Emmanuel Samson Chamchain, dit Emmanuel Samson (1860-1926Journal officiel de la République française - Lois et décrets - 24 janvier 1922, page 1053), est un peintre et sculpteur françaisLe Dictionnaire des Peintres à Montmartre : peintres, sculpteurs, graveurs, dessinateurs, illustrateurs, plasticiens aux - Éditeur : André Roussard - janvier 1999. Élève d'Alphonse de Neuville et de Jean-Léon Gérôme, il fut un représentant notable de la peinture et sculpture animalières du .

Biographie

Une jeunesse parisienne Emmanuel Samson naît le au de la rue de la Roquette à Paris Acte de naissance à Paris , n° 1446, vue 27/31.. Son père, Moïse Chamchain, dit Maurice Samson, est antiquaire, doreur et sculpteur, originaire d'Ennery, en Moselle. Sa mère, Henriette Meyer, est la fille d'un dessinateur sur étoffes, originaire de Mulhouse. Ses parents sont alors âgés respectivement de vingt-huit et dix-sept ansÀ sa naissance, Emmanuel Samson a pour témoin son grand-oncle Emmanuel Meyer, né à Mulhouse et décédé à Paris (1817-1878), dessinateur et inventeur d’un procédé de gravure à l’eau forte. Son autre témoin de naissance est Benjamin Netter, artiste peintre paysagiste, né à Strasbourg et décédé à Paris (1811-1889)..

L'année suivante, Emmanuel Samson et ses parents déménagent pour s'installer quelques centaines de mètres plus loin, au 21, rue du faubourg Saint AntoineArchives de Paris, État civil, 3e arrondissement, Actes de mariage, 1861 - Mariage Nathan Chamchain et Pauline Lévy, Acte n°243, Cote V4E 214, faubourg réputé pour être le « faubourg du meuble ».

Emmanuel Samson montre très tôt des talents naturels pour le dessin, encouragé par ses oncles maternels : Alfred Meyer, céramiste émailleur réputé, Émile Meyer, lithographe, et Jacques Meyer, dit Henri MeyerJacques Meyer, dit Henri Meyer, décoré de la Légion d'Honneur, laisse à la postérité un nombre impressionnant d'illustrations, dont le célèbre Le Traître-Dégradation de Dreyfus , illustrateur de renom. Au mariage de ce dernier, en , le jeune Emmanuel Samson réside avec ses parents au 17, rue de Grenelle à Paris, 7eArchives de Paris, État civil, 4e arrondissement, Actes de mariage, 1869 - Mariage Jacques Meyer et Ida Samson, Acte n°626, Cote V4E 459.

Il a dix ans lorsqu’éclate la guerre franco-allemande de 1870, suivie de la Commune en 1871.

En ,  Emmanuel Samson voit sa mère mosellane, "optante à la nationalité française", choisir de conserver celle-ci après la défaite et la perte de l'Alsace-Moselle en 1871. Son oncle Alfred Meyer assurera durant cette période la sauvegarde de céramiques et d'objets d'art de la Manufacture de SèvresDictionnaire biographique Le Maitron, notice MEYER, article 66151 .

Cette guerre aura laissé des traces chez le jeune Emmanuel qui perdra son cousin Charles Demarcq au combat, durant la Commune de Paris.

Alors que sonne la fin de l'occupation allemande en 1873, Emmanuel Samson et ses parents vivent au 10 rue Lafayette, Paris 9è. Le jeune Emmanuel Samson devient l’élève du peintre Alphonse de Neuville, et se forme également auprès du peintre Jean-Léon GérômeCatalogue illustré de l'Exposition internationale de Blanc et Noir - François Bournand - janvier 1890.

En 1886, installé au 7, rue Godot-de-Mauroy à Paris , Emmanuel Samson épouse Adolphine BragaArchives de Paris. État civil. arrondissement. Actes de mariage, 1886. V4E 6207, page 18/31, née à Paris, de nationalité brésilienne, fille d'un lieutenant du génie de l'armée Impériale du Brésil. Il quitte rapidement le quartier de la Madeleine et installe provisoirement son atelier au 28, rue Legendre à Paris .

En 1887 et 1888 naissent ses deux filles Marcelle et Henriette. Emmanuel Samson prépare à Paris, dans son nouvel atelier du 83, avenue de Villiers, sa première grande exposition au Salon des indépendants en 1889La Société des artistes indépendants, formée à Paris le 19 juillet 1884, est l'organisatrice officielle du Salon des indépendants. L'article 1 du statut de l'association traduit la volonté des fondateurs de la société de créer une organisation « basée sur la suppression des jurys d'admission, qui a pour but de permettre aux artistes de présenter librement leurs œuvres au jugement du public ».. Il y présente trois tableaux : Sur les quais, RêverieExtrait de La Chasse illustrée du 5 janvier 1902 : Rêverie, de M. Emmanuel Samson rappelle les bonnes soirées d'hiver, au retour de la chasse, devant la grande flambée dans la vieille cheminée avec les chiens qui se grillent à la braise., et Japonaise (fantaisie). Ce dernier tableau s'inscrit dans un courant artistique très en vogue durant les années 1860-1890, le japonisme, qui figure en bonne place dans l'architecture, les estampes et les céramiques présentées aux expositions universelles parisiennes de 1878 et 1889.

L'affirmation de son talent pour la création animalière A travers ses peintures et ses sculptures, Emmanuel Samson exprime son attachement particulier aux représentations animalières. Pour offrir le meilleur rendu artistique à ses sculptures,  il s'entoure de grands noms de la fonderie en France. Il s'adresse ainsi régulièrement aux fondeurs René Jean Patrouilleau (5 rue Anastase, Paris ), ou Paul François Louchet (3, rue Auber, Paris ).

En 1890, alors que l’ami de la famille Benjamin Netter vient de décéder, Emmanuel Samson expose sa sculpture Relais Volant dans le cadre de l'Exposition internationale de Blanc et NoirCatalogue illustré de l'Exposition internationale de Blanc et Noir - François Bournand - janvier 1890, au Pavillon de la Ville de Paris sur les Champs Élysées. Cette exposition permet de mettre en lumière des dessins au crayon, à la plume, au lavis, sanguines, fusain, etc., tandis que la section Aquarelles et Pastels présente des dessins de crayons de couleurs, gouache, détrempes, émaux, porcelaines et miniatures.

Emmanuel Samson quitte Paris pour s'installer à Levallois-Perret, au 21, Villa Chaptal, où naît sa troisième fille Suzanne en 1893.

En 1894, il expose au Musée de Versailles ses sculptures Après ! Après ! et Bassets au repos, et ses peintures Escarmouche et À l'orée du boisDescription des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, miniatures, dessins et pastels, exposés dans les salles du Musée de Versailles, du mardi 3 juillet au 30 septembre 1894 - Auteur : Société des amis de la Seine-et-Oise. Il est soutenu par la Société des amis des arts du département de Seine-et-Oise.

En 1896, il déménage pour s'installer au 55 bis, avenue de Villiers à Neuilly-sur-Seine. C’est dans son nouveau logement de Neuilly-sur-Seine que décède le sa fille Suzanne, âgée de deux ans et demi.

Au Salon des artistes français qui se tient au Grand Palais à Paris, il expose pour la première fois une sculpture Trop TardExplication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivants - 1896 - Salon des Artistes français, qui représente un groupe de chiens bassets au terrier. Il crée également deux sculptures en cire bronzée : Un braconnier, et Maternité, une statue rendant hommage aux mères. Il expose ses deux œuvres dans les salles du Musée de Versailles, soutenu une fois de plus par la Société des amis des Artistes du département de la Seine-et-Oise. Pour cette exposition, il peint également Cour de chenilCatalogue instantané des œuvres de peinture, sculpture, architecture, gravure, miniatures, dessins et pastels exposés dans les salles du Musée de Versailles, du dimanche 5 juillet au 4 octobre 1896 - Société des amis des arts du département de Seine-et-Oise - Édition : impr. Cerf et fils (Versailles), 1896 - Auteur : Raymond-Signouret Paul.

Alors que le s'achève, en 1899, décèdent en quelques mois son père Moïse Chamchain (dit Maurice Samson), son oncle Jacques Meyer (dit Henri Meyer), et son cousin, Henri Mayer, peintre et décorateur. Cinq ans plus tard, en 1904, Emmanuel Samson perd son deuxième oncle, peintre et émailleur d'art, Alfred Meyer.

Au début du vingtième siècle, dans le cadre de l'Exposition canine de 1903 qui se tient aux Tuileries sous la houlette de la Société Centrale pour l'Amélioration des Races de Chiens en France, Emmanuel Samson expose des œuvres qualifiées par la presse spécialisée de « brillantes et de tout premier ordre ». En 1907, il présente ses toiles au Salon des Peintres et Sculpteurs de Chasse et Vénerie, ainsi qu'à l'Exposition canine de 1907L'Intransigeant - Paris, 18 mai 1907. L'année suivante, il expose de nouveau à l'Exposition canine de 1908 organisée par le petit Salon de la Société des Peintres et Sculpteurs de chevaux. En 1909, son œuvre Relais volant est présentée au Salon des artistes français. À cette date, Emmanuel Samson réside avec sa femme, ses deux filles et leur domestique Jeanne Lalanne, au 69 rue Raspail à Bois-Colombes.

Lors de la grande crue de la Seine en , Emmanuel Samson peint des scènes originales d’animaux en perdition face à la montée des eaux. Il participe ainsi, par la vente de ses représentations sur cartes postales, à l’élan de solidarité au bénéfice des sinistrés. Parmi ses œuvres : Abandonné, peint à Argenteuil, représente un chien dérivant sur un tonneau, Chat sur un panier de volailles montre un chat se laissant porter par les flots, tapi sur une cage renfermant des volailles. Une autre toile dépeint un chien entouré de ses chiots, dont l’un d’eux tente désespérément de s’accrocher à l’embarcation de fortune dérivant sur la Seine.

La même année, il expose à nouveau ses peintures à l'Exposition canine de 1910, que le journal L'Illustré parisien qualifie de « un des « great event » de la saison parisienne, où, pendant huit jours, le « Tout-Paris » et la « gentry » provinciale fusionnent, fraternisent et se confondent »L'Illustré parisien - Journal hebdomadaire - Paris, 24 juin 1910, page 7.

En 1911, Emmanuel Samson présente des études de chiens au Salon de l'école française, qui expose exclusivement des réalisations d'artistes français. Comme le rapporte le journal La Liberté, « les études de chiens de M. Emmanuel Samson ont de la verve et de la drôlerie »La liberté - Paris, 29 janvier 1911, page 2. Au Salon de Paris, il expose notamment : Le retour du troupeau, Les retardataires, La rentrée au bercail, Le retour du maître, Jalousie, Chiens de chasse au repos. Sur cette dernière toile, les quatre chiens de chasse paraissent attendre les consignes du maître. Emmanuel Samson y confirme son goût pour la représentation des scènes de chasse, avec le chien comme élément pictural caractéristique.

Pendant cette période, le nouvel habitant de Bois-ColombesLa commune de Bois-Colombes est officiellement créée en 1896 sur un quartier champêtre et quasiment inhabité de Colombes. s'adonne à la sculpture et expose ses œuvres au Salon des artistes français : Détresse et Après le combat en 1912, Berger et ses chiens en 1913, puis L’Intrus, ainsi qu’un ensemble de six petits bronzes en 1914Base Salons 1673-1914 - Musée d'Orsay.

Mais cette période productive est assombrie par les décès successifs de sa mère Henriette Meyer en 1910, de son épouse Adolphine Braga en 1911, et de ses cousins artistes-peintres, Georges Meyer en 1913 à Paris, et Émile Meyer en 1914 à Bâle (Suisse).

Le , la Guerre est déclarée avec l’Allemagne. Compte tenu de son âge, Emmanuel Samson n’est pas mobilisé, mais il participe à l’effort de guerre en peignant des scènes émouvantes présentées au Salon de la Guerre en 1915 : Le départ pour la guerre, et Triste retour.

Un peintre montmartrois En 1920, au sortir de la Grande Guerre, Emmanuel Samson réside au 63, rue CaulaincourtAu 65 de la rue Caulaincourt se tenait le restaurant « Chez Manière », où peintres et intellectuels célèbres se donnaient rendez-vous. à Montmartre, dans l'immeuble voisin de celui de la Société des artistes indépendants. A cette adresse, il retrouve le peintre Louis-Claude Paviot, cofondateur du Salon des Indépendants, et vice-président du Groupe des Indépendants.