du collectif Le collectif fait partie d'un ensemble d'associations qui voient le jour dans durant les pour demander à l’État algérien des informations, en prenant appui sur les institutions internationales. C'est le cas par exemple de l’association Somoud (« Fermeté ») créée en , en de l’association Djazaïrouna (« Notre Algérie »), et en de l’Association nationale des familles de disparus (ANFD), présidée par Lila Ighil. Ces associations veulent .
Les familles membres du Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie sont en contact étroit avec , , la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) de Maître Ali Yahia Abdennour et la Ligue des droits de l’homme. Elles sont également en lien avec le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l’ONU.
Actions du Collectif
Dès les familles du Collectif se retrouvent à Alger devant le siège de l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH), et brandissent les portraits de leurs proches disparus, comme l'ont fait en Argentine les Mères de la place de Mai qui se rassemblent régulièrement devant la Casa Rosada à Buenos Aires depuis . Elles manifestent régulièrement en Algérie..
Mary Lawlor, Rapporteure spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme de l'Organisation des Nations unies, indique en que le Collectif a été empêché en 2024, à plusieurs reprises, d’organiser des événements car de nombreux policiers ceinturaient le bureau de l’association à Alger. Des adhérents du collectif, dont des mères de personnes disparues, auraient été maltraités et obligés de quitter les lieux à ces occasions...
SOS Disparus L’association dispose dès d'antennes à Alger, Oran et Constantine sous le nom de « SOS Disparus ». Ses statuts ont été déposés à la préfecture de police de Paris la même année par Nassera Dutour.
L’association a établi la disparition de , chaque dossier étant documenté avec précision. Pour mémoire la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme donne pour sa part un chiffre de ..
À partir de 2024, les autorités algériennes intensifient la répression contre SOS Disparus en particulier en l'empêchant d’organiser des événements dans ses propres locaux. En , le site Internet de l’organisation devient inaccessible à partir de l’Algérie. En , la police refuse à Nassera Dutour l'entrée en Algérie. En , l'antenne du collectif à Alger fait l'objet d'une fermeture administrative au motif que l’organisation n’aurait pas été enregistrée...
Pour Nassera Dutour et les membres de l'association, la fermeture des locaux de SOS Disparus ne met pas un terme au travail déjà effectué : .
Slimane Hamitouche, coordinateur de l’association, est arrêté le 8 avril 2026 lors du rassemblement hebdomadaire des familles de disparus ; il est condamné le lendemain à une peine de six mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, pour Slimane Hamitouche, membre de SOS Disparus, condamné à six mois de prison, site lematindalgerie.com, 9 avril 2026..
TPP et ONU En , Nassera Dutour présente au Tribunal permanent des peuples présidé par un dossier sur les disparitions forcées au sein d'un rapport sur . En , . Toutefois, l'impunité se perpétue : d'une part la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées censée entrer en vigueur en , n’est pas ratifiée ; d'autre part, dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée le par référendum, les disparitions ; enfin, de nombreux auteurs d'enlèvements durant la guerre civile algérienne sont amnistiés.
Radio
Le collectif lance La Radio des sans voix, webradio lancée en 2016, censurée en Algérie deux semaines après son lancement.. La webradio change d'identité visuelle et de nom de domaine en de radiodessansvoix.org à laradiodessansvoix.org en gardant le même contenu et elle est accessible en Algérie..
Journées contre l'oubli Parmi les actions du Collectif figurent aussi le lancement en des « Journées contre l’oubli », .
Comme les autres associations qui luttent pour la même cause, le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie est entravé dans son action par la loi de sur les associations. Les familles de disparus jouent par la suite un rôle important dans le Hirak, mouvement qui débute en .
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie .
Articles connexes Concorde civile Société post-conflit Justice transitionnelle
Liens externes
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