Le Poug Poussoum («mariage» en moré), aussi appelé « PPS », est une cérémonie de mariage traditionnelle pratiquée dans la plupart des ethnies du Burkina Faso.

Histoire Le Poug Poussoum, qui se traduit par « les salutations de la femme » en langue mooré, est une célébration du mariage traditionnel ou coutumier qui a lieu au Burkina Faso.

D'après certaines sources , il n'est plus possible, à l'heure actuelle, de pratiquer certains rites encadrant cette cérémonie, notamment le « pug suire » qui signifie « don de femme » .

À l'origine, la fille était destinée au mariage dès son plus jeune âge, voire avant sa naissance . Ce type de mariage avait pour finalité de renforcer des relations ou de consolider des alliances stratégiques, et ne nécessitait pas l'approbation des principaux concernés par l'union, à savoir les futurs époux. C'est une cérémonie qui unit les deux familles, de manière que les problèmes du couple deviennent aussi ceux des deux familles.

De nos jours, des lois garantissent la liberté de choix des conjoints, et les jeunes ont généralement la possibilité de choisir qui ils veulent épouser. Néanmoins, on trouve toujours le « pug suire » - aujourd'hui considéré comme un mariage forcé - dans certaines ethnies et régions du pays. Certains rituels en lien avec le PPS ont également été abandonnés, tels que le « zu kokre ».

Pratiques Le Poug Poussoum célèbre l'union entre un homme et une femme, avec l'acceptation et la bénédiction des différentes familles concernées. La cérémonie de mariage (traditionnel ou coutumier) se déroule toujours dans le village de la mariée.

La dot est remise pendant ce cérémonial, considéré comme sacré et d’une grande importance, unissant les familles et permettant de demander la bénédiction des ancêtres. En fonction des ethnies, les rituels qui l’entourent et la dot peuvent varier.

Chez les Mossi Chez le peuple mossi, chaque peuple a sa manière de faire le PPS. Généralement lors de la cérémonie du PPS, les sœurs et amies de la mariée prennent des objets appartenant au marié ou à sa famille et ne les leur remettent que lorsque ceux-ci auront payé une rançon. La mariée est même kidnappée par ses sœurs et ne sera libérée que si son mari paye le prix fixé.

Chez les Ossis de Koudougou par exemple, il y a trois étapes dans la célébration du PPS :

D'abord, Mãroogbãgre ou la présentation de famille : à cette étape, la famille du prétendant se rend dans la future belle-famille dans l'intention de se faire connaître et d'officialiser la relation de leurs enfants.

Ensuite, la cérémonie du PPS est la cérémonie de remise de la dot. Le prétendant accompagné de sa famille se rendent au village de sa future épouse pour y demander sa main en donnant les dons et la dot qui leur avait été demandée. Tout un ensemble de pratiques et de rites entoure cette étape. La dot peut être en nature et en espèces (animaux, argent, colas, sel, chaussures…). Elle a une valeur symbolique et sacrée, car une fois que la famille de la mariée accepte, un lien est créé et ne peut être brisé. C'est pourquoi une deuxième dot n'est jamais acceptée pour la même fille.

Enfin le Pugyisgo (ou la consommation du mariage) devient possible puisque la dot a été acceptée. C'est la remise officielle de la jeune mariée au marié. Les familles respectives du couple se mettent d'accord pour choisir un jour où la femme sera récupérée.

Chez les Dagara Chez les Dagara, il est obligatoire de verser des têtes de gros bétail pour la dot.

La jeune fille dagara ne peut prétendre au mariage traditionnel tant que sa sœur aînée ne s'est pas mariée. Si cette étape est franchie, elle doit maintenir sa relation secrète jusqu'à ce que son prétendant l'enlève. Seules quelques personnes sont mises dans la confidence. Cet acte symbolise la demande en mariage du jeune homme à la famille de sa fiancée. À partir de cet instant, un processus est enclenché jusqu'à ce que le mariage soit célébré. Vient ensuite le versement d'une somme d'argent équivalente au prix de 350 cauris aux parents de la jeune fille. C'est la première partie de la dot. La deuxième partie est le don de trois bœufs (le troisième bœuf n'est pas obligatoire, il est réservé pour le premier fils du couple). Mais avant ce paiement, les parents de la fille peuvent exiger du jeune homme de s'acquitter de leurs travaux champêtres pendant un ou deux ans.

La célébration du mariage se déroule sur plusieurs jours.

Chez les Dioulas Il y a deux manières d'épouser une Dioula dans le village de Lanfièra :

soit par le "kosegui" (mariage entre cousins), sorte de mariage arrangé, puisque la première fille d'une femme mariée doit épouser le fils de son oncle maternel. soit par consentement. Les parents du marié doivent observer pendant un certain temps leur future belle-fille, pour s'assurer qu'elle respecte et répond à leurs valeurs. Ensuite les oncles du jeune marié vont voir les parents de la jeune fille pour demander sa main. Ils leur apportent 7 noix de colas et 35 f symbolique. Si la famille de la fille est consentante, elle accepte le cadeau et promet de leur revenir dans quelques jours. La famille de la fille convoquera ensuite la famille du marié qui, prévenue à l'avance, devra apporter 30 noix de cola et 35 f ou de la monnaie symbolique. Ensuite les deux familles conviennent ensemble de la date du mariage et de la composition de la dot.

Chez les Bissas Chez les Bissas, la dot devait anciennement être constituée de 12 bœufs.

Notes et références

Catégorie:Société burkinabè Catégorie:Mariage