L'extrême droite au Royaume-Uni existe depuis au moins les années 1930, avec la formation de mouvements nazis, fascistes et antisémites. Elle est dominée dans les années 1960 et 1970 par des organisations nationalistes blanches qui s'opposent à l'immigration non blanche et asiatique. Les doctrines de ces organisations découle de la croyance en une suprématie blanche selon laquelle les Blancs seraient supérieurs à toutes les autres races et devraient dominer la société. Au Royaume-Uni, figurent parmi ces groupes le Front national britannique (National Front, NF), le British Movement (BM) et le Parti national britannique (British National Party, BNP), ou encore l'Union britannique des fascistes (BUF). Depuis les années 1980, le terme extrême droite est utilisé principalement pour décrire des groupes comme la English Defence League (Ligue de défense anglaise), qui veulent préserver ce qu'ils perçoivent comme la culture britannique, et ceux qui font campagne contre la présence de minorités ethniques non autochtones, contre les demandeurs d'asile, en alléguant l'idée que leur nombre est excessif.
Le Front national britannique et le British National Party se sont fermement opposés à l'immigration de non-blancs. Ils ont encouragé le rapatriement des minorités ethniques. Le Front national britannique est favorable au rapatriement obligatoire ; le British National Party, au rapatriement librement consenti. Le BNP compte un certain nombre de conseillers locaux dans des zones du centre-ville de l'Est de Londres et dans des villes du Yorkshire et du Lancashire, telles que Burnley et Keighley. L’Est de Londres constitue le socle électoral de l’extrême droite au Royaume-Uni depuis les années 1930, tandis que le succès du British National Party dans le nord de l’Angleterre est un phénomène plus récent. La seule autre région du pays à apporter un niveau de soutien significatif à de telles positions politiques est celle des West Midlands.
Des années 1930 aux années 1960 gauche|vignette|Un organigramme montrant l'histoire des premiers mouvements fascistes britanniques
Fondation du Parti National Britannique de 1960 L’extrême droite britannique est issue du mouvement fasciste. Le premier parti à se réclamer du fascisme est les British Fascists à partir de 1923, fondé par la politicienne Rotha Lintorn-Orman, mais le parti est vu par les britanniques contemporains comme assez éloigné du véritable fascisme. En 1932, Oswald Mosley fonde l'Union britannique des fascistes (British Union of Fascists, BUF), interdite pendant la Seconde Guerre mondiale. Fondée en 1954 par AK Chesterton, la League of Empire Loyalists devient à l'époque le principal groupe d'extrême droite britannique. Il s'agissait d'un groupe de pression plutôt que d'un parti politique et ne s'est pas présenté aux élections. La plupart de ses membres faisaient partie du Parti conservateur. Ses éléments les plus extrémistes défendant une ligne autonome, des groupes dissidents se sont formés, notamment la Ligue de défense blanche et le Parti travailliste national. Ces deux groupes deux se sont présentés aux élections locales de 1958 et ont fusionné en 1960 pour former le .
Ligne anti-immigration Le déclin de l’ Empire britannique devenant inévitable, les partis d’extrême droite britanniques se sont tournés vers les questions intérieures. Les années 1950 ont vu une augmentation de l'immigration vers le Royaume-Uni en provenance de ses anciennes colonies, notamment de l'Inde, du Pakistan, des Caraïbes et de l'Ouganda. Dirigé par John Bean et Andrew Fountaine, le s'est opposé à l'immigration des anciens colonisés au Royaume-Uni. Un certain nombre de ses rassemblements, comme celui de 1962 à Trafalgar Square, à Londres, se sont soldés par des émeutes raciales.
Fondation du Front national britannique Après quelques premiers succès, le parti connut des difficultés et fut détruit par des disputes internes. En 1967, il s'associe à John Tyndall et aux restes de la League of Empire Loyalists de Chesterton pour former le Front national britannique (NF).
Des années 1970 aux années 1990 Influence du Front national britannique Le plus grand parti d'extrême droite britannique d'après-guerre est le Front national britannique ; il atteint un nombre record de membres en 1972 avec 14 000 membres. Tout au long des années 1970, le Front national britannique a connu une popularité et une influence croissantes, principalement au niveau local ; par exemple, lors de l'élection partielle de West Bromwich en 1973, le Front national britannique remporte 16% des voix. Le parti soutient un loyalisme extrême en Irlande du Nord et attire des membres du Parti conservateur déçus par la reconnaissance du droit à l'indépendance des colonies africaines concédée par Harold Macmillan, déçus également par le discours critique de ce même Premier Ministre à l'égard de l'apartheid en Afrique du Sud. Au cours des années 1970, les rassemblements du Front national britannique se sont produits régulièrement. Les résultats des élections sont restés solides dans quelques zones urbaines ouvrières, avec un certain nombre de sièges au conseil local remportés, mais le parti n’a jamais réussi à obtenir une représentation au parlement.
Ligne anti-Union européenne Les petits groupes d’extrême droite ont maintenu des politiques anti-immigration, mais il y a eu une évolution vers une vision plus inclusive du Royaume-Uni et une concentration sur l’opposition à l’ Union européenne. Le Front national britannique a commencé à soutenir des radicaux non blancs tels que Louis Farrakhan. Cela a conduit à l'éclatement des différents groupes, avec des soldats politiques radicaux comme le jeune Nick Griffin formant le groupe Third Way, et des traditionalistes créant le Flag Group.
droite|vignette|266x266px| Nick Griffin a dirigé le British Nationa Party de 1999 à 2014.
Le Parti National Britannique de J. Tyndall (1982) John Tyndall a formé le Nouveau Front National en 1980 et a changé son nom en Parti national britannique (BNP) en 1982. Aux côtés du Conservateur Monday Club, ils ont fait campagne contre l’intégration croissante du Royaume-Uni dans l’ Union européenne. Cependant, la présence de Margaret Thatcher et la mauvaise réputation de John Tyndall liée à son « passé brutal de combat de rue » d'une part, à son admiration pour Hitler et les nazis d'autre part, ont empêché le Parti National Britannique d'acquérir une quelconque respectabilité.
Nick Griffin à la tête du Parti National Britannique Il y a eu un certain succès en 1993, le Parti National Britannique a remporté son premier succès électoral lorsque Derek Beackon a gagné un siège au conseil municipal de l'Île aux Chiens avec 34% des voix. Le parti a suivi alors une politique consistant à éviter les méthodes traditionnelles d’extrême droite des mouvements extraparlementaires et à se concentrer plutôt sur les urnes. Nick Griffin a remplacé John Tyndall à la tête du BNP en 1999 et a introduit plusieurs politiques visant à rendre le parti plus éligible. Le rapatriement des minorités ethniques est devenu volontaire et plusieurs autres revendications politiques ont été modérées.
Années 2000 Parti National Britannique présidé par N. Griffin Le Front national britannique a continué à décliner, tandis que Nick Griffin et le Parti National Britannique ont gagné en popularité. Au tournant du 21e siècle, le Parti National Britannique a remporté un certain nombre de sièges de conseillers. Il a poursuivi sa politique anti-immigration ; à la suite d'un documentaire préjudiciable, sur la BBC, Nick Griffin a été accusé d'incitation à la haine raciale, cependant il a été acquitté. Les élections locales de 2006 ont apporté au Parti National Britannique les résultats les plus positifs de tous les partis d'extrême droite de l'histoire britannique. Il remporte 33 sièges au conseil, le deuxième score le plus élevé parmi tous les partis aux élections. À Barking et Dagenham, il remporte 12 sièges de conseiller.
Lors des élections locales de 2008, le parti a remporté un nombre record de 100 sièges de conseiller et un siège à l'Assemblée du Grand Londres ; c'est l'apogée du parti. Lors des élections au Parlement européen de juin 2009, le Parti National Britannique a gagné deux députés au Parlement européen pour le Yorkshire et Humber et le Nord-Ouest de l'Angleterre. En , le leader du BNP, Nick Griffin, a été autorisé à participer à l'émission de débat d'actualité de la BBC, Question Time. Son apparition a suscité beaucoup de controverses et l'émission a été regardée par plus de 8 millions de personnes.
Temps actuels (2010–) Décadence du Parti National Britannique thumb|230px|BNP Élections générales britanniques de 2010 Aux élections générales de 2010, le Parti National Britannique a présenté 338 candidats en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles et n'a remporté aucun siège (1,9 % du total des voix). Nick Griffin a par la suite déclaré qu'il démissionnerait de son poste de leader du BNP en 2013, et a finalement été expulsé du parti en 2014 alors que le Parti National Britannique tombait dans l'oubli.
English Defence League Le groupe anti-musulman l’English Defence League (EDL) a commencé à gagner en popularité, faisant appel aux sentiments nationalistes sur une base culturelle plutôt qu’explicitement raciale. Créé à l'origine à Luton en 2009, il proteste contre ce qu'il considère comme l'islamisation de la Grande-Bretagne. en organisant des manifestations dans les villes et villages d'Angleterre, dont la plus importante a eu lieu à Luton en .
UK Independance Party Peu de temps après, le parti populiste de droite UK Independence Party (UKIP, Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni) a commencé à gagner en popularité. Bien que qualifié d’extrême droite par certains observateurs politiques, l’UKIP n’était pas universellement considéré comme tel. L’UKIP et l’EDL ont bénéficié au cours de cette période d’un déplacement vers la droite de l’électorat, tandis que d’anciens partis d’extrême droite comme le Parti National Britannique et le Front national britannique sont devenus des groupes marginaux et n’exercent que très peu de pouvoir médiatique. [réf. nécessaire][citation nécessaire]
Démocrates anglais En 2010, Robin Tilbrook, président du parti nationaliste anglais "Démocrates anglais", a rencontré Sergey Yerzunov, membre du comité exécutif du groupe nationaliste russe Russky Obraz. Peu de temps après, R. Obraz a annoncé qu'il était en alliance avec les "Démocrates anglais". Parmi les autres membres de cette alliance figurent le Serbe Obraz, le Mouvement 1389, Aube dorée, le Parti danois, Slovenska Pospolitost, le Parti des travailleurs et Noua Dreaptă. Depuis 2010, un certain nombre d'anciens membres du Parti National Britannique ont rejoint les Démocrates anglais, le président du parti ayant déclaré : . Dans une interview d', Tilbrook a déclaré qu'environ 200 à 300 des 3 000 membres du parti étaient d'anciens membres du Parti National Britannique. Il a déclaré qu'il était "parfaitement juste" que ces personnes "changent d'avis" et rejoignent un "parti nationaliste anglais modéré et sensé".
Britain First