Les assauts de l'hôpital Al-Shifa ont lieu pendant la guerre à Gaza depuis 2023. L'hôpital subit d'abord un siège et une attaque en , puis un second assaut en .
Assaut de novembre 2023 Dans la nuit du 14 au , vers 2h du matin, des soldats israéliens assiègent l'hôpital Al-Shifa, appuyés par des chars d'assaut et des bulldozers. Cet hôpital est le plus important et le plus grand dans la bande de Gaza. L'armée israélienne soupçonne ce dernier d'être un site militaire stratégique du Hamas, et d'y retenir captifs des otages israéliens. Selon l'Organisation des Nations unies, environ , dont des patients, des soignants et des déplacés se trouvent alors dans ce complexe hospitalier.
Après avoir encerclé le complexe, des soldats ordonnent par haut-parleurs à tous les hommes âgés de 16 à 40 ans de quitter les bâtiments et de se rendre dans la cour, tandis que les patients, les femmes et le personnel soignant ont ordre de rester à l'intérieur. Des échanges de tirs ont par la suite lieu à proximité du complexe opposant des soldats israéliens et des combattants du Hamas, faisant plusieurs victimes.
L'armée israélienne prétend y trouver des armes ainsi que des preuves que l'hôpital ait été utilisé pour détenir des otages. Elle y aurait éliminé des combattants du Hamas.
Le journaliste spécialiste du Moyen-Orient Georges Malbrunot analyse au contraire que ces preuves sont largement insuffisantes, et tendraient plutôt à démontrer qu'Israël s'est trompée de cible.
Le , l'armée israélienne annonce avoir découvert un tunnel long de 55 mètres utilisé par le Hamas sous l'hôpital Al-Shifa.
Assaut de mars 2024 L'armée israélienne attaque l’hôpital dans la nuit du 18 mars. Après des frappes sur l'établissement, un haut-parleur israélien a annoncé sa mise en état de siège. « Tout le monde doit se rendre. Personne ne sort, les portails sont fermés ». Les personnes qui s’approchaient des fenêtres se font tirer dessus.
Après avoir investi l’hôpital, les troupes israéliennes évacuent les femmes déplacées, puis le personnel de santé. Des dizaines de membres du personnel soignant sont arrêtés et victimes de disparition forcée. Plusieurs soignants sont exécutés. Le directeur du services des urgences indique après le raid que quatre membres du personnel ont été tués et 42 sont portés disparus.
Certains soignants sont également utilisés comme boucliers humains par les soldats. Ils recevaient l'ordre d'entrer dans certains endroits et de fouiller, tandis que les soldats restaient derrière eux. L’armée israélienne a affirmé avoir découvert un « tunnel du Hamas » sous l’hôpital et y avoir saisi de « grandes quantités » d’armes et de sommes en liquide, ainsi que des documents.
Les patients manquent de nourriture, d'eau, de soins et de produits d'hygiène. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 21 patients morts faute de soins lors de l’opération militaire. Les organisations humanitaires n'ont pas été autorisées à apporter leur aide. Les vivants devaient dormir avec les cadavres, n'étant pas autorisés à les sortir ou à les enterrer. Le 5 avril, après six tentatives infructueuses, l’ONU a pu faire parvenir une mission dans l’hôpital.
Durant l'assaut de , l'armée israélienne détruit une partie importante de l'hôpital et du matériel médical. Au moins 115 lits et 14 incubateurs sont détruits, le centre de production d'oxygène est détruit.
Poursuites légales La fondation Hind Rajab a déposé plainte en Équateur contre le soldat israélo-équatorien Sahar Enrique Cohen pour sa participation aux crimes de guerre à Gaza, dont l’assaut de l'hôpital Al-Shifa du Profil X de la fondation Hind Rajab, cité par NGO Monitor.
Articles connexes Attaques contre des établissements de santé pendant la guerre de Gaza
Notes et références
Catégorie:Attaque contre un établissement de santé pendant un conflit armé Catégorie:Opération militaire israélienne dans la bande de Gaza Hopital Al Shifa Catégorie:Désinformation relative à la guerre de Gaza Catégorie:Crime de guerre israélien Catégorie:Attaque contre un hôpital lors du conflit israélo-palestinien