Le musée de la base aérienne 112 est un ancien musée qui traitait non seulement de l'histoire de la base aérienne 112 Reims-Champagne mais évoquait également les premières mondiales qui firent de la région de Reims, il y a un siècle, l'un des berceaux mondiaux de l’aéronautique civile et militaire.

Description Ce musée était implanté sur la base aérienne 112 de Reims.

Il résultait d’un projet initié au dernier trimestre 2001 par le colonel Henri Switzer, Commandant de la BA 112 de 2000 à 2002, avec pour date butoir le , date de la cérémonie organisée sur la base aérienne en hommage aux Forces aériennes françaises libres et de la dissolution de leur amicale. Il fut inauguré à cette date, en présence d'un certain nombre de personnalités – parmi lesquelles le général d'armée aérienne Jean-Pierre Job, chef-d'état-major de l'Armée de l'air, l'as rémois aux huit victoires officielles François Warnier, Philippe Marin la Meslée… – et, pour la BA 112, du commandant de base, le colonel Henri Switzer.

Ses huit espaces d’exposition mettaient en valeur la richesse de ses collections, composées notamment de pièces d’avions, de tenues et d’uniformes, d’insignes, de maquettes, de peintures et de reproductions d’affiches.

Aux abords du musée, plusieurs appareils et missiles air-air étaient présentés en exposition statique.

La visite débutait par une présentation de ce qu’était devenue la base aérienne de Reims et se poursuivait par une évocation de la carrière du commandant Edmond Marin la Meslée (1912-1945), as le plus titré de la campagne de France, pilote dont la base rémoise portait le nom depuis le début des années 1950. Les autres salles invitaient le visiteur à découvrir successivement le premier vol de ville à ville du monde effectué par Henri Farman le , la Grande Semaine d’aviation de la Champagne d' – le premier meeting international d'aviation de l'histoire – et le concours militaire d'aviation de Reims d'octobre et , premier du genre. Venait ensuite la Première Guerre mondiale, suivie au milieu des années 1920 par la naissance de la base aérienne 112 qui se développa rapidement au point de devenir, à la veille du second conflit mondial, la première base aérienne de France avec près de trois cents appareils destinés au bombardement, à la chasse (de jour et de nuit), à l'observation et au parachutisme. La visite se terminait par la Seconde Guerre mondiale – période dont la base aérienne sortit meurtrie – et par la renaissance de la base aérienne 112 à partir de 1950, l’accent étant mis sur la variété des escadres aériennes et des appareils à réaction qui y furent stationnés jusqu'au déploiement à Reims en 1994 des deux seuls escadrons de reconnaissance tactique de l'Armée de l'air.

Salles du musée Huit salles disposées en enfilade et ponctuant un circuit de découverte essentiellement chronologique composaient ce musée : le hall d'entrée (consacré à la base aérienne 112 à partir de 1993 et au début du ) ; la salle I « Commandant Marin la Meslée » (consacrée au commandant Edmond Marin la Meslée, as des as de la campagne de France) ; la salle II « Henri Farman » (consacrée à la période 1908-1909 : le premier vol de ville à ville d'Henri Farman et la première Grande Semaine d'aviation de la Champagne) ; la salle II bis « Marcel Prévost » (consacrée à la période 1910-1913 : le temps des meetings) ; la salle III « Sous-lieutenant Dorme » (consacrée à la période 1914-1918 : la Grande Guerre à Reims) ; la salle IV « Coste et Bellonte » (consacrée à la période 1925-1939 : la base aérienne 112, vitrine de l'Armée de l'air) ; la salle V « Capitaine Accart » (consacrée à la période 1939-1949 : la Seconde Guerre mondiale) ; la salle VI « Lieutenant-colonel Bataille » (consacrée à la période 1950-1993 : la renaissance de la base aérienne 112).

Hall d'entrée Entrée en service en , la base aérienne 112 « Commandant Marin la Meslée » de Reims, située au nord de l'agglomération rémoise sur les communes de Bétheny, de Courcy et de Brimont, occupait à sa fermeture une superficie de . Ses installations se répartissaient pour l’essentiel entre une zone dite « opérationnelle » (où étaient notamment implantés deux escadrons de reconnaissance, un escadron dit « de soutien technique spécialisé », la tour de contrôle, la station météorologique, la caserne des pompiers de l’air, un dépôt des essences) et une zone dite « vie et administrative » où étaient concentrés les services nécessaires à son fonctionnement ainsi que les équipements indispensables à son personnel : poste de commandement, services administratifs, mess, bâtiments d’hébergement, service médical, gendarmerie, service social, équipements sportifs, agence postale, bibliothèque, chapelle… et musée. La base aérienne 112 était ainsi une « petite ville » dont la population – près de 1700 militaires et civils – n’avait qu'une raison d'être : la réussite des trois missions opérationnelles principales confiées à la base aérienne de Reims, à savoir la prévention des crises, la projection de forces et la protection. La base aérienne disposait d’une piste qui, d’une longueur utile d’environ , était susceptible de pouvoir être utilisée par une grande variété d'aéronefs militaires. Un certain nombre de missions secondaires dites « de soutien au service public » étaient en outre confiées à la base aérienne 112, parmi lesquelles figuraient notamment la participation au plan Vigipirate, l'organisation des journées d'appel de préparation à la Défense, le soutien logistique au don d'organes ou la prise de clichés aériens lors de situations de crise exceptionnelles (inondations, tempête…). La BA 112 hébergeait deux unités aériennes : les escadrons de reconnaissance 01.033 « Belfort » et 02.033 « Savoie » qui étaient les deux seuls escadrons de reconnaissance tactique dont disposait alors l'Armée de l'air. La mission principale de ces deux escadrons étant le renseignement, ils étaient équipés chacun d'une vingtaine de Mirage F1 dans la version CR pouvant emporter les caméras et les capteurs utilisés pour la prise de clichés et la détection. Une unité spécifique avait, quant à elle, pour mission la réparation et la révision périodique de ces avions : l’escadron de soutien technique aéronautique 2E.033. Troisième employeur de l'agglomération rémoise, la base aérienne 112 était depuis longtemps l'un des acteurs majeurs du développement économique et de la vie sociale de Reims ; son impact économique annuel sur Reims et sa région était estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Salle I « Commandant Marin la Meslée » vignette|250px|right|Edmond Marin la Meslée, as des as de la campagne de France 1939-1940. Un aviateur d'exception dont la base aérienne d'opérations 112 prendra le nom en 1953. Edmond Marin la Meslée, affecté fin 1937 sur la base aérienne de Reims, compte parmi les figures les plus marquantes de la chasse française pendant la Seconde Guerre mondiale. Né à Valenciennes le , Edmond Marin la Meslée se passionne très tôt pour l'aviation et, après avoir décroché une bourse de pilotage offerte par l'État, il obtient son brevet de pilote militaire. Devançant l'appel à l'issue de sa formation pour pouvoir effectuer son temps légal de service militaire, il devient officier de réserve et est affecté à Strasbourg au régiment de chasse. Cependant, arrivé fin 1932 au terme de son contrat de réserviste, il n'a d'autre choix pour faire carrière dans l'Armée de l'air que de démissionner afin de se réengager comme simple sergent dans l'armée d'active. Redevenu officier quelques années plus tard, il est affecté le sur la base aérienne de Reims pour y servir à l'escadrille SPA 67 du groupe de chasse I/5, formation alors équipée de chasseurs Dewoitine 500 et 501 puis, à partir de , des performants Curtiss H-75 américains. C'est à bord de cet appareil qu'il remportera les victoires aériennes qui feront de lui le pilote français le plus titré de la première campagne de France (-) avec seize victoires sûres et quatre probables remportées en 101 missions de guerre. Le , après avoir traversé la mer Méditerranée, il se pose en Afrique du Nord où son groupe de chasse trouve d’abord refuge puis s’installe (terrain de Rabat au Maroc). En 1942, Edmond Marin la Meslée reprend la lutte en combattant aux côtés des Américains lorsque ceux-ci y débarquent (). Son unité, dès lors intégrée au dispositif aérien allié et dotée de Bell P-39 Airacobra, reçoit pour mission la protection de convois maritimes et la surveillance des côtes oranaises. Commandant du groupe de chasse I/5 à partir de , Edmond Marin la Meslée, promu au grade de commandant en , se pose à Salon-de-Provence le pour participer avec ses pilotes – désormais équipés de chasseurs-bombardiers Republic P-47 Thunderbolt – à la libération du territoire national. À la fin de l'année, des missions d'appui direct, de bombardement et de mitraillage au-dessus de l'Alsace lui sont confiées. Il y trouve la mort le , mortellement atteint à la veille de son anniversaire par un éclat d'obus de quarante millimètres tiré par la défense antiaérienne ennemie. Aujourd'hui, à Dessenheim, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Colmar, une étoile de pierre à cinq branches de trente mètres de diamètre érigée en 1946 sur les lieux du drame rappelle le sacrifice de ce pilote d'exception ; sa dépouille mortelle y a été transférée en 1950. Le , à l'initiative de son commandant, le colonel Jean-Mary Accart, lui-même as de guerre, la base aérienne 112 prit pour nom de baptême « Commandant Marin la Meslée » et une stèle y fut érigée à sa mémoire.

Salle II « Henri Farman » vignette|250px|right|La Grande Semaine d'aviation de la Champagne d', d'après une affiche publiée par Le Petit Journal. Ancien cycliste professionnel, Henri Farman, devenu pilote d'aéroplane, réalise le le premier voyage aérien de l'histoire, décollant de Bouy – près de Mourmelon-le-Grand – et gagnant la ville de Reims, distante de vingt-sept kilomètres. Le trajet, effectué en une vingtaine de minutes à bord d’un appareil Voisin, s'est déroulé à une allure de près de soixante-quinze kilomètres à l'heure et à une hauteur moyenne de quarante mètres.

L'année suivante, du 22 au , se déroule à l'emplacement de l'actuelle base aérienne – terrain déjà rendu célèbre en par la revue militaire qui s’y déroula en présence du tzar Nicolas II de Russie, avec la participation de cent quarante mille soldats français – la Grande Semaine d'aviation de la Champagne, premier meeting international de l'histoire auquel concourent ballons, dirigeables… et aéroplanes pilotés par les sommités de l'aviation d'alors : Henri Farman, Louis Blériot, Hubert Latham, Glenn Curtiss, Louis Paulhan La manifestation a demandé des mois de travaux pour que sorte de terre l'Aéropolis, petite ville temporaire jouxtant un circuit fermé de dix kilomètres de tour. À l’heure du bilan, un million de spectateurs se sont pressés sur le terrain – parmi lesquels le président de la République Armand Fallières – et ont assisté aux nombreuses compétitions organisées, entre autres l'épreuve de distance sans ravitaillement, la coupe internationale d’aviation de vitesse Gordon-Bennett, le prix du tour de piste, l'épreuve de vitesse, le prix des passagers et l'épreuve d'altitude.

Salle II bis « Marcel Prévost » Du 3 au se déroule à Reims la seconde Grande Semaine d'aviation de la Champagne. La manifestation consacre le pilote belge Jan Olieslagers qui remporte sur avion Blériot l'épreuve de vitesse, le prix de la longue distance et le prix de la durée. Peu après débute sur le site de l’actuelle base aérienne la construction d’un terrain d'aviation privé : l’Aérodrome de la Champagne.