est une espèce fossile de pliosaures ayant vécu durant l'étage Callovien du Jurassique moyen dans ce qui est aujourd'hui l'Angleterre. Les seuls fossiles formels de ce taxon ont été découverts dans le membre Peterborough, dans la formation d'Oxford Clay. D'autres spécimens attribués ont été découverts dans d'autres endroits de l'Europe, mais ces derniers sont actuellement vus comme indéterminés ou provenant d'autres taxons. L'histoire taxonomique de cet animal est assez complexe, car plusieurs de ses fossiles ont été attribués à différents genres de pliosauridés, avant d'être concrètement nommés et décrits en 1960 par Lambert Beverly Tarlo comme une espèce de Pliosaurus. Cependant, bien que le taxon s'avère être valide, des révisions ultérieures ont découvert qu'il ne fait pas partie de ce genre, et que par conséquent, une révision taxonomique doit être effectuée sur cette espèce.
Ayant un crâne d'une longueur d'environ , P. andrewsi n'est pas un grand représentant des pliosauridés. Cette même partie anatomique aurait eu un museau allongé capable d'attraper des proies agiles. Ses dents sont de formes rondes en section transversale, possédant quelques crêtes longitudinales sur ces dernières. Les membres sont en forme de nageoires, les palettes natatoires arrières étant plus grandes que celles situées à l'avant. Contrairement au genre Pliosaurus, P. andrewsi figure parmi les représentants les plus basaux du clade des Thalassophonea, un groupe de pliosauridés caractérisés par un cou court. D'après les archives fossiles, P. andrewsi habitait une mer intérieure d'environ de profondeur. Il partageait son habitat avec une variété d'autres animaux, notamment des invertébrés, des poissons, des thalattosuchiens, des ichthyosaures et d'autres plésiosaures. Au moins cinq autres pliosauridés sont connus du membre Peterborough, mais leur anatomie est assez variée, ce qui indique qu'ils se seraient alimentés à partir de différentes sources de nourriture, évitant ainsi la concurrence.
Historique
L'espèce Pliosaurus andrewsi est décrite en 1960 par le paléontologue britannique Lambert Beverly Halstead Tarlo (1933-1991).
Fossiles Selon Paleobiology Database en 2026, l'espèce Pliosaurus andrewsi a deux collections référencées de fossiles, du Callovien du Jurassique moyen à l'Oxfordien du Jurassique supérieur, c'est-à-dire datant de .
Historiques des recherches Découverte et identification vignette|gauche|redresse=1.05|Croquis des mâchoires inférieures de Peloneustes philarchus (en haut) et de celui du spécimen NHMUK R2443, historiquement référé à "Pliosaurus" andrewsi (en bas).
La première mention possible de "Pliosaurus" andrewsi au sein de la littérature scientifique remonte à 1871, lorsque John Phillips signale des fossiles de plésiosaures découverts par Charles Leeds dans la formation d'Oxford Clay, en Angleterre. Le spécimen, catalogué sous le numéro NHMUK R2443 et constitué d'une palette natatoire ainsi que d'une mandibule relativement bien conservées, est attribué par Phillips sous le nom scientifique de Pleiosaurus? grandis. En 1889, Richard Lydekker rapporte ce spécimen au taxon nouvellement établi Peloneustes philarchus. L'année suivante, il le réattribue toutefois à l'espèce proposée Peloneustes evansi (considéré comme un nomen dubium depuis 2011) en raison de sa taille plus importante que celle des spécimens attribués à l'espèce type. Lorsque Lambert Beverly Tarlo décrit officiellement "Pliosaurus" andrewsi en 1960, ce spécimen est rattaché à cette nouvelle espèce. Toutefois, dans la description officielle d’Eardasaurus en 2022, un autre pliosauridé de la formation d'Oxford Clay, la mandibule décrite par Phillips est considérée comme un spécimen aux affinités indéterminées et ne peut plus être attribuée avec certitude à "P." andrewsi.
En 1913, Charles William Andrews attribue à Peloneustes evansi un squelette partiel d'un autre grand pliosaure découvert par Charles Leeds. Il souligne que, si la mandibule et les vertèbres de ce spécimen sont similaires à celles des autres fossiles attribués à cette espèce, elles diffèrent nettement de celles de Peloneustes philarchus. Andrews estime dès lors possible que Peloneustes evansi appartienne à un genre distinct, morphologiquement intermédiaire entre Peloneustes et Pliosaurus. En 1958, Tarlo considère au contraire que les plus grands restes attribués à Peloneustes evansi représentent une nouvelle espèce de Pliosaurus. Deux ans plus tard, en 1960, il érige l'espèce Pliosaurus andrewsi et désigne comme holotype le squelette partiel précédemment cité, catalogué NHMUK R3891, dont il énumère les principaux caractères distinctifs par rapport aux autres pliosauridés connus de la formation d'Oxford Clay. L'épithète spécifique andrewsi est nommé en l'honneur d'Andrews, qui fut le premier à analyser le spécimen holotype du taxon. Ce spécimen comprend une mandibule, des dents, une colonne vertébrale complète ainsi que des éléments des membres antérieurs et postérieurs. Tarlo suggère également qu'un autre squelette partiel, catalogué NHMUK R2437, pourrait appartenir à cette espèce. Ce spécimen, lui aussi attribué à Peloneustes evansi par Andrews en 1913, comprend diverses vertèbres provenant de différente régions de la colonne vertébrale, des côtes, des éléments de la ceinture scapulaire et du bassin, ainsi que plusieurs os des membres antérieurs et postérieurs.
L'identité taxonomique de cette espèce ne fait l'objet d'aucune remise en question pendant plusieurs décennies. Toutefois, au début des années 2010, des révisions anatomiques et des analyses phylogénétiques montrent qu'elle n'appartient pas au genre Pliosaurus. À la suite de cette réévaluation, le taxon est généralement désigné dans la littérature sous le nom de "Pliosaurus" andrewsi, les guillemets signalant son exclusion de ce genre.
Spécimens anciennement attribués
En 1873, Henri Émile Sauvage érige le genre de pliosauridé depuis célèbre qu'est Liopleurodon, en y incluant trois espèces. L'une de ces trois espèces est Liopleurodon grossouvrei, qu'il nomme d'après une dent découverte dans la commune française de Charly et depuis préservée à l’École des mines de Paris. Seize ans plus tard, en 1889, Lydekker déplace cette espèce dans le genre Pliosaurus, renommé alors Pliosaurus grossouvrei, et réfère à ce taxon des dents découvertes dans les comtés anglais du Yorkshire, du Wiltshire, et de l'Oxfordshire. Dans sa description, il note que les dents sont assez semblables voire identiques à celles de Peloneustes evansi. En 1960, Tarlo déplace la quasi-totalité du matériel à P. andrewsi, mais maintient tout de même le nom Liopleurodon grossouvrei pour les spécimens provenant de la formation de Kellaways, dont la dent type premièrement décrite par Sauvage. En 2018, David Foffa et ses collègues notent néanmoins des différences entre la dentition du spécimen holotype de "P". andrewsi et les dents de Liopleurodon grossouvrei, soulignant ainsi que ce dernier pourrait représenter un possible taxon valide et distinct.
En 1944, Chung Chien Young érige un taxon de pliosauridé du nom de Sinopliosaurus weiyuanensis sur la base de fossiles partiels découverts en Chine. En 1960, Tarlo considère ce pliosauridé comme un nomen dubium étant donné son caractère non diagnosticable. Cependant, il reconnait qu'une dent référée pourrait provenir d'un P. andrewsi. Des études ultérieures partagent le point de vue de Tarlo sur la validité douteuse Sinopliosaurus, bien qu'aucune ne traite en détails de la possible présence de P. andrewsi dans les archives fossiles chinoises.
En 1972, la paléontologue Teresa Maryańska attribue un autre spécimen datant de l'Oxfordien du Jurassique supérieur à P. andrewsi sur la base de dents et de fragments crâniens, découverts à Częstochowa, dans la localité de Mirów, en Pologne. Une partie de ce spécimen, catalogué ultérieurement M.Cz. V1293, a depuis été perdue durant les années 1990, la seule partie encore intacte de ce dernier étant un petit fragment de la mâchoire. Le matériel fossile étant ainsi limité, les études plus récentes considèrent le spécimen comme un thalassophonéen indéterminé.
Description
À l’heure actuelle, aucune mesure n’a été établie pour déterminer la longueur corporelle totale de "P." andrewsi. Néanmoins, le crâne du spécimen holotype à une longueur d'environ , laissant suggérer un pliosauridé d'une taille plutôt moyenne. "P." andrewsi est un plésiosaurien de type « pliosauromorphe », c'est-à-dire ayant une grosse tête et un cou court, contrairement aux « plésiosauromorphes », chez lequel ces proportions anatomiques sont inversées. Comme bon nombre de plésiosaures cependant, l'animal a une queue courte, un corps en forme de tonneau et tous ses membres sont modifiés en forme de grandes nageoires.
La mandibule de "P." andrewsi possède une symphyse mandibulaire (là où les deux moitiés de la mâchoire inférieure se connectent) qui contient jusqu'à de dents, dont la septième paire est large et caniniforme. Le nombre total de dents dans chaque branches de la mandibule aurait été d'environ , indiquant un nombre total de dans la mandibule. La mandibule en général est assez similaire à celui de Pliosaurus brachydeirus. Sur la base de cette morphologie, "P." andrewsi aurait eu un museau allongé capable d'attraper des petites proies agiles. La principale caractéristique distinctive de "P." andrewsi est la morphologie de ses dents. Les dents sont rondes en section transversale et la couronne dentaire est assez lisse, disposant néanmoins de quelques crêtes longitudinales. Cas unique d'usures dentaires chez les plésiosauriens, la couronne possède une qui s'étend considérablement plus que tout autre représentant connu du groupe. Les dents de "P." andrewsi sont adaptées à la coupe, suggérant qu'il s'attaquait aussi à de grandes proies.
Les surfaces articulaires des vertèbres cervicales ont un contour circulaire avec une rainure périphérique étroite. Les côtes cervicales sont à double tête, une caractéristique commune chez les pliosaures du Jurassique. De manière caractéristique, les vertèbres cervicales ne disposent pas de crêtes ventrales ou d'une ornementation de la surface ventrale. La longueur du cou du spécimen holotype aurait été d'environ selon David Martill et ses collègues en 2023. Malgré le fait que la colonne vertébrale de "P." andrewsi soit entièrement connue, Tarlo omet d'analyser les vertèbres caudales et dorsales, car n'ayant pas suffisamment de traits notables pour être décrites en détails. Il mentionne également que certaines vertèbres isolées attribuées à "P." andrewsi sont indistinguables de celles de son contemporain Simolestes vorax. Bien que l'omoplate ne soit pas connue chez l'holotype, celle provenant du spécimen NHMUK R2437 est similaire à celle de Pliosaurus brachydeirus, mais est quelque peu élargie distalement. L'humérus est plus court et plus large que le fémur. Le tibia, le fibula et l'ulna sont plus longs que larges, mais chez le radius, ces proportions sont inversées, étant plus large que long.
Classification