Vulkan (aussi dénommée NTTS "VULKAN" LLC, Obshchestvo S Ogranichennoi Otvetstvennostiu "Nauchno-Tekhnicheskii Tsentr ‘Vulkan'" ou Société à Responsabilité Limitée "Centre Scientifique et Technique 'Vulcan' (Общество С Ограниченной Ответственностью "Научно-Технический Центр ‘Вулкан'") est une entreprise russe se présentant comme spécialisée dans la cybersécurité, fondée en Russie où elle s'est officiellement déclarée le Lieu d'enregistrement : fédération de Russie (105318, Moscou, ul. Ibragimova, 31) ; numéro d'identification fiscale : 7719751930 ;, et tout en se présentant comme au service d'entreprises (banques, assurances) et d'un monde meilleur, elle semble en réalité s'être développée en produisant des logiciels espions, de surveillance et de contrôle des communications, vendus aux forces de sécurité russes, et à divers gouvernements et entreprises dans le monde. En 2023, l'entreprise est critiquée pour sa contribution à la désinformation et à la déstabilisation (utilisées par la Russie au moins en Ukraine et en Arménie), et plus généralement aussi pour sa contribution à la surveillance de masse, via la vente de logiciels espions à des pays totalitaires où ils servent à espionner des personnes décrivant ou critiquant le régime en place. Pour le Conseil de l'Europe () : (service de renseignement de la Russie, chargé des affaires de sécurité intérieure, principal successeur de l'ancien KGB). L'entreprise comptait 135 employés début 2023, selon les informations données par les sites d'information économique russes. Son siège principal est basé au nord-est de Moscou, mais elle a un siège secondaire dans le Connecticut aux États-Unis.
Polémiques et critiques En janvier 2023, le consortium de médias internationaux Forbidden Stories (qui a aussi enquêté sur le logiciel espion Pegasus), en lien avec plusieurs grands médias internationaux, dont The Guardian, Der Spiegel, The Washington Post et Le Monde, a publié une enquête baptisée Spyware for the State. Ce travail a révélé que Vulkan, qui se présentait officiellement comme au service de banques et d'assurances, a vendu ses produits à des gouvernements autoritaires tels que, notamment, la Chine, l'Arabie saoudite et le Kazakhstan.. Les journalistes ont montré que ces produits logiciels, qui permettent notamment d'intercepter des communications (téléphoniques et électroniques), de localiser des personnes et d'accéder à leurs données personnelles, ont pu être utilisés pour une surveillance ciblée de dissidents politiques, des journalistes et des militants des droits de l'homme.
L'enquête a aussi montré que Vulkan, depuis 2016 a créé des outils cyber offensifs pour différents services de renseignement russes. Parmi les outils majeurs révélés en 2023, produit par cette entreprise, figurent : Amezit : un puissant logiciel de création massive et de gestion de faux profils sur les réseaux sociaux, utilisé pour mener des campagnes de cyberinfluence et de désinformation à grande échelle ou de manière ciblée. Les documents montrent une maquette d'exemples de possibilités de piratage possibles incluant en Suisse le ministère des affaires étrangères ainsi qu'une centrale nucléaire.. Selon Euractiv, l'outil Amezit est à la fois conçu pour censurer, surveiller et manipuler l'information ; mais aussi pour détecter des vulnérabilités et des failles de sécurité de logiciels d'équipements télécoms spécifiques d'entreprises dont Huawei, Juniper et Cisco. L'enquête « Vulkan Files » a identifié plusieurs centaines de comptes sur Twitter qui sont en fait des robots pouvant être directement ou indirectement liés à Vulkan. Pour cacher l'origine russe (ou autre) des activités conduites avec les logiciels de Vulkan, leurs instructions précise Euractiv en .
Skan ou Scan-V, un outil de scanning et d'interception numérique, utilisé depuis 2018, capable de collecter un grand nombre d’informations (en grande partie publiques, dont certains sites Internet informant sur les failles de sécurité) relatives à des cibles (infrastructures, départements, employés, vulnérabilités…) pour préparer de potentielles cyberattaques ou pour espionner à distance. Selon Euractiv ..
Selon des documents internes (Vulkan files). des années 2016 à 2021 étudiés par le consortium journalistique ; documents relatifs à des tests mandatés par l’État, des changements souhaités par les clients et des projets terminés, Vulkan semble avoir ainsi aidé les services de renseignement russes, et en particulier le FSB (sécurité intérieure), mais aussi le GRU (renseignement militaire)., et son unité militaire 74455 de pirates informatiques, dite « Sandworm »Unité notamment mentionnée mentionné dans le livre Spy 001 - Code Vektor, écrit par le journaliste français Jean-Marc Manach, qui retrace l'histoire des cyberattaques du GRU, et met en lumière le rôle de l'unité 74455 dans ces attaques., qui est l'équipe de hackers du GRU accusée d'être à l'origine des MacronLeaks (tentative d'influence lors de l’élection présidentielle française de 2017). La fuite de documents montre aussi des liens avec le groupe de pirates informatiques Cozy Bear., et plus étroitement avec l'Institut de recherche en radiocommunications de Rostov-sur-le-Don (RNIIRS, considéré comme l'un des maillons clé du complexe militaro-industriel russe) ; Vulkan aurait expressément été mandatée par l'Etat russe et ou encore pour créer des programmes destinés à créer de fausses pages de médias sociaux et de logiciels rendues capables d’identifier et de stocker des listes de vulnérabilités dans les systèmes informatiques du monde entier, pouvant ensuite servir à d'éventuels ciblages.
Selon le Washington Post, . En outre, d'anciens employés de Vulkan ont ensuite été retrouvés travaillant pour de grandes entreprises occidentales, dont Amazon et Siemens.
En , le journal The Verge révèle en outre que , à Fairfield, dans le Connecticut, dirigé par un ressortissant américain (David M. Smith. Smith, alors chargé du développement des logiciels de surveillance de l'entreprise), et selon The Verge, des logiciels de surveillance ont été créés dans ses bureaux de Fairfield, utilisés par la Chine, l'Arabie saoudite et le Kazakhstan, pour cibler des dissidents politiques, des journalistes et des militants des droits de l'homme. Le journal s'interroge sur le rôle des entreprises américaines dans la surveillance de masse.
Réactions d'ONG et d'États ou de l'Europe À la suite de ce travail d'enquête, les gouvernements, mais aussi les entreprises utilisant ces produits de Vulkan ont été critiqués pour leur soutien à la surveillance de masse. Parmi les entreprises occidentales clientes de Vulkan figuraient Dell (fabricant d'ordinateurs) qui a cependant déclaré avoir depuis terminé sa coopération avec Vulkan..
Deux autres scandales (logiciels espions Pegasus et Predator, ce dernier ayant été vendu à des gouvernements tels que l'Égypte, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Pakistan et . ; il a été conçu pour prendre le contrôle de la caméra et du microphone des appareils infectés, les transformant en espions), ont incité la France et la Grande-Bretagne à lancer un appel à une réglementation mondiale des logiciels et technologies de surveillance (lors d'une initiative conjointe au Forum de la paix à Paris). Leur , rappellent les deux pays.
Le Conseil de l'Europe a de son côté interdit à Vulkan de vendre ses produits dans l'Union européenne, en raison du rôle, direct ou indirect de l'entreprise, dans l'invasion et la invasion de l'Ukraine, après avoir constaté que Vulkan ..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Cybersécurité Désinformation Vulnérabilité (informatique) Logiciel espion Pegasus (logiciel espion), Projet Pegasus (journalisme)
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